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VICTOR Paul-Emile

Artiste, Aventurier, écrivain, Ethnologue et Scientifique (Francais)

Né le 28 juin 1907
Décédé le 07 mars 1995 (à l'âge de 87 ans)

Paul-Émile Victor, surnommé PEV (28 juin 1907 à Genève - 7 mars 1995 à Bora-Bora) est un célèbre explorateur polaire, scientifique, ethnologue, écrivain français, fondateur et patron des Expéditions polaires françaises durant 29 ans.

1907. Le 28 juin Paul-Émile Victor naît à Genève en Suisse. Fils d'Éric et Laure Victor, issus d'un milieu aisé d'origine autrichienne.

Il passe une partie de son enfance à Saint-Claude dans le Haut-Jura où son père possède une usine de pipes (l'usine "Victor").

1919 : ses parents déménagent à Lons-le-Saunier, toujours dans le Jura, où son père crée une nouvelle usine de pipes (la fabrication de stylos viendra s'y ajouter plus tard).

Très jeune, Paul-Émile se réfugie dans le grenier de la maison familiale où il se plonge dans une collection de livres et de revues, d'affiches et de récits d'aventures, d'exploration et d'ethnologie, qui éveillent en lui des rêves et la passion des voyages polaires et polynésiens.

1925 Il obtient un baccalauréat math-philo puis poursuit une formation d’ingénieur de l'École centrale de Lyon qu'il quitte en fin de troisième année sans passer son diplôme, pour passer et réussir le concours d'entrée de l'École nationale de navigation maritime de Marseille qu'il intègre comme élève officier puis il réalise son service militaire comme lieutenant aspirant dans la Marine nationale. Ces deux expériences le déçoivent de la marine dont il se faisait une idée plus... rêveuse.

1931 il obtient un brevet de pilote d'avion.

1933 à 26 ans, il est licencié en Lettres et licencié ès sciences de l'Institut d'ethnographie du Trocadéro de Paris (futur Musée de l'Homme).

1932 et 1933 il est employé aux établissements Victor mais rapidement, son désir d'aller explorer les îles polynésiennes prend le dessus.

En 1934 suite à une rencontre décisive avec le célèbre et très médiatique commandant et explorateur polaire français Jean-Baptiste Charcot, il organise sa première expédition polaire avec le Musée d'Ethnographie du Trocadéro de Paris et le directeur de ce musée, Paul Rivet avec qui il s'embarque sur le Pourquoi-Pas ? du célèbre commandant. Il se fait débarquer avec trois compagnons, l'anthropologue Robert Gessain, le géologue Michel Perez et le cinéaste Fred Matter sur la côte est du Groenland pour sa première expédition polaire chez les Eskimos inuits de la ville d'Ammassalik durant un an.

1935 à son retour en France, fort de son aura et de son sens de la communication exceptionnels, il acquiert du succès et de la notoriété médiatique grâce à de nombreuses conférences et articles dans des revues diverses sur ses aventures.

1936 il repart au Groenland où il réalise l'exploit de le traverser en traîneaux à chiens, d'ouest en est, avec ses compagnons Robert Gessain, Michel Perez et le Danois Eigil Knuth. Arrivé à l'est, il reste quatorze mois seul à Kangerlussuatsiaq au sein d'une famille Inuits « comme un eskimo parmi les eskimo ». Aventure durant laquelle il a une liaison avec Doumidia, une jeune inuit, dont il parle rapidement parfaitement le dialecte groenlandais et dont il étudie la vie de la tribu.

À son retour en France, nouveau grand succès médiatique et scientifique grâce à ses nombreuses conférences et articles de presse et de revue diverses, et il rédige pour le Musée de l'Homme les résultats de son étude ethnologique, ses nombreuses notes et dessins sur la culture traditionnelle groenlandaise entièrement organisée autour du phoque.

1938 avec Michel Perez et le commandant Flotard (armée des Alpes), il effectue un raid transalpin Nice / Chamonix en traîneaux à chiens pour démontrer, avec succès, que les techniques polaires peuvent avantageusement pallier les problèmes de transport d'hommes et de matériel en cas d'hiver rigoureux.

En 1939, il réalise une étude ethnologique en Laponie norvégienne, finlandaise, suédoise avec les docteurs Michel Latarjet et Raymond Latarjet.

1939 lors de la déclaration de la Seconde Guerre mondiale, il est mobilisé dans la marine française basée à Stockholm en Suède, il est à la fois agent de renseignement et officier de liaison avec la Finlande alliée jusqu'à l'armistice de 1940. Il quitte la France à l'automne 1940 et séjourne au Maroc puis en Martinique dans le cadre de missions ethnologiques, et arrive aux États-Unis en juillet 1941.

1941 il s'engage dans l'US Air Force aux États-Unis comme lieutenant instructeur pilote et parachutiste. Il crée et devient commandant d'une des escadrilles « recherche et sauvetage » de sauvetage de pilotes perdus en milieu polaire pour l'Alaska, le Canada et le Groenland et obtient à ce titre la double nationalité française et américaine.

1946 il est démobilisé en juillet et se marie le 30 juillet, avec Éliane Decrais dont il a un premier fils le 30 mai 1947, Jean-Christophe, puis les jumeaux Stéphane et Daphné le 6 novembre 1952.

1947 le 28 février, après 13 ans d'exploration et d'ethnologie, Paul-Émile Victor s'oriente dans la direction des expéditions scientifiques en créant les Expéditions Polaires Françaises - EPF - Missions Paul-Émile Victor[1] grâce à son fantastique charisme, à son don pour les relations publiques et avec l'appui entre autres des médias, du gouvernement et du député et ministre André Philip.

De 1947 à 1976, Paul-Émile Victor dirige les Expéditions polaires françaises. Au cours de ces 29 ans, 150 expéditions sont menées, dix-sept d'entre elles qu'il vit et dirige personnellement en Terre Adélie en Antarctique et quatorze au Groenland en Arctique avec, entre autres, le caméraman Samivel.

Il est également chef de l'Expédition glaciologique internationale au Groenland (EGIG), président du Scientific Committee on Antarctic Research (SCAR), président du Comité antarctique français pour l'Année géophysique internationale (AGI).

1956 Premier voyage de Paul-Émile Victor en Terre Adélie et construction 3 ans plus tard de la base antarctique Dumont d'Urville et de la base Charcot 320 km vers l'intérieur du continent Antarctique. Pour progresser sur les zones glaciaires il fait fabriquer par l'intermédiaire de la Someto des chenilles spéciales dessinées par M. Cousin.

1962 à partir de cette date, il organise de multiples activités sur la défense de l'homme et de son environnement, et devient en 1968, délégué général de la Fondation pour la Sauvegarde de la Nature, créée par Louis Armand.
Antarctique
Antarctique

1965 le 1er mars, il épouse en secondes noces Colette Faure, une hôtesse de l'air qui vit dans une péniche voisine de la sienne, amarrée sur la Seine à Paris, dont il a un fils : Teva, né le 30 septembre 1971 (après avoir fait des études aux États-Unis, Téva présente et co-réalise des émissions de télévision documentaires sur la découverte des paysages naturels du monde et de leurs habitants sur France 3 et sur La cinquième et une série de documentaires sur la Polynésie française traditionnelle)

En 1974, PEV crée le groupe Paul-Émile Victor pour la défense de l'homme et de son environnement avec notamment, Alain Bombard, Jacques-Yves Cousteau, Haroun Tazieff, Louis Leprince-Ringuet, le professeur Jacques Debat, Jacqueline Auriol...

En 1976 à 69 ans, il prend sa retraite et transmet la direction des EPF à ses compagnons et devient membre consultatif des TAAF, Terres australes et antarctiques françaises.

En 1977 à 70 ans, il réalise son second rêve d'adolescent avec sa femme Colette, ils s'installent sur leur Motu vierge en Polynésie française, le Motu Tane (« l'île de l'homme » en langue tahitienne) où il passe sa retraite à rédiger ses mémoires, des articles... tout en jouant encore à l'occasion de son énorme aura médiatique dans des causes diverses et en recevant le gotha scientifique planétaire de passage dans son île paradisiaque.

En 1987 pour fêter ses 80 ans, il retourne en février en Terre Adélie accompagné de quatre adolescents puis en avril-mai au pôle Nord avec l'expédition polaire en ULM de Hubert de Chevigny et Nicolas Hulot

En 1988 il est frappé par un accident vasculaire cérébral sur son île qui le paralyse à moitié, mais il récupèrera en grande partie.

1989 création par son ami Pierre Marc et inauguration du « Musée polaire Paul-Émile Victor » à Prémanon, près des Rousses à 30 km de Saint-Claude dans le Jura franc-comtois de son enfance où il effectue de nombreux séjours lorsqu'il est en France. Ce musée devient en 1998 le « Centre polaire Paul-Émile Victor ».

1995 le 7 mars, il disparaît sur son île de Bora-Bora à l'âge de 88 ans et, selon ses dernières volontés, est immergé en haute mer avec les hommages de la Marine nationale à bord du BATRAL (BAtiment de TRAnsport Léger) Dumont d'Urville.

Paul-Émile Victor est l'auteur d'une quarantaine d'ouvrages scientifiques, techniques, de vulgarisation et d'aventures, et de très nombreuses revues et articles. Il obtient le prix de l'Académie française en 1973 pour l'ensemble de son œuvre littéraire, la Grand-Croix de la Légion d'honneur et le titre de Satrape du Collège de 'Pataphysique.

Son fils Jean-Christophe Victor est spécialiste de géopolitique et présente l'émission télévisée Le Dessous des cartes sur Arte.

Citations :

* « Ce n'est pas ce que nous sommes qui nous empêche de réaliser nos rêves ; c'est ce que nous croyons que nous ne sommes pas. »
* « L’aventure est un état d’esprit. Elle se trouve dans le cœur de l’homme. L’aventure, c’est être capable de refuser son destin, être prêt à partir à tout moment, concevoir encore et toujours de nouveaux projets, ne pas être assis, c’est en un mot vivre sa vie et la construire. »
* « La nostalgie, c'est quelque chose qui vous grignote, qui vous amoindrit, c'est quelque chose qui est basé sur le passé, on vit pas dans le passé et les gens qui vivent dans le passé comme je dis sont des vieux. On vit demain, après demain, ou pour dans 50 ans, moi je vis pour dans 500 ans. »
* « Il y a une chose dont je suis absolument certain, c'est que si on se prend au sérieux, on ne peut pas faire de travail sérieux. Pour faire du travail sérieux, il ne faut pas se prendre au sérieux, car c'est le seul moyen d'avoir la possibilité de faire une auto-critique. Et si on se prend au sérieux, on ne fait pas d'auto-critique. »
* « Les vieux aventuriers ne meurent pas, ils disparaissent, ils s'évanouissent... »
* « La seule chose dont on soit sûr de l'échec, c'est celle que l'on ne tente pas. »
* « Nous n'avions pour eux aucune haine. Ils faisaient métier de loups comme nous faisions métier d'hommes. Ils étaient créatures de Dieu. Comme nous. Ils étaient nés prédateurs. Comme l'homme. Mais ils étaient restés prédateurs, alors que l'homme était devenu destructeur. »

Source : http://fr.wikipedia.org/wiki/Paul-Emile_Victor

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