Diplomate palestinienne, figure historique de la diplomatie palestinienne, ayant été la 1ère femme à représenter l'Organisation de libération de la Palestine (OLP) à l'étranger, célèbre pour avoir été la "voix et le visage" de la Palestine en France et auprès de l'Union européenne pendant plus de 20 ans, elle a inlassablement plaidé pour la création d'un État palestinien et la solution à deux États.
Palestinienne, née le 13 juillet 1949 et morte le 18 février 2026
Enterrée (où exactement ?).
Leïla Shahid, née Leïla al-Husseini Shahid le 13 juillet 1949 à Beyrouth au Liban et morte le 18 février 2026 à Lussan en France, est une diplomate palestinienne, déléguée générale de Palestine en France de 1994 à novembre 2005, puis auprès de l'Union européenne, de la Belgique et du Luxembourg de 2005 à 2015. Figure historique de la diplomatie palestinienne, ayant été la première femme à représenter l'Organisation de libération de la Palestine (OLP) à l'étranger. Elle est surtout célèbre pour avoir été la "voix et le visage" de la Palestine en France et auprès de l'Union européenne pendant plus de 20 ans. Reconnue pour son éloquence et sa culture, elle a inlassablement plaidé pour la création d'un État palestinien et la solution à deux États. Issue d'une grande lignée de dirigeants palestiniens, elle a su humaniser la cause de son peuple auprès du public occidental par ses nombreuses interventions médiatiques. Militante pacifiste, elle était également une intellectuelle engagée, proche de figures comme l'écrivain Jean Genet ou le poète Mahmoud Darwich.
Leïla Shahid est née dans une famille déjà très impliquée dans le mouvement national palestinien dès le début du siècle après la chute de l'empire ottoman et l'institution du mandat britannique sur la Palestine, censée préparer à l'indépendance. Sa mère Sirine Husseini Shahid est issue de deux grandes familles de Jérusalem les al-Husseini et les al-Alami ; elle est la petite-fille de Faidi al-Alami qui fut maire de Jérusalem de 1906 à 1909, et député de Jérusalem au Parlement ottoman de 1914 à 1918, le père de celui-ci, Moussa al-Alami avait lui aussi été maire de la ville à la fin du XIXe siècle.
Abd al-Kader al-Husseini, grand combattant durant la Guerre de Palestine de 1948, mort au combat, fait partie de ses aïeux ainsi que le nationaliste Hadj Amin al-Husseini, grand mufti de Jérusalem dont elle est l'arrière-petite-nièce. Yasser Arafat (de son vrai nom Mohamed Abdel Raouf Arafat al-Qudwa al-Husseini) est un cousin éloigné.
À l'époque où la Palestine était sous mandat britannique, les dirigeants du mouvement nationaliste palestinien étaient déportés par les Britanniques vers des camps militaires et leurs familles dans des pays sous mandat français. C'est ainsi que la mère de Leïla a été déportée au Liban où elle a rencontré son mari Munib Shahid, originaire de Saint-Jean-d'Acre en Palestine, qui effectuait alors ses études de médecine à l'université américaine de Beyrouth (AUB) dont il deviendra par la suite un grand professeur de médecine. Il décède en 1975. Le couple a eu trois filles. En 1999, à l'âge de 80 ans, la mère de Leïla, Sirine Husseini Shahid écrit ses mémoires dans un livre d'abord en anglais, Jerusalem Memories, puis traduit en français, en hébreu et en arabe par l'écrivain Mohammed Berrada Souvenirs de Jérusalem, préfacé par Edward Said. Elle est décédée en 2009.
La guerre des Six Jours éclate le jour où Leïla Shahid passe son bac le 5 juin 1967. Elle n'a pas 18 ans. Bouleversée par la défaite inattendue des trois armées arabes syrienne, égyptienne, jordanienne face à la seule armée israélienne, la jeune fille réagit en s'impliquant dans l'action politique, commençant par une formation militaire, mais elle s'aperçoit très vite qu'elle n'a pas la vocation. Elle décide alors de se consacrer à une action sociale et politique dans les camps palestiniens du Sud-Liban.
En 1968, Leïla Shahid entreprend des études de sociologie et d'anthropologie à l'université américaine de Beyrouth (AUB), un des foyers historiques de la contestation politique palestinienne. Parallèlement, elle s'engage auprès de Yasser Arafat.
En 1974, venue à Paris pour y effectuer sa thèse en anthropologie sur les camps de réfugiés, elle rencontre Ezzedine Kalak futur représentant de l'OLP en France (qui sera assassiné en 1978) qui la pousse à le remplacer à la présidence de l'Union des étudiants palestiniens en France, en 1976. Évoluant dans un milieu d'intellectuels où se croisent des universitaires, des écrivains, des cinéastes de la Nouvelle Vague, les critiques des Cahiers du cinéma..., la jeune militante fait la connaissance de l'écrivain marocain Mohammed Berrada qu'elle épouse en 1978. Elle s'installe avec lui au Maroc pendant près de dix ans où ils reçoivent fréquemment leur ami Jean Genet.
En septembre 1982, en compagnie de Jean Genet, Leïla Shahid part à Beyrouth. C'est alors qu'ont lieu les massacres des camps de réfugiés de Sabra et Chatila, situés au sud de la ville, massacres perpétrés par les Phalanges libanaises et dont l'armée israélienne fut accusée de porter une « responsabilité indirecte » pour ne pas les avoir empêchés. Arrivés sur place, ils découvrent une vision d'horreur qui inspirera à l'écrivain le texte Quatre heures à Chatila et Le Captif amoureux dédié aux Palestiniens.
En 1989, Leïla Shahid est nommée représentante de l'OLP en Irlande, et en 1990 représentante de l'OLP aux Pays-Bas puis au Danemark. De 1994 à 2005, elle est déléguée de la Palestine en France.
Depuis novembre 2005, Leïla Shahid est déléguée générale de la Palestine auprès de l'Union européenne à Bruxelles. Outre ses interventions régulières sur les médias, et son action politique, elle a en automne 2008 initié la Saison artistique et culturelle Masarat/Palestine, en Communauté française Wallonie-Bruxelles, sous le haut patronage de la ministre des Relations internationales de la Communauté française avec le soutien de la ministre de la Culture. Le comité palestinien pour l'organisation était placé sous la présidence du poète Mahmoud Darwish décédé en août 2008.
Elle a pu visiter pour la première fois les territoires palestiniens en 1994 après la signature des accords d'Oslo en 1993.
Elle est l'une des trois promoteurs du tribunal Russell sur la Palestine dont les travaux ont commencé le 4 mars 2009.
En mars 2009, Michèle Collery lui a consacré un film produit par la chaîne Arte et la TSR (Télévision suisse romande) : Leïla Shahid, Palestine forever.
En 2012, elle dresse le constat désabusé que le choix fait il y a vingt ans par l'Autorité palestinienne de renoncer à la lutte armée n'a pas porté ses fruits : « [N]ous avons décidé, il y a 19 ans, d’arrêter toute la lutte militaire pour décider de négocier la solution de deux États. Mais soyons honnêtes, nous avons échoué (…) [ç]a fait 20 ans que nous négocions soi-disant une solution de l’occupation militaire de nos territoires depuis 45 ans. (…) Nous n’avons même pas réussi à faire retirer l’armée israélienne ni de Gaza ni de Cisjordanie, ni de Jérusalem-Est. Donc regardons la réalité en face : la communauté internationale est responsable aussi de notre propre échec. ».
En 2015, elle prend sa retraite professionnelle pour se consacrer à des actions culturelles pour la diaspora palestinienne.
Le 9 octobre 2023, sur France Inter, face à Élie Barnavi, ancien ambassadeur israélien en France, juge les images terribles, et indique que, comme Élie Barnavi, elle est là pour essayer de comprendre comment on a pu arriver à une situation telle.
Elle conteste le fait que cette attaque soit idéologique et rappelle que la Palestine vit depuis 56 ans sous l'occupation militaire d’Israël. Que les Palestiniens crèvent dans un ghetto, sans eau potable, sans pouvoir se soigner. Cela peut provoquer de la rage et de la colère.
Leïla Shahid est morte le 18 février 2026, à l'âge de 76 ans, suicidée à son domicile, à La Lèque (France). Gravement malade depuis plusieurs années, elle s’est donné la mort chez elle à La Lèque, un hameau de la commune de Lussan. L'ancien ambassadeur d'Israël en France, Élie Barnavi, déclare qu'elle était « une défenseuse très véhémente de la cause palestinienne » mais aussi « tendue vers la paix », car elle soutenait « la solution à deux États et la reconnaissance mutuelle ». Pour l'ancien ministre des Affaires Étrangères Hubert Védrine, elle était une personnalité « exceptionnelle », qui n'a « jamais abandonné l'idée de la solution à deux Etats » (...) « le symbole de ce qu'il y avait avant, une époque de grande espérance ».
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