Lalo Schifrin

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Lalo Schifrin
1932 - 2025
 

Compositeur étasuno-argentin de musique de films, célèbre pour avoir composé en 1966 le thème du générique de la série télévisée "Mission impossible" (1966), reconnaissable à sa signature rythmique novatrice à 5 temps, a révolutionné la musique de film hollywoodienne en y injectant du jazz moderne, du funk et des dissonances contemporaines au sein d'œuvres majeures comme "Bullitt" (1968) ou "L'Inspecteur Harry" (1971), a signé la partition culte du long métrage "Opération Dragon" (1973) expressément demandée par Bruce Lee pour son dynamisme rythmique. Son travail d'arrangeur a également marqué l'histoire du disque grâce aux gigantesques tournées mondiales des Trois Ténors au cours des années 1990. Au cours de sa carrière, le musicien argentin naturalisé étasunien a cumulé 4 Grammy Awards, 6 nominations aux Oscars ainsi qu'un Oscar d'honneur remis en 2018 pour l'ensemble de son œuvre.

Nationalité américaine Nationalité argentine Américain, argentin, né le 21 juin 1932 et mort le 26 juin 2025

93 ans Mort victime d'une pneumonie (maladie) à l'âge de 93 ans.

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Biographie

Boris Claudio Schifrin, dit Lalo Schifrin, né le 21 juin 1932 à Buenos Aires et mort le 26 juin 2025 à Los Angeles, est un pianiste, arrangeur, compositeur et chef d'orchestre américano-argentin. Lalo Schifrin est principalement célèbre pour avoir composé en 1966 le thème du générique de la série télévisée "Mission impossible" (1966), reconnaissable à sa signature rythmique novatrice à 5 temps. Il a révolutionné la musique de film hollywoodienne en y injectant du jazz moderne, du funk et des dissonances contemporaines au sein d'œuvres majeures comme "Bullitt" (1968) ou "L'Inspecteur Harry" (1971). Sur le plan des arts martiaux, il a signé la partition culte du long métrage "Opération Dragon" (1973), expressément demandée par Bruce Lee pour son dynamisme rythmique. Son travail d'arrangeur a également marqué l'histoire du disque grâce aux gigantesques tournées mondiales des Trois Ténors au cours des années 1990. Au cours de sa carrière, le musicien argentin naturalisé étasunien a cumulé 4 Grammy Awards, 6 nominations aux Oscars ainsi qu'un Oscar d'honneur remis en 2018 pour l'ensemble de son œuvre.

Boris Claudio Schifrin, dit Lalo Schifrin, naît le 21 juin 1932 à Buenos Aires, en Argentine, au sein d'une famille d'ascendance juive ashkénaze où la musique occupe une place centrale. Son père, Luis Schifrin, est un violoniste de renom qui officie pendant plus de 30 ans comme premier violon de l'orchestre du prestigieux Théâtre Colón. Élevé dans cet environnement artistique exigeant, le jeune garçon s'initie au piano dès l'âge de 6 ans sous la direction d'Enrique Barenboim, le père de Daniel Barenboim. Bien que cette formation initiale soit strictement dévolue au répertoire classique, Schifrin développe dès l'adolescence une fascination secrète pour des esthétiques considérées comme populaires ou transgressives par le milieu académique : le tango argentin d'une part, puis le jazz moderne étasunien, découvert à travers les disques importés et les émissions radiophoniques à ondes courtes.

Au début des années 1950, parallèlement à de brèves études de droit destinées à rassurer sa famille, il approfondit sa technique pianistique auprès de l'ancien directeur du Conservatoire de Kiev, Andreas Karalis, et étudie la composition avec Juan Carlos Paz, pionnier de la musique dodécaphonique en Argentine. Cette double orientation, conjuguant rigueur formelle européenne et liberté harmonique, détermine la suite de son cursus. En 1952, il remporte une bourse d'études qui lui ouvre les portes du Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris. Dans la capitale française, il suit notamment les cours d'analyse musicale d'Olivier Messiaen et étudie l'harmonie auprès de Charles Koechlin. La journée, l'étudiant absorbe les recherches avant-gardistes sur le timbre, le rythme et les modes à transpositions limitées ; la nuit, il gagne sa vie en tant que pianiste de jazz dans les caves de Saint-Germain-des-Prés, jouant au Club Saint-Germain et accompagnant des musiciens de passage.

Durant son séjour parisien, qui s'étend jusqu'en 1956, Schifrin élargit son horizon professionnel. Il intègre le circuit des studios d'enregistrement, gravant des disques de musique afro-cubaine et de mambo sous le label d'Eddie Barclay, tout en réalisant des arrangements pour la division française de RCA. Cette immersion dans la communauté des musiciens caribéens et latino-américains exilés en Europe modifie son approche du rythme, intégrant des polyrythmies complexes à son phrasé bebop.

À son retour à Buenos Aires en 1956, il fonde un grand orchestre de jazz de 16 musiciens qui se produit régulièrement à la radio et à la télévision argentine. La formation compte dans ses rangs le jeune saxophoniste ténor Gato Barbieri. Parallèlement, Schifrin fait ses premières armes pour l'image en signant les partitions des longs métrages "El jefe" (1958) de Fernando Ayala et "Venga a bailar el rock" (1957). C'est lors d'une tournée en Amérique du Sud en 1956 que le trompettiste étasunien Dizzy Gillespie l'entend jouer dans un club de jazz local. Impressionné par la virtuosité et la modernité conceptuelle du pianiste, Gillespie l'invite à s'installer aux États-Unis pour travailler avec lui. Les contraintes administratives d'obtention de visa et les règlements corporatistes du syndicat des musiciens de New York retardent ce projet de près de deux ans.

Schifrin débarque finalement à New York en septembre 1958. En attendant l'autorisation syndicale pour intégrer officiellement le groupe de Gillespie, il travaille comme pianiste et arrangeur pour la formation de musique tropicale de Xavier Cugat. En 1960, il rejoint à plein temps le quintette de Dizzy Gillespie. Cette association propulse le musicien argentin sur la scène internationale. Schifrin compose pour le trompettiste l'ambitieuse suite orchestrale "Gillespiana" (1960), qui fusionne l'écriture contrapuntique classique, les cuivres rutilants du jazz et les percussions afro-cubaines. L'album rencontre un immense succès critique et commercial, suivi de la pièce symphonique "The New Continent" (1962). Durant ces années nomades, il enregistre également sous son propre nom plusieurs albums consacrés à la bossa nova naissante, contribuant significativement à populariser ce genre brésilien auprès du public étasunien avec des disques comme "Bossa Nova: New Brazilian Jazz" (1962).

Épuisé par le rythme incessant des tournées, Schifrin quitte le quintette de Gillespie à la fin de 1962 pour s'établir comme arrangeur indépendant à New York. Grâce au producteur Clarence Avant, il signe un contrat avec le label Verve Records, filiale du studio hollywoodien Metro-Goldwyn-Mayer. Il y concocte des arrangements sophistiqués pour des figures majeures de l'époque telles que Stan Getz, Count Basie, Sarah Vaughan, Jimmy Smith ou Cal Tjader. Remarqué par les dirigeants de la MGM pour son sens du groove et sa maîtrise des grands ensembles, il se voit confier la bande originale d'une production modeste, "Sur la piste du rhino blanc" (1964). Ce travail d'essai incite Schifrin à déménager définitivement sur la côte ouest, au cœur de l'industrie cinématographique de Los Angeles, à la fin de 1963.

L'année 1964 marque un tournant décisif dans son parcours hollywoodien. Grâce à sa parfaite maîtrise de la langue française, il est choisi par le réalisateur René Clément pour composer la partition du thriller "Les Félins" (1964), réunissant Alain Delon et Jane Fonda. Cette partition, qui imbrique un orchestre symphonique traditionnel, un trio jazz et des dissonances harmoniques modernes, pose les bases stylistiques de tout son travail futur pour l'écran : une tension dramatique constante soutenue par une écriture contrapuntique et des rythmes syncopés.

La consécration populaire intervient en 1966 avec la télévision. Le producteur Bruce Geller, développant une nouvelle série d'espionnage pour le réseau CBS, fait appel à Schifrin pour concevoir l'univers sonore de "Mission impossible" (1966). Pour le générique d'ouverture, Schifrin invente un motif en mesure à 5/4 (cinq temps par mesure), une métrique asymétrique alors impensable pour un programme grand public destiné aux heures de grande écoute. Le compositeur expliquera plus tard que ce rythme saccadé traduisait en morse les initiales de la série (deux tirets, deux points). L'indicatif devient un phénomène planétaire, décroche deux Grammy Awards en 1968 et s'impose comme l'une des compositions les plus reconnaissables de l'histoire des médias. L'année suivante, Geller lui confie la musique de la série policière "Mannix" (1967), pour laquelle Schifrin applique un autre tour de force formel en écrivant un générique bâti sur une valse jazz à 3/4.

Tout au long de la seconde moitié des années 1960, Schifrin redéfinit l'esthétique musicale du cinéma hollywoodien, rompant avec le post-romantisme hérité de l'Europe centrale qui dominait l'âge d'or des studios. En 1967, il signe la bande originale du drame carcéral "Luke la main froide" (1967) de Stuart Rosenberg, intégrant des banjos, du bluegrass et une guitare acoustique à un écrin symphonique, ce qui lui vaut sa première nomination à l'Oscar de la meilleure musique originale. En 1968, il collabore avec Peter Yates sur le polar urbain "Bullitt" (1968), interprété par Steve McQueen. Pour ce film, Schifrin injecte du jazz-funk brut, dominé par des cuivres incisifs, des flûtes véloces et des lignes de basse électriques grondantes. Faisant preuve d'un sens dramaturgique rare, il persuade le réalisateur de couper toute musique durant la célèbre course-poursuite de dix minutes dans les rues de San Francisco, laissant les bruits de moteur et les crissements de pneus agir seuls pour maximiser l'impact sonore.

La décennie 1970 consolide son statut de maître incontesté du polar urbain, du film noir contemporain et de la musique d'action. En 1971, il entame une collaboration historique avec Don Siegel et Clint Eastwood en composant la musique de "L'Inspecteur Harry" (1971). Sa partition expérimentale mélange des chœurs féminins spectraux évoquant la folie du tueur Scorpio, des guitares fuzz psychédéliques, des percussions métalliques et des suspensions atonales. Schifrin mettra en musique 4 des 5 volets de la saga cinématographique de l'inspecteur Harry Callahan : après le premier opus, il enchaîne avec "Magnum Force" (1973), "Le Retour de l'inspecteur Harry" (1983) et "La Dernière Cible" (1988), seul le 3e volet ayant été confié à Jerry Fielding. Toujours en 1971, il travaille sur le drame "Les Proies" (1971) et le film dystopique "THX 1138" (1971), premier long métrage de George Lucas, pour lequel il conçoit une ambiance acoustique et électronique désolée.

En 1973, une autre collaboration légendaire voit le jour lorsqu'il est sollicité par Bruce Lee pour orchestrer le film d'arts martiaux "Opération Dragon" (1973). Lee, qui s'entraînait quotidiennement en écoutant les compositions énergiques de "Mission impossible", souhaitait expressément que Schifrin transcrive musicalement la vitesse et l'impact de ses mouvements d'arts martiaux. La bande-son qui en résulte, mariant funk électrique, percussions traditionnelles asiatiques et cris d'attaque, devient un jalon fondateur largement échantillonné par les générations ultérieures de producteurs de hip-hop. La même année, Schifrin compose la partition originale intégrale du film d'horreur "L'Exorciste" (1973) de William Friedkin. Jugée d'une noirceur insoutenable et traumatisante par le réalisateur et les producteurs lors des projections tests du matériel promotionnel, cette partition atonale et avant-gardiste est purement et simplement rejetée par le cinéaste dans une crise de colère célèbre à Hollywood, avant d'être remplacée par des œuvres de musique contemporaine préexistantes.

Au cours de ces mêmes années 1970, Schifrin reste omniprésent sur le petit écran étasunien. Il signe notamment les thèmes et les partitions récurrentes de séries emblématiques comme "Starsky et Hutch" (1975) ou "La Planète des singes" (1974). Il continue en parallèle d'alimenter les salles obscures avec une cadence prolifique, composant pour le thriller politique "Téléphone" (1977), le film catastrophe "Le Toboggan de la mort" (1977) ou encore le film d'horreur à succès "Amityville, la maison du diable" (1979), qui lui rapporte une nouvelle nomination aux Oscars grâce à l'utilisation glaçante d'une comptine enfantine déformée. Durant cette période, il publie également des albums studio personnels axés sur le jazz fusion et le disco orchestral, à l'instar de "Black Widow" (1976), qui confirme sa capacité à épouser les modes tout en conservant une virtuosité orchestrale hors norme.

Au tournant des années 1980, Schifrin commence à réorienter progressivement son énergie vers la musique de concert et la direction symphonique, lassé de la standardisation croissante des productions hollywoodiennes. Il accepte néanmoins des projets marquants au cinéma, tels que le film d'action "Le Commando de Sa Majesté" (1980), le film policier "L'Arme au poing" (1981), la comédie d'action "L'As des as" (1982) de Gérard Oury avec Jean-Paul Belmondo en France, ou le film d'aventures "Osterman week-end" (1983) de Sam Peckinpah.

Entre 1989 et 1995, il occupe les fonctions de directeur musical du Glendale Symphony Orchestra en Californie. Il se consacre intensivement à l'écriture de pièces pour la scène classique, signant plus de 60 œuvres concertantes majeures. Parmi celles-ci figurent son Concerto pour contrebasse et orchestre, son Double Concerto pour clarinette et flûte, deux Concertos pour piano, ainsi que la vaste cantate "Cantos Aztecas" (1988). Cette composition ethnomusicologique ambitieuse, chantée en nahuatl par le ténor Plácido Domingo, est créée et enregistrée en plein air devant la pyramide de la Lune sur le site archéologique de Teotihuacan, au Mexique.

Durant les années 1990, Schifrin accède à une visibilité internationale sur un terrain inattendu en devenant l'arrangeur orchestral principal des concerts des Trois Ténors, réunissant Luciano Pavarotti, Plácido Domingo et José Carreras. Sous sa baguette et par ses orchestrations raffinées adaptant des répertoires populaires, d'opéra et de musiques traditionnelles mondiales, les représentations données lors des Coupes du monde de football à Rome en 1990, à Los Angeles en 1994 et à Paris en 1998 pulvérisent les records de ventes de l'histoire de la musique classique enregistrée. Schifrin reconnaîtra avec lucidité que ces travaux de commande pour les Trois Ténors se révélèrent les engagements les plus lucratifs de l'ensemble de sa carrière professionnelle.

Parallèlement, désireux de faire dialoguer ses deux univers de prédilection sans hiérarchie stylistique, il lance en 1993 une série d'enregistrements novatrice intitulée "Jazz Meets the Symphony". Accompagné de figures du jazz contemporain comme Ray Brown ou James Morrison et soutenu par de grands orchestres classiques tels que le London Philharmonic Orchestra, Schifrin publie sept volumes de cette collection tout au long des décennies 1990 et 2000, réorchestrant des standards bebop et des thèmes de films dans une structure symphonique sophistiquée.

Le cinéma hollywoodien contemporain continue de faire appel à son savoir-faire d'artisan de l'action. En 1998, le réalisateur Brett Ratner lui confie la musique de la comédie policière "Rush Hour" (1998), portée par le duo Jackie Chan et Chris Tucker. Schifrin renoue avec un cocktail percutant mêlant groove urbain, mélodies orientales et cuivres explosifs. Le triomphe commercial du film l'amène à composer les bandes originales de ses deux suites, "Rush Hour 2" (2001) et "Rush Hour 3" (2007). En 2004, il livre également la partition du thriller d'espionnage "Coup d'éclat" (2004). Pour préserver son indépendance créative et rééditer ses œuvres historiques sous leur forme intégrale, il fonde par ailleurs son propre label discographique, Aleph Records, dès la fin des années 1990.

Les années 2010 et 2020 sont celles des honneurs institutionnels et de la patrimonialisation de son œuvre gigantesque, riche de plus de 250 compositions répertoriées. Tout au long de son existence, Schifrin totalise 6 nominations aux Oscars (notamment pour "Luke la main froide", "The Fox", "Voyage of the Damned", "Amityville, la maison du diable" et "The Sting II"), 21 nominations aux Grammy Awards (remportant 4 trophées) et une étoile inaugurée sur le Hollywood Walk of Fame. En novembre 2018, l'Academy of Motion Picture Arts and Sciences lui décerne un Oscar d'honneur pour l'ensemble de sa carrière, saluant un créateur qui a profondément modernisé le langage musical du septième art. En France, il est fait Commandeur de l'Ordre des Arts et des Lettres en 2016. Malgré l'avancement en âge, il continue de répondre à des commandes savantes spécifiques, concevant par exemple en 2018 un concerto pour mandoline et orchestre destiné au soliste Vincent Beer-Demander.

Boris Claudio Schifrin est mort le jeudi 26 juin 2025, à l'âge de 93 ans, d'une pneumonie, à Los Angeles (USA, en Californie).

Source : fr.wikipedia.org  

Tombe

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Fiche d'identité

Identité

Domaines d'activité

Noms

  • Nom usuel : Lalo Schifrin
  • Vrai nom : Boris Schifrin
  • Prénom : Boris
  • Prénom (2) : Claudio
  • Noms dans d'autres langues : --
  • Homonymes : 0 (aucun)
  • Nom de famille : Schifrin
  • Pseudonyme : Lalo Schifrin
  • Surnom : --
  • Erreurs d'écriture : --

Naissance

  • Date de naissance : 21 juin 1932
  • Lieu de naissance : --
  • Signe astrologique du zodiaque : --
  • Signe astrologique chinois : --

Décès

  • Âge de mort : 93 ans
  • Cause de mort : Pneumonie (Infection pulmonaire)

Obsèques

  • Date des obsèques : --
  • Lieu de sépulture : --
  • Type de funérailles : --

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