Moïse Maïmonide

 
Moïse Maïmonide
1138 - 1204
 

Rabbin séfarade du XIIe siècle considéré comme l’une des plus éminentes autorités rabbiniques du Moyen Âge car il est l'auteur du Mishné Torah, l’un des plus importants codes de loi juive. Philosophe, métaphysicien et théologien, il entreprend comme son contemporain Averroès une synthèse entre la révélation et la vérité scientifique, laquelle est représentée de son temps par le système d’Aristote dans la version arabe d’Al-Fârâbî. Médecin de cour et astronome, il publie aussi des traités dans ces domaines qui accroissent son prestige parmi ses contemporains juifs et non-juifs. Il sera pour les uns un « second Moïse », ainsi que l’indique son épitaphe, et pour les autres un « hérétique excommunié ». Il est également l’une des rares autorités juives à avoir influencé les mondes arabo-musulman et chrétien, notamment Thomas d'Aquin, qui le surnomme « l’Aigle de la Synagogue ».

Nationalité espagnole Espagnol, né le 30 mars 1138 et mort le 13 décembre 1204

66 ans Mort à l'âge de 66 ans (de quoi ?).

Enterré en Israël à Tibériade.

Tombe de Maïmonide
Zoomez sa tombe

Biographie

Moïse Maïmonide est un rabbin andalou du XIIe siècle (Cordoue, 30 mars 1138 - Fostat, 13 décembre 1204).

Médecin, philosophe juif, commentateur de la Mishna, jurisconsulte en matière de loi juive et dirigeant de la communauté juive d'Égypte, il excelle dans tous ces domaines et est considéré comme le « second Moïse du judaïsme ». Il influence également le monde non-juif, notamment Thomas d'Aquin, qui le surnomme « l'Aigle de la Synagogue ».

Moshe ben Maïmon naît en 1138 à Cordoue, qui est alors sous domination almoravide. Sa famille a pris le nom d'Ibn Abdallah d'après l'aïeul Ovadia (Ovadia et Abdallah signifient « serviteur de Dieu » en hébreu et en arabe respectivement), et siège au tribunal rabbinique de la ville depuis sept générations. Une tradition fait remonter leur ascendance à Juda Hanassi (toutefois, elle pourrait simplement indiquer qu'il y eut entre l'ancêtre de Maïmonide, Ovadia, et son père, Maïmon ben Yossef HaDayan, sept générations, de même qu'il y en eut sept entre Juda Hanassi et son ancêtre Hillel l'Ancien).

Le père de Maïmonide est une autorité respectée, consultée de part et d'autre de la communauté juive arabophone. Sa mère meurt alors qu'il est encore jeune. Il a également un jeune frère, David.

Maïmonide apprend auprès de son père la doctrine et les enseignements de Joseph ibn Migas (ce dernier meurt lorsque Maïmonide est âgé de trois ans).

Vers l'âge de 13 ans, il fut contraint à l'exil lors de la prise de Cordoue par les Almohades. La famille Maïmon émigra vers le Maghreb occidental almohade (actuel Maroc), où le jeune Moïse s'instruisit en sciences juives et profanes. Il lut Aristote, Hippocrate et bien d'autres et prit connaissance des écrits d'Averroès à la fin de sa vie, il est donc possible qu'il ait été influencé par lui.

Cependant, Fès devint rapidement elle aussi le théâtre de disputes sur fond d'intolérance religieuse, et vers 1165 la famille Maïmon dut émigrer en Palestine. C'est là que mourut le Rav Maïmon en 1170, après avoir encouragé sa famille à descendre en Égypte, où Maïmonide fut prié par toutes les communautés de devenir leur rabbin. Il n'avait que quarante-deux ans, mais le karaïsme dominait en Égypte, et seul un homme de sa stature serait capable d'y faire face.

À la mort dans un naufrage de son frère David, dont le commerce de perles assurait leur subsistance, il refusa de « se faire une couronne de la Torah », et exerça la médecine pour subvenir à ses besoins. Son cabinet était ouvert à tous, juif, chrétien, musulman, riche ou indigent. Il parvenait encore à donner de magistrales leçons de philosophies, suivies de tous, et des cours d'études sacrées. Il devint rapidement médecin attitré du secrétaire de Saladin, ce qui lui valut autant d'inimitiés des médecins égyptiens que de membres de la communauté juive qui le soupçonnaient de vivre comme un converso.

Cette assertion, fausse, provient de ses rivaux, mais aussi de son disciple préféré, Joseph ibn Aqnin, auquel Maïmonide destina le Guide des égarés. Joseph avait transitoirement feint d'embrasser l'islam, avant de fuir, et de se rendre en Égypte, où il trouverait refuge auprès d'un érudit réputé nommé Moussa bin Maimun. Bien qu'il n'y ait pas eu de mauvaise intention de sa part, il est fort probable qu'il porta une grande créance à cette hypothèse, y donnant par là même beaucoup plus de crédit.

Par ailleurs, dans son Épître aux Juifs du Yémen, Maïmonide écrit effectivement qu'il n'y a ni honte ni disgrâce à se convertir sous la contrainte, et que mieux vaut un Juif converti mais vivant, pour autant qu'il continue à pratiquer sa religion en secret, qu'un Juif mort. Quant à Maïmonide lui-même, sa personnalité était trop forte, et son prestige trop grand pour qu'il dût y recourir : le Roi Richard lui-même souhaita l'attacher à sa cour, offre que Maïmonide déclina.

Il mourut à Fostat, mais fut enterré à Tibériade, aux côtés de son père. Son fils Avraham Maïmonide fut également médecin et philosophe.

Sa première grande oeuvre fut le Commentaire sur la Mishna. En théologie, il est notamment l'auteur du Mishné Torah, ouvrage monumental rédigé en hébreu, et non en arabe ou en araméen comme il était d'usage, et destiné à remédier à la dispersion millénaire des règles de la pratique juive (Mishna). Son oeuvre dans ce domaine constitue encore le socle de la loi rabbinique.

Comme philosophe, il introduisit la logique aristotélicienne dans la pensée juive et ouvrit des pistes dans les domaines de la psychologie et de l'éthique. Mais son apport essentiel consiste en une conciliation de la science et de la religion qu'il expose dans son Guide des égarés écrit cette fois en arabe. Maïmonide estime que la recherche sans préjugés de la « vérité scientifique », loin d'exclure Dieu, amène à mieux connaître sa perfection - pensée que l'on retrouve d'une certaine manière chez un autre Cordouan musulman, Averroès.

Maïmonide fut un professeur à l'université d'Al Quaraouiyine à Fès, une des plus anciennes universités au monde.

Maïmonide fut l'un des rares penseurs du judaïsme médiéval dont l'influence rayonna au-delà des cercles juifs.

Cette influence, perdura jusqu'aux Lumières : Spinoza, Moïse Mendelssohn, considéré par certains comme son successeur (pour certains, il serait même « le troisième Moïse », cf. épitaphe). De nos jours, il est l'un des philosophes juifs les plus respectés et ses théories reprennent force et vigueur dans la pensée juive contemporaine. Au cours des siècles suivants, l'influence de Maïmonide fut source de conflits entre maïmonidiens et antimaïmonidiens. Mais la plupart des penseurs restent partagés, reconnaissant le génie de l'homme et sa vision aristotélicienne du monde, mais rejetant les éléments qu'ils considèrent comme en désaccord avec la tradition.

Le plus important critique de la philosophie maïmonidienne, et aristotélicienne en général, fut Hasdaï Crescas, l'auteur de Or Hashem. Sa critique entraîna de nombreux savants du XVe siècle à défendre les travaux de Maïmonide.

Maïmonide commence à pratiquer la médecine à la mort de son frère, David, lors d'un naufrage dans l'océan Indien. Il s'investit dans la médecine, tant et si bien qu'il ne tarde pas à être appointé médecin personnel d'Al-Afdhal, fils de Saladin. C'est à la demande d'Al-Afdhal que Maïmonide réalise la plupart de ses traités médicaux, notamment le Traité sur l'asthme, la Guérison par l'esprit, et d'autres.

Cette position, qu'occupe le meilleur de son temps, ainsi qu'il le décrit à Samuel ibn Tibbon, lui vaut un prestige considérable dans la communauté juive, mais aussi la jalousie des médecins musulmans. Si Maïmonide est circonspect sur les désagréments qu'il eut à subir, la postérité abonde en légendes où il est typiquement celui qui, contraint à mesurer son art en poisons et drogues à ses adversaires, ne veut ni mourir ni tuer, se bornant à concocter des antidotes, alors que la peur et le doute brûlent ses rivaux.

Néanmoins, il eut à en subir de vrais dommages, notamment les accusations calomnieuses d'avoir renié l'islam après avoir feint de l'embrasser (cf. supra), ce qui aurait bien pu lui coûter la tête. On retrouve ce genre d'histoire dans diverses biographies romancées de Maïmonide, une étude des oeuvres de Maïmonide suffit à éclairer sa position à ce sujet ; il n'adhère aucunement à l'islam qu'il considère comme héritier de diverses croyances de l'époque, mais n'est pas considéré comme un mouvement idolâtre car monothéiste (voir lettre à un élève musulman converti) ce qui ne l'empêche pas de débattre avec ses homologues musulmans. Dans sa conception, un juif ne peut et ne doit renier sa foi même si cela lui coute la vie (voir La lettre du Yémen) à plus forte raison pour une personne de son rang, une faute publique est alors bien plus grave et déshonorante. (voir aussi michné Thora à ce sujet, son oeuvre magistrale). Une légende apocryphe inspirée de l'histoire de Rabbi Shimon bar Yohaï raconte qu'il dut se cacher sept ans dans une grotte pour échapper à leur vindicte.

C'est précisément l'un de ses adversaires qui apporte une preuve de son indéniable succès : le roi Richard Coeur de Lion lui aurait demandé de se mettre à son service.

La médecine ne fut cependant pas l'apanage de Maïmonide, d'autres érudits du judaïsme, comme Juda Halevi avant lui, Abraham Maïmonide, Moshe ben Nahman, Joseph ibn Caspi, Lévi ben Guershom, Moïse Narboni, Salomon ben Adret et d'autres après lui furent médecins et vécurent de leur art, considérant que seul un corps sain peut oeuvrer à sanctifier le monde. Cependant, aucun n'atteint la réputation de Maïmonide.

Maïmonide ne voit dans la maladie que l'interruption d'un processus biologique normal, qui peut certes résulter de la volonté de Dieu, mais elle n'est pas de répandre la maladie, sinon, argumente-t-il, pourquoi aurait-il créé les plantes médicinales et autres moyens de guérison?

Il ne croit pas davantage au mauvais oeil, cette malédiction humaine affaiblissant la personne sujette de leur inimitié. Qu'importe si des Sages du Talmud y croient, d'autres Sages du Talmud s'y opposent, dont Rabbi Akiva, ce qui prouve que le peuple d'Israël a été affecté par les pratiques magiques des peuplades environnantes, allant jusqu'à interpréter des passages bibliques dans ce sens, alors que la Bible ne les mentionne nulle part de façon explicite.

Un autre trait marquant de Maïmonide est sa conception expérimentale, clinique avant la lettre, de la médecine. Bien qu'instruit des théories et pratiques de ses prédécesseurs, il ne se fie pas nécessairement à leur parole, et n'hésite pas à mettre en doute des remèdes établis, ainsi que son propre jugement lorsque l'état du malade ne s'améliore pas.

En fait de médecine, Maïmonide prône avant tout une hygiène de vie. S'assurant qu'une plainte ne résulte pas d'un trouble psychosomatique, il recommande, comme s'il s'agissait d'une prescription religieuse (et il s'agit effectivement d'une prescription religieuse), de maintenir la santé de son corps, et d'éviter toute substance pouvant y nuire (les Juifs orthodoxes s'appuient sur ce précepte pour interdire les drogues, et certains le tabac). Il est recommandé de manger et boire sans excès des mets digestes, de quitter la table en ayant encore un peu faim, d'éviter les aliments trop fermentés, de réfréner le nombre de rapports sexuels (Maïmonide vit en Orient, et le harem y est monnaie courante. S'adressant à des personnages importants et susceptibles, il leur suggère subtilement de « modérer leur activité physique »), d'avoir un cycle de sommeil régulier et harmonieux, d'éviter la sieste diurne, et d'attendre quelques heures après le repas du soir avant d'aller dormir.

L'occlusion intestinale étant une cause de mort fréquente, Maïmonide recommande de déféquer une fois par jour au moins, avec laxatifs si nécessaire.

Le choix des médicaments doit également être graduel. Une diète rigoureuse si le mal est léger. Des drogues ressemblant à des aliments sinon, et ne réserver les « drogues infectes » que dans les cas désespérés.

Ces principes peuvent sembler désuets de nos jours, et dictés par le bon sens, mais le « bon sens » de l'époque était celui de Galien, et recommandait des remèdes basés sur une compréhension sympathique, presque magique, de la maladie.

Source : fr.wikipedia.org  

Tombe

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Tombe de Maïmonide
Tibériade
Israël Drapeau israelien

Il mourut à Fostat, mais fut enterré à Tibériade, aux côtés de son père.

La tombe de Moïse Maïmonide est au Tombe de Maïmonide, Tibériade, Israël Drapeau israelien.

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Fiche d'identité

Identité

  • Nom complet : --
  • Nationalité (à sa mort) : Espagnole Drapeau espagnol
  • Nationalité (à sa naissance) : --
  • Sexe : Masculin

Domaines d'activité

Noms

  • Nom usuel : Moïse Maïmonide
  • Nom complet : --
  • Prénoms : --
  • Noms dans d'autres langues : --
  • Homonymes : 0 (aucun)
  • Nom de famille : Maïmonide
  • Pseudonyme : --
  • Surnom : --
  • Erreurs d'écriture : Rabbi Moshe ben Maimon, le Rambam, Rambam

Naissance

  • Date de naissance : 30 mars 1138
  • Lieu de naissance : --
  • Signe astrologique du zodiaque : --
  • Signe astrologique chinois : --

Décès

  • Âge de mort : 66 ans
  • Cause de mort : --

Obsèques

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