Gynécologue, psychanalyste et politicienne française, connue pour avoir été la 1ère ministre déléguée à la Santé à engager la France de manière décisive dans la lutte contre l'épidémie de sida dans les années 1980, a marqué les esprits en autorisant pour la première fois la publicité pour les préservatifs et en lançant d'importantes campagnes de prévention à la télévision. Sa signature en 1987 du décret autorisant la vente libre des seringues en pharmacie a posé les fondements de la politique de réduction des risques chez les usagers de drogues. Sa carrière politique a également été marquée par son rôle d'adjointe au maire de Paris et par sa présidence de l'UNICEF France de 2012 à 2015. Enfin, la fin de sa vie publique a été entourée de controverses en raison des révélations sur ses liens avec l'écrivain Gabriel Matzneff au cours de sa carrière de gynécologue.
Française, née le 11 juillet 1943 et morte le 26 octobre 2026
Enterrée (où exactement ?).
Michèle Barzach, née le 11 juillet 1943 à Casablanca (Maroc) et morte le 26 octobre 2026 à Paris, est une gynécologue, psychanalyste et femme politique française. Michèle Barzach est principalement connue pour avoir été la première ministre déléguée à la Santé à engager la France de manière décisive dans la lutte contre l'épidémie de sida dans les années 1980. Elle a marqué les esprits en autorisant pour la première fois la publicité pour les préservatifs et en lançant d'importantes campagnes de prévention à la télévision. Sa signature en 1987 du décret autorisant la vente libre des seringues en pharmacie a posé les fondements de la politique de réduction des risques chez les usagers de drogues. Sa carrière politique a également été marquée par son rôle d'adjointe au maire de Paris et par sa présidence de l'UNICEF France de 2012 à 2015. Enfin, la fin de sa vie publique a été entourée de controverses en raison des révélations sur ses liens avec l'écrivain Gabriel Matzneff au cours de sa carrière de gynécologue.
Michèle Barzach naît le 11 juillet 1943 à Casablanca, au Maroc, au sein d'une famille juive d'Afrique du Nord. Elle grandit dans la ville blanche où elle effectue la totalité de ses études secondaires avant de rejoindre la France au début des années 1960. Une fois à Paris, elle s'inscrit à la faculté de médecine pour y suivre un cursus complet. Elle choisit de se spécialiser en gynécologie et s'intéresse très tôt aux dimensions psychologiques de la santé des femmes, ce qui la pousse à se former simultanément à la psychanalyse. En 1970, son diplôme en poche, elle ouvre son cabinet libéral dans la capitale française. Pendant seize ans, jusqu'en 1986, elle mène une double activité de gynécologue et de psychanalyste. Au cours de cette période d'exercice médical, elle s'engage progressivement sur le terrain politique. Proche du Rassemblement pour la République (RPR), parti créé par Jacques Chirac, elle y milite activement pendant dix ans. Remarquée par les cadres du parti, notamment par Jacques Toubon, elle franchit le pas de l'action publique directe au milieu des années 1980.
Au cours de ces mêmes années d'exercice médical privé, elle est sollicitée à son cabinet par l'écrivain Gabriel Matzneff. À cette époque, la législation française interdit stricto sensu la prescription de moyens contraceptifs aux mineurs sans le consentement explicite de leurs parents. Michèle Barzach reçoit des adolescentes conduites par l'auteur et leur prescrit la pilule contraceptive. Cette pratique médicale et ces consultations auprès de jeunes filles mineures accompagnées par un homme mûr ne font l'objet d'aucune démarche judiciaire à l'époque, mais elles resurgiront plusieurs décennies plus tard dans le débat public et juridique.
L'année 1986 marque un tournant majeur dans son parcours professionnel et personnel. Le 20 mars 1986, à la suite de la victoire de la droite aux élections législatives, Jacques Chirac est nommé Premier ministre du deuxième gouvernement de cohabitation sous la présidence de François Mitterrand. Michèle Barzach est appelée à composer l'équipe gouvernementale et se voit confier le portefeuille de ministre déléguée à la Santé et à la Famille, sous la tutelle du ministre des Affaires sociales et de l'Emploi, Philippe Séguin. Dès sa prise de fonction, elle se trouve confrontée à des crises sanitaires d'ampleur internationale et nationale.
Le 26 avril 1986, la centrale nucléaire de Tchernobyl, située en Ukraine soviétique, subit une explosion majeure qui libère un nuage radioactif traversant l'Europe. Le 6 mai 1986, soit dix jours après la catastrophe, la voix du gouvernement français incarnée par la ministre déléguée à la Santé affirme publiquement que le nuage radioactif n'a pas contaminé le territoire français de manière dangereuse et qu'aucune précaution sanitaire spécifique n'est nécessaire pour la population française. Cette prise de position officielle, perçue par la suite comme une tentative de minimiser les risques pour la santé publique, suscitera de vives controverses et des critiques durables de la part des associations de victimes et de scientifiques.
Parallèlement à la gestion de cet événement, Michèle Barzach doit faire face à la progression fulgurante de l'épidémie de syndrome d'immunodéficience acquise (sida), une maladie émergente qui frappe alors de plein fouet la société française. Elle devient la première personnalité politique au niveau ministériel à mesurer l'urgence de la situation et à engager une politique publique nationale de grande envergure pour enrayer la propagation du virus de l'immunodéficience humaine (VIH). Face aux réticences et aux oppositions conservatrices, y compris au sein de sa propre famille politique, elle défend la nécessité d'une prévention pragmatique. Jusqu'alors, la réglementation française interdisait la publicité pour les préservatifs, classés réglementairement comme simples anticonceptionnels. Michèle Barzach fait modifier la loi afin d'autoriser la réclame et la promotion du préservatif, qu'elle présente comme le seul moyen efficace de protection contre le virus. Elle orchestre la toute première campagne nationale d'information grand public et fait lever les interdictions de diffusion de ces messages à la télévision.
Poursuivant cette stratégie de réduction des risques, elle signe le 13 mai 1987 un décret historique autorisant la vente libre des seringues en pharmacie. Jusqu'à cette décision, la délivrance de matériel d'injection était strictement réglementée en raison des lois de 1970 sur les stupéfiants. En permettant l'accès direct aux seringues stériles, elle entend freiner la contamination par le VIH et le virus de l'hépatite C chez les personnes usagères de drogues injectables. Ce décret pose les bases institutionnelles de la politique moderne de réduction des risques en France. Sur le plan de l'organisation des soins et de la périnatalité, elle amorce également en 1988, par voie de circulaire ministérielle, un plan de restructuration et de concentration des maternités sur le territoire national.
Après la défaite de la droite à l'élection présidentielle de mai 1988 et la démission du gouvernement Chirac le 10 mai 1988, Michèle Barzach s'investit pleinement dans l'implantation électorale. Aux élections législatives de juin 1988, elle se présente dans la 13e circonscription de Paris. Elle est élue députée le 23 juin 1988 et rejoint le groupe RPR à l'Assemblée nationale. L'année suivante, en 1989, elle intègre l'équipe municipale de la capitale et devient adjointe au maire de Paris, Jacques Chirac. Elle siège également au Parlement européen durant cette période.
L'année 1989 est aussi marquée par d'importants remous internes au sein de la droite française. Un mouvement de jeunes cadres politiques, surnommé le groupe des « Rénovateurs », émerge sous l'impulsion de figures comme Michel Noir et François Léotard. Ce courant prône le dépassement des querelles d'appareils, la réunification de l'Union pour la démocratie française (UDF) et du RPR, ainsi que le renouvellement des générations de dirigeants. Michèle Barzach décide d'apporter son soutien à cette initiative et se porte candidate au comité directeur du RPR. Cette prise de position est perçue par Jacques Chirac comme un acte de rupture et de trahison politique. La sanction politique est immédiate : elle est exclue des instances de direction du RPR, retirée de ses fonctions d'adjointe au maire de Paris et contrainte de renoncer à son mandat de députée de la 13e circonscription le 6 décembre 1990.
Elle tente de rebondir politiquement lors des élections régionales de 1992 dans le département du Loiret, en se présentant sous une étiquette dissidente à Orléans. Cette tentative de parachutisme électoral se solde par un échec face au candidat investi par son ancienne famille politique, Antoine Carré.
Dès lors, Michèle Barzach s'éloigne du combat électoral de premier plan pour réorienter son engagement vers la santé publique internationale et l'action humanitaire globale. Durant les années 1990 et 2000, elle met son expertise médicale et ministérielle au service d'organisations non gouvernementales et d'institutions internationales. Elle préside pendant plusieurs années le conseil d'administration de l'association « Amis du Fonds mondial Europe », une structure chargée d'appuyer et de promouvoir les programmes du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme. Elle quitte la présidence de ce réseau en 2013.
En reconnaissance de son parcours public et de ses engagements dans le domaine de la santé, elle est faite officière de la Légion d'honneur le 14 juillet 2008, une distinction qui lui est remise par le président de la République Nicolas Sarkozy.
Le 5 juin 2012, Michèle Barzach est élue à la présidence de l'UNICEF France, le comité national de l'Agence des Nations unies pour l'enfance. À la tête de cette organisation, elle supervise pendant trois ans les campagnes de sensibilisation, de collecte de fonds et de défense des droits des enfants dans le monde, tout en portant une attention particulière aux problématiques de santé infantile et de vaccination. Son mandat s'achève le 23 juin 2015, date à laquelle Jean-Marie Dru lui succède à la présidence du comité français.
Après son départ de l'UNICEF France, elle se retire progressivement de la vie publique. Cependant, au début de l'année 2020, son nom réapparaît dans l'actualité à la suite de la parution du récit autobiographique de Vanessa Springora décrivant l'emprise subie de la part de l'écrivain Gabriel Matzneff. Le 31 mars 2020, un article publié par le journal étasunien The New York Times recueille le témoignage de Francesca Gee, une autre victime de l'auteur. Le rôle joué par Michèle Barzach au cours de sa carrière de gynécologue dans les années 1970 et 1980 est remis en lumière : elle y est décrite comme le médecin chez qui l'écrivain emmenait de jeunes filles mineures pour leur faire prescrire des contraceptifs en contournant la législation de l'époque. Dans le cadre de l'enquête judiciaire ouverte par le parquet de Paris pour viol sur mineurs de moins de 15 ans à l'encontre de l'écrivain, Michèle Barzach est entendue en qualité de témoin par les policiers de l'Office central pour la répression des violences aux personnes (OCRVP) à Nanterre, lors de deux auditions successives les 2 mars et 28 avril 2020.
Elle passe les dernières années de sa vie dans la discrétion à Paris.
Michèle Barzach est morte le lundi 26 octobre 2026, à l'âge de 83 ans, d'un AVC, à Paris (France).
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