Acteur, Artiste, Chanteur, Compositeur, Musicien et Pianiste (
Canadien)
Né le 16 octobre 1932Décédé le 09 juin 2011 (à l'âge de 78 ans)
Claude Léveillée (né le 16 octobre 1932 à Montréal et mort le 9 juin 2011 à Saint-Benoit-de-Mirabel) est un acteur, un pianiste et un auteur-compositeur-interprète québécois, qui marque sa génération. Il lègue environ 400 chansons, des musiques instrumentales et quelques comédies musicales.
Il est cofondateur du regroupement Les Bozos, en 1959, l'année où il rencontre Édith Piaf. Pour elle, il aura composé quelques chansons (dont Les Vieux pianos, Ouragan, Boulevard du crime). Il compose ensuite pour plusieurs chanteuses québécoises, dont Julie Arel (Merci à toi en 1976) et Nicole Martin (Il est en nous l'amour en 1985 ainsi que Mon père et ma mère et On s'aimera en 1987). Il se produit en France et en Union soviétique (URSS). Il est également acteur (notamment, dans La Ligne de démarcation, en 1966, et dans la série Scoop de 1991 à 1994).
L'œuvre musicale et poétique de Claude Léveillée se distingue par son lyrisme et son expressivité théâtrale. Elle explore les thèmes de l'expérience amoureuse, de la nostalgie, de l'aspiration à la liberté, d'un pays immense, de la solitude, de la traversée d'une existence souvent absurde. Pianiste créatif, Léveillée donne sa pleine mesure dans les orchestrations marquées par le romantisme, les rythmes dramatiques, les harmonies et lignes mélodiques subtiles.
Joseph Gérard Adolphe Claude Léveillée est né le 16 octobre 1932 à Montréal de Pierre Léveillée et Laurette Lalande. Claude est leur deuxième enfant de trois, Jean étant l’aîné et Raymonde la cadette. Les parents Léveillée initient très jeunes leurs enfants à la musique. Les talents de musicienne, pianiste, de sa mère, et de chanteur ténor de son père, influencent l'enfance de Claude, qui déjà s'intéresse à l'improvisation au piano, sans cependant suivre de formation musicale. Sa mère jouant au piano et son frère au violon, Claude Léveillée complète l'ensemble en jouant de l'accordéon ou de l'harmonica.
Il s'initie au spectacle en jouant de l’accordéon dans les rues de Montréal, où il reçoit ses premiers applaudissements.
Claude Léveillée s'inscrit au Collège André-Grasset en 1947, puis au Collège de Montréal en 1951. Il éprouve certaines difficultés au sein de l'institution scolaire, trouvant le temps long, enfermé entre des murs de pierre. Il lui arrive parfois de se distraire avec son petit accordéon Comtessa et de sortir son répertoire folklorique avec des rythmes gais.
En 1954, à l'âge de 21 ans et muni de son baccalauréat ès-arts1 à l'issue du cours classique, il s'inscrit à l'Université de Montréal en sciences économiques, politiques et sociales. Démontrant peu d'enthousiasme en classe, il découvre, dans un local de l'université, un vieux piano, dont la musique lui vaut la rencontre d’Élizabeth Chouvalidzé, qui lui ouvre ses horizons sur la culture européenne.
En octobre 1955, soutenu par son amie Élizabeth, Léveillée fait une montée sur scène à l'Université de Montréal, dans la revue Bleu et Or1 avec un numéro de Gilbert Bécaud et Liberace. Il est remarqué par Noël Gauvin, réalisateur de l'émission de télévision Music-Hall. Ce dernier approche Léveillée pour composer la chanson Montréal pour la chanteuse Andrée D’Amour.
Toujours poussé et encouragé par Élizabeth Chouvalidzé, Claude Léveillée produit des compositions musicales et poétiques. Trois mois plus tard, il commence à mettre ses poèmes en musique. En 1955, il crée sa première chanson, Tes Rêves. Elle est présentée au concours du Chœur Bleu et Or, de l'Université de Montréal. Il fait une apparition à l'émission Music-hall, où il interprète quelques-unes de ses chansons. À la cantine de l'université, Élizabeth et Claude passent une audition à la Société Radio-Canada pour des rôles de figurants. Ils rencontrent Claude Caron, qui se souvenait des interprétations à l'accordéon de Léveillée. Caron lui offre alors le rôle de Bozo dans la télésérie Rodolphe ou le secret de la rivière perdue du Père Ambroise Lafortune.
Après deux ans, il abandonne l'université et les sciences sociales1. En 1956, il joue dans « Le Secret de la rivière perdue » à la télévision de Radio-Canada1; il y crée aussi un personnage pour enfants, Clo-Clo (décors, scénario, texte et musique), à l'émission « Domino » (1957-59, 1961-62)1. Léveillée y compose des centaines de chansons.
Il rencontre Paul Buissonneau dans les murs de l'École des beaux-arts de Montréal, où il s'occupe de la partie musicale de la reprise de Orion le tueur au Centre Saint-André-Apôtre en 1956. Buissonneau offre à Léveillée de faire la première partie de la prochaine pièce qu'il monte, La Tour Eiffel qui tue, présentée du 4 au 9 mars 1957 à la salle du Gesù à Montréal et le 25 mai à Edmonton. En 1957, Claude Léveillée fait la trame sonore de La Belle Rombière de Guillaume Hanoteau et Jean Clevers. En 1958, il tient le rôle principal dans la pièce Les Oiseaux de lune de Marcel Aymé.
Il est cofondateur du groupe les Bozos, en 19591, avec six autres jeunes chansonniers québécois.
Le 12 juin 1959, sous l'influence de Paul Buissonneau et de son épouse Françoise, qui incitent Édith Piaf à aller dans la petite boite de chansonniers Chez Bozo, Claude Léveillée rencontre l'artiste. Cette dernière l'invite à venir composer des chansons pour elle à Paris, en août. Le temps passé en France auprès de la chanteuse est une expérience très enrichissante pour Claude Léveillée et contribue à établir sa propre notoriété. Il revient au Québec en 1960. Édith Piaf enregistre, en 1963, les chansons qu'il a écrites pour elle : « Boulevard du crime », « Ouragan », « La Voix » (ballet) et « Le Vieux piano » (nouvelle version de « Les Vieux pianos »).
À la suite à son expérience en France, Claude Léveillée remporte le Grand Prix du disque canadien de la radio de CKAC en 1962. Le 23 avril 1963, il cofonde le Théâtre de Quat'Sous.
Au cours des années 1960, il produit plusieurs succès tels Les vieux pianos, Frédéric, La légende du cheval blanc, Le rendez-vous, La scène, Emmène-moi au bout du monde et Soir d'hiver.
En 1963, il fait la partie musicale du spectacle Les Éphémères, monté par Paul Buissonneau avec, entre autres, Yvon Deschamps et Jean-Louis Millette. À cause de conflits syndicaux, le spectacle est annulé. Léveillée enregistre toutefois la musique qu’il avait composée.
Il est le premier chansonnier québécois à se produire seul à la Place des Arts (en 1964).
Il remporte le Grand prix du disque en 19661. Il connaît un certain succès avec son disque 1 voix 2 pianos sorti en 1967, un disque au son mélancolique et influencé par le jazz sur lequel il travaille avec son ami André Gagnon (l'autre piano) et la choriste Nicole Perrier (la voix). Il écrit quelques comédies musicales dont Elle tournera la terre en 1967 présentée à la Comédie-Canadienne de Montréal la même année. Le 21 mai 1967, il interprète la chanson Le rendez-vous à l'émission Ed Sullivan Show, à New York. En 1968, accompagné d'André Gagnon, Léveillée fait une tournée de 26 récitals en URSS.
Au début des années 1970, il produit des chansons remarquées telles L'étoile d'Amérique, Cheval de bois, Si jamais et Marie Rose. En 1972, il représente le Canada au Festival de la chanson de Sopot en Pologne. La même année, il repart en tournée en URSS. Au milieu des années 1970, Claude Léveillée électrifie quelque peu sa musique et produit des textes engagés : Les amoureux de l'an 2000, Ce matin un homme, Ce soir si on s'aimait, Les filles de l'Acadie illuminent ces années d'intenses créations.
En 1976, il donne une série de concerts à la Place des Arts, participe au spectacle des 5 grands sur la montagne (Une fois cinq) et présente quelques concerts avec Félix Leclerc à l'Île d'Orléans (Le temps d'une saison). En 1978 et 1979, il fait place à la musique instrumentale avec Black Sun (incursion dans la musique progressive) et Escale 80.
En 1980, il perd son unique enfant, Pascal, qui meurt à 20 ans. Léveillée entreprend une tournée intime en 1980 qui débute au Théâtre de Quat'Sous à l'automne. En 1982, il sort un nouvel album de chansons dans lequel on retrouve Le coyote, La grande vie et Les fils de la liberté. Quelques tournées en Suisse, de 1981 à 1984, lui valent d'être pleinement reconnu dans ce pays. Accompagné de Claude Gauthier et Pierre Létourneau, Léveillée participe au Québec à la tournée Trois fois chantera en 1984.
Il présente en 1985 le spectacle commémoratif Tu t’rappelles Frédéric avec son ami André Gagnon et participe cette année-là à la Fondation Québec-Afrique en chantant dans le projet collectif Les Yeux de la faim. Il compose également la chanson Il est en nous l'amour, pour Nicole Martin, sur un texte de Pierre Létourneau. La chanson obtient un bon succès et est nominée au gala de l'ADISQ de l'année suivante.
En 1986, il entreprend une série de concerts instrumentaux ayant pour titre Un homme, un piano. En 1987, il partage la scène avec Renée Claude le temps de quelques concerts intitulés Partenaires dans le crime, puis compose de nouveau pour Nicole Martin les chansons On s'aimera et surtout Mon père et ma mère, titre pour lequel il joint sa voix à celle de l'interprète en tant que choriste. En 1989, il sort l'album Enfin revivre.
En 1994 il enregistre l’album Mes années 60, qui reprend ses vieux succès. Il produit par la suite 3 albums mi-instrumentaux et mi-contes pour enfants : Rêves inachevés (1998), Rêves inachevés vol 2 (1999) et Non stop le rebel (2000). Ses dernières chansons se retrouvent sur Mes années 80 (1996) et Cœur sans pays (2008). Sur scène, il continue de se produire à la Place des Arts en 1994, 1997 et 2003.
Le 27 avril 2004, sur scène à l'âge de 71 ans, il subit un premier accident vasculaire cérébral et un deuxième le 20 octobre suivant : il en est gravement handicapé. Après un long séjour à l'hôpital et une certaine réadaptation, il est ramené chez lui, à sa demande, et peut y demeurer grâce aux initiatives d'amis, qui lui assurent le maintien et le financement des soins.
Le 9 juin 2011, il meurt subitement à domicile, à l'âge de 78 ans. Ses obsèques ont lieu le samedi 18 juin à la basilique Notre-Dame de Montréal (pouvant accueillir 1 500 personnes); des écrans géants retransmettent la cérémonie à l'extérieur; André Gagnon est au piano pour la cérémonie; et, ce jour-là, le drapeau de l'hôtel du parlement, à Québec, est mis en berne (comme ce fut le cas pour Alys Robi, peu auparavant) — la veille, le public peut défiler près du cercueil, à la Place des Arts.
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Disques Claude Léveillée
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Claude Léveillée (1961)
Claude Léveillée (1963)
Claude Léveillée à la Place des Arts (1964)
Claude Léveillée à Paris (1964)
Claude Léveillée à Paris, volume 2 (1966)
Léveillée plus dix (1966)
Elle tournera la terre (1967)
Le Cérémonial de l'amour (1969)
L'Étoile d'Amérique (1970)
Si jamais (1971)
Claude Léveillée (1971)
Contact (1972)
Cheval de bois (1972)
Les Amoureux de l'an 2000 (1973)
Les Beaux dimanches (1974)
On remonte en amour (1975)
Place des Arts 1976 (1976)
Black Sun (1978)
La légende du petit ours gris / Le journal d'un chien (1979)
Escale 80 (1979)
Claude Léveillée (1982)
Enfin revivre (1989)
Un homme, un piano (1991)
Mes années 1960 (1993)
Enfin revivre (réédition) (1995)
Mes années 1970 (1995)
Mes années 1980 (1996)
Claude Léveillée (collection Émergence) (1997)
Rêves inachevés (1998)
Au temps des boîtes à chansons - Les années de la Butte à Mathieu (1999)
Rêves inachevés, vol. 2 (1999)
Non-stop le rebel (2000)
Mes immortelles, je vous les confie (2003)
Cœur sans pays (2008)
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Succès populaires
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Le bout du monde (1958, paroles de Gilles Vigneault)
Le chemin de prairie (1958, paroles de Gilles Vigneault)
Il en est passé (1958, paroles de Gilles Vigneault)
L'hiver (1960, paroles de Gilles Vigneault)
Les Vieux Pianos (1961)
Emmène-moi au bout du monde (1961)
La Légende du cheval blanc (1962)
Frédéric (1962) — Chanson intronisée en 2005 au PACC
Taxi (1962)
Ne dis rien (1962)
Les rendez-vous (1962)
Pour quelques arpents de neige (1973)
Soir d'hiver (1966, poème d'Émile Nelligan)
La scène (1965)
Mon pays (1964)
L'Étoile d'Amérique (1970)
Les amoureux de l'an 2000 (1973)
Ce matin un homme (1975)
La Froide Afrique (1973)
Le Petit Mouchoir (1989)
Pierrot Lunaire (1989)
Enfin revivre (1989)
Les Îles blanches (1989)
Laissez-vous vivre (1989)
La petite patrie (1996)
Bagages oubliés (1996)
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Films Claude Léveillée
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1966 : La Ligne de démarcation, de Claude Chabrol — Le major Presgrave, l'Anglais
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Bibliographie
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Claude Léveillée, par Marie-Josée Michaud, Montréal, Art Global,
Tome 1, 2004, 380 p. (ISBN 2-9207-1890-8 et 978-2-9207-1890-6) — de sa naissance à son retour de Paris en 1960. Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
Tome 2, 2008, 480 p. (ISBN 978-2920-71895-1) — de 1960 au 27 avril 2004. Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article.
Claude Léveillée aux trapèzes des étoiles, par Daniel Guérard, chansons et poèmes*, Montréal, Éd. de l'Homme, Coll. « Paroles d'ici », 1990, 297 p.; 23 cm (ISBN 978-2-7619-0908-2).
Robert Giroux, Constance Havard et Rock La Palme, Le guide de la chanson québécoise [avec index], Paris : Syros/Alternatives (ISBN 2-8673-8670-5); Montréal : éd. Triptyque, coll. « Les guides culturels Syros », 1996 (1re éd. 1991), 22 cm, 179 p. (ISBN 2-8903-1124-4).
Robert Thérien et Isabelle D'Amours, Dictionnaire de la musique populaire au Québec 1955-1992, éd. Institut québécois de recherche sur la culture (IQRC), 1992, xxv, 580 p. (ISBN 2-8922-4183-9). Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article.
Robert Chamberland et André Gaulin, La chanson québécoise de la Bolduc à aujourd'hui, Nuit Blanche Éditeur, coll. « Les Cahiers du Centre de recherche en littérature québécoise. Anthologie », 1994, 593 p. (ISBN 978-2-9210-5328-0). Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article.
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Prix et distinctions
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1962 - Grand prix du disque canadien, de la station radiophonique CKAC
1966 - Grand prix du disque
1966 - Grand prix auteur-compositeur-interprète (Prix La Bolduc) du Festival du disque
1977 - prix de l'Académie Charles-Cros de Paris, pour le disque 1 fois 5
1996 - Officier de l'Ordre du Canada
1998 - Chevalier de l'Ordre national du Québec
1998 - Chevalier de la Légion d'honneur de France
1999 - Félix hommage au Gala de l'ADISQ
2005 - Intronisé au Panthéon des auteurs et compositeurs canadiens, avec sa chanson Frédéric
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