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LOUIS XV

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Biographie de LOUIS XV :

 
1156ème
LOUIS XV
1710 - 1774
Découvrez la biographie de LOUIS XV
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Homme d'état et Roi (Francais)
Né le 15 février 1710
Décédé le 10 mai 1774 (à l'âge de 64 ans)


Louis XV dit le Bien-Aimé, né le 15 février 1710 et mort le 10 mai 1774, fut roi de France de 1715 à 1774.

Né le 15 février 1710 à Versailles, troisième fils du Petit Dauphin, le duc de Bourgogne, et de Marie-Adélaïde de Savoie, petit-fils du Grand Dauphin, arrière-petit-fils de Louis XIV, Louis de France fut titré à sa naissance duc d'Anjou, titre que portait à sa naissance son oncle le roi d'Espagne, Philippe V, en guerre contre son concurrent le prétendant autrichien. C'était une manière de signifier au parti autrichien que les Bourbons ne renonceraient jamais à la couronne espagnole. Conformément à la coutume, son éducation fut confiée jusqu'à ses sept ans à la gouvernante des enfants royaux, depuis 1704, la duchesse de Ventadour, secondée par Madame de La Lande, sous-gouvernante. Sa nourrice, Marie-Madeleine Mercier, était une bourgeoise parisienne originaire de Provence.

Le 14 avril 1711, Louis perdit son grand-père, le Grand Dauphin, puis, en février 1712, ses parents. En mars de la même année, les deux enfants du couple défunt contractèrent la même maladie, une forme de rougeole. Les médecins s'acharnèrent sur le frère aîné, anciennement titré duc de Bretagne, nouvel héritier du trône, qui mourut le 8 mars à l'âge de cinq ans. À la mort de son frère, le jeune duc d'Anjou devint le nouveau dauphin. L'enfant de deux ans survécut à l'hécatombe qui avait anéanti sa famille grâce au dévouement de sa gouvernante, Mme de Ventadour, qui décida de le soigner elle-même, l'arrachant aux médecins et refusant énergiquement qu'on le saignât. Rescapé d'une famille décimée, Louis trouva en Mme de Ventadour sa seule source d'affection, l'appelant « Maman Ventadour », voire « Maman » tout court.

Le 5 mai 1714, le duc de Berry, oncle du jeune prince, mourut à l'âge 28 ans, victime d'un accident de cheval. Voyant son frêle arrière-petit-fils, le vieux roi, récemment encore patriarche d'une nombreuse lignée prometteuse, ne put s'empêcher de soupirer en présence de ses courtisans : " Voilà tout ce qu'il me reste de ma famille".

En 1714, Louis reçut un instituteur, l'abbé Perot. Celui-ci lui apprit à lire et à écrire, ainsi que des rudiments d'histoire et de géographie et, bien sûr, lui donna un enseignement religieux empreint de sulpicisme. En 1715, le jeune prince reçut également un maître à danser, puis un maître à écrire. Gardant un œil attentif sur l'éducation du jeune prince, Mme de Maintenon, épouse secrète de Louis XIV, choisissait maîtres et instituteurs.

En février 1715, le jeune dauphin participa à sa première cérémonie : la réception d'un ambassadeur de Perse à Versailles. À cinq ans, on le jugeait bel enfant, doué d'une intelligence vive et d'une bonne mémoire, gai et farceur. Il était particulièrement attiré par l'histoire et la géographie.

Le 1er septembre 1715, Louis XIV mourut, non sans lui avoir donné ses derniers avis, principalement contre la guerre, « la ruine des peuples ». L'ancien duc d'Anjou se retrouva roi à cinq ans, sous le nom de Louis XV. Le lendemain, le duc d'Orléans, neveu du feu roi, fut nommé régent.

Les 3 et 4 septembre 1715, Louis XV accomplit ses premiers actes de roi d'abord en se rendant à la messe de requiem célébrée pour le feu roi, à la chapelle de Versailles, ensuite en recevant l'assemblée du clergé venue célébrer son avènement. Le 12, il enchaîna sur un lit de justice, l'une des cérémonies les plus solennelles de la monarchie, le 14, sur les harangues du Grand Conseil, de l'Université de Paris et de l'Académie française, les jours suivants, sur les réceptions d'ambassadeurs venus présenter leurs condoléances, etc. Malgré son jeune âge, il dut se plier à la mécanique du gouvernement et de la cour et jouer son rôle de représentation.

Il continua d'être élevé par Madame de Ventadour, qui lui donna comme compagnons de jeux le fils d'un savetier parisien, et un jeune Iroquois. En 1717, ayant atteint l'âge de raison, il quitta ses lisères (sorte de laisse utilisée pour guider les enfants en bas âge) et les mains des femmes. Son éducation fut désormais confiée à un gouverneur, le duc de Villeroy, et un précepteur, André Hercule de Fleury, évêque de Fréjus. On lui apprit désormais le latin, les mathématiques, la cartographie, le dessin, des rudiments d'astronomie, mais aussi à chasser. L'éducation manuelle ne fut pas non plus négligée : en 1717, il apprit un peu de typographie, et en 1721, il s'initia à tourner le bois. Depuis 1719, il avait des maîtres de musique. Contrairement à Louis XIV, il n'avait que peu d'affinités pour la musique, avait une mauvaise voix (ce qui sera un handicap face aux parlementaires) et chantait faux.

L'arrivée au pouvoir du duc d'Orléans, précédée de peu par le remariage de Philippe V d'Espagne avec l'ambitieuse Élisabeth Farnèse, modifia considérablement les relations des deux pays (conspiration de Cellamare) et une courte guerre s'ensuivit à laquelle participèrent les états européens. L'Espagne fut défaite et on chercha à se réconcilier entre descendants de Louis XIII. (cf. Quadruple Alliance).

On fiança donc le jeune roi âgé de neuf ans à Marie-Anne-Victoire d'Espagne qui en avait trois. Les fiancés se rencontrèrent en 1722 sur l'île des Faisans en plein milieu la rivière de la Bidassoa où s'étaient rencontrés Louis XIV et Marie-Thérèse d'Autriche en 1660, soixante ans auparavant...

La jeune "infante-reine" s'installa à Versailles où elle fit les délices de la cour. Son éducation fut supervisée par la princesse douairière de Conti, fille légitimée de Louis XIV et de la duchesse de La Vallière, femme réputée pour son élégance et ses qualités de cœur.

Parallèlement, le régent assurait son avenir en donnant en mariage au prince des Asturies et à son frère Don Carlos deux de ses filles. À eux quatre, les nouveaux époux n'avaient pas quarante ans.

Le 25 octobre 1722, le roi fut couronné et sacré à Reims. Quelques mois plus tard, il atteignit ses treize ans et se déclara majeur lors du lit de justice du 22 février 1723. C'est la fin de la Régence, mais le duc d'Orléans resta le plus important personnage du royaume après le roi. Le cardinal Dubois fut confirmé dans sa fonction de premier ministre, mais il mourut en août 1723. Le duc d'Orléans le suivit peu de temps après. C'est un autre prince du sang, le duc de Bourbon, qui le remplaça auprès du jeune roi. Pour se distraire, comme l'avaient fait presque tous les membres de sa famille, Louis XV se jeta à corps perdu dans la chasse. Le 3 novembre 1724, la chasse royale de la Saint-Hubert rassembla ainsi une centaine de sonneurs de trompe, plus de 900 chiens et un millier de chevaux.

Le roi devenant adulte, et apte à procréer, se posa la question de l'héritier du trône. L'Infante-reine n'avait alors que six ans et le duc de Bourbon redoutait de perdre le pouvoir au cas où le jeune roi, de santé fragile, viendrait à disparaître. En 1725, on prit la décision de renvoyer en Espagne la jeune reine, et de chercher une nouvelle fiancée. Cent noms de princesses européennes furent présentés et l'on n'en retint que huit. Le duc de Bourbon, uniquement préoccupé d'ambition personnelle, n'ayant pu imposer une de ses sœurs, refusa également toutes les princesses alliées à la branche rivale des Orléans en dépit des intérêts du Royaume (notamment les filles du Duc et de la Duchesse de Lorraine).

Ce fut, faute de mieux, et à la grande déception de la cour et de la nation toute entière, Marie Leszczyńska, la fille du roi détrôné de Pologne, de sept ans plus âgée que le roi, vivant chichement en Alsace d'une pension que lui versait la France, qui fut choisie. Le mariage fut célébré le 5 septembre 1725 à Fontainebleau. Les jeunes mariés paraissaient alors très attachés l'un à l'autre, et le mariage fut consommé la nuit même.

Dès la rentrée de la cour à Versailles, Louis XV décida de se débarrasser du duc de Bourbon qui était extrêmement impopulaire. Mgr de Fleury partit alors de la cour, bien décidé à être rappelé. En effet, quelques jours plus tard, Louis XV le fit rappeler et exila le duc de Bourbon sur ses terres à Chantilly, malgré l'intervention de la reine pleine de reconnaissance envers celui à qui elle devait sa fortune, mais qui la manipulait à son gré. La reine perdit dès lors toute influence sur le roi et, le 16 juin 1726, Louis XV prit Fleury comme Premier ministre.

Durant le ministère du duc, la traite négrière privée devint libre en échange de droits payés. Cette décision fut validée par le Roi.

De 1726 jusqu'à sa mort en 1743, le cardinal dirigea la France avec l'accord du roi. C'est la période la plus pacifique et prospère du règne de Louis XV, malgré quelques troubles avec le parlement de Paris et les jansénistes. Après les pertes humaines et financières subies à la fin du règne de Louis XIV, le gouvernement de Fleury a souvent été qualifié de « réparateur ». Il est difficile de déterminer avec exactitude le degré d'intervention du roi dans les décisions de Fleury, mais il est certain que Louis XV a soutenu son ancien précepteur contre les intrigues de la cour et les conspirations de ses ministres.

Avec l'aide des contrôleurs généraux des finances Michel Robert Le Peletier des Forts (1726-1730) et surtout Philibert Orry (1730-1745), Fleury parvint à stabiliser la monnaie française (1726) et finit par équilibrer le budget du royaume en 1738. L'expansion économique était au cœur des préoccupations du gouvernement. Les voies de communications furent améliorées, avec l'achèvement en 1738 du canal de Saint-Quentin, reliant l'Oise à la Somme, étendu ultérieurement vers l'Escaut et les Pays-Bas, et principalement la construction systématique d'un réseau routier sur l'ensemble du territoire national. Le corps des ingénieurs des Ponts et Chaussées construisit un ensemble de routes modernes, partant de Paris selon le schéma en étoile qui forme encore l'ossature des routes nationales actuelles. Au milieu du XVIIIe siècle, la France s'était dotée de l'infrastructure routière la plus moderne et la plus étendue du monde. Le commerce fut également stimulé par le Bureau et le Conseil du Commerce. Le commerce maritime extérieur de la France grimpa de 80 à 308 millions de livres entre 1716 et 1748. Cependant, les lois rigides édictées auparavant par Colbert ne permirent pas à l'industrie de profiter pleinement de ce progrès économique.

Le pouvoir de la monarchie absolue s'exerça lors de la répression des oppositions jansénistes et gallicanes. L'agitation causée par des illuminés du cimetière Saint-Médard à Paris (les Convulsionnaires de Saint-Médard, un groupe de jansénistes qui prétendait que des miracles survenaient dans le cimetière) cessa en 1732. Sur un autre front, après l'exil de 139 parlementaires en province, le parlement de Paris dut enregistrer la bulle papale Unigenitus et fut dorénavant interdit de s'occuper des affaires religieuses.

En ce qui concerne les affaires étrangères, Fleury a recherché la paix à tout prix en pratiquant une politique d'alliance avec la Grande-Bretagne, tout en se réconciliant avec l'Espagne. En septembre 1729, après sa troisième grossesse, la reine donna finalement naissance à un garçon, Louis-Ferdinand, qui devint aussitôt dauphin. Cette arrivée d'un héritier mâle, qui assurait la pérennité de la dynastie, fut accueillie avec une immense joie et célébrée dans toutes les sphères de la société française, et également dans la plupart des cours européennes. Le couple royal était à l'époque très uni, se manifestait un amour réciproque et le jeune roi était extrêmement populaire. La naissance d'un garçon écartait également le risque d'une crise de succession et le probable affrontement avec l'Espagne qui en aurait résulté.

En 1733, malgré la politique pacifiste de Fleury, le roi, convaincu par son secrétaire d'État aux Affaires étrangères, Germain Louis Chauvelin (1727-1737), intervint finalement dans la guerre de Succession de Pologne pour tenter de remettre son beau-père Stanislas Leszczynski sur le trône de Pologne. L'intervention sans conviction de la France ne permit pas de renverser le cours de la guerre et Stanislas ne retrouva pas son trône. Nonobstant, et avec beaucoup d'habileté, le cardinal de Fleury réussit à annexer les Duchés de Lorraine et de Bar : le jeune duc François III , fils du duc Léopold Ier et d'Élisabeth Charlotte d'Orléans, neveu du feu régent, vivait à Vienne où il avait été appelé par l'Empereur et avait laissé la régence de ses états patrimoniaux à sa mère, sœur du feu régent, mais qui avait totalemet adopté la cause de ses sujets (notamment depuis l'humiliation du mariage du roi). Le jeune souverain lorrain était pressenti pour épouser Marie-Thérèse, fille aînée et héritière de l'Empereur du Saint-Empire Charles VI, ce qui aurait considérablement renforcé la puissance autrichienne, déjà possesseur des Provinces belges et du Luxembourg, en coupant la route du Rhin et en la rapprochant dangereusement de Paris.

Les troupes françaises occupèrent rapidement le Barrois et la Lorraine. La paix fut signée dès 1735. Par le traité de Vienne (novembre 1738), le beau-père de Louis XV obtint à titre viager les Duchés de Lorraine et de Bar en compensation de la seconde perte de son trône polonais (avec l'objectif que le duché soit intégré au royaume de France à sa mort par le biais de sa fille), tandis que le duc François III devenait héritier du grand duché de Toscane avant de pouvoir prétendre à la couronne impériale. Cette guerre, peu coûteuse comparativement aux ponctions humaines et financières exorbitantes des campagnes de Louis XIV, fut un franc succès pour la diplomatie française. L'annexion de la Lorraine et du Barrois, effective en 1766 à la mort de Stanislas, constitue la dernière expansion territoriale du royaume de France sur le continent avant la Révolution.

Peu après ce résultat, la médiation française dans le conflit entre le Saint-Empire et l'Empire ottoman aboutit au traité de Belgrade (septembre 1739), qui mit fin à la guerre avec un avantage pour les Ottomans, alliés traditionnels des Français contre les Habsbourgs depuis le début du XVIe siècle. En conséquence, l'Empire ottoman renouvela les capitulations françaises, qui affirmèrent la suprématie commerciale du royaume au Moyen-Orient. Après tous ces succès, le prestige de Louis XV, arbitre de l'Europe, atteignit son sommet.

En 1740, la mort de l'empereur Charles VI et l'avènement de sa fille Marie Thérèse déclencha la guerre de Succession d'Autriche. Le vieux cardinal de Fleury n'avait plus la force de s'y opposer et le roi succomba à la pression du parti anti-autrichien de la cour : il entra en guerre en 1741 en s'alliant à la Prusse. Ce conflit devait durer sept longues années. La France était de nouveau entrée dans un cycle guerrier typique du règne de Louis XIV. Fleury mourut avant la fin de la guerre, en janvier 1743. Le roi, suivant finalement l'exemple de son prédécesseur, décida alors de gouverner sans premier ministre.

À la mort du cardinal de Fleury en 1743, le roi avait 33 ans. Il avait connu des années heureuses avec sa reine polonaise qui l'adulait et lui était entièrement dévouée. Un enfant était né presque chaque année. Cependant, la reine finit par se fatiguer de ces grossesses à répétition, autant que le roi se lassait de l'amour inconditionnel de son épouse. De plus, la plupart de leurs enfants étaient de sexe féminin, ce qui finit par indisposer le roi. Sur leurs dix enfants, il n'eurent que deux garçons, et un seul survécut, le dauphin. En 1734, pour la première fois, la reine se plaignit à son père des infidélités du roi. Le roi tomba amoureux de Madame de Mailly, puis de sa jeune sœur Madame de Vintimille, puis à sa mort d'une autre de leurs sœurs, Madame de Châteauroux. La reine se réfugia alors dans la religion et les œuvres de charité.

Un an après la mort de Fleury, se produisit un événement qui allait marquer la personnalité du roi et la suite de la vie politique française: "L'épisode de Metz". Louis XV était parti diriger ses armées engagées sur le front de l'est dans la guerre de succession autrichienne. En août 1744, à Metz, il tomba gravement malade et ses médecins pronostiquèrent une mort imminente. Les prières se multiplièrent à travers le pays pour son salut. Sa maîtresse, Madame de Châteauroux, qui l'avait accompagné, dut le quitter tandis que la reine arrivait en hâte.

Sous la pression du parti dévot, Monseigneur de Fitz-James, premier aumônier du roi, refusa de lui donner l'absolution sans une confession publique de ses péchés dans laquelle le roi apparaissait comme une personne immorale, indigne de porter le titre de Roi Très Chrétien. Colporté dans tout le pays par le clergé, la confession royale ternit le prestige de la monarchie. Pendant ce temps, les dévots, fort maladroitement , plaçaient ostensiblement un second oreiller dans le lit de la reine et poussait celle-ci, pourtant quadragénaire, à s'habiller comme une adolescente, abusant du rouge et des parfums, ce qui seyait peu à une femme de son âge.

Le roi échappa à la mort et, à la suite de la messe d'Action de Grâce célébrée en l'église Notre-Dame de Metz en présence de la famille royale, le pays tout entier repris les qualificatifs du célébrant et appela le roi "Louis le Bien-Aimé".

Cependant Louis XV, en tant que roi, avait ressenti douloureusement l'humiliation que lui avait infligé le parti dévot. De retour à Versailles, il démit Monseigneur de Fitzjames de ses fonctions d'aumônier, l'exila dans son diocèse et rappela Madame de Châteauroux, mais celle-ci mourut avant sa rentrée en grâce officielle. Le roi, bien que sa sa vie sexuelle déréglée le fît souffrir d'un profond sentiment de culpabilité, ne renoua pas avec la reine.

Jeanne Lenormant d'Etiolles, rencontrée en 1745 lors du bal masqué donné à l'occasion du mariage du dauphin Louis-Ferdinand, devint la favorite la plus célèbre du règne. Le roi, pour pouvoir lui permettre d'être présentée à la cour et de devenir dame d'honneur de la reine, lui attribua une terre limousine tombée en déshérence : le marquisat de Pompadour.

Fille d'un financier, elle était plutôt belle, cultivée, intelligente et sincèrement attachée au roi, mais avait contre elle d'appartenir au Tiers-État, étant une bourgeoise proche des milieux financiers, ce que la cour et le peuple ne pardonnèrent pas : les maîtresses officielles de Louis XIV, et celles de Louis XV jusqu'à présent, choisies dans les hautes sphères de l'aristocratie, avaient été d'autant plus tolérées qu'elles n'exerçaient aucune influence sur le gouvernement (à l'exception de Madame de Maintenon).

Le fait que le roi se commette avec une roturière provoqua un scandale orchestré par l'aristocratie, qui se sentait humiliée de l'influence grandissante de la bourgeoisie dans la société, et reprise par le peuple qui haïssait le monde de la finance qui l'exploitait... Parurent bientôt des chansons et des pamphlets injurieux appelés « Poissonades» (par allusion aux "Mazarinades" du siècle précédent, le nom de jeune fille de la marquise étant Poisson), qui la brocardaient comme dans l'exemple suivant :

« Fille de sangsue et sangsue elle même
Poisson d'une arrogance extrême
Etale en ce château sans crainte et sans effroi
La substance du peuple et la honte du Roi »

Malgré ces critiques, la marquise de Pompadour eut une influence indéniable sur l'épanouissement des Arts durant le règne de Louis XV. Véritable mécène, la Marquise amassa une imposante collection de meubles et d'objets d'art dans ses diverses propriétés. Elle fut responsable du développement de la manufacture de porcelaine de Sèvres, et ses commandes assurèrent leur subsistance à de nombreux artistes et artisans. Elle joua également un rôle important en architecture, étant à l'origine de la construction de la place Louis XV (aujourd'hui place de la Concorde), et de l'École militaire de Paris, réalisées par Ange-Jacques Gabriel, un de ses protégés. La Marquise défendit également le projet de l'Encyclopédie contre les attaques de l'Église. À sa manière, elle fut représentative de l'évolution des mentalités lors de ce siècle des Lumières, bien qu'elle ne parvienne pas complètement à convertir le roi à ses vues. L'étalage de tout ce luxe dans ses propriétés lui valut bien des reproches, bien que sa famille, très riche, fournît également une aide financière au gouvernement et sauvât la monarchie de la banqueroute.

La marquise de Pompadour était officiellement logée au troisième niveau du château de Versailles, au dessus des appartements du roi. Elle y organisait des soupers intimes avec des invités choisis, où le roi oubliait les obligations de la cour qui l'ennuyaient. De santé fragile, et supposée frigide, la Marquise devint dès 1750 une simple mais véritable amie et confidente, après avoir été amante, et elle parvint à conserver ses relations privilégiées avec le roi, jusqu'à sa mort, ce qui est exceptionnel dans les annales des maîtresses royales.

Ne pouvant satisfaire la sensualité du roi et pour éviter d'être évincée par une rivale potentielle (ce qui fut sa hantise jusqu'à la fin de sa vie), elle se chargea de "fournir" discrètement au roi, avec l'accord de leur famille (bien rémunérée), des jeunes filles peu farouches, de petite vertu et de peu d'intelligence qui, occupant les sens du roi, n'occupaient en revanche ni son coeur ni son esprit. Ainsi conservait la marquise son influence sur le roi... Les rencontres se faisaient après le passage des jeunes filles dans un lieu dont le nom seul offrait au fantasme et aux ragots : le parc aux cerfs.

Après 1750 donc, Louis XV, qui venait d'avoir 40 ans, s'engagea dans une série d'histoires sentimentales et sexuelles de courte durée, la plus connue étant celle avec Marie-Louise O'Murphy. Le pavillon du parc aux cerfs servit à abriter ces amours éphémères : les jeunes filles y étaient examinées par un médecin avant d'être menées discrètement dans la chambre du roi. La légende a exagéré les événements qui s'y sont passés, contribuant à assombrir la réputation du souverain. Cette image de roi vieillissant et libidineux accaparé par ses conquêtes féminines ne le quittera plus et entachera sa mémoire, bien qu'il n'ait été guère différent de François Ier ou de Henri IV de ce point de vue.

Toutes ces histoires amoureuses n'empêchaient pas Louis XV de travailler, mais il lui manquait l'inépuisable énergie de son arrière-grand-père. Pendant les dix-sept années du gouvernement de Fleury, il avait formé son jugement mais n'avait pu forger sa volonté. Décidé à diriger seul le royaume, il s'évertuait à suivre les instructions de son aïeul : « Écoutez, consultez votre Conseil, mais décidez ». Cependant, il n'avait pas assez confiance en soi pour appliquer efficacement ce précepte. Sa correspondance politique révèle sa profonde connaissance des affaires publiques et la justesse de son raisonnement. Il éprouvait en revanche des difficultés à décider, et quand il y était obligé, se montrait comme tous les timides, brutal.

Amical et compréhensif avec ses ministres, du moins en apparence, sa disgrâce tombait soudainement, sans prévenir, sur ceux qu'il estimait l'avoir desservi. Sa direction était souple, les ministres ayant une grande indépendance, mais il leur était difficile de savoir si leurs actions convenaient au souverain. La plupart du travail gouvernemental s'effectuait dans des comités auxquels le roi ne participait pas, ce dernier siégeant dans le Conseil d'en haut, créé par Louis XIV, chargé des secrets d'État concernant la religion , la diplomatie et la guerre. Divers partis s'affrontaient, celui des dévôts, dirigé par le comte d'Argenson, secrétaire d'État à la guerre, opposé à celui du parti philosophique emmené par Jean-Baptiste de Machault d'Arnouville, contrôleur général des finances, et soutenu par la marquise de Pompadour, qui agissait comme un ministre sans portefeuille. Appuyée par de puissants financiers (Pâris-Duverney, Montmartel…), elle obtint du roi la nomination de certains ministres (Bernis secrétaire d'État aux affaires étrangères en 1757) autant que leur révocation (Orry, contrôleur général des finances en 1745 malgré ses quinze ans de service loyaux et efficaces ; Maurepas, secrétaire d'État à la marine en 1749). Sur son conseil, le roi approuva la politique de justice fiscale de Machault d'Arnouville. Afin de combler le déficit du royaume, qui s'élevait à 100 millions de livres en 1745, Machault d'Arnouville créa un impôt prélevant un vingtième des revenus, qui concernait également les priviligiés (édit de Marly, 1749). Cette brèche dans le statut privilégié du clergé et de la noblesse, traditionnellement dispensés, les premiers effectuant un "don gratuit" au trésor et s'occupant des pauvres et de l'enseignement, les seconds payant "l'impôt du sang" sur les champs de bataille, était une première dans l'histoire de France, bien qu'elle ait été déjà envisagée par des esprits visionnaires comme Vauban au temps de Louis XIV.

Cette nouvelle taxe fut accueillie avec hostilité par les états provinciaux qui avaient encore le pouvoir de décider de leur politique fiscale. Le clergé et le parlement s'opposèrent également violemment au nouvel impôt. Pressé par son entourage et par la cour, Louis XV abandonna la partie et en exempta le clergé en 1751. Finalement, le « vingtième » finit par se fondre dans une augmentation de la taille, qui ne touchait pas les classes privilégiées. Ce fut la première défaite de la « guerre de l'impôt » engagée contre les privilégiés.

À la suite de cette tentative de réforme, le parlement de Paris, s'emparant du prétexte de la querelle entre le clergé et les jansénistes, adressa des remontrances au roi (avril 1753). Le parlement, constitué d'aristocrates privilégiés et de roturiers anoblis, s'y proclamait le « défenseur naturel des lois fondamentales du royaume » contre l'arbitraire de la monarchie et présentait le roi comme un tyran.

À l'étranger, la politique du roi devenait incohérente. Cette période était dominée par la Guerre de succession d'Autriche (1740-1748) qui avait débuté sous le gouvernement de Fleury. Cette guerre opposait les Français et les Prussiens contre les Autrichiens, les Britanniques et les Hollandais. La dernière partie de la guerre fut marquée par une série de victoires françaises : bataille de Fontenoy (1745), bataille de Rocourt (1746), bataille de Lauffeld (1747). En particulier, la bataille de Fontenoy, remportée par le maréchal de Saxe, est considérée comme une des plus éclatantes victoires des Français contre les Britanniques. À la suite de cet épisode, la France occupait tout le territoire de l'actuelle Belgique et Louis XV n'était pas loin de réaliser le vieux rêve français d'établir la frontière septentrionale du pays le long du Rhin.

Cependant, avec le traité d'Aix-la-Chapelle en 1748, le roi rendit toutes ses conquêtes à l'Autriche, à l'indignation du peuple, la consternation de ses généraux et à la surprise des puissances européennes. Louis XV, qui n'avait pas le tempérament belliqueux de son prédécesseur et qui avait compris que jamais l'Angleterre ne laisserait les ports belges devenir français et que le temps était venu de contrecarrer les nouvelles puissances émergeantes protestantes (Angleterre, Prusse) pour sauvegarder l'ordre ancien représenté par la France et l'Autriche catholiques, se satisfaisait d'un royaume hexagonal, qu'il appelait son pré carré. Il préférait cultiver son pré carré plutôt que de chercher à l'étendre. Les seuls changements notables en Europe furent l'annexion par la Prusse de la Silésie, riche région minière Austro-Bohême, et le retour du minuscule duché de Parme à la dernière des Farnèse, la reine douairière d'Espagne; le duché fut attribuée au fils cadet de celle-ci, l'infant Philippe, gendre depuis 1739 de Louis XV. Louis déclara qu'il avait conclu la paix « en roi et non en marchand ». Sa générosité fut saluée en Europe dont il devint l'arbitre.

Cependant, en France sa popularité en pâtit largement. Le peuple avait pardonné à Louis XIV ses impôts, ses maîtresses et ses dépenses somptuaires, celui-ci ayant toujours su donner à ses fins de guerres des allures de victoires. De la même façon, pour Louis XV, les scènes de Metz (1744) comptaient peu aux yeux de la population en regard des victoires de la guerre de succession autrichienne. Mais la nouvelle de l'abandon des Pays-Bas à l'Autriche - en opposition avec les intérêts français tels que les avaient définis Richelieu puis Louis XIV - fut accueillie avec incrédulité et amertume.

Les Parisiens utilisèrent alors l'expression « bête comme la paix ». On avait "travaillé pour le roi de Prusse". Tant d'effort et de vies humaines pour donner une couronne - minuscule - à la fille du roi, alors que la couronne impériale était conservée par les Habsbourg puisque l'ex-duc de Lorraine, époux de la reine de Hongrie avait été élu Empereur en 1745. La montagne avait accouché d'une souris.

On peut à ce titre considérer que 1748 fut marquée par la première manifestation d'une opinion publique française, portée par un nationalisme émergeant que le monarque n'avait pas compris. La présence aux côtés du roi de la marquise de Pompadour, fortement décriée par l'aristocratie curiale qui n'hésitait pas à faire courir les bruits les plus ignobles qui, sortant du palais, atteignaient le peuple, donnait du roi l'image d'un jouisseur égoïste uniquement préoccupé de ses plaisirs. Après cette année, sa popularité ne cessa de décroître.

De plus, en 1756, le roi opéra un renversement d'alliance impromptu en rupture avec l'alliance franco-prussienne traditionnelle. Un nouveau conflit européen était en préparation, la paix d'Aix-la-Chapelle ne constituant qu'une sorte de trêve. Les Britanniques et les Français se battaient déjà en Amérique du Nord, sans déclaration de guerre. En 1755, les Britanniques s'emparèrent de 300 navires marchands français violant plusieurs traités internationaux. Quelques mois plus tard, le 16 janvier 1756, le Royaume-Uni et la Prusse signèrent un traité de « neutralité ». À Paris et Versailles, le parti philosophique et la marquise de Pompadour furent déçus de cette trahison du roi Frédéric II de Prusse, qui était auparavant considéré comme un souverain éclairé, ami des philosophes. Frédéric II avait même accueilli Voltaire à Potsdam quand ce dernier s'était retrouvé en disgrâce suite aux manœuvres du parti dévot. Mais Frédéric II était surtout animé par des motifs politiques dans le but de consolider la puissance prussienne. Il avait déjà abandonné ses alliés français en signant des traités séparés avec l'Autriche en 1742 et 1745. La marquise de Pompadour n'appréciait pas Frédéric II, snob et misogyne, qui la tenait dans le plus grand mépris, allant jusqu'à appeler un de ses chiens « Pompadour ». Pendant la même période, les responsables français commencèrent à percevoir le déclin relatif de l'Empire autrichien, qui ne représentait plus le même danger qu'au début de la dynastie Habsbourg, aux XVIe et XVIIe siècles, alors qu'ils contrôlaient l'Espagne et la plus grande partie de l'Europe. La Prusse apparaissait maintenant comme la puissance émergeante la plus menaçante. C'est dans ce contexte que la marquise de Pompadour et le parti philosophique convainquirent le roi de l'intérêt de ce retournement d'alliances. Par le traité de Versailles signé le 1er avril 1756, le roi, contre l'avis de ses ministres, s'allia avec l'Autriche en mettant fin à deux siècles de conflit avec les Habsbourgs.

À la fin du mois d'août 1756, Frédéric II envahit la Saxe sans déclaration de guerre et vainquit facilement les armées saxonnes et autrichiennes, mal préparées. Le sort réservé à la famille électrice de Saxe fut particulièrement brutal, l'électrice Marie-Josèphe succombant à ces mauvais traitements. Ces exactions choquèrent l'Europe et particulièrement la France. La femme du dauphin, fille de l'électeur et de l'électrice de Saxe, fit une fausse couche en apprenant la nouvelle. Louis XV se trouva contraint d'entrer en guerre. Entre-temps, la Grande-Bretagne avait déjà déclaré la guerre à la France le 18 mai 1756. Ce sera la guerre de Sept Ans (1756-1763), qui aura des conséquences importantes en Grande-Bretagne et en France.

A l'intérieur du royaume, le mécontentement s'amplifiait, alimenté par le train de vie de la cour et ce qui était perçu comme une incompétence du roi à gouverner. En se replaçant dans une perspective historique, il apparaît que Louis XV n'était pas incompétent, bien qu'il manquât certainement de volonté. D'autre part, les dépenses de la cour n'étaient pas spécialement élevées, comparées à celles des précédents monarques français, ou encore d'autres cours européennes, comme celle de Russie qui dépensait des sommes astronomiques pour construire les palais de Saint-Pétersbourg. Pourtant, telle était la perception qu'en avait le peuple de France, également influencé par la campagne violente à l'encontre de la marquise de Pompadour.

Peut-être est-ce ce contexte qui poussa Robert François Damiens à essayer de tuer le roi. Le 5 janvier 1757, Damiens entra au palais de Versailles, parmi les milliers de personnes qui essayaient d'obtenir des audiences royales. Vers 18 heures, le roi revenait de visiter sa fille qui était souffrante et s'apprêtait à entrer dans son carrosse pour retourner à Trianon, quand Damiens franchit la haie de gardes et le frappa avec un canif. Louis XV portait d'épais vêtements d'hiver et la lame ne pénétra que d'un centimètre, entre les 4e et 5e côtes. Cependant, on craignait un éventuel empoisonnement. On tortura à plusieurs reprises Damiens, pour savoir s'il avait des complices, mais il apparaît que cet homme, serviteur de membres du parlement de Paris, était un déséquilibré qui avait surtout entendu beaucoup de discours critiques à l'encontre du roi.

Louis XV était plutôt enclin à pardonner, mais il s'agissait de la première tentative de meurtre d'un monarque français depuis l'assassinat d'Henri IV par Ravaillac en 1610, et il dut accepter un procès pour régicide. Jugé par le parlement de Paris, Damiens fut exécuté le 28 mars 1757 sur la place de Grève, dans des conditions effroyables. La main qui avait tenu le canif fut brûlée avec du soufre, on lui entailla ensuite les membres et la poitrine avant d'y introduire du plomb fondu, ses quatre membres furent arrachés par des chevaux (écartèlement) et son tronc finalement jeté aux flammes. Une foule immense assista à ce spectacle, les balcons des maisons de la place de Grève furent loués jusqu'à 100 livres (plus de 500 euros actuels) aux femmes de l'aristocratie.

Le roi était déjà si impopulaire que l'élan de sympathie provoqué par cette tentative de meurtre disparut rapidement avec l'exécution de Damiens, dont l'inhumanité fut durement condamnée par le parti philosophique. Louis XV lui-même n'y était pas pour grand-chose, les détails de cette horrible mise à mort ayant été élaborés par le parlement de Paris, peut-être avec le souci de se réconcilier avec le monarque. Mais plus que tout, le peuple ne pardonnait pas au roi de ne pas s'être séparé de la Pompadour. L'ambassadeur d'Autriche écrivait à Vienne : « le mécontentement public est général. Toutes les conversations tournent autour du poison et de la mort. Le long de la galerie des glaces apparaissent des affiches menaçant la vie du roi ».

Louis XV, qui avait conservé un calme royal le jour de la tentative d'assassinat, parut profondément affecté et déprimé dans les semaines qui suivirent. Toutes les tentatives de réformes furent abandonnées. Sur la proposition de la marquise de Pompadour, il renvoya deux de ses ministres les plus décriés, le comte d'Argenson (secrétaire d'État à la guerre) et Machault d'Arnouville (Garde des Sceaux et précédemment contrôleur général des finances), et introduisit Choiseul dans le gouvernement.

L'ascension de Choiseul, sous l'influence de la marquise de Pompadour, marque une certaine victoire du parti philosophique. Fait pair de France, le nouvel homme fort du gouvernement autorise la publication de l'Encyclopédie et contribue à la dissolution des jésuites. Il réforme la structure de la marine et de l'armée et essaye d'étendre les colonies françaises dans les Antilles.

Avec le désastre de Rossbach et les nombreuses défaites dans les colonies, Choiseul, successivement à la tête de la diplomatie et du ministère de la guerre et de la marine, cherche à arrêter rapidement la guerre. Le traité de Paris (1763), reconnaît une importante défaite française, avec la perte de la Nouvelle-France et de l'Inde au profit des Britanniques.

L'opposition aux jésuites était autant alimentée par les jansénistes, les gallicans que les philosophes et encylopédistes. Après la faillite de l'établissement jésuite de la Martinique, dirigée par le père Antoine La Valette, le parlement, saisi par les créanciers, confirma en appel le 8 mai 1761 un jugement ordonnant le paiement des dettes sous peine de saisie des biens des jésuites.

Il s'ensuivit toute une série d'actions qui allaient aboutir à leur disparition. Sous la direction de l'abbé Chauvin, le 17 avril 1762, la constitution de l'ordre fut épluchée par le parlement, on mit en exergue des écrits de théologiens jésuites, afin de les accuser d'enseigner toutes sortes d'erreurs et de considérations immorales. Le 6 août, un arrêt ordonnait la dissolution de l'ordre, mais un délai de huit mois leur fut accordé par Louis XV. Après avoir refusé un compromis, ils furent contraint de fermer leurs collèges le 1er avril 1763, puis, le 9 mars 1764, ils durent renoncer à leurs vœux sous peine de bannissement. À la fin novembre 1764, Louis XV signa un acte de dissolution de l'ordre dans tout le royaume. La marquise de Pompadour, "une amie de vingt ans" comme le dira le roi, s'éteignit quelques semaines plus tard.

Les années 1760 furent également marquées par des deuils : En 1752, le roi avait déjà perdu sa fille préférée Henriette. En 1759, mourut son aînée, la duchesse de Parme. En 1761, la mort du duc de Bourgogne, âgé de dix ans, fils aîné du dauphin, enfant précoce et prometteur, fut vivement ressentie. En 1763 mourut à Schönbrunn l'intelligente et romanesque petite-fille, du roi épouse de l'archiduc héritier d'Autriche, Marie-Isabelle de Bourbon-Parme. En 1765, le roi perdit successivement son fils dont la vie morale irréprochable l'édifiait et son gendre le duc de Parme. En février 1766, le vieux roi Stanislas mourait presque nonagénaire à Lunéville. L'année suivante, ce fut le tour de la dauphine, veuve inconsolable qui avait contracté la maladie de son mari en le soignant. Enfin, en juin 1768, mourut la reine.

Toujours culpabilisé par sa vie intime, le roi ne vit pas sans tristesse la plus jeune de ses filles entrer en 1770 au Carmel pensant par là obtenir de Dieu le pardon des fautes de son père.

Pour éviter que la sensualité du roi veuf ne le pousse à des excès, le parti dévot soutenu par les filles du roi, et notamment sa fille carmélite, proposa alors de remarier le souverain à la beauté intacte malgré ses 58 ans, avec l'archiduchesse Elisabeth, mais celle-ci vit sa grande beauté compromise par une attaque de petite vérole et le projet de mariage fit long feu. Entre-temps, le duc de Richelieu, grand seigneur libertin, s'était entremis pour donner à Lous XV une nouvelle maîtresse.

La fin du règne fut en effet marquée par l'arrivée dans la vie du roi de Madame du Barry, officiellement présentée à la cour en 1769. Le ministre Choiseul montra ouvertement son hostilité pour la maîtresse royale. Le roi, convaincu de l'incapacité de Choiseul à faire face à la fronde du parlement, finit par le renvoyer en 1770. Il fut remplacé de fait par René Nicolas de Maupeou, devenu Garde des Sceaux de France en 1768, qui s'appliqua à restaurer l'autorité royale. Les membres du parlement s'étant mis en grève, Maupeou les fit arrêter par des mousquetaires en exigeant qu'ils reprennent leur service. Devant leur refus ils furent exilés. Il entreprit alors une réforme structurelle fondamentale. La justice, jusqu'alors administrée par des magistrats dont la charge était héréditaire, devint une institution publique, avec des fonctionnaires payés par l'État.

Le 26 avril 1774, se déclarèrent les symptômes de la petite vérole, alors que Louis XV était au Petit Trianon.

Le parlement de Paris envoya le dimanche 1er mai 1774, Nicolas Félix Vandive, conseiller notaire secrétaire Maison et Couronne de France, greffier au Grand Conseil, pour s'enquérir de la santé du roi, comme nous l'apprend en son fameux journal le libraire parisien Siméon-Prosper Hardy : « la nouvelle cour du Parlement n'avait pas manqué, suivant l'usage ordinaire, de députer le nommé Vandive, l'un des premiers principaux commis au greffe de la Grand Chambre et de ses notaires secrétaires, pour aller à Versailles savoir des nouvelles de la santé du Roi. Mais ce secrétaire ne pouvoit rendre compte de sa mission à l'inamovible compagnie que le mardi suivant, attendue la vacance accoutumée du lundi 2 mai ».

Il mourut de ces suites (septicémie aggravée de complications pulmonaires) le 10 mai 1774, à 15 heures 30, à Versailles, dans l'indifférence du peuple et la réjouissance d'une partie de la cour. Il laissa le trône à son petit-fils, le futur Louis XVI.
Page soumise à la GFDL.
Source : Article LOUIS XV de Wikipédia


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