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Biographie de Susan HAYWARD :
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64ème
Susan HAYWARD
1917 - 1975
Découvrez la biographie de Susan HAYWARD
Score : 3 066 925
Actrice et Artiste (Américaine)
Née le 30 juin 1917
Décédée le 14 mars 1975 (à l'âge de 57 ans)

Le 14 mars 1975 disparaissait une des plus jolies femmes de l'écran américain. Elle fut aussi une comédienne extrêmement douée, faisant une fois de plus mentir la légende absurde qui veut que beauté et talent ne convolent pas ensemble. Avec son admirable toison fauve, son ravissant sourire, ses yeux pétillants de malice, elle représentait le glamour des déesses de l'écran dans ce qu'il a de plus fascinant. Hollywood a imposé à l'admiration des foules des stars d'une rare perfection physique mais je n'hésite pas à écrire que Susan Hayward fut mieux que belle : un plaisir pour les yeux, splendidement femme. On ne pouvait être qu'ébloui par le charme qui émanait d'elle d'autant plus qu'il était sans apprêts.

Elle était arrivée en Californie, appelée par David O. Selznick, qui, cherchant la Scarlett O'Hara de son " Autant en emporte le Vent ", crut l'avoir trouvée dans un numéro du Saturday Evening Post de 1937. Physiquement, elle aurait effectivement constitué un choix idéal. Malheureusement, le " test " qu'elle tourna se révéla désastreux et brutalement, Selznick lui dit : " Regagnez votre Brooklyn et inscrivez-vous dans un cours dramatique. Nous verrons dans deux ou trois ans... ". C'était très mal connaître cette rousse volontaire et têtue. Au lieu de faire comme le suggérait Selznick, elle s'incrusta, parvint à décrocher un modeste contrat de six mois chez Warner, où on lui fit fréquenter le cours dramatique du studio. En réalité, seule sa beauté captivait et c'est comme simple ornement qu'on la fit débuter à l'écran dans " Hollywood Hotel ", où son nom ne parut même pas au générique. On la laissa bien vite partir sans autre forme de procès. Une starlette de plus ne mangeant pas tous les jours à sa faim ! La Paramount consentit à lui accorder une nouvelle chance et, avec cette firme, elle signa un contrat de 350 dollars par semaine. Son premier film lui donna trois partenaires de choix : Gary Cooper, Ray Milland, et Robert Preston. Mais " Beau Geste " était exclusivement un film d'hommes relatif à la Légion Étrangère : encore un semblant de rôle décoratif. Cependant, elle était au travail, l'avenir s'annonçait moins sombre.

Elle acquit ainsi ce qui lui faisait le plus défaut : de l'expérience. Ses progrès furent lents néanmoins : on n'accède pas sans sérieux entraînement au vedettariat. Susan tourna tout ce qui se présentait sans rechigner, même des rôles qui ne lui donnaient la moindre satisfaction. Du moins savait-elle où elle allait, ce qu'elle voulait. En ces années professionnellement assez décevantes, elle se forgea une règle de conduite que, toute sa vie durant, elle allait scrupuleusement, fanatiquement, observer : " Je refuse de me laisser décourager quoi qu'il arrive ". Et elle a tenu parole. Même désespérément malade plusieurs tumeurs cancéreuses inopérables au cerveau et sachant que chaque jour qui passait pouvait être le dernier, elle resta la lutteuse dont son médecin traitant disait : " Je n'ai jamais vu aussi extraordinaire volonté de vivre ". Et son courage ne cessa d'être admirable. Convertie au catholicisme, sa foi fut sa bouée de sauvetage durant les dernières années de sa vie. Certes, elle connut des triomphes durant sa vie d'actrice mais les épreuves ne lui furent pas non plus épargnées. A six ans, elle fut renversée par un chauffard ivre et on crut bien qu'elle ne marcherait plus jamais.

Il en résulta des mois d'immobilité dans un lit, ce dont elle dira plus tard : " Mais tout le monde m'apportait sans cesse des cadeaux : une agréable compensation ". Fille de parents pauvres, élevée dans un quartier plutôt misérable de Brooklyn un de ses camarades y fut Ira Grossel, qui deviendrait plus tard Jeff Chandler, si elle fut choyée et dorlotée par ses parents, elle fut aussi vite endurcie par la façon de vivre dans un monde sans véritable soleil. C'était l'époque où il importait de s'assurer d'un bon petit coin pour y vendre des journaux. Quand son frère avait un empêchement, Susan, encore Edythe Marrender à l'époque, le remplaçait, faisant le coup de poing avec les mauvais garnements du quartier qui essayaient d'usurper la place conquise avec tant de peine. Le père, garde de métro et, à ses heures perdues, aboyeur au parc d'attractions de Coney Island, avait légué à ses trois enfants l'héritage de sa philosophie de vie : " Il convient en permanence de combattre pour ses croyances ". Dans ce milieu, cela aidait à survivre. Et la fillette, qui refusait de céder un pouce de terrain conquis, devait s'en souvenir toute sa vie. " Comme un avant-goût de ce qui allait m'attendre durant mes premières années de lutte à Hollywood, disait-elle. L'époque aussi où il convenait d'esquiver tous les coups bas. Bah ! J'étais parée... ".

Quelle brillante comédienne elle réussit à devenir dès qu'elle parvint à s'évader des emplois stéréotypés où elle fut longtemps confinée ! Et cette vraie première chance vint en 1947 avec " Une Vie Perdue " : dans son sillage une première nomination pour l'Oscar. Et il y en aurait d'autres : en 1949 pour " My Foolish Heart ", en 1952 pour " Un Refrain dans mon Coeur ", en 1955 pour " Une femme en enfer ". Et là elle rata de très peu la statuette tant convoitée. Hélas, il y avait en lice cette année-là Anna Magnani dans une création spectaculaire : celle de " La Rose Tatouée ". Et Susan dut attendre trois ans encore afin de remporter sa victoire, laquelle n'en fut que plus éclatante. Car elle fut bouleversante sous les traits de la meurtrière Barbara Graham dans " I want to live ". Une histoire atroce, un rôle écrasant ! On supposait qu'elle avait donné le meilleur d'elle-même dans " Une femme en enfer", qui lui valut d'ailleurs le prix de la meilleure interprétation à Cannes. Mais elle réussit à être plus extraordinaire encore ici, tragédienne dans le sens le plus impressionnant du mot. En comparaison, tous les films qu'elle tournerait ensuite allaient en pâtir sans qu'il en fût de sa faute. Pourtant, ses producteurs essayèrent, tantôt dans le drame, tantôt dans la comédie, de lui donner l'occasion de briller encore. En vain : avec le film de son Oscar, Susan avait tout simplement atteint son zénith.

En 1944, alors qu'elle luttait de toute son énergie, de tout son talent, pour essayer de s'imposer à Hollywood, elle avait épousé par amour un comédien qui, sans déplacer beaucoup d'air, faisait une honnête carrière, Jess Barker. Elle eut de lui des jumeaux. Alors arriva ce qui se passe parfois dans des ménages d'artistes : soudain, pour aucune raison spécifique, plus personne ne voulut de Jess tandis que Susan poursuivait allègrement une route menant droit au faîte. Ce déséquilibre aigrit le caractère de ce " mari de vedette ". Le bonheur s'effritait... Après une scène atroce au cours de laquelle Susan fut battue comme plâtre, puis jetée par son irascible époux dans la piscine de leur maison, la mesure déborda. Susan exigea le divorce, Jess, vivant à ses crochets, le lui refusant obstinément. Le procès fit la " une " des journaux aux Etats-Unis. Susan le gagna mais non sans avoir versé beaucoup de larmes amères car Jess se livrait au chantage à l'enfant afin de ne pas perdre son gagne-pain. Il fallut, lorsque tout fut terminé, que Susan reprît l'apprentissage du bonheur et ce ne fut pas facile car elle était sortie très traumatisée de l'épreuve.

Cependant le bonheur allait lui sourire à nouveau car, en 1956, deux ans après le drame qui avait ravagé sa vie privée, elle fit la connaissance de Floyd Eaton Chalkley, un homme d'affaires de Georgie. Et ce fut le tout grand amour. Pourtant, il y avait eu un autre drame, exactement un an auparavant, quand elle s'éprit imprudemment de l'acteur Don Barry. Un amour condamné à l'avance, vraiment pas de tout repos et qui provoqua en elle le seul vrai moment de découragement de toute sa vie. Cette lutteuse dont tout le monde admirait la ténacité, voulut, dans un moment de découragement suprême, en finir avec la vie. Elle avala une dose massive de barbituriques. Elle ne fut sauvée que par miracle et, quinze jours après, reprenait chez M.G.M. son rôle de Lillian Roth dans " Une femme en enfer ". Donnant à celle-ci toute son intensité, elle y fut sensationnelle. Tout le monde tablait sur elle pour l'Oscar et quand, ce fameux soir, le nom d'Anna Magnani fut proclame au lieu du sien, un grand murmure s'éleva dans la salle. On vit aussi Susan Hayward éclater en sanglots : la première, l'unique fois qu'elle perdit en public l'empire de soi.

Son union avec Chalkley fut extrêmement heureuse. Il ne lui demanda pas de renoncer à son métier mais c'est un fait qu'elle était maintenant plus attirée vers une vie de famille à ses côtés à Carrollton, en Georgie, que par les fausses joies d'une carrière à laquelle elle avait tant donné. Et c'est ici qu'une fois encore le destin lui asséna un coup terrible : cet homme qu'elle aimait de tout son coeur, de toute son âme, s'éteignit soudain, miné par une hépatite pernicieuse. Comme elle m'expliqua : " Lorsque Eaton mourut, c'est comme si une partie, la plus grande partie de moi-même mourut avec lui. Ce furent mes deux fils, qui ne m'ont procuré que de la joie, qui me sauvèrent du désespoir où je sombrai. Une fois de plus, je réappris à vivre... ".

Elle avait décidé de ne plus jamais faire du cinéma. Pourtant, elle n'était pas oubliée et Mark Robson, quand il fut obligé de se passer des services de Judy Garland, tant la conduite de celle-ci fut insupportable pendant le tournage de " La Vallée des Poupées", lança un S.O.S. à sa fidèle amie Susan Hayward. Et elle vint. Le rôle était court : à peine dix jours de tournage. Mais un changement dans sa vie s'imposait et le cinéma, comme la TV, le lui apporta. Elle précisa cependant qu'il ne s'agissait pas d'un retour définitif et le film terminé, regagna son home. Une seule fois encore, elle sortirait de cette retraite : pour donner la réplique à William Holden dans " La Poursuite Sauvage ". Peu après, elle commença à ressentir les premières atteintes du mal qui allait l'emporter. Elle lutta vaillamment, désespérément, subissant patiemment les interminables examens grâce auxquels les spécialistes cherchèrent à déterminer les progrès de son mal. La lutteuse restait présente en ce corps frêle où la souffrance était installée depuis longtemps. C'est un arrêt de cœur qui eut raison de sa résistance. Mais la bataille avait été perdue bien avant...

Source : cinememorial.com/.../Acteur_detail.php?id=540#Biographie

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