écologiste, Enseignant et Scientifique (
Canadien)
Né le 05 octobre 1911Décédé le 29 septembre 2011 (à l'âge de 99 ans)
Pierre Dansereau (Outremont, 5 octobre 1911 - 29 septembre 2011) est un écologiste et professeur québécois, reconnu pour ses recherches sur les écosystèmes, comme l'un des pionniers de l'interdisciplinarité en ce domaine.
Pierre Dansereau naît le 5 octobre 1911 à Outremont, rue Maplewood Il est l'aîné et seul garçon de cinq enfants, fils de Marie Archambault5, originaire des États-Unis, et de Lucien Dansereau, ingénieur et directeur des travaux publics de la ville de Montréal5, qui participe aux travaux qui ont mené à la voie maritime du Saint-Laurent3. Durant son enfance, il passe des vacances d'été sur les plages du Maine. Il fait son cours classique au collège Sainte-Marie6, chez les jésuites (et, pendant un an, au Collège du Sacré-Coeur de Sudbury7). Il obtient un baccalauréat ès arts en 19315 ou en 1932 de l'Université de Montréal6. Il entreprend en 1932 à l'Université de Montréal, à la demande de ses parents — qui le voyaient futur ambassadeur —, des études de droit, qu'il abandonne tôt.
Il passe alors deux années à voyager, notamment à la Baie d'Hudson et dans les tropiques5, avant de s'inscrire à l'Institut agricole d'Oka, où il obtient un baccalaréat en sciences agricoles en 1936 Il part étudier en Europe et devient docteur en sciences de l'université de Genève en 1939: un doctorat en taxonomie végétale, car l'écologie n'est pas encore reconnue, alors, comme une science.
Il travaille au Jardin botanique de Montréal de 1939 à 1942, auprès de Marie-Victorin.
De 1940 à 1950, il enseigne l'écologie à l'Université de Montréal6. Il fonde6 et dirige le Service de biogéographie du Québec à cette université, de 1943 à 19509. Son étude de l'écologie de l'érablière laurentienne au début des années 1940 lui vaut une notoriété scientifique2.
En 1945-1946, il est aussi professeur invité dans des universités brésiliennes. Le Brésil, un de ses terrains privilégiés de recherche, organise un colloque de deux jours sur son oeuvre, en septembre 1998, et on y publie, peu après, une volumineuse anthologie de ses principaux écrits.
Mais, sentant à quelques reprises que ses percées intellectuelles sont mal reçues par le conservatisme de l'époque au Québec10, il continue sa carrière aux États-Unis.
Il est professeur de botanique à l'université du Michigan, à Ann Arbor, de 1950 à 19559. Ce seront, dira-t-il, les « plus belles années de sa carrière».
Ses recherches dans les années 1950 sur la dynamique des forêts mèneront à l'introduction d'éléments nouveaux dans la vision de l'écologie et, en 1957, à la publication de l'ouvrage Biogeography: An Ecological Perspective, sans doute son ouvrage majeur le plus connu et utilisé, « à la base de la renommée mondiale de son auteur et demeure aujourd'hui un ouvrage de référence important».
Il est doyen de la faculté des sciences et directeur de l'Institut botanique de l'Université de Montréal de 1955 à 1961.
Il participe, de 1956 à 19585, avec André Laurendeau, à un mouvement politique, « le Rassemblement », qu'il préside3en 1956 et 19575. Cet engagement politique lui attire les critiques des autorités universitaires et du gouvernement Duplessis. Il quitte ses fonctions à l'Université de Montréal et part de nouveau pour les États-Unis.
En 1961, il est professeur de botanique et de géographie à l'université Columbia et assistant-directeur au New York Botanical Garden. C'est durant cette période qu'il entame ses recherches sur l'écologie urbaine.
En 1968, il est professeur d'écologie à l'Institut d'urbanisme de la Faculté d'aménagement de l'Université de Montréal.
De 1971 à 1976, il est professeur d'écologie à l'Université du Québec à Montréal (UQAM). Il y est directeur du laboratoire sur l'étude des écosystèmes10. Il réalise une des premières grandes études d'impacts environnementaux dans le cadre du projet de construction de l'aéroport de Mirabel, un projet qui, selon lui, fut un « désastre » écologique.
Parvenu à l'âge de la retraite, alors obligatoire à 65 ans, il est nommé (en 1989) « professeur émérite » de l'UQAM et continue néanmoins d'y enseigner et d'y faire de la recherche jusqu'à l'âge de 93 ans. Il prend sa retraite en 2004. Il constate que les écologistes sont devenus partie prenante des grands projets.Il aura enseigné dans une vingtaine d’universités sur cinq continents.
En 2001, il fait l'objet du documentaire Quelques raisons d'espérer de l'Office national du film du Canada1.
Il épouse, le 29 août 1935 à Terrebonne, Françoise Masson, de quelques mois son aînée, une artiste-peintre, qui lui survit. À leur mariage, les deux sont encore étudiants. Ils n'ont pas de postérité.
Il est le petit-fils de Clément-Arthur Dansereau, rédacteur en chef du quotidien La Presse de 1899 à 1915. Il est le cousin du réalisateur Fernand Dansereau.
Selon le sociologue Jean-Guy Vaillancourt, l'œuvre de Dansereau comporte trois axes principaux. Il part des sciences naturelles (taxonomie végétale, écologie naturelle, biosystématique et biogéographie). Il emprunte ensuite aux sciences sociales (écologie humaine, écodéveloppement, sociologie de l’environnement et écosociologie) et couronne le tout en filigrane par un troisième axe, celui de celui de l’humanisme et de l’éthique, formé des domaines de l’éthique, de l’éducation, des arts, des humanités et de codécision.
Pierre Dansereau est l'auteur de plus de 600 articles scientifiques et ouvrages6. Il a écrit des monographies et essais, dont :
Biogeography, an Ecological Perspective, Ronald Press, New York, 1957
Contradictions & biculture, 1964
Challenge for Survival. Land, Air, and Water for Man in Megalopolis, 1970
La Terre des hommes et le paysage intérieur, Leméac, Montréal, 1973
Harmonie et désordre dans l’environnement canadien, 1975
L’envers et l’endroit : le désir, le besoin et la capacité, 1994
Projets inachevés volume 1 La lancée 1911-1936, Multimondes, 2005, 137 pages (autobiographie)
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Honneurs
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Pierre Dansereau a remporté, outre une quinzaine de doctorats honorifiques, une cinquantaine de prix et d'honneurs pour son apport à la science et pour ses travaux sur l'environnement, dont :
1949 : Membre de la Société royale du Canada
1965 : Prix Léo-Pariseau
1969 : Compagnon de l'Ordre du Canada
1971 : Membre de l'Ordre du Mérite
1973 : Médaille Massey
1975 : Prix Molson
1978 : Membre des Grands Montréalais
1983 : Prix Esdras-Minville
1983 : Prix Marie-Victorin
1985 : Chevalier de l'Ordre national du Québec9
1985 : Prix Izaak-Walton-Killam
1986 : Médaille Lawson de l'Association botanique du Canada
1989 : Prix d'excellence d'Environnement Canada
1992 : Grand officier de l'Ordre national du Québec
1995 : Médaille Sir John William Dawson6 de la Société royale du Canada
1998 : Membre du Cercle des Phénix
2001 : Membre du Panthéon canadien des sciences et du génie du Musée des sciences et de la
technologie du Canada
2003 : Prix Blanche-Lemco-Van Ginkel
2004 : l'Université du Québec à Montréal donne son nom au complexe des sciences.
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