Biographie
Pascal Dequatremare, alias Tristam Nada, Tristan et Tristam Diquatrostagno, né le 3 août 1958 à Paris et mort le 4 août 2026, est un chanteur et peintre français. Tristam Nada est une figure marquante de la scène artistique alternative française des années 1980. Il s'est d'abord fait connaître comme peintre en cofondant le collectif pionnier Les Frères Ripoulin, lié au mouvement de la Figuration Libre. Le groupe s'est illustré en recouvrant les panneaux publicitaires du métro et des rues de Paris avec des affiches peintes, préfigurant l'essor du street art. Parallèlement, il a mené une carrière musicale sous le nom de Tristam Nada, marquant les esprits en 1988 avec le tube synth-pop "Bonne heure". Son œuvre globale se distingue par un mélange singulier d'esthétique urbaine, d'influences pop culturelles et d'un esprit d'indépendance créative.
Pascal Dequatremare, connu sous le nom d'artiste Tristam Nada puis simplement Tristam, naît le 27 juillet 1958 à Boulogne-Billancourt, en Hauts-de-Seine. Il grandit dans la banlieue parisienne au cours des années 1960 et 1970, une période marquée par de profondes mutations culturelles et sociales. Dès son adolescence, il manifeste une sensibilité artistique affirmée, rejetant les parcours académiques traditionnels pour se tourner vers les arts plastiques et la musique alternative. Attiré par l'émergence des mouvements underground, du punk et de la contre-culture, il commence à pratiquer le dessin, la peinture et la musique de manière autodidacte.
À la fin des années 1970, il adopte le pseudonyme de Tristam Nada. L'association de « Tristam », évocation romantique et mélancolique, avec « Nada », mot espagnol désignant le néant, reflète son esthétique teintée d'ironie, de nihilisme et d'énergie créative. Il s'immerge rapidement dans la scène underground parisienne, fréquentant les lieux alternatifs, les squats d'artistes et les salles de concert de la capitale. C'est dans ce contexte d'ébullition qu'il commence à développer une œuvre plastique singulière, caractérisée par des lignes vives, des couleurs saturées et un imaginaire urbain s'inspirant de la bande dessinée, de la publicité et de l'imagerie populaire.
En 1980, Tristam Nada cofonde le groupe d'artistes Les Frères Ripoulin aux côtés de figures majeures de la scène artistique émergente comme Pierre Huyghe, Nina Childress, Oxyd et Closky. Ce collectif s'inscrit pleinement dans le mouvement de la Figuration Libre, qui secoue le paysage artistique français des années 1980 en prônant un retour à la peinture figurative, sans hiérarchie entre le noble et le populaire. Les Frères Ripoulin se distinguent par une démarche d'intervention urbaine directe : ils recouvrent clandestinement les panneaux publicitaires du métro et des rues de Paris avec des affiches peintes à la main. Cette pratique, précurseure du street art et du graffiti contemporain, vaut au collectif une attention médiatique immédiate et une reconnaissance dans le milieu de l'art contemporain.
Parallèlement à ses activités plastiques, Tristam Nada développe une carrière musicale. Au début des années 1980, la scène pop et new wave française connaît un essor majeur, favorisé par la libéralisation des ondes radio. Tristam compose et interprète des chansons aux sonorités synth-pop et dancables, caractérisées par un phrasé décalé et des textes poétiques ou ironiques. En 1988, il rencontre un succès commercial d'envergure avec le single *Bonne heure*, édité par le label Polydor. Le morceau, porté par un refrain efficace et un clip au style visuel très marqué, passe en rotation régulière sur les radios nationales et la télévision, inscrivant Tristam Nada dans le paysage de la variété pop française de la fin des années 1980.
Après cette période d'exposition médiatique intense, Tristam Nada décide d'abréger son nom de scène pour devenir simplement Tristam. À l'aube des années 1990, alors que le collectif des Frères Ripoulin s'est dissous et que ses membres poursuivent des parcours individuels, Tristam choisit de recentrer l'essentiel de sa production sur la peinture. Il installe son atelier dans la région parisienne et commence à exposer son travail en galerie, tant en France qu'à l'étranger. Son style pictural évolue vers des composantes plus structurées, tout en conservant l'héritage de la Figuration Libre : une grande liberté dans l'usage de la couleur, une surcharge visuelle maîtrisée et une exploration constante de la pop culture et du quotidien urbain.
Au cours des années 1990 et 2000, Tristam explore de nouveaux supports et techniques. En plus des toiles de grand format, il réalise des peintures sur bois, des assemblages d'objets récupérés, des sérigraphies et des illustrations pour l'édition et la presse. Il collabore ponctuellement avec le monde de la mode, du design et du spectacle, apportant sa touche visuelle à des scénographies et des identités graphiques. Bien que plus rare dans les studios d'enregistrement, il continue d'écrire de la musique en indépendant, composant des bandes sonores pour ses propres expositions et participant à des projets musicaux confidentiels ou expérimentaux.
Durant la décennie 2010, l'intérêt institutionnel et marchand pour la Figuration Libre et les pionniers du street art français connaît une forte résurgence. Les œuvres de Tristam et du groupe Les Frères Ripoulin sont présentées dans plusieurs rétrospectives consacrées aux arts urbains et à la scène alternative des années 1980, notamment au Centre Pompidou et dans de grandes fondations d'art contemporain. Ces expositions remettent en lumière son rôle d'avant-garde dans la réappropriation artistique de l'espace public à Paris. Tristam continue de produire activement dans son atelier, maintenant une indépendance stricte vis-à-vis des tendances éphémères du marché de l'art.
Au début des années 2020, Tristam poursuit son travail d'atelier, alternant entre séries picturales récentes et rééditions d'œuvres historiques. Il reste une figure respectée de la scène artistique parisienne, associé à une époque de grande liberté de création et de décloisonnement entre les disciplines artistiques. Ses œuvres figurent dans plusieurs collections publiques et privées en Europe.
Tristam Nada est mort le mardi 4 août 2026, à l'âge de 68 ans, d'un cancer. Son décès suscite de nombreux hommages dans les milieux des arts plastiques, du street art et de la musique alternative, saluant la mémoire d'un pionnier de l'art urbain français et d'un esprit créatif indépendant.