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Raymond ARON

 
Biographie et celebrite

Biographie de Raymond ARON :

 
1165ème
Raymond ARON
1905 - 1983
Découvrez la biographie de Raymond ARON
Score : 2 719
Historien, Journaliste, Philosophe, Politologue, Scientifique et Sociologue (Francais)
Né le 14 mars 1905
Décédé le 17 octobre 1983 (à l'âge de 78 ans)


Raymond Claude Ferdinand Aron, né le 14 mars 1905 à Paris et mort le 17 octobre 1983 à Paris, est un philosophe, sociologue, politologue, historien et journaliste français.


D'abord ami et condisciple de Jean-Paul Sartre et Paul Nizan à l'École normale supérieure, il devient, lors de la montée des totalitarismes, un ardent promoteur du libéralisme, à contre-courant d'un milieu intellectuel pacifiste et de gauche alors dominant. Il dénonce ainsi, dans son ouvrage L'Opium des intellectuels, l'aveuglement et la bienveillance des intellectuels à l'égard des régimes communistes.

Pendant trente ans, il est éditorialiste au quotidien Le Figaro. Durant ses dernières années, il travaille à L'Express. Grâce à des compétences et des centres d'intérêt multiples — en économie, sociologie, philosophie, géopolitique — il se distingue et acquiert une grande réputation auprès des intellectuels. Ses convictions libérales et atlantistes lui attirent de nombreuses critiques, venant des partisans de la gauche, comme de ceux de la droite.

Il garde néanmoins tout au long de sa vie un ton modéré. Il est un commentateur reconnu de Karl Marx, Carl von Clausewitz, Kojève et Sartre.

En tant qu'éditorialiste reconnu, « son œil critique et sa lucidité sur de nombreuses questions […] ont livré des visions plus justes et plus claires des événements, faisant de lui un modèle de ce que voulait son maître Alain quand il disait : Penser, c'est dire non ».

Raymond Aron est issu d'une famille juive et d'un milieu plutôt aisé des deux côtés. Son grand-père maternel possédait une usine de textile dans le nord du pays. Sa famille paternelle venait de Lorraine où elle était établie depuis la fin du XVIII° siècle. Le grand-père paternel, Ferdinand, était grossiste en textile à Rambervillers puis Nancy (Lorraine), le frère de ce dernier s'appelait Paul et était le père de Max Aron (célèbre biologiste de Strasbourg). Ferdinand, le grand-père paternel, prédit à Raymond à sa naissance une grande carrière. Son père refusa de prendre la suite de l'affaire familiale et fit de brillantes études de droit ; il publia des travaux juridiques, mais n'étant reçu que deuxième à l'agrégation de droit à une époque où un seul poste était attribué, il abandonna l'agrégation et revit à la baisse ses ambitions en devenant professeur de droit à l'École normale supérieure d'enseignement technique. Au début du siècle il arrêta de travailler, vivant aisément du legs familial. La famille s'était fait construire une maison à Versailles en 1913-1915 avec court de tennis. Après la guerre il investit en bourse. En 1922 les parents revinrent vivre à Paris, puis retournèrent à Versailles avant de vendre la maison. La fortune fut perdue pendant la crise de 1929 et le père fut obligé de reprendre le travail. Le père mourut peu de temps après (1934) d'une crise cardiaque. La mère mourut en juin 40 à Vannes.

Cette fortune a permis à Raymond et à ses deux frères de bien vivre et de faire de bonnes études. Les passe-temps de la famille étaient le bridge et le tennis. Le frère aîné, Adrien (1902-1969), était aussi doué que les autres à l'école (lycée Hoche, hypotaupe, licence en droit), mais il était plus attiré par une vie facile : il devint un grand joueur de tennis et un grand joueur de bridge, menant une vie de flambeur, à l'opposé de Raymond et au grand dam de son père. Avant d'avoir Adrien, la mère avait accouché d'un enfant mort-né, ce qui la marqua fortement. Avant d'avoir Raymond, sa mère attendait une fille, c'est pourquoi Raymond a toujours été traité comme une fille dans sa famille. Après Raymond vint le petit dernier, Robert. Lui aussi fit de brillantes études, obtint une licence en droit et en philosophie, publia une étude sur Descartes et Pascal puis, après son service militaire, entra dans l'administration de la Banque de Paris et des Pays-Bas (futur BNP-Paribas) grâce à Raymond qui jouait régulièrement au tennis avec son directeur.

Raymond Aron était marié avec Suzanne Gauchon (1907-1997) et il est le père de Dominique Schnapper, sociologue, membre du Conseil constitutionnel de 2001 à 2010.

Il étudie au lycée Hoche à Versailles où il obtient son baccalauréat en 1922. Puis il entre en Khâgne au lycée Condorcet à Paris en octobre 1922 jusqu'en 1924. En 1924 il entre à la prestigieuse École normale supérieure, rue d'Ulm, en classe de philosophie. Ses camarades sont alors Paul Nizan, Georges Canguilhem et Jean-Paul Sartre. Paul Nizan est plus qu'un camarade pour lui, c'est un véritable ami, au moins pendant ses années à l'ENS. Il admire aussi bien Paul Nizan que Jean-Paul Sartre pour leur intelligence ; il juge le premier meilleur écrivain (il admire Aden Arabie mais aime moins Les Chiens de garde), le second meilleur philosophe. Il est alors influencé par les idées pacifistes du philosophe Alain, influence dont il se détachera à partir des années 1930. Engagé politiquement, il milite quelque temps à la SFIO. En 1927, il signe avec ses condisciples la pétition (parue le 15 avril dans la revue Europe) contre la loi sur l’organisation générale de la nation pour le temps de guerre, qui abroge toute indépendance intellectuelle et toute liberté d’opinion. Son nom côtoie ceux de Alain, Lucien Descaves, Louis Guilloux, Henry Poulaille, Jules Romains, Séverine…

En 1928, il sort de l'ENS pour passer avec succès l'agrégation de philosophie, étant reçu 1er ; Sartre est recalé dès l'écrit la même année, avant d'être à son tour reçu 1er l'année suivante, et avec un total de points supérieur à Aron l'année précédente. Emmanuel Mounier est second. Aron se rend à partir de 1930 en Allemagne où il étudie un an à l'université de Cologne, puis de 1931 à 1933 à l'université de Berlin. Il observe alors la montée du totalitarisme nazi, phénomène qu'il relate dans ses Mémoires.

Il revient en France en 1933, tandis que Sartre prend sa place à Berlin. Il enseigne un an la philosophie au lycée du Havre (le lycée François-Ier, où Sartre lui succèdera également) puis vit à Paris jusqu'en 1940. Il est alors secrétaire du Centre de documentation sociale de l'École normale supérieure et professeur à l'École normale supérieure d'enseignement primaire à Paris.

En 1935, il publie La sociologie allemande contemporaine où il introduit l'idée — nouvelle — de la relativité et d'indéterminisme en sociologie.
En 1938, il obtient son doctorat ès-Lettres avec une thèse intitulée Introduction à la philosophie de l'histoire ainsi qu'un essai sur la théorie de l'histoire dans l'Allemagne contemporaine. En 1939, il est maître de conférences en philosophie sociale à la faculté des lettres de Toulouse, avant d'être mobilisé dans l'armée française.

Le 24 juin 1940, il embarque sur un navire britannique transportant une division polonaise, le HMS Ettrick, à Saint-Jean-de-Luz et il rejoint Londres où il reste jusqu'en 1945. Brièvement engagé dans les Forces françaises libres, il devient rédacteur de La France Libre, une revue créée par André Labarthe, indépendante de la France libre et souvent critique vis-à-vis du général de Gaulle. Il fait ainsi sa première expérience de l'écriture journalistique qu'il n'abandonnera plus jusqu'à sa mort.

En 1944 le doyen de l'université de Bordeaux lui propose la chaire de sociologie, mais il refuse car il veut s'orienter vers le journalisme (il regrettera ce choix plus tard).

Une fois la guerre achevée, il s'installe à Paris et devient professeur à l'École nationale d'administration de Paris entre 1945 et 1947. Puis, de 1948 à 1954, il est professeur à l'Institut d'études politiques de Paris. Il est chargé d'enseignement dès 1955 puis, à partir de 1958, professeur à la faculté des lettres et sciences humaines de l'université de Paris ; directeur d'études à l'École pratique des hautes études de 1960 à 1983 ; professeur au Collège de France titulaire de la chaire « Sociologie de la civilisation moderne » de 1970 à 1978.

En 1978, il fonde avec Alain Ravennes le CIEL (Comité des intellectuels pour l'Europe des libertés) et avec l'aide de Jean-Claude Casanova, il crée la revue Commentaire. Un Centre d'études de philosophie politique porte le nom de Centre Raymond-Aron à l'École des hautes études en sciences sociales, boulevard Raspail à Paris (EHESS).

À la suite de son expérience de rédaction dans la revue La France libre et Combat, il se lance après guerre dans le journalisme, qu'il ne quittera plus jusqu'en 1983. Cette même année 1945, il fonde avec Sartre la revue Les Temps modernes. De 1946 à 1947, il collabore à Combat, avec Albert Camus.

En 1947, en désaccord avec Sartre, Raymond Aron quitte la rédaction des Temps Modernes et rejoint Le Figaro comme éditorialiste, poste qu'il occupe jusqu'en 1977. De 1965 à 1966, il est président de la société des rédacteurs. De 1975 à 1976, il est membre du directoire de la société. De 1976 à 1977, il est directeur politique du journal.

Il quitte le journal en 1977 et rejoint le journal L'Express comme président du comité directeur, poste qu'il occupe jusqu'à sa mort en 1983. Parallèlement, il est chroniqueur à la radio Europe 1 de 1968 à 1972.

Le 17 octobre 1983, il meurt d'une crise cardiaque en quittant le palais de justice de Paris après avoir témoigné en faveur de Bertrand de Jouvenel lors du procès qui oppose ce dernier à Zeev Sternhell.

Page soumise à la GFDL.
Source : Article Raymond ARON de Wikipédia


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