Artiste et écrivain (
Francais)
Né le 23 janvier 1922Décédé le 07 janvier 2012 (à l'âge de 89 ans)
Pierre Lefranc, né le 23 janvier 1922 à Paris et mort dans la même ville le 7 janvier 2012, est un ancien Résistant et proche collaborateur du général de Gaulle, ainsi que le cofondateur (avec André Malraux) et premier président de l'Institut et de la Fondation Charles-de-Gaulle. Il fait partie des « barons du gaullisme ». Il fut président de l'Association nationale d'action pour la fidélité au général de Gaulle.
Pierre Lefranc naît le 23 janvier 1922 à Paris.
Le 11 novembre 1940, encore électrisé par l'Appel du 18 juin 1940 du général de Gaulle, dont il avait eu connaissance le 205, il fait partie des 1000 manifestants5 contre l'occupant allemand, sur les Champs-Élysées. À cette occasion, il est blessé par une grenade et placé en état d'arrestation2. Libéré au bout de six mois6, il gagne la zone libre, et contribue à fonder le réseau de Résistance Liberté2, avant de gagner l'Espagne et Gibraltar, où il rencontre pour la première fois le général de Gaulle, qui l'accueille en ces termes : « Vous en avez mis, du temps, à venir ! Il nous reste beaucoup à faire. ». Il accompagne ensuite le Général à Londres2.
En 1944, il sort diplômé de l'École des Cadets, Saint-Cyr de la France libre, est parachuté dans le maquis, puis participe les armes à la main à la Libération de la France et à la campagne d'Allemagne qui s'ensuit.
Après la guerre, il reste fidèle à de Gaulle, et intègre donc les instances dirigeantes du Rassemblement du peuple français (RPF), le parti politique créé par le Général, renonçant par la même occasion à un emploi dans le privé. Il retrouve finalement ce dernier en 1951.
En 1958, cependant, le général de Gaulle lui demande de prendre la direction de son cabinet à la présidence du Conseil2. À ce titre, il organise la cérémonie du 18 juin 1958 au cours de laquelle le général de Gaulle fait Winston Churchill Compagnon de la Libération7. Une fois le Général à l'Élysée, il devient conseiller technique à la présidence de la République jusqu'en 1963, date à laquelle il intègre le corps préfectoral2 et devient préfet de l'Indre. En 1965, le Général le charge de diriger sa campagne présidentielle2. Pierre Lefranc doit alors faire avec l'inertie de son mentor, qui se refuse à « descendre dans l'arène », et axe en conséquence la campagne sur le travail de terrain des militants en créant des comités départementaux et une « Association pour le soutien au général de Gaulle »8. Il est ensuite nommé président de la Société financière de radiodiffusion (SOFIRAD)2. En mai 1968, il organise, en collaboration avec Pierre Juillet et Jacques Foccart, la grande contre-manifestation du 30 mai 19685. Après le succès de l'entreprise, André Malraux lui dit avec humour : « Maintenant, Lefranc, vous pouvez aller à la pêche... »5.
Le 10 novembre 1970 au matin, au lendemain de la mort de De Gaulle, Pierre Lefranc est chargé par l'amiral Philippe de Gaulle (le fils du Général) de s'entretenir avec le président Georges Pompidou, à qui le Général a remis en 1952 un exemplaire de son testament, des dites dispositions testamentaires. Par la même occasion, il informe le Premier ministre Jacques Chaban-Delmas, qui venait d'arriver à l'Élysée, du décès du Général.
En 1971, quelques mois après la mort du Général, et conformément aux instructions que celui-ci lui avait laissées10, il crée avec André Malraux l'Institut Charles de Gaulle.
Il s'éloigne dès lors du champ politique pour se consacrer à cet Institut, ainsi qu'à l'écriture de plusieurs ouvrages consacrés au Général et au gaullisme.
Il sort toutefois de sa réserve dans les années 1990 et 2000 pour critiquer la présidence de Jacques Chirac, auquel il reproche notamment l'instauration du quinquennat et la reconnaissance de la responsabilité de l'État français dans la déportation des Juifs français au cours de la Seconde Guerre mondiale, qui met à bas la doctrine gaullienne déclarant « nul et non avenu » le régime de Vichy3,11. Il se monte également critique vis-à-vis de Nicolas Sarkozy. Il figure d'ailleurs parmi les signataires de « l'appel républicain » de l'hebdomadaire Marianne, aux côtés notamment de Ségolène Royal, de François Bayrou, de Jean-Pierre Chevènement ou de Nicolas Dupont-Aignan12. Déçu par la droite, qui n'incarne plus à ses yeux le gaullisme, il se rapproche de Jean-Pierre Chevènement, pour lequel il appelle à voter en 20023. Il décède le samedi 7 janvier 2012 à l'hôpital du Val de Grace, à la veille de ses quatre vingt dix ans.
Pierre Lefranc fait figure, parmi d'autres, de théoricien du gaullisme. Pour lui, le gaullisme est à la fois la défense de certaines valeurs (l'indépendance et l'identité nationale, par exemple), une théorie politique et constitutionnelle (acceptation du principe de séparation des pouvoirs cher à Montesquieu, mais en affirmant la primauté du pouvoir exécutif sur le législatif, refus en conséquence du régime d'assemblée, élection du président de la République au suffrage universel direct...) et un comportement particulier (l'insoumission, la capacité à dire « non », un certain goût, finalement, pour la rébellion...). À la fin de sa vie, il a plusieurs fois estimé que le gaullisme n'existait pratiquement plus au sein de la classe politique : « Le gaullisme aura duré trente ans. Une génération, en somme... ».
Il publiera, sous le pseudonyme de Pierre Lamballe, plusieurs romans.
--------------------
Publications
--------------------
Sous son véritable nom
Voici tes fils, Plon, 1974.
De Gaulle raconté aux jeunes, en collaboration avec Paul Durand, Éditions G.P, 1975.
Bengali, en collaboration avec Paul Durand, Éditions G.P, 1976.
Le vent de la liberté, 1940-1945, Plon, 1976.
Avec qui vous savez, Plon, 1979.
Que faire en 1981 ? : Idées simples pour une révolution, Plon.
De Gaulle, un portrait, Flammarion, 1992.
De Gaulle à Londres, Éditions Lie Ernest Flam, 1993.
La tentation de Charles de Gaulle, Flammarion, 1993.
Demain, la liberté, 1944-1945, Flammarion, 1997.
Quinquennat ? Dites leur non « parce que sept ans c'est une chance pour la France », Collectif, Éditions François-Xavier de Guibert-Œil, 2000.
D'une Résistance l'autre : 1940-1947, Éditions François-Xavier de Guibert-Œil, 2004.
Vrais et faux gaullistes, en collaboration avec Charles Pasqua, Pierre Messmer, Jean Charbonnel, Pierre Maillard, Nicolas Dupont-Aignan, Jean Foyer, Max Gallo, Alain Larcan et Yves Guéna, Revue Libres du quatrième trimestre 2006.
Avec de Gaulle, pendant et après : 1947-2005, Fayard, 2007.
Gouverner selon de Gaulle, en collaboration avec Geneviève Moll, Fayard, 2008.
Sous le pseudonyme de Pierre Lamballe
Drame sur le "Terrifiant" vie et mort à bord d'un sous-marin atomique, Presses de la Cité, 1977.
Drame au 4e top, Presses de la Cité, 1978.
Le plein vide, Plon, 1981.
La fille de l'air, Presses de la Cité, 1983.
Septième ciel, tout compris, Presses de la Cité, 1984.
Une demoiselle sur une corde raide, Presses de la Cité, 1985.
Silence... on détourne, Presses de la Cité, 1986.
--------------------
Décorations
--------------------
Grand-Croix de la Légion d'honneur
Grand-croix de l' Ordre national du Mérite
Croix de guerre 1939-1945
Médaille de la Résistance
.