Yvette Roudy

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Yvette Roudy
1929 - 2026
 

Politicienne française, célèbre pour avoir été la première titulaire d'un ministère de plein exercice consacré aux Droits de la femme sous la présidence de François Mitterrand entre 1981 et 1986., a fait voter la loi du 31 décembre 1982 qui a instauré le remboursement de l'interruption volontaire de grossesse par la Sécurité sociale, à l'origine de la loi du 13 juillet 1983 sur l'égalité professionnelle entre les femmes et les hommes (qui a imposé des bilans comparés en entreprise), a officialisé en France la célébration de la Journée internationale des droits des femmes le 8 mars 1982 et a lancé la féminisation des noms de métiers et pionnière du combat pour la parité politique dans les années 1990 (elle a notamment été l'initiatrice du manifeste des 10 en 1996, qui a ouvert la voie à la révision constitutionnelle de 1999).

Nationalité française Française, née le 10 avril 1929 et morte le 18 août 2026

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Biographie

Yvette Roudy, née le 10 avril 1929 à Pessac (Gironde) et morte le 18 août 2026 à Cabestany (Pyrénées-Orientales), est une femme politique française ayant notamment soutenu la cause féministe. Yvette Roudy est principalement célèbre pour avoir été la première titulaire d'un ministère de plein exercice consacré aux Droits de la femme sous la présidence de François Mitterrand, entre 1981 et 1986. Elle a fait voter la loi du 31 décembre 1982 qui a instauré le remboursement de l'interruption volontaire de grossesse par la Sécurité sociale. Elle est à l'origine de la loi du 13 juillet 1983 sur l'égalité professionnelle entre les femmes et les hommes, qui a imposé des bilans comparés en entreprise. Elle a officialisé en France la célébration de la Journée internationale des droits des femmes le 8 mars 1982 et a lancé la féminisation des noms de métiers. Pionnière du combat pour la parité politique dans les années 1990, elle a notamment été l'initiatrice du manifeste des 10 en 1996, qui a ouvert la voie à la révision constitutionnelle de 1999.

Yvette Saldou naît le 10 avril 1929 à Pessac, en Gironde, au sein d'une famille ouvrière modeste. Son père, ouvrier métallurgiste blessé durant la Première Guerre mondiale, travaille pour la municipalité de Pessac, tandis que sa mère décède prématurément alors qu'Yvette n'a que 12 ans. Cette disparition précoce marque profondément son enfance et l'oblige à se confronter très tôt aux difficultés matérielles. Contrainte d'interrompre ses études après l'obtention du certificat d'études primaires, elle entre dans la vie active dès l'âge de 17 ans comme dactylographe dans une conserverie de poissons à Bordeaux. Déterminée à s'émanciper de sa condition sociale par le savoir, elle suit en parallèle des cours du soir pour perfectionner son instruction générale et acquérir la maîtrise de la langue anglaise.

En 1951, elle épouse Pierre Roudy, enseignant, écrivain et futur inspecteur général de l'Éducation nationale passionné par l'art dramatique. Le couple part s'installer en Écosse durant 3 ans pour des raisons professionnelles. Ce séjour à l'étranger permet à la jeune femme de perfectionner son bilinguisme et de découvrir une société anglo-saxonne où les débats intellectuels et féministes bénéficient d'une visibilité différente de celle de la France de l'époque. De retour sur le territoire national en 1955, elle réussit son baccalauréat en candidate libre, concrétisant ainsi une première étape importante de sa promotion républicaine et intellectuelle.

Établie à Paris avec son mari, elle travaille comme traductrice et journaliste indépendante. Elle fait alors la rencontre déterminante de Colette Audry, romancière, résistante et militante de la gauche intellectuelle proche de Pierre Mendès France. Sous l'impulsion de cette dernière, elle intègre en 1962 le Mouvement démocratique féminin, fondé notamment avec Marie-Thérèse Eyquem. Cette structure cherche à articuler la lutte des classes et la cause des femmes, affirmant que l'émancipation féminine est une condition sine qua non de la transformation sociale globale. Yvette Roudy devient rapidement l'une des figures motrices du groupe et prend en 1965 la direction de la revue "La Femme du XXe siècle" (1965).

En 1963, à l'instigation de Colette Audry, elle signe la traduction française d'un texte fondamental du féminisme étasunien : "La Femme mystifiée" (1963) de Betty Friedan, publié aux éditions Denoël sous le titre original "The Feminine Mystique". Cette lecture et ce travail de restitution linguistique constituent un véritable choc intellectuel et politique. L'ouvrage met en lumière le désarroi existentiel et l'aliénation domestique des femmes confinées au foyer dans la société bourgeoise de l'après-guerre. Yvette Roudy trouve dans ces concepts les clés théoriques pour analyser la situation des Françaises et structurer ses propres revendications.

Dès 1965, convaincue que l'action associative doit se prolonger dans l'arène électorale pour infléchir les politiques publiques, elle s'engage en faveur de la candidature de François Mitterrand à l'élection présidentielle. Avec le Mouvement démocratique féminin, elle parvient à convaincre le candidat de la gauche unie d'intégrer à son programme politique la liberté de la contraception et l'abrogation de la législation répressive de 1920. Elle rejoint la Convention des institutions républicaines fondée par François Mitterrand et s'implique dans les campagnes des élections législatives de 1967 à Meaux, puis de 1968 dans la 31e circonscription de la Seine, sans remporter ces scrutins mais en affirmant sa présence sur la scène politique.

Au début des années 1970, le combat féministe s'intensifie en France, notamment autour des questions relatives au contrôle du corps et à la maternité. Le 5 avril 1971, elle figure parmi les signataires du célèbre manifeste des 343, paru dans Le Nouvel Observateur, où des femmes déclarent publiquement avoir bravé l'interdit pénal en recourant à l'avortement. Deux mois plus tard, en juin 1971, elle participe activement au congrès d'Épinay au cours duquel la Convention des institutions républicaines fusionne avec d'autres courants de gauche pour refonder le Parti socialiste sous la direction de François Mitterrand. Elle adhère immédiatement à la formation et s'emploie à y faire entendre les revendications féministes, souvent reléguées au second plan par la direction masculine.

Elle publie en 1973 son premier essai politique, "La Femme en marge" (1973), dans lequel elle dénonce les inégalités structurelles de traitement, la précarité économique subie par les salariées et l'hypocrisie de la répartition des tâches ménagères. En 1977, elle est désignée secrétaire nationale du Parti socialiste chargée de l'action féminine. Elle milite avec persévérance pour l'introduction d'un quota de femmes au sein des instances dirigeantes du parti, obtenant un seuil minimal de 15 pour cent, puis de 20 pour cent, malgré les fortes réticences internes. En 1979, elle prend la présidence de la commission nationale des droits de la femme du Parti socialiste.

Cette même année 1979 marque l'organisation des premières élections du Parlement européen au suffrage universel direct. Placée en position éligible sur la liste socialiste menée par François Mitterrand, elle est élue députée européenne le 10 juin 1979. Siégeant à Strasbourg, elle s'investit immédiatement dans les commissions parlementaires dédiées à l'emploi et aux affaires sociales, tout en contribuant à la création de la commission ad hoc sur les droits de la femme, dont elle défend activement les compétences législatives face aux institutions communautaires.

L'élection de François Mitterrand à la présidence de la République le 10 mai 1981 ouvre une étape majeure dans sa carrière. Le 21 mai 1981, elle est nommée ministre déléguée auprès du Premier ministre Pierre Mauroy, chargée des Droits de la femme. C'est la première fois dans l'histoire de la République française qu'un ministère de plein exercice, doté de crédits budgétaires spécifiques et de déléguées régionales réparties sur le territoire, est consacré exclusivement à ces thématiques. Elle s'entoure d'un cabinet militant composé de figures associatives issues du Mouvement français pour le planning familial et des luttes syndicales, à l'image de Simone Iff et Jeannette Laot.

Dès l'été 1981, le ministère met en place des campagnes nationales d'information sur la contraception et institue un numéro d'appel gratuit. Le 8 mars 1982, le gouvernement officialise la Journée internationale des droits des femmes, célébrée par une réception à l'Élysée et la diffusion d'affiches institutionnelles. L'un de ses premiers grands chantiers législatifs aboutit le 31 décembre 1982 avec la promulgation de la loi portant sur le remboursement de l'interruption volontaire de grossesse par la Sécurité sociale, concrétisant une revendication formulée par les mouvements féministes depuis l'adoption de la loi Veil de 1975.

Poursuivant son action réformatrice, elle élabore la loi relative à l'égalité professionnelle entre les femmes et les hommes, promulguée le 13 juillet 1983 et couramment désignée comme la loi Roudy. Ce texte impose aux entreprises de plus de 50 salariés la réalisation d'un rapport annuel de situation comparée et encourage les plans d'égalité professionnelle correctifs. En revanche, sa tentative d'interdire les représentations sexistes dans la publicité et les médias via un projet de loi anti-sexisme déposé la même année se heurte à une violente opposition conjointe des publicitaires et des patrons de presse, qui brandissent la liberté d'expression. Face à cette levée de boucliers et au manque de soutien au sein de sa propre majorité, le projet est finalement retiré.

Elle institue également, au printemps 1984, une commission de terminologie relative à la féminisation des noms de métiers, fonctions, grades et titres, dont elle confie la présidence à l'écrivaine Benoîte Groult. Les travaux de cette commission préconisent l'usage de formes féminines systématiques dans l'administration, brisant une tradition grammaticale séculaire. Le 21 mai 1985, à l'occasion d'un remaniement sous le gouvernement de Laurent Fabius, son portefeuille est élevé au rang de ministère des Droits de la femme à part entière, fonction qu'elle conserve jusqu'à la défaite de la gauche aux élections législatives de mars 1986.

Afin de s'ancrer durablement dans la politique territoriale, elle se présente aux élections législatives de mars 1986 dans le département du Calvados. Conduisant la liste départementale socialiste au scrutin proportionnel, elle est élue députée le 16 mars 1986. Deux ans plus tard, lors des législatives anticipées de juin 1988 qui rétablissent le scrutin uninominal majoritaire à 2 tours, elle s'impose dans la 3e circonscription du Calvados face au candidat de la droite gaulliste André Fanton.

Forte de cette implantation parlementaire, elle brigue la mairie de Lisieux lors des élections municipales de mars 1989. Sa liste l'emporte avec 54,08 pour cent des suffrages face à la majorité sortante de droite qui administrait la ville depuis la Libération. En tant que maire de Lisieux, elle impulse une politique de modernisation des infrastructures publiques. Elle soutient la construction d'une médiathèque moderne, réalise le complexe aquatique Le Nautile, impulse la création d'une liaison routière de contournement pour désengorger le centre-ville et fait installer une antenne universitaire rattachée à l'IUT de Caen. Elle décide également de renommer la place centrale de la ville au nom de François Mitterrand.

Sur le plan législatif, elle est battue aux élections législatives de mars 1993 par André Fanton lors de la vague bleue qui balaie la gauche, mais conserve son mandat municipal. Réélue maire de Lisieux en juin 1995 à la faveur de divisions internes de l'opposition, elle retrouve ensuite son siège de députée de la 3e circonscription du Calvados lors de la dissolution parlementaire ordonnée par Jacques Chirac en juin 1997. Elle est élue secrétaire de l'Assemblée nationale, fonction institutionnelle qu'elle exerce tout au long de la XIe législature jusqu'en juin 2002.

Dans les années 1990, elle réoriente une large part de son énergie militante vers la conquête de la parité politique. En novembre 1992, elle participe au sommet d'Athènes qui proclame que la démocratie impose une représentation équilibrée des deux sexes dans la prise de décision. De retour en France, elle fonde l'association l'Assemblée des femmes et publie l'ouvrage "Mais de quoi ont-ils peur ? Un passager de la République" (1995), dans lequel elle fustige la monopolisation masculine du pouvoir législatif et exécutif.

En juin 1996, elle prend l'initiative de réunir 10 anciennes ministres issues de différentes sensibilités politiques — de la gauche modérée à la droite gaulliste — pour signer le Manifeste pour la parité publié par le magazine L'Express. Cette initiative transpartisane inédite, soutenue notamment par Simone Veil, Michèle Barzach, Frédérique Bredin et Édith Cresson, crée un retentissement médiatique considérable et contraint l'ensemble de la classe politique à se positionner. Ce combat aboutit à la révision constitutionnelle du 8 juillet 1999, qui dispose que la loi favorise l'égal accès des femmes et des hommes aux mandats électoraux et fonctions électives, suivie de la promulgation de la première loi sur la parité électorale le 6 juin 2000.

Sa carrière d'élue locale prend fin lors des élections municipales de mars 2001 à Lisieux, où une division de la gauche municipale face à son ancien premier adjoint entraîne la victoire du candidat de l'UDF Bernard Aubril. L'année suivante, en juin 2002, elle décide de ne pas solliciter le renouvellement de son mandat de députée dans le Calvados, mettant un terme à ses fonctions parlementaires.

Tout en s'éloignant des mandats électoraux, elle demeure une observatrice attentive et engagée au sein de sa famille politique. Membre du bureau national du Parti socialiste, elle anime avec Arnaud Montebourg le courant Rénover maintenant, contestant les orientations de la direction du parti. Elle prend position en faveur de l'égalité des droits civils et du mariage pour tous, thématique sur laquelle elle publie l'ouvrage "Allez les femmes ! Une brève histoire du féminisme" (2005). Lors de la campagne pour l'élection présidentielle de 2007, elle s'engage auprès de Ségolène Royal, première femme qualifiée pour le second tour d'un scrutin présidentiel sous la Cinquième République, intégrant son équipe de campagne pour promouvoir les questions de société.

En 2011, elle soutient François Hollande lors des primaires citoyennes de la gauche, puis salue l'élection de ce dernier en mai 2012, ainsi que la mise en place d'un gouvernement strictement paritaire sous l'autorité de Jean-Marc Ayrault. En 2013, elle est promue au grade d'officier de la Légion d'honneur, après en avoir été faite chevalier en 1993. Elle reçoit par la suite la cravate de commandeur de l'ordre national du Mérite en 2018.

Après le décès de son époux Pierre Roudy, survenu en 2012, elle crée en 2014, en partenariat avec la Chancellerie des universités de Paris, le prix Pierre-et-Yvette-Roudy grâce à une donation financière personnelle de 72 000 euros. Ce prix annuel est conçu pour récompenser deux bacheliers issus des académies de Paris, Créteil et Versailles s'étant distingués dans l'épreuve facultative de théâtre au baccalauréat, perpétuant ainsi l'engagement de son mari pour l'éducation artistique populaire et le rôle émancipateur de la culture.

Initié de longue date à la Grande Loge féminine de France, elle prend publiquement la défense d'une laïcité républicaine stricte, qu'elle considère comme le rempart indispensable à la protection des droits conquis par les femmes. En décembre 2016, elle se voit décerner le prix de la Laïcité par le Grand Orient de France pour son parcours civique. Lors de la primaire citoyenne de janvier 2017, elle prend ses distances avec Benoît Hamon en raison de déclarations de ce dernier relatives au port du voile islamique, réaffirmant son refus sans concession de tout accommodement religieux susceptible de relativiser l'égalité entre les sexes.

Elle confie une partie substantielle de ses archives personnelles et ministérielles au Centre des archives du féminisme de l'université d'Angers, ainsi qu'aux archives départementales du Calvados, afin de mettre à la disposition des historiens et des chercheurs l'ensemble des documents illustrant la genèse des lois sociales et des débats féministes de la fin du XXe siècle. Au fil des années suivantes, elle continue de prendre ponctuellement la parole dans la presse pour rappeler les combats passés, mettre en garde contre les régressions juridiques potentielles et encourager les nouvelles générations militantes à consolider les acquis liés à la santé reproductive et à l'autonomie des femmes.

À la fin de sa vie, elle s'établit dans les Pyrénées-Orientales et réside dans un établissement médicalisé de Cabestany.

Yvette Roudy est morte le 18 août 2026, à l'âge de 97 ans, à Cabestany (France, dans les Pyrénées-Orientales). Ses obsèques ont lieu à la fin du mois d'août 2026, suivies de son inhumation au cimetière du Montparnasse à Paris, dans la 6e division, au côté de son époux Pierre Roudy. Sa disparition suscite de nombreux hommages républicains unanimes.

Source : fr.wikipedia.org  

Tombe

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Fiche d'identité

Identité

  • Nom complet : --
  • Nationalité (à sa mort) : Française Drapeau francais
  • Nationalité (à sa naissance) : --
  • Sexe : Féminin

Domaines d'activité

Noms

  • Nom usuel : Yvette Roudy
  • Vrai nom : Yvette Saldou
  • Vrai nom (2) : Yvette Roudy
  • Prénom : Yvette
  • Noms dans d'autres langues : --
  • Homonymes : 0 (aucun)
  • Nom de famille : Saldou
  • Nom de famille (2) : Roudy
  • Pseudonyme : --
  • Surnom : --
  • Erreurs d'écriture : --

Naissance

  • Signe astrologique du zodiaque : --
  • Signe astrologique chinois : --

Décès

  • Âge de mort : 97 ans
  • Cause de mort : --

Obsèques

  • Date des obsèques : --
  • Lieu de sépulture : --
  • Type de funérailles : --

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