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Yasser ARAFAT

 
Biographie et celebrite

Biographie de Yasser ARAFAT :

 
4643ème
Yasser ARAFAT
1929 - 2004
Découvrez la biographie de Yasser ARAFAT
Score : 25
Homme d'état, Homme politique et Président (Palestinien)
Né le 29 août 1929
Décédé le 11 novembre 2004 (à l'âge de 75 ans)


En filant la métaphore, l’on pourrait même cyniquement affirmer qu’Arafat est mort comme il a vécu, en Juif errant, loin de la terre de ses ancêtres. Tous comme jadis les Juifs, lui aussi était un fils de l’exil. Au sens propre comme au sens figuré. Contrairement à ses allégations qui lui font voir le jour à Jérusalem, le futur président de l’Autorité palestinienne est en effet né en Egypte, au Caire, le 29 août 1929. La date en elle-même est un clin d’oeil à l’Histoire. Ce jour-là, les Palestiniens de Hébron et de Safed massacraient les communautés juives locales. Qu’on ne se méprenne pas sur son lieu de naissance. Mohammed Yasser el Koudouah Arafat el Husseini - c’est son vrai nom - est bel et bien palestinien bien qu’il ait conservé en arabe un accent égyptien prolongé. Son père, Abder Raouf, est apparenté à Hadj Amine Husseini, le Grand mufti de Jérusalem. Quant à sa mère, Zaoua, elle st issue de la famille Abou Saoud de Jérusalem que la tradition fait descendre du prophète Mohammed.


Si l’on s’en tient à cette version, Arafat est donc un parent très éloigné de Mohammed VI du Maroc, du roi Abdallah de Jordanie ou de Saddam Hussein qui prétendait, lui aussi, descendre du Prophète. En 1927, Abder Raouf el Koudouah quitte la Palestine en proie à une grave crise économique, pour diriger au Caire une fromagerie. Il travaille dur pour nourrir ses sept enfants, vite orphelins, puisque Zaoua meurt en 1933. Yasser est envoyé avec son frère Fathi chez un oncle de Jérusalem, Salim Abou Saoud. Là, le jeune Yasser est témoin de la tension croissante entre Juifs et Arabes. L’afflux de plusieurs milliers de réfugiés juifs allemands suscite manifestations et émeutes dans la vieille ville, notamment dans le quartier du Mur des Lamentations et de l’Esplanade des deux mosquées, à proximité du domicile familial.

En 1937, Arafat est de retour au Caire. Les retrouvailles avec son père son difficiles. Abder Raouf s’est remarié et la marâtre n’aime guère ce gamin turbulent, toujours en vadrouille dans les rues de cette ville cosmopolite, où les Egyptiens côtoient les Grecs, les Italiens, les Britanniques, les Arméniens, les Ethiopiens et les Juifs. Selon sa soeur Inam, Yasser Arafat ne dédaigne pas de fréquenter les Juifs, voire d’assister aux offices religieux dans les synagogues du Harat-al-Yahud, le quartier juif du Caire. “ J’étudiais leur mentalité”, dira-t-il plus tard. La fascination sera durable. L’un des premiers gestes, chaque jour, de Yasser Arafat sera de consulter un résumé de la presse israélienne et, lors d’une interview, quand il apprenait que son interlocuteur était juif, il ne manquait pas, je puis en témoigner, de manifester, par une citation ou une anecdote, sa connaissance, en fait très superficielle, du judaïsme. Plus d’un se laissa prendre à cet habile piège qui démontrait les qualités politiques du Raïs.

Au Caire, dans les années trente, la famille suit de près les événements, sans trop manifester son engagement. Ses liens - même lointains - avec le Grand mufti de Jérusalem devenu l’allié des Nazis pour lesquels il lèvera une Légion arabe SS, font que les Britanniques, omniprésents en Egypte, la surveillent de près.

En novembre 1947, l’Assemblée générale des Nations Unies vote la partition de la Palestine. Dans les foyers arabes comme dans les foyers juifs, on a suivi, toute la nuit du 27 novembre, la retransmission à la radio des débats et du vote. Au petit matin, la joie explose chez les uns, la tristesse chez les autres.

Avec ses compagnons de lycée, Yasser Arafat s’enfuit du domicile familial et gagne Gaza où les fugitifs se procurent au prix fort, auprès d’officiers égyptiens corrompus, d’antiques pétoires. Arafat reçoit là, fin avril 1948, son baptême du feu lors de l’attaque du kibboutz de Kfar Darome.

L’enthousiasme cède vite le pas à la politique. Le 15 mai 1948, au lendemain de la proclamation de la Déclaration d’Indépendance d’Israël, les armées arabes passent à l’attaque. Sans le concours des Palestiniens que les Egyptiens s’empressent de désarmer. C’est là un souvenir douloureux pour le président de l’Autorité palestinienne et qui le convainc que les régimes arabes corrompus ont été et seront toujours les premiers responsables de la tragédie palestinienne et de l’isolement de son peuple. Tout au long de sa vie, il ne lui manquera pas d’occasions pour vérifier ce fait.

Arafat Gagne alors Jérusalem où il participe aux combats qui opposent Juifs et Arabes. L’un des chefs palestiniens les plus prestigieux est Abdel Kader al Husseini, dont le fils, Fayçal Husseini, fut, jusqu’à sa mort, le représentant de l’OLP à Jérusalem-Ouest et l’un des principaux artisans des accords d’Oslo et du défunt processus de paix.

La première guerre israélo-arabe se termine par la victoire de la Haganah. Quant à l’Etat palestinien, prévu par le plan de partage de 1947, il ne voit pas le jour. L’Egypte occupe Gaza et le roi Abdalah de Jordanie, arrière-grand-père de l’actuel souverain, occupe la vieille ville de Jérusalem et la Cisjordanie et les annexe à son royaume.

C’est l’époque de la Naqba, de la catastrophe. Plus de 750 000 Palestiniens quittent alors leurs foyers et s’entassent en Jordanie, au Liban ou en Syrie dans des camps. Provisoires. Un provisoire qui, pour beaucoup d’entre eux, dure toujours.

Arafat ne partage pas leur sort. Il retourne au Caire et envisage de partir s’installer aux USA. Le visa lui est refusé.

Dépité, le fils du fromager s’inscrit à l’université Fouad 1er pour suivre des cours d’ingénierie. Il mène de front ses études et le militantisme. Révolté par le régime corrompu de Farouk 1er, il flirte un temps avec les Frères musulmans. Car il est croyant et pratiquant. Il quitte bientôt les “ Frères” pour se rapprocher des “officiers libres” égyptiens ( Néguib, Nasser, Sadate) qui préparent en secret le renversement de la monarchie.

Au début des années cinquante, ce jeune homme efflanqué, de petite taille (1m65) porte costume et cravate. Cela lui vaut, tout comme son sérieux, les quolibets de ses condisciples, amateurs des plaisirs nocturnes cairotes. Il évite les boîtes de nuit et s’abstient de collectionner les aventures féminines : “ Ma fiancée est la Palestine” répond-il à ses critiques.

En 1952, les officiers libres chassent du pouvoir Farouk. Elu président de l’Union des étudiants palestiniens, Arafat fait la connaissance de Salah Khalaf et de Khalil al Wazir, les futurs Abou Iyad et Abou Jihad. Ils créent un journal, The Voice of Palstine, sévèrement contrôlé par la censure égyptienne. Sous la pression de son père, Yasser passe ses examens et, en juillet 1956, décroche un poste d’ingénieur dans une firme de travaux publics.

IL se résigne à devenir un modeste employé au service d’Etats arabes exploitant les capacités de ce peuple qui, tels les Juifs, voue un culte à l’étude et dont les membres, dispersés à travers le monde, connaîtront pour certains d’étonnantes réussites dans bien des domaines. Qu’on songe ainsi à la brillante carrière universitaire d’un Edward Saïd !

L’Histoire stoppera net cette carrière professionnelle. En 1956, Gamal Abdel Nasser décide de nationaliser le Canal de Suez, à la grande fureur des actionnaires britanniques et français. Confronté à l’opposition des Frères musulmans qui voient dans le champion du panarabisme un “ nationaliste athée”, il frappe dans le même temps sans pitié les “ Frérots” et leurs partisans. La police égyptienne ressort ses dossiers et Arafat, bien qu’il ait rompu avec eux, est arrêté et torturé. A peine libéré de prison, il assiste, impuissant, aux opérations militaires déclenchées par les troupes britanniques, françaises et israéliennes. Son arrestation lui a montré qu’il n’était plus persona grata en Egypte. Il s’installe au Koweït et y crée une entreprise. Sa carrière de gestionnaire tourne court car il est repris par le démon de la politique.

En 1959, avec Salah Khalaf, il fonde un nouveau journal, Filistinuna ( Notre Palestine) et une organisation clandestine, Harakat Al Tahrir al Falastin (Mouvement pour la libération de la Palestine) dont les initiales HTF forment, renversées, le mot Fatah, Conquête, en arabe. Son objectif : la libération de la Palestine par la lutte armée.

Dès lors, c’est pour Arafat la plongée dans une difficile clandestinité. Peu de gouvernements arabes sont prêts à aider le nouveau mouvement à l’exception à l’exception, à partir de 1962, de l’Algérie indépendante. Arafat ouvre d’ailleurs un bureau à Alger, vite fermé après une intervention auprès de Ben Bella de Gamal Abdel Nasser. Durant toutes ces années, Yasser Arafat et ses compagnons, plutôt que d’affronter les Israéliens, consacrent l’essentiel de leur énergie à déjouer les manoeuvres de services secrets libanais, égyptiens et syriens. Ceux-ci aimeraient bien se débarrasser de ces militants trublions qui affectionnent de porter des treillis militaires. C’est à partir de cette époque qu’Arafat se laisse pousser une barbe mal taillée, arbore un keffieh, la coiffure nationale palestinienne, et prend le nom de guerre d’Abou Amar.

Ces révolutionnaires font figure de bandits de grand chemin dans les réunions du Conseil national palestinien, composé de notables repus, tirés à quatre épingles. En avril 1964, à Jérusalem, dans le cadre luxueux de l’hôtel Intercontinental, situé en haut du mont des Oliviers, le Conseil national palestinien se réunit à l’instigation de Nasser, pour créer l’Organisation de Libération de la Palestine. Le raïs égyptien est assez influent pour en confier la présidence à un pantin qu’il manipule, Ahmed Choukeiry, un avocat véreux dont les tirades antijuives enflammées ne contribueront pas peu à discréditer la cause palestinienne, notamment en mai et juin 1967.

En butte à l’hostilité des Egyptiens, Arafat l’est aussi à celle des Syriens, auprès desquels il avait trouvé refuge. Ils lui reprochent de refuser obstinément la fusion de son mouvement avec le Front de libération de la Palestine d4Ahmed Jibril, proche du nouveau ministre syrien de la Défense, Hafez el Assad. En mai 1966, les services secrets syriens tentent d’attirer Arafat dans un guet-apens. En retard sur l’horaire - c’est une habitude qu’il partageait avec François Mitterrand mais pour des raisons bien différentes - il échappe à une rixe sanglante durant laquelle il aurait dû être assasiné. Furieux, Hafez el Assad fait arrêter le survivant et il faudra bien des tractations pour obtenir sa libération.

Quelques mois plus tard, à Marjayoun, au Liban, il est, une fois de plus, arrêté, puis torturé avant d’être libéré. Au Proche Orient, l’heure est de nouveau à la guerre. Nasser, en mai 1967, demande aux Casques bleus de l’ONU de se retirer du Sinaï et bloque le détroit de Charm-el-Cheikh. Le monde arabe se prépare à l’affrontement décisif. Dans quelques jours, l’Etat juif, c’est la conviction de tous, sera rayé de la carte.

Le 5 juin 1967, Israël déclenche une guerre préventive. En 144 heures, Tsahal occupe le Sinaï, Gaza, la Cisjordanie et le Golan, infligeant une humiliation cuisante à ceux qui faisaient trop confiance aux commentaires triomphalistes des radios arabes.

Dans le monde arabe, c’est la stupeur d’autant que des dizaines de milliers de nouveaux réfugiés ont traversé le Jourdain et s’entassent dans des bidonvilles à la périphérie d’Amman.

A Damas, le 30 juin 1967, alors qu’il déjeune au restaurant Abou Kamal, Arafat rencontre Georges Habbache qui lui confie: “ Tout est perdu”. Réponse plutôt sagace du chef du Fatah: “ Non, Georges, c’est le commencement”.

Mobilisant ses troupes, Arafat décide, à l’automne 1967, de lancer une “ guerre de libération” dans les territoires occupés. Il s’y rend clandestinement. N’est pas Che Guevara qui veut. L’épopée tourne au fiasco. Les services secrets israéliens, informés de sa présence, le traquent sans répit. Un matin, à Ramallah, future capitale de l’Autorité palestinienne, ils investissent une maison. Le lit est chaud et, sur la table de chevet, il y a un verre de thé brûlant, sa boisson préférée. Arafat a échappé de peu à l’arrestation et regagne la Jordanie puis Le Caire.

Là, il est enfin reçu par Nasser. A l’entrée du bureau présidentiel, il refuse de se séparer de son arme, un colt Cobra à crosse blanche. Le raïs égyptien l’apostrophe : “ Tu veux me tuer “. Réponse: “ Non. Je veux t’offrir l’arme d’un combattant de la liberté”.

Séduit, Nasser lui donne l’accolade. Entre les deux hommes, qui ne s’étaient jamais rencontrés, le courant passe. Le président égyptien se débarrasse de Choukeiry et le remplace par un homme de paille, Yehia Hammouda, en attendant qu’Arafat soit élu à la tête de l’OLP.

Les unités combattantes palestiniennes sont désormais regroupées en Jordanie où elles prennent en février 1968 le contrôle de la ville de Karameh. Devenu commandant militaire du Fatah, Yasser Arafat y installe son quartier général. En mars 1968, les Israéliens, après un attentat, lancent une vaste opération de représailles contre la localité où les combattants palestbiens, démentant la déplorable réputation qui s’attache aux combattants arabes résistent héroïquement.

C’est de cette bataille que date véritablement la renommée internationale de Yasser Arafat. Pour la première fois, la presse internationale s’intéresse de près à cet homme et à son mouvement.

Le 4 février 1969, il prend officiellement la présidence de l’OLP. Ce pourrait être pour lui l’apogée de sa carrière. La roche tarpéienne n’est pas loin.

En effet, en Jordanie, les Palestiniens ont créé un Etat dans l’Etat. Les actions terroristes menées par le FPLP et le FDPLP de Georges Habbache et de Nayef Hawatmeh sont la goutte d’eau qui fait déborder le vase. Le 6 septembre 1970, le FPLP détourne plusieurs avions de ligne et font se poser à Zarka, en plein désert jordanien, deux appareils de la TWA et de la Swissair, rejoints trois jours plus tard par un avion de la BOAC. Ils seront détruits à l’explosif mais leurs passagers et leurs équipages épargnés.

Pour le roi Hussein de Jordanie, ce camouflet à son autorité est intolérable. Le 16 septembre 1970, les Palestiniens reçoivent l’ordre de remettre à l’armée palestinienne leurs armes. Le 17 septembre, la Légion arabe attaque les camps de réfugiés. Dans les rangs des Palestiniens, les combats font 3 440 morts et 18 840 blessés. Leurs dirigeants sont contraints d’accepter un accord qui, en quelques mois, se traduit par l’expulsion de leurs troupes de Jordanie.

Pour la presse arabe, cela signifie la fin de l’OLP. Au sein de celle-ci, des militants constituent des groupes clandestins, tel Septembre Noir, responsable de l’assassinat au Caire du Premier ministre jordanien Wasfi el-Tall, le 28 novembre 191, ou du meurtre des athlètes israéliens participant aux jeux olympiques de Munich en 1972. Les années 1971-1972-1973 verront, partout dans le monde, le terrorisme palestinien frapper de manière souvent aveugle.

Yasser Arafat est tout entier occupé à faire resurgir de ses cendres l’OLP. Non sans difficultés. Car le troisième conflit israélo-arabe, déclenché le 6 octobre 1973, se solde à nouveau par une défaite cinglante. Après quelques revers, Tsahal reprend l’offensive, s’approche à moins de 30 kilomètres de Damas et franchit le canal de Suez. Pour mettre un terme aux combats, un cessez-le-feu est signé et une première Conférence sur la paix au Proche-Orient s’ouvre à Genève. C’est le moment que choisit Arafat pour entrer véritablement sur la scène diplomatique grâce à la formidable pression exercée, entre autres, par les monarchies pétrolières. Celles-ci ont décidé de se servir des barils comme autant d’armes redoutables. Le résultat ne se fait pas attendre. Le 14 octobre 1974, par 105 voix, l’ONU invite Arafat à s’exprimer devant elle. Le 15 novembre suivant, au coeur de New York, la plus grande ville juive du monde, Yasser Arafat s’adresse à deux mille diplomates et invités. Il conclut son discours ainsi: “ Je suis porteur d’un rameau d’olivier et d’un fusil de combattant de la liberté. Ne laissez pas tomber le rameau de ma main”.

Une formidable ovation salue ces propos. Ce triomphe, en fait, n’est que passager. Depuis leur départ forcé de Jordanie, les troupes de l’OLP ont trouvé refuge dans les nombreux camps palestiniens du Liban, où elles à nouveau un Etat dans l’Etat. De quoi mécontenter les chrétiens libanais qui s’inquiètent en outre du rapprochement opéré entre les Palestiniens et les milieux druzes et chiites?

LE 13 avril 1975, à Aïn en-Romanneh, un faubourg de Beyrouth, les phalangistes de Pierre Gemayel, le leader chrétien, ouvrent le feu sur un autobus palestinien, faisant 27 morts. C’est le début de l’interminable guerre civile libanaise dans laquelle les Palestiniens jouent un rôle décisif.

En mai 1977, les élections législatives israéliennes se soldent par la victoire surprise du Likoud. Ancien terroriste, Menahem Begin devient président du Conseil. Partisan convaincu de la colonisation dans les territoires occupés, rien ne semble le prédisposer à être un artisan de la paix. Or, dans le plus grand secret, son ministre des Affaires étrangères, Moshe Dayan, négocie au Maroc avec le vice Premier ministre égyptien Hassan Touhami, la tenue d’un sommet entre Menahem Begin et Anouar el Sadate.

Le 18 novembre 1977, le raïs débarque à Tel Aviv. Le lendemain, il prononce un discours historique devant la Knesseth médusée avant d’aller prier à la mosquée el Aqsa. Dans le monde arabe, c’est la stupeur et la consternation. Pour Arafat, c’est la catastrophe. Une paix entre l’Egypte et Israël permettra à Begin de durcir ses positions en ce qui concerne la question palestinienne et de rechercher un accord de paix séparé avec la Jordanie, seule patrie des Palestiniens à ses yeux.

La signature, le 29 mars 1979, de la paix entre l’Egypte et Israël confirme ses craintes. Anouar el Sadate, en échange du Sinaï, s’est contenté de vagues promesses sur l’octroi d’une forme très minime d’autonomie dans les territoires. Futur président de l’Autorité (autonome) palestinienne, Arafat a cette phrase qui sonne curieusement : “ L’autonomie, c’est la permission de ramasser nos ordures”.

Mais le pire est à venir. Car Menahem Begin est bien décidé à mettre à exécution un plan mûri de longue date: envahir le Liban et anéantir définitivement l’infrastructure militaire de l’OLP.

Le prétexte en est l’attentat commis, le 3 juin 1982, à Londres contre l’ambassadeur israélien Shlomo Argov, par des tueurs du groupe Abou Nidal.

Le 6 juin 1982, la riposte israélienne, baptisée “ Paix en Galilée”, commence. Tsahal envahit le Sud-Liban, puis fonce vers Beyrouth soumise à des bombardements incessants. Le 12 août, grâce à la médiation des Etats Unis, de la France et de l’Italie, Yasser Arafat accepte de quitter la ville avec ses hommes. Le 30 août 1982, dans un concert assourdissant de rafales de Kalachnikov, il s’embarque à bord de l’Atlantis et gagne Bizerte en Tunisie.

Ce qui n’était qu’un revers va se transformer va se transformer en tragédie. Car pour venger l’assassinat, le 14 septembre 1982, de Bechir Gemayel, le nouveau président libanais, les Phalanges massacrent plusieurs milliers de Palestiniens, hommes, femmes, enfants et vieillards, dans les camps de Sabra et de Chatila. A quelques dizaines de mètres de là, l’armée israélienne n’intervient pas.

Pour Yasser Arafat, Sabra et Chatila constituent un tournant. D’une part, il s’agit d’un drame contre lequel il se révèle impuissant et dont il craint qu’il ne se renouvelle, puisque l’OLP n’a plus de bases à Beyrouth et qu’elle perdra, dans les mois suivants, celles qu’elle possède dans la Bekaa ou à Tripoli, dans le nord du Liban. En même temps, Yasser Arafat se sent acculé : depuis 1964, il avait toujours eu le choix entre deux stratégies, la lutte militaire et la lutte politique. Aujourd’hui, il ne lui reste plus que la seconde.

Le second tournant provoqué par Sabra et Chatila chez Yasser Arafat, c’est, paradoxalement, la découverte d’un fort courant pacifiste en Israël. Sitôt le massacre connu, près de 400 000 Israéliens se réunissent, place des Rois - là où Yitzhak Rabin sera assassiné - à Tel Aviv pour exprimer leur honte et leur indignation.

Ce n’est donc pas un hasard si Yasser Arafat rencontre peu de temps après, pour la première fois de sa vie, trois Israéliens : le général de réserve Matti Peled, le journaliste Uri Avnery ainsi que Yaacov Armon, animateurs du Comité israélien pour la paix au Proche Orient. La rencontre provoque une véritable levée de boucliers au sein de l’OLP. Le 10 avril 1983, à Lisbonne, où se tient le Congrès de l’Internationale socialiste, le représentant de Yasser Arafat, Issam Sartaoui, qui avait organisé l’entrevue, est abattu par des tueurs d’Abou Nidal.

Pour le chef de l’OLP, il ne fait aucun doute que Kadhafi et Hafez el Assad ont commandité l’attentat. La guerre est ouverte entre les différentes factions palestiniennes qui s’affrontent au Liban, notamment à Tripoli, où Yasser Arafat, ayant quitté Tunis, s’enferme avec ses partisans et subit le pilonnement de l’armée syrienne. Seule l’intervention du président égyptien Hosni Moubarak permet à Arafat de quitter sain et sauf la ville assiégée le 20 décembre 1983.

Les années qui suivent constituent pour le leader de l’OLP une rude épreuve. Il échappe à un attentat fomenté contre lui par la Syrie. Il survit miraculeusement au bombardement de Tunis par l’aviation israélienne le 1er octobre 1985 et assiste, impuissant, le 7 octobre, à la capture par un groupe du FLP (Front de libération de la Palestine) d’Abbou Abbas, du paquebot italien Achille Lauro. L’exécution d’un invalide juif, Léon Klinghoffer, soulève l’indignation internationale qui exige d’Arafat qu’il prenne position publiquement contre le terrorisme. Ce qu’il fait au Caire le 7 novembre. Le 27 décembre 1985, à Vienne et à Rome, des Palestiniens ouvre le feu sur les comptoirs de la compagnie El Al, apportant ainsi un cinglant démenti au leader de l’OLP.

Arafat mène désormais une morne existence de paria. A Tunis, il vit constamment sur ses gardes. Il n’a pas de domicile fixe. Il ne dort jamais plus d’une nuit au même endroit. Quatre ou cinq heures, pas plus, de préférence à partir de 4 heures du matin. Dès son réveil, il prie puis prend aussitôt un verre de thé. Il commence alors sa journée de travail à un rythme infernal. Il est le seul à connaître son emploi du temps. Il peut tout aussi bien éplucher des rapports que recevoir des ministres, des journalistes, des compagnons de combat ou décider de s’envoler pour l’un de ces longs voyages qu’il affectionne. Le soir, il reçoit volontiers de nouveaux visiteurs qui ont été promenés de maison en maison jusqu’à celle où ils pourront, après une très longue attente, rencontrer le chef de l’OLP. Volubile, triturant son chapelet, Arafat aime à partager une collation avec eux, n’hésitant pas à leur servir les morceaux de choix.

A Tunis, pendant de longs mois, Arafat ronge son frein, apôtre d’une cause en apparence perdue. C’est dans les territoires occupés par Israël que va se produire un déclic aux conséquences incalculables. Le 9 décembre 1987, à Gaza, un chauffeur de camion israélien tue accidentellement quatre Palestiniens et prend la fuite. L’enterrement des victimes provoque de violentes manifestations à Gaza qui s’étendent bientôt à la Cisjordanie. L’Intifada, la première Intifada, a commencé.

L’OLP est prise de court par ce soulèvement. Bien entendu, les manifestants brandissent des portraits d’Arafat. Mais déjà à Gaza, le mouvement intégriste Hamas piétine les positions de l’OLP en s’affirmant plus radical et en utilisant l’arme redoutable du fanatisme religieux.

Pour Yasser Arafat, il est crucial de reprendre la direction des opérations, ce à quoi s’emploie avec succès son adjoint et vieux compagnon de lutte Abou Jihad. Les Israéliens ne s’y trompent pas et envoient un commando l’assassiner à Tunis le 15 avril 1988. Cela ne met pas fin au “soummoud”, à l’insurrection, loin de là. Celle-ci va infléchir profondément la stratégie de Yasser Arafat. Car les Palestiniens de l’intérieur, s’ils sont prêts à donner leur vie, n’entendent pas le faire en vain. Or, depuis 1969, date à laquelle Yasser Arafat a pris la présidence de l’OLP, leur sort n’a pas changé. Fayçal Husseini, dans un document rédigé en 1988, appelle à la création d’un Etat palestinien à côté de l’Etat juif et à la création d’un gouvernement en exil. Des idées que partage un proche conseiller de Yasser Arafat, Bassam Abou Charif et qu’il exprime dans un texte publié par le Washington Post. Pour lui, l’OLP est prête désormais à accepter les résolutions 242 et 338 de l’ONU, donc le droit à l’existence de l’Etat d’Israël.

Convoqué à Alger, le Conseil national palestinien entérine ce tournant historique dans la nuit du 14 au 15 novembre 1988, tout en proclamant “ l’établissement de l’Etat de Palestine sur notre terre palestinienne, avec pour capitale Jérusalem, la sainte”.

Le 13 décembre 1988, à Genève, en présence de l’ambassadeur américain Vernon Walters, Yasser Arafat lance dans la salle du Palais des Nations un vibrant appel aux Palestiniens : “ Venez, faisons la paix des braves”.

Le 2 mai 1989, en visite officielle, pour la première fois, à Paris, il déclare “caduque” la charte de l’OLP qui affirmait que “ la lutte armée est la seule voie pour la libération de la Palestine”. C’est la condition qu’a mise François Mitterrand pour accepter de rencontrer le leader de l’OLP. Pierre Mendès France qui, avec son épouse Marie-Claire, organisa les premières rencontres entre des Palestiniens et des Israéliens, avait, lui, alors qu’il était convaincu qu’il fallait qu’Israël reconnaisse l’OLP, toujours refusé de rencontrer Arafat tant que celui-ci n’aurait pas franchi le Rubicon.

Avec ses initiatives spectaculaires, Yasser Arafat réussit à rétablir spectaculairement son autorité et obtient un indéniable succès diplomatique. Pour beaucoup, il a définitivement rompu avec la longue suite suicidaire d’échecs qui ont jusque-là jalonné sa carrière. En fait, il n’en est rien. Tout aussi, si ce n’est plus intransigeant que Menahem Begin, Yitzhak Shamir fait traîner en longueur ses pourparlers avec les Américains. A l’été 1990, rien n’a bougé.

C’est alors que se produit un événement appelé à bouleverser durablement la donne géopolitique au Proche Orient. Le 2 août au matin, l’Irak envahit et annexe le Koweït. Dans les jours qui ont précédé, Yasser Arafat a fait la navette entre Bagdad et Koweit City pour tenter d’imposer sa médiation. Mais ses interlocuteurs koweïtiens ont remarqué qu’il semblait être étrangement réceptif aux arguments de Saddam Hussein, lequel, il st vrai, n’avait pas ménagé ses générosités envers l’OLP.

Arafat, début août 1990, prend fait et cause pour Saddam Hussein, du moins ne condamne pas l’invasion de l’Irak. Pour les Koweïtiens, c’est une trahison. D’une part, ils hébergent dans l’émirat plus de 300 000 Palestiniens et Arafat lui-même bénéficia de leur hospitalité à la fin des années cinquante. D’autre part, ils contribuaient largement à remplir les caisses de l’OLP. Enfin, en septembre 1990, lors des massacres d’Amman, le prince héritier du Koweït, Cheikh Saad Abdullah as-Sabbah, a sauvé la vie de Yasser Arafat en lui faisant revêtir son abbayah blanche pour empêcher un commando jordanien de l’identifier et de l’abattre. Dans le monde arabe, ce type de dette crée des obligations auxquelles on ne peut déroger sous peine de se déshonorer.

Ce qui va encore plus indigner les Koweïtiens et toutes les monarchies pétrolières du Golfe, c’est le soutien massif apporté par la rue palestinienne à l’Irak, surtout après que Saddam Hussein a clairement déclaré qu’il menait « la mère de toutes les batailles » pour libérer la Palestine.

En quelques jours, l’OLP et son chef perdent tout le crédit dont ils jouissaient dans le monde arabe et la communauté internationale. Le 17 janvier 1991, l’Opération « Tempête du désert » débute. Le lendemain, les premiers missiles Scud irakiens s’abattent sur Israël. Dans les territoires occupés, les Palestiniens exultent. Chaque Scud est une revanche sur les humiliations subies depuis 1967. Ces manifestations de joie sont accueillies avec consternation par les pacifistes israéliens. Pour eux, c’est un formidable camouflet, mais surtout la preuve de l’immaturité politique de leurs interlocuteurs.

De fait, durant la guerre du Golfe, Yasser Arafat a laissé passer une occasion, celle de se révéler comme un véritable homme d’Etat capable d’aller à contre-courant des passions et de mettre en garde les siens contre les dangers, à court et moyen terme, de leur attitude. En fait, Arafat cède volontiers à la manie du mutisme. Il est l’un des rares chefs d’un mouvement de Libération nationale à n’avoir jamais été saisi par le démon de l’écriture. On sait tout au plus qu’il tient un journal mais il s’est bien gardé d’en publier la moindre ligne.

Le conflit du Golfe coûte cher, très cher à Arafat. Au sens propre comme au sens figuré. Les monarchies pétrolières et bon nombre de pays arabes membres de la coalition internationale cessent de subventionner l’OLP. Pendant deux ans, la Centrale palestinienne parvient à vivre, tant bien que mal, sur ses réserves, jusqu’à ce qu’éclate, à l’été 1993, une crise financière sans précédent. L’OLP n’a plus d’argent et bon nombre de ses responsables critiquent la gestion des caisses de l’organisation par Yasser Arafat, le seul à connaître les numéros des comptes secrets et à pouvoir en user sans contrôle. D’où de violentes polémiques provoquant la démission, reprise par la suite, des membres de la délégation palestinienne aux pourparlers de paix et le départ, silencieux, du grand poète Mahmoud Darwish.

Dans les territoires occupés, l’OLP doit faire face à la progression continue du Hamas dont l’intransigeance et les attentats spectaculaires séduisent les jeunes générations. Ouverte à Madrid en octobre 1991, la Conférence internationale de paix sur le Proche Orient tourne au désavantage des Palestiniens. Tous les participants sont conscients qu’un accord finira par intervenir dans un délai de quatre à cinq ans, une broutille au regard d’un conflit vieux de plusieurs décennies. Et les Palestiniens savent que la paix, s’il le faut, se fera à leur détriment. Les Syriens, en particulier, désormais réintégrés dans la communauté internationale, pour récupérer le Golan, sont prêts à bien des concessions. Quant aux Saoudiens et aux Koweïtiens, ils sont disposés à bénir tout compromis qui se ferait au détriment des Palestiniens, leurs ennemis jurés. Yasser Arafat le sait. Est-ce pour cette raison qu’un tournant important se produit alors dans sa vie ? Lui, le vieux loup solitaire, qui avait pour seule fiancée la Palestine, se marie en janvier 1992 avec Soha Tawil, sa secrétaire chrétienne qui se convertit à l’islam. C’est la fille de la grande poétesse palestinienne Raymonda Tawil, une riche bourgeoise de Ramallah, et elle lui donnera une fille, Zahwa, en 1995.

Selon certaines sources, Yasser Arafat se serait alors marié car il pressentait une mort prochaine. Il en a confirmation en avril 1992. Son avion, un Antonov 26, s’écrase dans le désert libyen alors qu’il effectue la liaison Khartoum-Tunis. Retrouvé sain et sauf après quinze heures passées dans le désert, le chef de l’Olp a failli périr stupidement. Quelques semaines plus tard, Yasser Arafat est hospitalisé d’urgence à Amman, en Jordanie, pour être opéré d’un caillot au cerveau.

Pour Abou Amar, désormais, le temps presse. La victoire des travaillistes israéliens aux élections législatives de juin 1992 va hâter le processus. Au comble de l’impopularité chez les Palestiniens, Abou Amar tente le tout pour le tout pour entrer dans l’histoire autrement que sous les traits d’un éternel loser, traînant son keffieh et son visage masqué par une barbe tenace de capitale en capitale.

Il donne donc sa bénédiction à certains de ses représentants qui, dans le plus grand secret, négocient avec des émissaires israéliens mandatés par Shimon Peres, le ministre des Affaires étrangères. Les négociations se déroulent en Norvège et aboutissent, fin août 1993, à un accord historique : la reconnaissance mutuelle d’Israël et de l’OLP et l’ouverture de négociations en vue de la constitution d’un Etat palestinien souverain aux côtés de l’Etat juif. La nouvelle prend de court tout le monde. Le 13 septembre 1993, à Washington, sur la pelouse de la Maison Blanche, devant des centaines d’invités, Yasser Arafat échange une poignée de mains avec le Premier ministre israélien, Yitzhak Rabin, un militaire de carrière, infiniment moins diplomate que Shimon Peres. Les deux hommes ne chercheront jamais à cacher la profonde antipathie qu’ils éprouvent l’un pour l’autre et ne feront rien pour améliorer leurs relations.

Entre Palestiniens et Israéliens, commencent alors de nouvelles négociations pour permettre l’instauration de l’autonomie ( « le ramassage des ordures ») en Cisjordanie et à Gaza et faciliter le « retour » du leader de l’OLP dans une Palestine où il a si peu vécu jusque là. En mai 1994, un accord est trouvé. Une Autorité palestinienne aura une certaine juridiction sur Jéricho, en Cisjordanie, et sur Gaza qui seront évacués par les Israéliens. Le 1er juillet Yasser Arafat fait une entrée triomphante à Gaza avant de s’installer à Jéricho, paisible bourgade ombragée près de la Mer morte. En octobre 1994, Yasser Arafat reçoit le Prix Nobel de la Paix en même temps qu’Yitshak Rabin et Shimon Peres.

En dépit des positions tranchées des uns et des autres, de nouvelles négociations se déroulent entre Israéliens et Palestiniens et aboutissent, en septembre 1995, à un accord prévoyant l’extension de l’autonomie en Cisjordanie et fixant un calendrier en vue de la conclusion d’un accord définitif dont l’une des conséquences sera l’évacuation des colonies juives dans les territoires. Dans l’extrême droite israélienne, on s’agite et un jeune exalté finit par passer aux actes. Le 5 novembre 1995, il assassine, lors d’une manifestation pacifiste à Tel Aviv, le Premier ministre Yitzhak Rabin. Yasser Arafat ne peut assister à ses obsèques mais rend discrètement victime à sa veuve, Léah, à son domicile de Tel Aviv.

Shimon Peres, avec lequel Arafat entretient de meilleurs rapports, succède à Rabin. Le 20 janvier 1996, Yasser Arafat est élu président de l’Autorité israélienne à l’issue des premières élections générales organisées en Cisjordanie et à Gaza. Le processus de paix s’interrompt brutalement avec la défaite des Travaillistes aux élections législatives. Le nouveau Président du Conseil, Benjamin Netanyahou, a voté contre les Accords d’Oslo à la Knesseth et a le soutien des colons. Pourtant, au grand regret de ceux-ci, « Bibi » n’interrompt pas les négociations. Il les gèle et les freine par tous les moyens, à la grande colère des Américains.

L’élection du travailliste Ehud Barak ouvre de nombreux espoirs. Le nouveau Premier ministre israélien est un militaire désireux d’assurer la sécurité de son pays et de ses concitoyens. Il n’y a pour lui qu’un seul moyen, faire la paix. Lors d’un sommet à Charm-el-Cheikh, le 5 septembre 1999, Israéliens et Palestiniens parviennent à un accord censé ouvrir la voie à un règlement de paix final. Les discussions, ensuite, traînent en longueur et, pour surmonter les difficultés, Bill Clinton réunit Ehud Barak et Yasser Arafat à Camp David. Il est au terme de son second et dernier mandat et souhaiter quitter la Maison Blanche sur un geste historique qui faciliterait l’élection de son candidat en novembre, Al Gore, alors vice-président. Le président américain met tout son poids dans la balance et Ehud Barak va jusqu’au bout des concessions qu’il peut faire. Il cède sur le point crucial de Jérusalem, envisageant une co-souveraineté sur la ville, ainsi que sur l’évacuation des colonies. Jamais les Israéliens n’ont autant cédé. On est proche d’un accord.

Seul problème : au dernier moment, Yasser Arafat refuse de franchir le Rubicon. Il ne veut pas céder sur la question du droit au retour des réfugiés. Ce serait, dit-il, signer son arrêt de mort. En fait, les observateurs estiment que le président palestinien ne s’est pas alors conduit en homme d’Etat et qu’il n’a pas su faire taire ses sentiments au nom d’une vision plus large et plus globale de l’Histoire et de ses responsabilités à long terme.

Pour beaucoup, il n’a pas su se conduire comme David Ben Gourion le fit dans l’affaire de l’Altalena, ce navire chargé d’armes affrêté par les partisans de Menahem Begin et qui arriva alors que l’ONU venait de faire proclamer une trêve. Conscient que la rupture de celle-ci entraînerait de graves difficultés pour Israël dans ses relations avec les principaux Etats occidentaux, Ben Gourion fit tirer impitoyablement sur les hommes de l’Altalena qui tentaient de débarquer clandestinement. C’était le prix à payer pour avoir un Etat. David Ben Gourion l’acquitta, Arafat non.

L’échec du sommet de Camp David ne contribua pas peu à provoquer le pourrissement de la situation et à encourager les provocations. Et c’est bel et bien à une provocation que se livra Ariel Sharon en se rendant visiter l’esplanade du Temple, en fait celle des deux mosquées en septembre 2 000, provoquant de violentes contre-manifestations palestiniennes et le début de la seconde Intifada.

L’escalade des violences fut telle qu’elles facilitèrent l’élection, lors de législatives anticipées, d’Ariel Sharon, bien décidé à ne jamais faire aboutir le processus d’Oslo. Une position dans laquelle il fut conforté par l’évolution de la donne géopolitique au lendemain des tragiques attentats du 11 septembre 2 001. Pour Ariel Sharon, la lutte contre le terrorisme signifiait l’élimination de l’OLP qui pratiquait selon lui le terrorisme à large échelle. Après une série d’attentats suicide commis par des Palestiniens, Ariel Sharon décida de confiner Yasser Arafat dans sa capitale de Ramallah. Le leader palestinien ne pouvait plus voyager. Le 29 mars 2 002, au surlendemain d’un attentat suicide qui avait fait près de 30 morts à Netanya, une station balnéaire, le premier soir de la Pâque, l’armée israélienne se déploya à l’intérieur des territoires autonomes palestiniens et détruisit la plus grande partie de la Mouqquata, le Quartier général palestinien. Le siège se poursuivit jusque dans la nuit du 1er au 2 mai 2 001.

L’isolement international de Yasser Arafat s’accrut après que George W.Bush fit d’un changement de la direction palestinienne, c’est-à-dire du départ d’Arafat, la condition de la création d’un Etat palestinien indépendant. Habitué aux tempêtes, Arafat plia mais ne rompit pas. Il fit cependant des concessions. Ainsi, le 14 février 2 003, il accepta de partager une partie de ses pouvoirs en nommant un Premier ministre et désigna le 6 mars Mahmoud Abbas pour occuper cette fonction. Le titulaire de ce portefeuille avait pour principale mission de mettre un terme à la corruption qui sévissait dans l’entourage du chef de l’OLP. Autant dire que Mahmoud Abbas se fit de nombreux ennemis qui obtinrent son départ le 6 septembre 2 003.

Pour le remplacer, Arafat nomma Ahmed Qoreï, président du Parlement palestinien. Devant la multiplication des attentats dus à des Kamikazes, que l’Autorité palestinienne semblait impuissante à endiguer ou qu’elle ne voulait pas freiner, le gouvernement israélien prit la décision de se « débarrasser » d’Arafat au moment approprié. Le Président de l’Autorité palestinienne répliqua que « personne ne le chassera » des territoires occupés.

En 2004, Ariel Sharon franchit une étape supplémentaire en déclarant, le 2 avril, que son adversaire n’avait « aucune assurance » sur la vie. Dans la foulée, Sharon confirma que, si Arafat quittait Ramallah et les territoires autonomes pour se rendre à l’étranger, il ne serait pas autorisé à revenir. C’est ce qui explique que Yasser Arafat, malade depuis des années, ait longtemps refusé d’aller se faire soigner à l’étranger. Ce n’est donc qu’après que sa maladie soit entrée dans une phase terminale que ses proches ont décidé son hospitalisation en France où le leader palestinien est arrivé le 29 octobre pour être immédiatement dirigé sur l’hôpital militaire Percy de Clamart.

Après une longue agonie, Yasser Arafat s’est éteint à l’âge de 75 ans. Décédé à l’Hôpital militaire Percy, à Clamart, le Président de l’Autorité palestinienne incarnait depuis la fin des années soixante l’aspiration de son peuple à retrouver une terre et à obtenir un Etat. Le long délai mis pour annoncer son décès est très révélateur du vide qu’il laisse. Faute d’ailleurs d’avoir préparé sa succession. Autocrate et autoritaire, il n’a jamais toléré de second ni formé celui qui reprendrait, après lui, le flambeau. Celui que ses concitoyens considèrent comme un second Moïse n’entrera pas dans la Terre promise. Selon le Midrash, les légendes talmudiques, si le frère d’Aaron et de Miriam ne fut pas admis en Canaan, c’est parce qu’il s’était présenté devant le Pharaon en lui disant « Ani ish misri » (Je suis un Egyptien). L’analogie avec le cairote Arafat est flagrante. Comme si l’histoire se répétait inlassablement au Proche Orient.

En novembre 2013, le laboratoire helvète a transmis les résultats de ses analyses à la veuve du leader palestinien : Yasser Arafat est mort empoisonné au polonium, sur la foi des résultats des expertises effectuées sur la dépouille du leader palestinien par un laboratoire suisse.

Le 3 décembre 2013, les experts mandatés par la justice française pour déterminer les causes du décès de l'ancien leader palestinien concluent à une infection généralisée et non à un empoisonnement.

Le 26 décembre 2013, selon un rapport officiel russe, Yasser Arafat serait bien mort de vieillesse. A noter que des experts Suisses n'avaient pas exclu un empoisonnement au polonium.

Source : www.marianne-en-ligne.fr/.../ocs/00/00/21/BA/document_web.phtml

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