Patricio Guzmán

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Patricio Guzmán
1941 - 2026
 

Cinéaste chilien, célèbre our avoir immortalisé l'histoire contemporaine du Chili. Sa fresque monumentale en 3 parties, "La batalla de Chile" (1975-1979), constitue le document d'archive de référence sur la chute du gouvernement de Salvador Allende et le coup d'État militaire de 1973. Tout au long de son exil en Europe, son œuvre s'est imposée comme un combat ininterrompu contre l'amnésie collective et l'impunité des crimes de la dictature d'Augusto Pinochet, notamment à travers "Chile, la memoria obstinada" (1997) et "El caso Pinochet" (2001). Sa trilogie géographique tardive, composée de "Nostalgia de la luz" (2010), "El botón de nácar" (2015) et "La cordillera de los sueños" (2019), est célébrée pour sa fusion inédite entre la poésie cosmique, la géographie naturelle et la mémoire politique des disparus. Récompensé dans les plus grands festivals internationaux, notamment à Cannes et à la Berlinale, il demeure une figure majeure de la transmission mémorielle et de l'éthique documentaire en Amérique latine.

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Biographie

Patricio Guzmán Lozanes, né le 11 août 1941 à Santiago du Chili et mort le 15 septembre 2026 à Paris, est un cinéaste chilien. Patricio Guzmán est universellement reconnu comme l'un des maîtres du cinéma documentaire mondial pour avoir immortalisé l'histoire contemporaine du Chili. Sa fresque monumentale en 3 parties, "La batalla de Chile" (1975-1979), constitue le document d'archive de référence sur la chute du gouvernement de Salvador Allende et le coup d'État militaire de 1973. Tout au long de son exil en Europe, son œuvre s'est imposée comme un combat ininterrompu contre l'amnésie collective et l'impunité des crimes de la dictature d'Augusto Pinochet, notamment à travers "Chile, la memoria obstinada" (1997) et "El caso Pinochet" (2001). Sa trilogie géographique tardive, composée de "Nostalgia de la luz" (2010), "El botón de nácar" (2015) et "La cordillera de los sueños" (2019), est célébrée pour sa fusion inédite entre la poésie cosmique, la géographie naturelle et la mémoire politique des disparus. Récompensé dans les plus grands festivals internationaux, notamment à Cannes et à la Berlinale, il demeure une figure majeure de la transmission mémorielle et de l'éthique documentaire en Amérique latine.

Patricio Guzmán Lozanes naît le 11 août 1941 à Santiago du Chili. Dès sa jeunesse, il développe un intérêt marqué pour la littérature, le théâtre et les arts visuels. Au début des années 1960, il s'oriente vers le cinéma et commence sa formation à l'Institut d'études théâtrales de l'Université du Chili. Face au manque de structures professionnelles d'enseignement cinématographique dans son pays, il décide de partir pour l'Europe à la fin de la décennie.

Entre 1966 et 1969, il étudie à l'École officielle des arts cinématographiques de Madrid, en Espagne. Il y obtient son diplôme de réalisateur en se confrontant aux méthodes du cinéma narratif et documentaire européen. Cette formation espagnole consolide sa maîtrise technique de la caméra et du montage. Durant cette période, il réalise plusieurs courts-métrages d'exercice, dont le court-métrage de fin d'études "Electroshow" (1969).

À la fin de l'année 1969, Patricio Guzmán rentre au Chili, alors en pleine effervescence politique à la veille de l'élection présidentielle de 1970. Le 4 septembre 1970, Salvador Allende est élu président de la République à la tête de la coalition de l'Unité populaire. Guzmán s'engage activement dans le mouvement culturel qui accompagne cette transformation sociopolitique. Il rejoint l'équipe de production cinématographique nationale et filme les premières réformes économiques et agraires du nouveau gouvernement.

Son premier long-métrage documentaire, "El primer año" (1971), retrace les 12 premiers mois de la présidence d'Allende. Le film capte l'enthousiasme populaire, la nationalisation des mines de cuivre et les tensions naissantes au sein de la société chilienne. L'œuvre est projetée au Chili puis attire l'attention du cinéaste français Chris Marker lors de son passage en Amérique du Sud. Impressionné par le film, Chris Marker en assure la distribution en France en 1972 et contribue à faire connaître le jeune réalisateur sur la scène internationale.

Face à la dégradation rapide de la situation politique chilienne et aux blocages économiques de 1972, Guzmán comprend la nécessité de documenter en temps réel le conflit politique qui menace d'anéantir le gouvernement démocratique. En raison des pénuries de matériel, il sollicite l'aide de Chris Marker, qui lui fait parvenir depuis la France des bobines de pellicule noir et blanc en format 16 millimètres ainsi que du matériel d'enregistrement sonore.

Début 1973, Guzmán constitue une petite équipe de tournage composée du cadreur Jorge Müller Silva, de l'ingénieur du son Bernardo Menz, de l'assistant de production Federico Elton et du monteur Pedro Chaskel. Entre mars et septembre 1973, l'équipe filme les manifestations de rue, les grèves patronales, les débats au Congrès, les occupations d'usines par les ouvriers et les tentatives de déstabilisation institutionnelle. Le cadreur Jorge Müller filme notamment le 29 juin 1973 le "Tanquetazo", une tentative avortée de coup d'État militaire au cours de laquelle le caméraman argentin Leonardo Henrichsen est abattu alors qu'il filme ses propres assassins.

Le 11 septembre 1973, les forces armées dirigées par le général Augusto Pinochet bombardent le palais de La Moneda et renversent le président Salvador Allende, qui se suicide. Quelques jours plus tard, Patricio Guzmán est arrêté par les militaires. Il est détenu pendant 15 jours au Stade national de Santiago, transformé en camp de prisonniers politiques où se déroulent tortures et exécutions sommaires. Grâce à des pressions diplomatiques et à l'absence de charges formelles retenues contre lui, il est finalement libéré.

Conscient du danger de mort permanent, Guzmán organise la dissimulation et l'exfiltration des négatifs tournés pendant les 9 mois précédant le coup d'État. Avec l'aide d'amis et de diplomates, notamment l'ambassade de Suède, des milliers de mètres de pellicule sont évacués clandestinement hors du pays par voie maritime. Guzmán quitte le Chili en novembre 1973 pour trouver refuge en Europe, d'abord en Espagne puis en France. Son chef opérateur Jorge Müller Silva et sa compagne Carmen Bueno sont arrêtés par la police secrète de la dictature, la DINA, en novembre 1974 ; ils rejoignent la liste des disparus de la dictature et ne réapparaîtront jamais.

Installé à Madrid puis à La Havane, Guzmán passe plusieurs années à trier, classer et monter cette masse d'images historiques avec le soutien de l'Institut cubain de l'art et de l'industrie cinématographiques. Ce travail donne naissance à "La batalla de Chile" (1975-1979), une fresque monumentale en 3 parties d'une durée totale de plus de 4 heures et 30 minutes.

La 1re partie, "La insurrección de la burguesía" (1975), analyse les mécanismes de contestation économique et politique menés par les classes dirigeantes chiliennes pour déstabiliser Allende. La 2e partie, "El golpe de estado" (1976), documente l'escalade des violences, les blocages institutionnels et le dénouement militaire de septembre 1973. La 3e partie, "El poder popular" (1979), met en lumière l'organisation autonome des travailleurs, des comités d'approvisionnement et des syndicats pour maintenir l'activité économique face aux grèves patronales. "La batalla de Chile" devient rapidement une référence absolue du cinéma documentaire mondial, reconnue pour son analyse politique rigoureuse et son statut d'archive brute.

Dans les années 1980, contraint à l'exil entre la France, l'Espagne et Cuba, Guzmán poursuit sa carrière de documentariste tout en diversifiant ses sujets, sans jamais abandonner la thématique latino-américaine. En 1983, il réalise "La rosa de los vientos" (1983), une fiction allégorique sélectionnée au Festival de Moscou qui explore l'identité culturelle et les mythes de l'Amérique précolombienne. En 1987, il signe "En nombre de Dios" (1987), un documentaire centré sur le rôle de la commission de solidarité de l'Église catholique chilienne, la "Vicaría de la Solidaridad", qui a défendu les droits humains et porté secours aux victimes de la répression sous Pinochet.

En 1988, après 15 ans d'exil forcé, Guzmán est autorisé à retourner temporairement au Chili pour filmer la campagne du plébiscite national d'octobre 1988, au cours duquel les Chiliens rejettent le maintien au pouvoir de Pinochet. Ce tournage aboutit au documentaire "La cruz del sur" (1991), vaste fresque sur la religiosité populaire, le syncrétisme et les croyances traditionnelles indigènes à travers le continent sud-américain.

Au début des années 1990, Guzmán s'installe définitivement à Paris. Il alterne la réalisation avec l'enseignement du documentaire dans plusieurs institutions en France, en Espagne et en Suisse. En 1997, il fonde le Festival international du documentaire de Santiago (FIDOCS), dont il devient le directeur honoraire, avec l'objectif de réintroduire la culture documentaire et le cinéma du réel au Chili après 17 années d'effacement mémoriel sous le régime militaire.

Cette même année, il réalise "Chile, la memoria obstinada" (1997). Dans ce film charnière, Guzmán retourne à Santiago muni d'une copie de "La batalla de Chile" (1975). Il projette pour la 1re fois les images du coup d'État à de jeunes étudiants qui ignorent une grande partie de l'histoire de leur pays en raison de la censure et du silence officiel de la transition démocratique. Il retrouve également d'anciens protagonistes du tournage de 1973, confrontant les mémoires blessées et constatant l'amnésie collective qui frappe la société chilienne de l'après-dictature.

En octobre 1998, Augusto Pinochet est arrêté à Londres à la suite d'un mandat international émis par le juge espagnol Baltasar Garzón. Guzmán suit de près les rebondissements judiciaires et politiques liés à cette détention. Il tourne à Madrid, à Londres et au Chili pour produire "El caso Pinochet" (2001). Ce long-métrage détaille le processus judiciaire international, donne longuement la parole aux survivants des centres de détention et met en lumière le travail des magistrats et avocats engagés contre l'impunité des crimes contre l'humanité.

En 2004, Guzmán consacre un film biographique au président défunt avec "Salvador Allende" (2004). Présenté hors compétition au Festival de Cannes, ce documentaire personnel mêle souvenirs d'adolescence, témoignages de proches et documents d'époque pour dresser le portrait d'un dirigeant réformateur, tout en dressant un bilan critique de ses choix politiques.

À partir de 2010, Patricio Guzmán entre dans une nouvelle phase de création cinématographique caractérisée par une alliance novatrice entre la rigueur de l'enquête politique et une approche poétique, cosmique et géographique du territoire chilien. Cette démarche prend la forme d'une trilogie saluée par la critique internationale.

Le 1er volet de cette trilogie, "Nostalgia de la luz" (2010), est tourné dans le désert d'Atacama, situé à 3 000 mètres d'altitude dans le nord du Chili. Le film met en parallèle deux quêtes du passé qui se déroulent sur le même sol : d'un côté, les astronomes étudient les origines de l'univers grâce aux télescopes les plus puissants du monde installés sous un ciel d'une clarté absolue ; de l'autre, des femmes âgées fouillent inlassablement le sol désertique aride à la recherche des ossements de leurs proches assassinés et jetés dans des fosses communes clandestines sous la dictature, près du camp de concentration de Chacabuco. Le film reçoit de multiples récompenses, dont le prix du meilleur documentaire de l'Académie européenne du cinéma en 2010.

Le 2e volet, "El botón de nácar" (2015), explore le sud chilien, ses fjords, ses îles et son immense façade maritime. Guzmán y analyse le rôle de l'eau comme réceptacle de la mémoire. Le récit relie l'extermination physique et culturelle des peuples autochtones de Patagonie (Kawésqar, Yagan, Selk'nam) par les colons au 19e et 20e siècles avec les crimes de la dictature militaire, qui a fait jeter les corps de centaines d'opposants politiques au fond de l'océan Pacifique, lestés avec des rails de chemin de fer. Le film est récompensé par l'Ours d'argent du meilleur scénario à la 65e Berlinale en 2015.

En 2019, Guzmán achève cette trilogie avec "La cordillera de los sueños" (2019). Cette fois, il interroge la cordillère des Andes, qui longe le Chili sur des milliers de kilomètres et constitue une frontière physique et mentale isolant le pays du reste du continent. À travers la roche et les reliefs andins, le réalisateur convoque ses propres souvenirs d'enfance et questionne les transformations sociales d'un Chili dominé par un modèle économique néolibéral hérité des décrets de la dictature. Le film est récompensé par l'Œil d'or du meilleur documentaire au Festival de Cannes 2019.

À l'automne 2019, alors que "La cordillera de los sueños" (2019) est en tournée internationale, un soulèvement social massif éclate au Chili, connu sous le nom d'"Estallido social". Des millions de citoyens descendent dans les rues de Santiago pour réclamer l'égalité sociale, une réforme de l'éducation, la santé publique et le remplacement de la Constitution de 1980 imposée sous Pinochet. Âgé de près de 80 ans, Guzmán retourne immédiatement au Chili pour capter l'énergie de cette mobilisation populaire.

De ce tournage naît "Mi país imaginario" (2022). Le cinéaste y documente les barricades, les assemblées citoyennes et la création de l'Assemblée constituante, en accordant une place prépondérante aux voix des femmes féministes et des manifestants de la jeune génération. Le film trace une continuité explicite entre les espoirs brisés de l'Unité populaire de 1970-1973 et les aspirations collectives contemporaines de son pays natal.

Au cours des années suivantes, Patricio Guzmán espace ses tournages et se consacre principalement à la sauvegarde, à la numérisation et à la diffusion de ses archives filmiques. Son œuvre, forte de plus de 20 longs et moyens-métrages, est étudiée dans les universités et les écoles de cinéma du monde entier comme un modèle d'engagement politique, d'éthique du regard et d'architecture narrative documentaire.

Patricio Guzmán est mort le mardi 15 septembre 2026, à l'âge de 85 ans, d'un arrêt cardiorespiratoire, dans un hôpital à Paris (France).

Source : fr.wikipedia.org  

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Fiche d'identité

Identité

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Noms

  • Nom usuel : Patricio Guzmán
  • Vrai nom : Patricio Guzmán
  • Prénom : Patricio
  • Noms dans d'autres langues : --
  • Homonymes : 0 (aucun)
  • Nom de famille : Guzmán Lozanes
  • Pseudonyme : --
  • Surnom : --
  • Erreurs d'écriture : --

Naissance

  • Signe astrologique du zodiaque : --
  • Signe astrologique chinois : --

Décès

  • Âge de mort : 85 ans
  • Cause de mort : --

Obsèques

  • Date des obsèques : --
  • Lieu de sépulture : --
  • Type de funérailles : --

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