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Pierre MENDÈS FRANCE

 
Biographie et celebrite

Biographie de Pierre MENDÈS FRANCE :

 
2917ème
MENDÈS FRANCE
1907 - 1982
Découvrez la biographie de Pierre MENDÈS FRANCE
Score : 162
Député et Homme d'état (Francais)
Né le 11 janvier 1907
Décédé le 18 octobre 1982 (à l'âge de 75 ans)


Issu d'une vieille famille d'ascendance portugaise, Pierre Mendès France devient en 1926, après des études de droit et un passage par l'École libre des sciences politiques, le plus jeune Avocat de France ; il a alors 21 ans. Très intéressé par les questions économiques et financières, il soutient en mars 1928 une thèse sur la politique de redressement du franc menée par Raymond Poincaré, dans laquelle il salue son action monétaire, mais critique les conséquences économiques et sociales de la politique de restauration du franc. Parallèlement à ses études, il se tourne vers le militantisme. Il sera l'un des membres dirigeants de la Ligue d'Action Universitaire Républicaine et socialiste, un mouvement étudiant d'opposition à l'extrême droite, très actif dans le Quartier Latin à la fin des années 1920. Pierre Mendès France apparaît alors comme l'un des espoirs du parti radical auquel il est inscrit depuis l'âge de seize ans.


Il fait partie, aux côtés de Jacques Kayser, Gaston Bergery, Pierre Cot, Jean Zay ou encore Bertrand de Jouvenel, des « jeunes turcs » qui réclament un renouvellement de la doctrine du mouvement, demandent son ancrage à gauche et contestent les orientations de la direction du mouvement incarnée par figure historique d'Édouard Herriot.

Député de l'Eure à partir de 1932 et maire de Louviers à partir de 1935, il prend la tête de la commission des douanes de la Chambre des députés, avant d'être nommé sous-secrétaire d'État au Trésor dans le deuxième et éphémère gouvernement Léon Blum (du 13 mars au 8 avril 1938). Il élabore avec le directeur de cabinet de Léon Blum, Georges Boris, un projet de réforme économique audacieux, axé sur le contrôle des actifs et sur le soutien à l'investissement militaire dont l'exposé des motifs se réclame pour la première fois en France de précepts keynésiens. Très contesté, ce projet sera rejeté par le Sénat, ce qui précipite la chute du Gouvernement.

Député au moment de l'armistice de juin 1940, il est mobilisé comme officier d'aviation. Il est de ceux qui veulent poursuivre la guerre en Afrique du Nord, et s'y rend avec l'accord de ses supérieurs sur le vaisseau « Massilia ». Il est arrêté la-bas sur l'ordre du Résident général Noguès et accusé de désertion alors que bien au contraire il est de ceux qui veulent se battre, à la différence des généraux qui le jugent. Il est alors incarcéré par le régime de Vichy.

Il s'évade en 1941 et rejoint les Forces Aériennes Françaises Libres à Londres et participe aux combats, en qualité de capitaine pilote observateur, au sein du groupe de bombardement Lorraine. Nommé par le général de Gaulle, en 1943, commissaire aux finances, dans le Comité français de la Libération nationale d'Alger, il représente la France à la conférence de Bretton Woods avant de devenir ministre de l'Économie nationale du Gouvernement provisoire de la République française, en 1944. En désaccord avec René Pleven, ministre des finances, sur l'orientation à donner à la politique économique, qu'il désire énergique, il démissionne en avril 1945, faute d'obtenir le soutien du général de Gaulle pour mettre les mesures de rigueur monétaire (estampillage des billets)que lui semble exiger la situation économique du pays.

Nommé au conseil d'administration de la banque mondiale et du Fonds monétaire international. Il représentera ensuite la France au Comité économique et social des Nations Unies (ECOSOC). À l'Assemblée nationale, il dénonce très vivement, à partir d'octobre 1950, l'engagement militaire français dans la guerre d'Indochine et devient l'un des principaux opposant au conflit. Président de la commission des finances à partir de 1953, les revers rencontrés par les forces françaises finissent par l'imposer comme l'un des recours possibles pour faire aboutir une résolution négociée du conflit.

Après une première tentative infructueuse pour former un gouvernement en 1953, il est finalement investi président du Conseil avec une forte majorité le 18 juin 1954, quelques semaines après la défaite française de Diên Biên Phu. Il dirigera le Gouvernement pendant à peine un peu plus de huit mois, mais son passage aux affaires sera l'un des temps forts de l'histoire institutionnelle de la IVème République.

En dehors d'Edgar Faure, ministre des Finances et numéro deux du gouvernement, son cabinet, qu'il forme sans négocier directement comme c'était l'usage avec l'état-major des partis politiques, comporte peu des poids lourds de la vie parlementaire sous la IVe République. C'est une équipe relativement jeune, resserée et technicienne. On y trouve des socialistes, comme Alain Savary ou Gaston Deferre, des MRP, des radicaux, quelques gaullistes dont Jacques Chaban-Delmas. François Mitterrand en est le ministre de l'Intérieur.

Dans son discours d'investiture, il se donne trente jours faire aboutir les négociations de paix sur l'Indochine. Installant la présidence du Conseil au Quai d'Orsay, il assume en même temps que la présidence du Gouvernement, la direction de la diplomatie et finalement aboutit le 20 juillet 1954 à la conclusion de l'accord de Genève qui met fin au conflit et reconnaît le partage du Vietnam en deux États, au niveau du 17e parallèle. Après le dénouement de la crise indochinoise, il engage des pourparlers qui prépareront l'émancipation de la Tunisie.

Sur le plan institutionnel sa politique se caractérise par un effort de rationalisation du régime parlementaire de la IVème République et par une tentative de rééquilibrage des institutions en faveur de l'exécutif. Refusant le principe de la double investiture par lequel le président du conseil pressenti se présentait deux fois devant la chambre, une fois seul, une fois avec son Gouvernement, il dénonce les marchandages auxquels cette pratique donne lieu et parvient à faire réviser la Constitution de 1946 pour entériner la fin de cet usage. Cette révision donne également l'occasion d'un assouplissement limité du droit de dissolution.

Largement préemptée par les problématiques internationales, son expérience gouvernementale n'a pas le temps de s'inscrire, sur le plan socio-économique, dans des réformes d'ampleur. L'opinion retient néanmoins sa politique de lutte contre l'alcoolisme qui se traduit à l'automne 1954 par une série de dispositions durcissant le régime fiscal des bouilleurs de crus.

Malgré l'hostilité déclarée d'une grande partie de l'hémicycle, il met aux voix, sans le soutenir pleinement, le projet de communauté européenne de défense. Cet échec, qui ouvre la voie au réarmement allemand dans le cadre de l'OTAN, lui vaut l'hostilité ouverte du MRP, très favorable à la construction européenne et prive son cabinet de la base parlementaire indispensable à sa survie au-delà du très court terme.

Son gouvernement est finalement renversé en le 5 février 1955 sur la question du statut de l'Algérie. À nouveau ministre dans le gouvernement Guy Mollet, il démissionne pour cause de désaccord avec la politique menée en Algérie. Opposé au projet de constitution élaboré par le gouvernement de Gaulle, il mène campagne pour le non au référendum du 28 septembre 1958, qui se soldera par l'adoption du projet et la rapide promulgation de la constitution du 4 octobre 1958.

Battu aux élections législatives de novembre 1958, il rejoint alors le Parti socialiste autonome (PSA) qui fusionne dans le Parti socialiste unifié (PSU), et participe à la recomposition de la gauche socialiste. Il soutient la canditature de François Mitterrand à l'élection présidentielle de 1965 et redevient député en 1967.

Lors des événements de 1968, il apparaît dans l'agitation ambiante comme l'un des recours possibles en cas d'effondrement du régime. Son apparition lors d'un rassemblement public au Stade Charlety le 27 mai, durant laquelle il reste toutefois silencieux, lui sera par la suite beaucoup reprochée.

Battu aux élections législatives de 1968, il abandonne ses autres mandats. Gravement malade après 1972, il prend ses distances avec la vie politique française et choisit d'œuvrer en faveur de la paix au Proche-Orient.

Jouissant d'une réelle popularité dans l'opinion, il fut l'un des premiers responsables publics français à intégrer les médias de masse dans sa stratégie de communication. Il bénéficia d'autre part d'efficaces soutiens, comme par exemple le magazine L'Express dirigé par Jean-jacques Servan-schreiber. Ses origines juives, ses positions sur la décolonisation et sa politique de fiscalisation des bouilleurs de cru firent cependant de Pierre Mendès France l'une des cibles favorites, en utilisant par exemple son aspect de chien battu, de l'extrême droite et du mouvement poujadiste représentée à l'assemblée à partir de 1956 par Jean-Marie Le Pen.

De nombreux établissements scolaires et universitaires portent son nom (à Paris et Grenoble), ainsi que le lycée français de Tunis. Pierre Mendès France a épousé Marie-Claire Mendès France en 1971 qu'il avait rencontré en 1955.

Page soumise à la GFDL.
Source : Article Pierre MENDÈS FRANCE de Wikipédia


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