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Biographie de Armand BARBÈS :
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Homme politique (Francais)
Né le 18 septembre 1809
Décédé le 26 juin 1870 (à l'âge de 60 ans)




Armand Barbès, Sigismond Auguste (Pointe-à-Pitre, 18 septembre 1809 - La Haye, 26 juin 1870), républicain farouche, éternel opposant à la Monarchie de Juillet, restera dans l'Histoire, comme l’homme de deux journées :

* celle du 12 mai 1839 insurrection par laquelle les républicains des Saisons tentent de renverser Louis-Philippe et pour laquelle, il sera condamné à la détention perpétuelle puis libéré par la révolution de 1848,
* celle du 15 mai 1848, par laquelle les militants des clubs tentent d’imposer leur loi au gouvernement provisoire. Incarcéré puis amnistié en 1854, il choisira de s'exiler.


Surnommé par ses admirateurs, « le conspirateur hors-pair » et « le Bayard de la démocratie », Barbès est aujourd'hui, le paradigme du « révolutionnaire romantique » type du dix-neuvième siècle, courageux, généreux et démocrate véritable, mais aussi comme une source récente le discerne : « un homme d'action sans programme ». Ce futur « fléau de l'establishement » (Marx) naît dans une famille bourgeoise de Pointe-à-Pitre, Guadeloupe, le 18 septembre 1809. Son père, chirurgien militaire de Carcassonne (Aude), né à Capendu (Aude), vétéran de la campagne d'Égypte, muté en Guadeloupe en 1801, y restera jusqu'à la chute de l'Empire.

La famille revenue à Carcassonne, le fils aîné du docteur y reçoit en 1830, son baptême révolutionnaire. À 20 ans, Armand, à la fibre républicaine, aussi forte que précoce et d'un physique imposant, a été choisi pour mener le bataillon local de la garde nationale pendant la révolution de 1830. Bataillon que son père a équipé de sa propre poche. Par chance, il n'est pas blessé.

L'année suivante, Armand monte à Paris pour étudier la médecine, mais la vue du sang le révulse. Aussi, comme le héros de Flaubert, Frédéric Moreau, il se lance, corps et âme, dans le Droit. Et, comme ce même héros, ses parents décèdent, lui laissant un « gros héritage », si gros que Barbès, libéré de la nécessité de travailler est enfin libre de se soumettre à la grande passion de sa vie : « conspirer pour renverser le régime en place » et en l'occurrence, la Monarchie de juillet.

En 1834, son adhésion à la Société Droits de l'Homme vaut à Barbès sa première arrestation.

Libéré, début 1835, il sert d'avocat aux 164 prévenus républicains mis en accusation pour l'insurrection de 1834 ; en juillet 1835, il aidera vingt huit d'entre eux à s'évader de Sainte-Pélagie, la prison parisienne « réservée aux politiques ».

En 1834, la SDH est à peine démantelée par la police que Barbès fonde l'éphémère Société des vengeurs suivie, l'année suivante, par la Société des Familles. Société dont il compose le serment d'adhésion, passage obligé pour tous les aspirants conspirateurs. (voir note). C'était le commencement de sa longue et tumultueuse « collaboration » avec Blanqui. Le 10 mars 1836, Barbès et Blanqui sont arrêtés par la police, en train de charger des cartouches dans l'appartement qu'ils partageaient à Paris. Barbès, condamné à un an d'emprisonnement, amnistié en 1837 demeurera quelque temps, en famille à Carcassonne, où il échafaude les plans d'une nouvelle société secrète et écrit la brochure qui restera sa seule contribution à la littérature révolutionnaire, Quelques mots à ceux qui possèdent en faveur des Prolétaires sans travail.

Retourné à Paris en 1838, Barbès se joint à Blanqui pour former encore une autre société secrète républicaine, la très prolétaire Société des Saisons.

Membres Fondateurs de la Société des Saisons, Barbès prépare l'insurrection du 12 mai 1839 avec Blanqui et Martin Bernard. Trois républicains de la même veine, de la même génération, celle du combat révolutionnaire contre la monarchie de Juillet au temps de leur jeunesse, mais dont les itinéraires divergèrent ensuite. Martin Bernard, Blanqui et Barbès, sont de la génération des sociétés secrètes. Ils ont connu les procès et la prisons. Si ces trois figures se ressemblent tellement, comment expliquer le (seul) rayonnement de Barbès et de Blanqui ? Pourquoi sont-ils devenus des figures emblématiques du mouvement républicain ?

Ainsi, pour des raisons qui parfois se rejoignent (le sacrifice de leur liberté consenti par les deux hommes) ou diffèrent au niveau des doctrines et des caractères, ces deux grandes figures appartiennent en effet au Panthéon républicain où ils bénéficient tous deux d’une réputation de révolutionnaires intransigeants, jamais entamée par les inévitables compromis nécessités par l’exercice du pouvoir. Les deux hommes qui se côtoient depuis 1836 ont bien appris à se connaître. Barbès, peut –être plus réfléchi, est fasciné par Blanqui, romantique, intrépide mais terriblement inconséquent pour ne pas dire inconscient. Outre cette fascination, il le côtoie, aussi, en espérant, non pas le contrôler (ce qui serait impossible) mais au moins le canaliser. En vérité, il en a secrètement, peur. Et, il est vrai, que pour la plupart, Barbès a été fourvoyé dans tous les coups par son grand 'ami' Blanqui (son mauvais génie ?). Le 10 mars 1836, Barbès et Blanqui sont arrêtés par la police en train de charger des cartouches dans l'appartement qu'ils partageaient, rue de l'Oursine, à Paris (affaire des poudres). Barbès condamné à un an d'emprisonnement, est amnistié en 1837. Il reste un certain temps en famille à Carcassonne.

Revenu à Paris en 1838, il se joint à Blanqui pour former une autre société secrète, la Société des Saisons. En 1839, cette Société, beaucoup plus prolétarienne compte environ neuf cents membres et le 12 mai, elle se sent assez forte pour tenter un coup d'état à Paris. Quatre cents insurgés parviennent à occuper brièvement l'Assemblée, l'Hôtel de ville et le Palais de Justice, mais le nombre et les armes leur font défaut.

L'échec du coup d'état de 1839 amène le divorce Barbès – Blanqui, ce qui nuira profondément à l'extrême gauche lors de la révolution de 1848, mais également plus tard.

Blanqui, premier chef de ce coup, semble avoir cru que Barbès, qui était resté à l'écart pendant un certain temps, avait fini, épuisé par se décourager, davantage que ses camarades insurgés.
De fait, libéré de prison en 1848, Barbès semble s'être mis à la disposition des révolutionnaires modérés afin de contrecarrer Blanqui. Guidé par Lamartine, il forme le club de la Révolution pour contrer la Société centrale insurrectionnelle de Blanqui prudemment rebaptisée: Société républicaine centrale.

Nommé Colonel de la garde nationale du douzième arrondissement, Barbès mène ses troupes, le 16 avril contre une manifestation ouvrière menée par Louis Blanc et Blanqui. Les ouvriers exigeaient un programme social plus actif et surtout l'ajournement des élections à l'Assemblée nationale constitutive, toutes proches. Les manifestants pressentaient que si le gouvernement n'avait pas le temps "d'instruire" les provinciaux, la nouvelle assemblée serait dominée par les parisiens conservateurs.

En mars 1848 l'hostilité entre Barbès et Blanqui éclate au grand jour avec la publication par le journaliste Taschereau d'un prétendu document (tiré des dossiers de police…) et qui prouverait que Blanqui avait trahi ses camarades conspirateurs en 1839. Un bon nombre d'historiens, jugent maintenant hautement probable que ce document soit "un faux diffusé (sous forme de fuites) par le gouvernement" pour déstabiliser Blanqui. Barbès, lui semble croire à l'authenticité de ce document, ce qui provoquera de "terribles divisions" parmi l'extrême gauche, divisions toujours présentes en fin de siècle.

Les deux hommes qui en quelques années en arriveront à se méfier l'un de l'autre, finiront par se détester : affrontement de deux caractères, de deux logiques mais aussi séquelles des mauvais coups (insurrectionnels) .

En fait ces rapports sont complexes et difficiles à saisir, de l'extérieur et si tardivement. Pour tenter de les saisir, on pourrait les rapprocher, toute proportion gardée, des rapports assez ambiguës liant François Mitterrand et Michel Rocard ou dans l'autre camp, Chirac et Sarkozy. À chacun d'apprécier…

Libéré de prison en 1848, Barbès semble s'être mis à la disposition des révolutionnaires modérés; cherchant constamment à contrecarrer Blanqui. Conseillé par Lamartine, il forme le club de la Révolution pour contrer la Centrale républicaine insurrectionnelle de Blanqui, prudemment renommée: Société républicaine Centrale.

Élu à l'assemblée constitutive du 23 avril 1848, Barbès, à l'extrême gauche de l'hémicycle, représentera son département d'origine l'Aude. Sa carrière parlementaire fut brève, car le 15 Mai, des manifestants envahissent l'assemblée, sous le prétexte de présenter une pétition invitant le gouvernement a s'impliquer davantage pour la libération de la Pologne. Barbès, à l'origine opposé à la démonstration, a d'abord tenté de disperser la foule, mais il semble avoir perdu la tête en voyant Auguste Blanqui dans l'assemblée. Dans un effort pour prendre la tête de la démonstration face à son ennemi, il détourne l’émeute vers l'hôtel de ville, où une nouvelle république, plus radicale, serait proclamée. Véritable ballon de baudruche, l'insurrection se 'dégonfla' d'elle-même avec l'arrivée de la garde nationale qui arrêtera Barbès.

Plus tard, Karl Marx écrira dans les « Luttes de classe en France » : "Le 12 mai [1839, le prolétariat] a cherché en vain à reprendre son influence révolutionnaire et seulement réussi a livrer des chefs énergiques aux geôliers de la bourgeoisie." Des historiens modernes ont été beaucoup moins aimables: Georges Duveau a qualifié l'événement "de farce tragique et absurde n'ayant, dès le départ, aucune chance d'aboutir".

Il connaîtra donc toutes les geôles. Celles de Louis-Philippe (de 1836 à 1837, de 1839 à 1848), de la Seconde République et du Second Empire (de 1848 à 1854).

Il montre un courage indomptable et chevaleresque (le “ Bayard de la démocratie”), un goût du sacrifice, une acceptation de ses responsabilités qui expliquent certainement le charisme qui était le sien et dont témoignent tous les contemporains. Il y a là une part d’irrationnel qui échappe à l’analyse, un “ mythe Barbès ”.

* 1848, sera le 'dernier baroud' pour "le conspirateur hors pair." Condamné à la prison à vie en 1849, Barbès fut libéré par Napoléon III en 1854. Mais, il ne revint jamais en France, se retirant dans un exil volontaire à la Haye, où il mourut le 26 juin 1870, quelques semaines avant que la république ne succède au second empire, événement qui l'aurait, sans aucun doute, réjouit au delà de tout' (Bernard Martin, correspondance).


Page soumise à la GFDL.
Source : Article Armand BARBÈS de Wikipédia


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