Agitateur anarcho-humoristique belge, célèbre pour son rôle d'agitateur anarcho-humoristique au sein du mouvement des entarteurs. À la tête de commandos pâtissiers burlesques, il projetait des tartes à la crème au visage de personnalités jugées trop infatuées ou incarnant le pouvoir. Ses cibles incluent notamment Bernard-Henri Lévy, Bill Gates, Nicolas Sarkozy ou encore Jean-Luc Godard. En parallèle, il s'est affirmé comme un critique de cinéma iconoclaste, réalisateur de films underground et écrivain spécialisé dans la subversion. Son pacifisme agressif et ses coups d'éclat médiatiques ont fait de lui une figure incontournable de la contre-culture et de la presse satirique belges.
Belge, né le 13 septembre 1945 et mort le 23 août 2026
Enterré (où exactement ?).
Noël Godin, surnommé Georges Le Gloupier — en référence à un personnage imaginaire et multiface créé par Jean-Pierre Bouyxou — ou l'Entarteur, né le 13 septembre 1945 à Liège (Belgique) et mort le 23 août 2026 à Bruxelles (Belgique), était un agitateur anarcho-humoristique belge. Noël Godin s'est fait connaître du grand public pour son rôle d'agitateur anarcho-humoristique au sein du mouvement des entarteurs. À la tête de commandos pâtissiers burlesques, il projetait des tartes à la crème au visage de personnalités jugées trop infatuées ou incarnant le pouvoir. Ses cibles incluent notamment Bernard-Henri Lévy, Bill Gates, Nicolas Sarkozy ou encore Jean-Luc Godard. En parallèle, il s'est affirmé comme un critique de cinéma iconoclaste, réalisateur de films underground et écrivain spécialisé dans la subversion. Son pacifisme agressif et ses coups d'éclat médiatiques ont fait de lui une figure incontournable de la contre-culture et de la presse satirique belges.
Noël Godin naît le 13 septembre 1945 à Liège, au sein d'une famille bourgeoise marquée par la figure d'un père avocat et d'une mère pieuse. Scolarisé dans l'enseignement catholique, notamment à l'établissement des pères salésiens de Don Bosco, il se découvre très tôt une passion dévorante pour le cinéma. Fréquentant assidûment les salles obscures, il se plonge dans la revue "Les Cahiers du cinéma" (1951) et commence à concevoir le septième art comme un terrain d'expérimentation et de subversion. Dès le milieu des années 1960, il s'immisce dans le milieu cinématographique en faisant de la figuration, apparaissant notamment dans le film "Grand Prix" (1966) de John Frankenheimer, puis dans "Satan bouche un coin" (1968) de Jean-Pierre Bouyxou et Raphaël Marongiu. Paralèlement, il s'improvise critique de cinéma pour divers périodiques belges, adoptant une méthode peu orthodoxe en rédigeant de fausses critiques de films imaginaires ou des entretiens entièrement inventés.
C'est à la fin de la décennie 1960 que germent ses premières actions d'agitation burlesque. En novembre 1968, il verse un pot de colle sur la tête d'un professeur réactionnaire de l'Université de Liège. L'année suivante, le 11 décembre 1969, il fonde ce qui deviendra sa marque de fabrique en accomplissant son premier entartage officiel. À l'Université de Louvain, il projette une tarte à la crème au visage de la romancière et réalisatrice Marguerite Duras lors de la présentation du film "Détruire, dit-elle" (1969). L'action est revendiquée sous le pseudonyme de Georges Le Gloupier, un personnage imaginaire créé avec l'écrivain Jean-Pierre Bouyxou. Dans la foulée, le groupe s'en prend au maître de ballet Maurice Béjart en décembre 1969, puis à l'historien Henri Guillemin en mars 1970 à Liège.
Tout au long des années 1970, Noël Godin développe une double activité de réalisateur de courts-métrages underground et d'agitateur de festival. Il réalise "Les Cahiers du cinéma" (1972), suivi de "Prout prout tralala" (1974) et "Grève et pets" (1976), tout en jouant dans "Le Sexe enragé" (1970) de Roland Lethem. Le 20 mai 1976, il frappe les esprits au Festival de Cannes en entartant le réalisateur italien Marco Ferreri sur la Croisette. Au cours de cette période, il s'investit également dans la collection de revues cinématographiques, de bandes dessinées et d'ouvrages rares, affirmant un profil d'érudit anarchiste fasciné par le cinéma bis, la littérature panique et le mouvement situationniste.
La décennie 1980 marque le début de la médiatisation à grande échelle de ses commandos pâtissiers. Le 11 novembre 1985, dans les studios de la RTBF à Liège, Noël Godin entarte pour la première fois l'essayiste et médiatique Bernard-Henri Lévy. L'événement fait grand bruit en raison de la réaction véhémente de la victime, qui le jette au sol et le menace verbalement. Diffusée par plusieurs émissions de télévision, la séquence érige Bernard-Henri Lévy en cible privilégiée du « Gloupier ». Godin le réentarte en octobre 1988 à Bruxelles, inaugurant une série de récidives spectaculaires. Parallèlement à ses coups d'éclat, il poursuit ses apparitions au cinéma, notamment dans "L'air de rien" (1989) de Mary Jimenez, et entame un compagnonnage artistique durable avec le cinéaste Jan Bucquoy.
Les années 1990 constituent l'âge d'or de l'entartage politique et culturel. Noël Godin multiplie les attaques ciblées contre des figures de l'autorité, des médias et du spectacle. Il vise le ministre belge Édouard Poullet, le réalisateur Jean Delannoy, puis entarte le chanteur Patrick Bruel en décembre 1993 à Bruxelles. En juin 1994, il frappe le président de France Télévisions Jean-Pierre Elkabbach au tournoi de Roland-Garros, criant son slogan « Osons ! ». Il s'attaque ensuite au réalisateur Jean-Luc Godard au Festival de Cannes en mai 1997, ainsi qu'à des personnalités politiques comme Nicolas Sarkozy à Bruxelles en février 1997 ou le patron de Microsoft, Bill Gates, le 4 février 1998, un geste qui trouve un écho mondial.
Pendant ces mêmes années 1990, Godin structure son action théorique et littéraire. Il publie "Anthologie de la subversion carabinée" (1988), suivi de "Crème et châtiment" (1995), ouvrage dans lequel il détaille sa philosophie du pacifisme burlesque et retrace ses faits d'armes. Il reçoit le Grand Prix de l'Humour Noir Xavier Forneret en 1995 et le Prix de la Dent Dure en 1996, occasions au cours desquelles il s'auto-entarte publiquement. Au cinéma, il incarne le personnage de Pierre Mertens dans "La Vie sexuelle des Belges 1950-1978" (1994) et "Camping Cosmos" (1996) de Jan Bucquoy. Il devient également chroniqueur régulier dans la presse satirique, tenant la rubrique « L'Entarteur littéraire » dans "Siné Hebdo" (2008), puis dans des publications comme "Psikopat" (1989), "CQFD" (2003) ou "Siné Mensuel" (2011).
Le passage au XXIe siècle apporte une dimension judiciaire plus marquée à ses activités. Le 20 février 2002, il entarte l'homme politique français Jean-Pierre Chevènement à Paris. Poursuivi en justice, il est condamné en correctionnelle avant de voir sa peine alourdie en appel en 2004 à 2 500 euros d'amende, assortis de plus de 4 000 euros de frais et dommages-intérêts. Malgré ces sanctions, il poursuit sporadiquement ses actions, entartant une ultime fois Bernard-Henri Lévy en mai 2015 dans une église de Namur, portant le total à huit entartages réussis contre l'essayiste. Il continue d'apparaître sur grand écran, notamment dans "Aaltra" (2004), "Mammuth" (2010) et "Le Grand Soir" (2012) de Benoît Delépine et Gustave Kervern, ou encore dans "La Dernière Tentation des Belges" (2021) de Jan Bucquoy. Il est aussi une figure récurrente du Festival International du Film Grolandais de Toulouse (FIFIGROT), auquel il participe fidèlement.
Dans les dernières années de sa vie, retiré des actions de terrain, Noël Godin demeure une figure tutélaire de l'anarchisme festif belge et de la contre-culture bruxelloise. Résidant à Saint-Josse-ten-Noode, il continue de participer à des rencontres littéraires et des documentaires.
Noël Godin est mort le mercredi 23 août 2026, à l'âge de 80 ans, à Bruxelles (Belgique).
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