Raspoutine

 
Raspoutine
1869 - 1916
 

Guérisseur, Pèlerin, Religieux (Étrange, Histoire, Religion).

Nationalité russe Russe, né le 21 janvier 1869 et mort le 30 décembre 1916 (environ)

47 ans Mort à l'âge de 47 ans (de quoi ?).

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Biographie

Raspoutine, surnommé « le débauché », de son vrai nom Grigori Efimovitch Raspoutine, est né le 10 janvier 1869 et mort assassiné dans la nuit du 16 au 17 décembre 1916. Originaire des confins de la Sibérie, c'est un mystique errant, un « staretz », proche de la secte des « Khlysty ». « Staretz » était un titre donné à des mystiques, laïcs ou religieux, qu'on venait consulter. Il était d'une stature moyenne mais avec une carrure imposante. Il était de nature sale et grossière, mais dégageait un magnétisme envoûtant et étrange. Il portait des cheveux et une barbe longs et hirsutes mais possédait avec ses yeux bleus clairs, très perçants, un curieux regard hypnotique qui semblait avoir le pouvoir de transpercer l'âme de ses interlocuteurs. Son père était fermier dans le village sibérien de Pokrovskoïé, du district de Tioumen, dans la province de Tobolsk, à 2 500 km à l'Est de la capitale russe Saint-Pétersbourg. Le 23 janvier 1871, un météore avait traversé le ciel au-dessus du village de Pokrovoskoïé, et ce phénomène annoncait, disait-on, la venue au monde d'un personnage exceptionnel.

La vie était rude, l'existence rustique, la vodka une boisson courante, l'instruction n'existait pas. Grigori n'apprendra les rudiments de la lecture et de l'écriture qu'au cours de ses voyages, à l'âge adulte, mais, très vite, les gens se rendent compte qu'il est « différent » car il montre un pouvoir d'apaisement, voire de guérison sur les animaux. Suite à une baignade dans une eau glacée, son frère aîné et lui sont victimes d'une pneumonie dont son frère meurt. Grigori guérit, mais traverse des périodes de dépression et de surexcitation incontrôlables. Il aide son père dans les travaux de la ferme, et conservera de cette enfance les manières frustes des paysans sibériens, les vêtements amples et peu soignés, et les mains calleuses.

Il a aussi des moments de mysticisme et va à la rencontre des moines sages, les « staretz » pour suivre leur enseignement religieux, mais il fait aussi preuve de débordement d'énergie et des pulsions diverses dont une sexualité débordante qu'il assouvit facilement. Dès l'âge de dix-huit ans, sujet à de grandes crises mystiques, il se fait appeler Raspoutine, un surnom polysémique dont l'origine demeure obscure. En 1887, à l'âge de 19 ans, il épouse une jeune paysanne du voisinage Praskovja Doubrovina, et aura avec elle cinq enfants : Mikhail et Georguij décèdent prématurément, Dimitri né en 1895, Matrona en 1898 et Varvara en 1900. Il aimait véritablement sa femme, et malgré de multiples incartades sexuelles, il reviendra toujours auprès d'elle.

n jour en 1894, alors qu'il travaillait dans les champs il eut la vision, d'une vierge lumineuse. L'ermite Makari, à qui il en parle, lui conseille alors de s'investir plus dans la religion orthodoxe, et de se rendre au Mont Athos, en Grèce, ce qui signifie un long voyage à pied de plus de 3000 km. Il décide cependant de s'y rendre, et quitte sa femme, pour un voyage qui va durer plus de dix mois, mais le Mont Athos et ses moines le décevront. Sur la route du retour il fait halte dans de nombreux monastères et c'est plus de deux ans après son départ qu'il retrouve sa femme et découvre son jeune fils Dimitri, né en 1895.

Cependant il continue à vivre des périodes de mystique et d'ermite, parcourant la Sibérie occidentale, et survivant grâce à la charité et à l'aumône, frappant aux portes des monastères et acquérant au fur et à mesure de ses pérégrinations une réputation de sage et de guérisseur, mais il dira toujours « Ce n'est pas moi qui guérit, c'est Dieu ». Il effectue de nombreux pèlerinages, particulièrement à Kazan et à Kiev, et les gens commencent à venir de toute la région pour écouter ses prêches. Le clergé orthodoxe s'inquiète de son succès, mais ne peut rien trouver à y redire. De plus en plus de fidèles viennent à ses réunions amenant des malades sur lesquels il exerce un réel talent de « guérisseur ». Sa réputation s'étend, mais en même temps il continue une vie de débauche, de buveur, de bagarreur, de séducteur, et même de voleur.

Durant toutes ces années, il entre en contact avec de multiples sectes qui fleurissaient sur le terreau de la religion orthodoxe. Il se rapproche en particulier des sectes Khlysty qui mêlent, par la danse et l'extase, érotisme et religion... ce qui convient parfaitement à sa nature. Son mysticisme devient doctrinaire et le conduit à l'élaboration d'obscures théories sur la régénération par le péché et les excès en tous genres. À l'invitation de la grande-duchesse Militza, qui l'avait rencontré à Kiev, il décide de se rendre à Saint-Pétersbourg, capitale de l'empire russe depuis Pierre le Grand. Son descendant, le tsar Nicolas II y règne depuis 1894. En cours de route, à Sarov, il assiste à la canonisation du moine Séraphim, et devant l'assistance réunie, Raspoutine entre en transe et prévoit la naissance d'un héritier mâle au trône impérial. Le 12 août 1904, naîtra le tsarévitch Alexis, malheureusement souffrant d'hémophilie.

Il arrive au printemps 1904 dans la capitale des Tsars, Saint-Pétersbourg. Son but était de rencontrer le tsar et la tsarine qui étaient trop occidentalisés à ses yeux, et il voulait les initier à la véritable âme russe. Son protecteur le vicaire de Kazan lui avait remis une lettre de recommandation destinée à l'évêque Sergui qui s'inquiétait aussi de la dangereuse crise spirituelle qui minait la Russie. Conquis par Raspoutine, l'évêque le prit sous sa protection et le présenta au patriarche Théophane, confesseur de la tsarine Alexandra Fedorovna, au père Jean de Kronstadt, et à l'évêque Hermogène de Saratov. Il furent tous stupéfiés par la ferveur religieuse de Raspoutine et par son talent de prédicateur. Ils le bénirent, le considérèrent comme un staretz, même comme un « envoyé de Dieu », et l'introduisirent auprès de la grande-duchesse Militza et de sa soeur la grande-duchesse Anastasia, filles du roi Nicolas Ier du Monténégro. Elles étaient mariées à deux frères, respectivement le grand-duc Pierre Nicolaiévitch et le grand-duc Nicolas Nicolaiévitch, cousins d'Alexandre III. Cependant Raspoutine retourna dans son village sibérien et ne reviendra à Saint-Pétersbourg qu'en 1905 au début de la tourmente révolutionnaire.

La tsarine, dont la piété était excessive et qui attirait autour d'elle de nombreux mystiques, fut séduite par la simplicité de Raspoutine, d'autant plus qu'un ancien prédicateur français, qui lui avait annoncé quelques années auparavant la naissance de son fils Alexis, lui avait aussi annoncé la venue d'un autre grand prédicateur qu'il avait nommé « Notre Ami ». Par l'intercession de la grande-duchesse Militza et de sa soeur, la grande-duchesse Anastasia, le « staretz » est présenté à la famille impériale au grand complet, le 1er novembre 1905, où il offre à chacun de ses hôtes des icônes. Le jeune tsarévitch Alexis souffrant d'hémophilie, Raspoutine demanda à être conduit au chevet du jeune malade, lui imposa les mains, et parvint à enrayer la crise et à le soulager.

Selon certains, cela s'expliquerait facilement, car la médecine de l'époque ignorait les propriétés de l'aspirine qui était donnée au jeune malade. Celle-ci est un anticoagulant et donc aggravante de l'hémophilie. Le simple fait de bousculer et jeter les « remèdes » donnés au malade (dont l'aspirine !) ne pouvait qu'améliorer son état. Le tsar et la tsarine furent séduit par les dons de guérisons de cet humble moujik qui semblait aussi avoir celui de prophétie. La tsarine Alexandra se convainquit de ce que Raspoutine était un messager de Dieu, qu'il représentait l'union du tsar, de l'Église et du peuple et, qu'il avait la capacité d'aider son fils par ses dons de guérisseur et par sa prière.

Son don de guérison permit effectivement à Raspoutine de se rendre indispensable, il prit très vite un ascendant considérable sur le couple impérial. Invité à de nombreuses réceptions mondaines, il fit la connaissance de nombreuses femmes riches. Robuste, les cheveux longs et la barbe en désordre, chaussé de ses grandes bottes vernies et enveloppé dans un vieux manteau, Raspoutine inquiète et fascine. Son regard perçant est difficile à soutenir pour ses admiratrices et beaucoup cèdent à son charme hypnotique, et le prennent pour amant et guérisseur.

L'une d'entre elles, Olga Lokhtina, épouse d'un général influent mais crédule, devint sa maîtresse, le logea chez elle et le présenta à d'autres femmes d'influence, comme Anna Vyroubova, princesse de Hesse, amie et confidente de la tsarine, et Mounia Golovina, nièce du tsar. Grâce à d'habiles mises en scène, il se produit à Saint-Pétersbourg ou au palais impérial de Tsarskoie Selo, la résidence principale des tsars, dans des séances d'exorcisme et de prières. Des récits de débauches, prétendues ou avérées, commencent alors à se multiplier et à faire scandale.

En 1907, le tsarévitch Alexis, suite à des contusions, eut des hémorragies internes que les médecins n'arrivaient pas à contrôler et qui le font énormément souffrir. Raspoutine fut appelé en désespoir de cause, et après avoir béni la famille impériale, il entre en prière. Au bout de 10 minutes, épuisé, il se relève en disant « ouvre les yeux, mon fils ». Le tsarévitch se réveille en souriant et, dès ce moment, son état s'améliore rapidement.

À partir de ce moment là, il devint familier de Tsarskoié Sélo, la résidence impériale, et fut chargé de veiller sur la santé des membres de la famille impériale, ce qui lui donnera des entrées permanentes au palais. Il sera reçu officiellement à la Cour. Cependant, malgré la pleine confiance du tsar, il se rendit vite très impopulaire auprès de la Cour et du peuple, et fut vite considéré comme leur « mauvais ange ». Il était à la fois aimé, détesté et redouté, et ne se préoccupait pas de s'assurer une fortune personnelle, le seul luxe qu'il avait, était une chemise de soie confectionnée par la tsarine Alexandra et une magnifique croix, offerte aussi par l'impératrice, et qu'il portait autour du cou.

Il continuait toujours à mener une vie dissolue, de beuveries et de débauches, et il conservait ses cheveux graisseux et sa barbe emmêlée. Raspoutine organisait des fêtes dans son appartement, le sexe et l'alcool en étaient les éléments primordiaux. Il prêchait sa doctrine de rédemption par le péché parmi ces dames et, elles étaient impatientes d'aller au lit avec lui pour mettre en pratique sa doctrine, ce qu'elles considéraient comme un honneur.

Raspoutine se heurta aussi, après la révolution de 1905 et le dimanche Rouge du 25 janvier 1905, au président du Conseil Piotr Arkadievitch Stolypine. Nommé en juillet 1906, réformateur énergique, celui-ci voulait moderniser le vieil empire russe, en permettant l'acquisition des terres par les paysans, une meilleure répartition de l'impôt et davantage de pouvoirs pour la Douma, le parlement russe. Il réussit aussi à arrêter les vagues de terrorisme, améliora le système ferroviaire, et la production de charbon et de fer prit de l'ampleur. Ce fut une telle période de grands progrès pour la Russie que le leader bolchévique en exil, Vladimir Ilitch Oulianov Lénine craignait de ne jamais pouvoir se réinstaller en Russie. Mais Stolypine ne comprenait pas l'influence de ce moujik mystique sur le couple impérial, tandis que Raspoutine reprochait au Premier ministre sa morgue de la classe des grands propriétaires terriens dont il était issu.

Lors de l'affaire des Balkans, en 1909, Raspoutine se rangea dans le parti de la paix, aux côtés de la tsarine et d'Anna Vyroubova contre le reste du clan Romanov. Raspoutine pensait que l'armée impériale était sortie affaiblie par la défaite de 1905 contre le Japon, et n'était pas prête à se lancer dans un nouveau conflit. Il ne put arrêter les évènements, mais lorsque la France et l'Angleterre, intervinrent contre la Russie, il réussit à convaincre le tsar de ne pas étendre le conflit à toute l'Europe.

Le président du Conseil Piotr Arkadievitch Stolypine fit surveiller Raspoutine par l'Okhrana, la police secrète du Tzar. Les rapports accablèrent le staretz et en 1911, Raspoutine fut écarté de la cour, et exilé à Kiev, mais lors d'une transe il prédit la mort prochaine du ministre : « La mort suit sa trace, la mort chevauche sur son dos ». Il se décida alors à partir en destination de la Terre sainte, mais revint à la Cour dès la fin de l'été.

Le 14 septembre 1911, alors que Stolypine venait d'obtenir l'abolition du servage, et que toute la Russie célébrait cette réforme historique, le Premier ministre fut assassiné par un jeune anarchiste Mordka Bogrov, à l'opéra de Kiev, en présence de toute la famille impériale, des ministres, des membres de la Douma et de Raspoutine. Cet assassinat marqua la fin des réformes sociales, alors que la situation internationale devenait instable.

Lors de l'été 1912, le tsarévitch Alexis, en déplacement en Pologne, suite à un accident, est victime d'une nouvelle hémorragie interne très importante risquant d'entraîner sa mort et il reçoit même l'extrême-onction. Raspoutine, aussitôt averti, se met en extase devant l'icône de la vierge de Kazan, puis quand il se relève, épuisé, il expédie au palais le message : « N'ayez aucune crainte. Dieu a vu vos larmes et entendu vos prières. Ne vous inquiétez plus. Le Petit ne moura pas. Ne permettez pas aux docteurs de trop l'ennuyer ». Dès la réception du télégramme, l'état de santé du tsarévitch Alexis se stabilise et dès le lendemain commence à s'améliorer, l'enflure de sa jambe se résorba, et l'hémorragie interne arrêta. Les médecins purent bientôt le déclarer hors de danger, et même les plus hostiles au « staretz » durent convenir qu'il s'était produit là quelque chose de quasiment miraculeux.

Un dessin de 1916 suggérant dénonçant l'influence de Raspoutine sur le Tsar et la TsarineDerrière le démembrement de l'Empire ottoman et la question des Balkans se mettaient en place les conditions d'une guerre mondiale. Raspoutine et ses alliés de la paix freinaient la marche de la Russie vers la guerre. Le 28 juin 1914, l'archiduc héritier du trône d'Autriche-Hongrie est assassiné à Sarajevo par un anarchiste, la guerre semble devenir inévitable, d'autant plus que le lendemain, 29 juin, Raspoutine est lui-même poignardé par une mendiante Jina Guseva, ancienne prostituée, au sortir de l'église de son village sibérien. L'enquête a montré que l'ordre était venu du moine Iliodore qui lui reprochait ses croyances Khlysty.

Après cet attentat et son rétablissement, l'importance de Raspoutine devint primordiale et son influence s'exerçait dans tous les domaines, il intervenait dans les carrières des généraux, des métropolites et même dans la nomination des ministres, mais la peur l'avait envahi. Il se mit encore plus à boire de l'alcool, et à participer à encore plus de nombreuses soirées de débauche et d'orgies dans les cabarets tsiganes. Il n'était plus le staretz ascétique que tout le monde respectait. Cependant, malgré une vie de plus en plus débauchée et son aspect de moins en moins engageant, ses conquêtes féminines furent de plus en plus nombreuses dans la haute-société.

Le 1er août l'Allemagne déclare la guerre à la Russie. Le patriotisme russe s'exalte, surtout en raison des premiers succès, et Raspoutine voit sa faveur nettement diminuer. Mais la situation militaire se détériore rapidement : hiver rigoureux, manque d'armement, d'approvisionnement, commandement indécis. Le tsar, décide de prendre la situation en mains et s'installe sur le front laissant la régence à la tsarine et à son conseiller privé Raspoutine.

Il se crée de plus en plus d'ennemis, en particulier chez les politiques, les militaires et dans le clergé orthodoxe qui, au début, l'avait pourtant bien reçu mais que son inconduite révolte. Les pires calomnies vont alors se répandre en même temps que la guerre tourne au désastre. En 1916, à la « Douma », la tsarine et Raspoutine sont ouvertement critiqués et accusés (la tsarine étant d'origine allemande) de faire le jeu de l'ennemi.

Les inimitiés du clan Romanov se cristallisèrent contre lui et une conjuration aboutit à son assassinat dans la nuit du 29 au 30 décembre 1916 (16 et 17 décembre du calendrier russe), alors qu'il était l'invité du Prince Félix Ioussoupov. Il fut empoisonné sans aucun succès (le cyanure utilisé ayant été neutralisé par le sucre des pâtisseries qui le contenaient), puis blessé de trois coups de trois pistolets différents, dont le dernier fut probablement fatal. Même si les deux premiers tireurs sont des membres du complot (Ioussoupov et Pourichkevitch), le troisième tireur, plus expérimenté que les deux autres, tira précisément au centre du front. Contrairement à la croyance populaire, la trainée de sang très droite laissée par son passage laisse entendre qu'il ne se serait même pas rendu dehors par lui-même. L'autopsie de son corps retrouvé 4 jours plus tard révéla la présence d'eau dans ses poumons; ce qui signifie qu'il respirait encore lorsqu'il fut jeté dans l'eau...

Parmi les principaux conjurés, se trouvaient le Grand-duc Dimitri Pavlovitch, cousin du tsar Nicolas II, le député d'extrême droite Pourichkevitch, l'officier Soujotine, le docteur Lazovert et le prince Félix Ioussoupov chez qui fut commis le crime, et dont il publia, en 1927 le récit détaillé mais un peu arrangé. (Voir le livre La fin de Raspoutine, par le prince Youssoupov). Il fut retrouvé le 1er janvier 1917 et inhumé le 3 janvier (22 décembre du calendrier russe) dans une chapelle en construction, près du palais de Tsarskoïe Selo, la résidence de la famille impériale.

Raspoutine avait fait une prédiction au Tsar : « Je mourrai dans des souffrances atroces. Après ma mort, mon corps n'aura point de repos. Puis tu perdras ta couronne. Toi et ton fils vous serez massacrés ainsi que toute la famille. Après le déluge terrible passera sur la Russie. Et elle tombera entre les mains du Diable. ». Le 27 février 1917, Alexandre Kerenski défia le gouvernement et le tsar : « Pour éviter la catastrophe, le tsar doit être déposé, et par des méthodes terroristes s'il n'en existe pas d'autres ». À partir du 9 mars, la foule envahit les rues, et la première fusillade se produisit au Palais Nevsky, la révolution commençait, et le 15 mars le tsar abdiqua en faveur de son frère, le grand-duc Mikhail, qui fut, durant une seule journée, le dernier tsar de la dynastie des Romanov.

Au soir du 22 mars, sur ordre du Gouvernement révolutionnaire, le corps de Raspoutine fut exhumé et brûlé, mais la légende raconte que seul le cercueil brûla: le corps de Raspoutine resta intact sous les flammes. Comme il l'avait prédit, la famille impériale ne survécut pas à son assassinat, la révolution bolchévique obligea le tsar Nicolas II à abdiquer, puis toute la famille fut massacrée dans les caves de la villa Ipatiev, à Iekaterinbourg dans la soirée du 14 juillet 1918.

Après 1917, son image a été largement utilisée par la propagande bolchevique pour symboliser la déchéance morale de l'ancien régime honni. Puis fut reprise, déformée, amplifiée, dès 1917 par la littérature puis, à partir de 1928 par le cinéma et la télévision, qui en ont fait l'exploitation à la limite du fantastique et de l'érotisme. Un pénis momifié de 30 cm qui serait le sien, est conservé et exposé au Musée de l'érotisme de Saint-Pétersbourg.

Au cours des années, Raspoutine est finalement devenu un mythe, servant de prétexte à beaucoup de dirigeants politiques russes et européens de s'exonérer de leurs propres responsabilités dans les événements tragiques survenus en Russie. Ainsi, l'ombre de Raspoutine a servi à occulter bien des trahisons et des iniquités. Le 17 juillet 1998, lors des obsèques de la famille impériale russe à Saint-Pétersbourg, le Président Boris Ieltsine a déclaré : « ...Nous sommes longtemps restés silencieux sur ce crime monstrueux ; coupables sont ceux qui ont perpétré ce meurtre haineux et ceux qui l'ont justifié pendant des décennies, nous tous. Nous devons dire la vérité : le massacre du tsar est devenu l'une des pages les plus honteuses de notre histoire. En enterrant ces victimes innocentes, nous voulons expier les péchés de nos ancêtres. Nous devons terminer ce siècle qui est devenu le siècle du sang et du non-droit pour la Russie, par la repentance et la réconciliation... ».

Source : fr.wikipedia.org  

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Fiche d'identité

Identité

  • Nom complet : --
  • Nationalité (à sa mort) : Russe Drapeau russe
  • Nationalité (à sa naissance) : --
  • Sexe : Masculin

Domaines d'activité

Noms

  • Nom usuel : Raspoutine
  • Nom complet : --
  • Prénoms : --
  • Noms dans d'autres langues : --
  • Homonymes : 0 (aucun)
  • Nom de famille : Raspoutine
  • Pseudonyme : --
  • Surnom : --
  • Erreurs d'écriture : Grigori Efimovitch Raspoutine, raspoustine, raspoutin

Naissance

  • Signe astrologique du zodiaque : --
  • Signe astrologique chinois : --

Décès

  • Âge de mort : 47 ans (environ)
  • Cause de mort : --

Obsèques

  • Date des obsèques : --
  • Lieu de sépulture : --
  • Type de funérailles : --

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 Une vie en noir et blanc.
Une vie en noir et blanc. Entre le mysticisme, la foi, des dons du Ciel réel, un parcours semble t il mené guidé et protégé par la Providence et une vie de débauché.
Commentez - il y a 1 an

Commentaires

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Donias Grigori Raspoutine, vers 1916.
Répondre - il y a 8 mois
Donias L’historien Edvard Radzinsky a pu donner les détails de cet assassinat grâce aux archives de la Commission extraordinaire de 1917 et le dossier secret de la police russe.

La famille Romanov, jalousant les faveurs dont bénéficie Raspoutine, choquée par sa réputation scandaleuse, ses débauches, dans lesquelles des noms de femmes de la haute noblesse sont mêlés, s’oppose de plus en plus ouvertement au « starets ». De plus, en pleine guerre mondiale, le bruit court qu’il espionne au profit de l’Allemagne. Plusieurs complots se trament contre lui.

Une conjuration aboutit à son assassinat dans la nuit du 16 au 17 décembre 1916 alors qu’il est l’invité du prince Félix Ioussoupov, époux de la grande-duchesse Irina, nièce du tsar.
Parmi les principaux conjurés se trouvent le grand-duc Dimitri Pavlovitch, cousin de Nicolas II et amant du prince, le député d’extrême-droite Vladimir Pourichkevitch, l’officier Soukhotine, le docteur Stanislas Lazovert ainsi que l'agent secret britannique Oswald Rayner. Ioussoupov, chez qui est commis l’assassinat, en publie, en 1927, le récit détaillé mais quelque peu arrangé.

Le cadavre est retrouvé le 19 décembre 1916 au petit matin. Gelé et recouvert d’une épaisse couche de glace entourant le manteau de castor, le cadavre est remonté à la surface de la Neva au niveau du pont Petrovsky. L’album de photos de police exposé au Musée d’histoire politique de la Russie de Saint-Pétersbourg révèle le visage de Raspoutine défoncé par des coups et son corps transpercé de trois balles tirées à bout portant.

Une première version indique que l’autopsie, faite le jour même de la découverte du corps à l’Académie militaire par le professeur Kossorotov, révèle que Raspoutine n’est mort ni du poison, ni des balles, ni des commotions et des coups assénés, mais que la présence d’eau dans les poumons prouverait qu’il respirait encore au moment où on le jeta dans la petite Neva. Mais une seconde version, qui semble être la version officielle, indique que le "Starets" n'a pas été empoisonné, et qu'il serait bien mort de la balle tirée à bout touchant dans le front. En effet, il n'y aurait eu aucune présence d'eau dans les poumons lors de l'autopsie, et le docteur Lazovert avouera plus tard au Prince Félix Ioussoupov et à Dimitri Pavlovitch qu'il ne leur a jamais réellement fourni du cyanure, mais un simple produit inoffensif. Ainsi, le célèbre récit horrifique de la nuit du 16 au 17 décembre 1916, donnant à Raspoutine un visage de Diable n'est certainement que pure invention. Cela n’empêche que le célèbre guérisseur connut une mort atroce voulue par la jalousie intense des hautes instances aristocrates.

Plusieurs personnes ayant eu vent de la nouvelle viennent puiser l’eau où Raspoutine a été trouvé mort : elles espèrent ainsi recueillir un peu de son pouvoir mystérieux.

À la demande de l'impératrice, Raspoutine est inhumé le 22 décembre 1916 (4 janvier 1917 dans le calendrier grégorien) dans une chapelle en construction, près du palais de Tsarskoïe Selo. Un monument commémoratif y sera élevé dans les années 1990.

Au soir du 22 mars, sur ordre du nouveau Gouvernement révolutionnaire provisoire, on exhume le corps de Raspoutine. Pour le faire disparaitre on ramène le corps et son cercueil à Saint-Pétersbourg et on l'incinère dans une chaudière de l'institut polytechnique puis ses cendres sont dispersées dans les forêts environnantes. Mais, selon la légende, seul le cercueil aurait brûlé, le corps de Raspoutine restant intact sous les flammes
Répondre - il y a 8 mois
Donias Raspoutine
Répondre - il y a 8 mois
Donias tombe de Raspoutine
Répondre - il y a 8 mois
Donias cadavre de Raspoutine
Répondre - il y a 8 mois
Donias Photographie du cadavre de Raspoutine montrant la trace de la balle tirée à bout touchant dans le front.
Répondre - il y a 8 mois

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