Politicien français, socialiste, très proche collaborateur de Michel Rocard, il a dirigé le cabinet du Premier ministre à Matignon de 1988 à 1991, jouant un rôle clé dans les arbitrages gouvernementaux de l'époque. Il est surtout célèbre pour avoir présidé le conseil régional d'Île-de-France pendant 17 ans, de 1988 à 2015, marquant la vie politique francilienne sur trois mandats consécutifs. Au cours de sa gestion régionale, il a notamment porté la création du passe Navigo à tarif unique pour les transports en Île-de-France. Son parcours a également été marqué par sa condamnation judiciaire dans une affaire d'emplois fictifs au conseil régional.
Francais, né le 29 juillet 1946 et mort le 23 octobre 2026
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Jean-Paul Huchon, né le 29 juillet 1946 dans le 1er arrondissement de Paris et mort le 23 octobre 2026, est un haut fonctionnaire (administrateur civil) et homme politique français. Jean-Paul Huchon s'est fait connaître comme une figure majeure de la politique française et un très proche collaborateur de Michel Rocard. Il a dirigé le cabinet du Premier ministre à Matignon de 1988 à 1991, jouant un rôle clé dans les arbitrages gouvernementaux de l'époque. Il est surtout célèbre pour avoir présidé le conseil régional d'Île-de-France pendant 17 ans, de 1988 à 2015, marquant la vie politique francilienne sur trois mandats consécutifs. Au cours de sa gestion régionale, il a notamment porté la création du passe Navigo à tarif unique pour les transports en Île-de-France. Son parcours a également été marqué par sa condamnation judiciaire dans une affaire d'emplois fictifs au conseil régional.
Jean-Paul Huchon naît le 29 juillet 1946 dans le 1er arrondissement de Paris. Fils d'un instituteur exerçant dans le 13e arrondissement, il grandit dans un environnement marqué par l'engagement républicain et la proximité culturelle du christianisme social. Élève au lycée Rodin, il poursuit ses études supérieures à l'Institut d'études politiques de Paris, dont il sort diplômé en 1967 au sein de la section Service Public. Il intègre ensuite l'École nationale d'administration dans la promotion Thomas-More (1969-1971), aux côtés de futures figures de la politique et des affaires telles que Jean-Louis Bianco, Claude Guéant ou Alain Richard. C'est durant ses années de jeunesse qu'il se découvre une passion durable pour le rock international.
En 1971, il débute sa carrière professionnelle comme administrateur civil à la direction du Budget du ministère des Finances. Dès 1970, il adhère au Parti socialiste après un passage par le Parti socialiste unifié. En 1975, il rejoint la direction des relations internationales du ministère du Travail et des Affaires sociales, avant de revenir à la direction du Budget de 1978 à 1981 en qualité de chef du bureau chargé de l'agriculture et des communautés européennes. Sur le plan local, son ancrage politique débute en 1977 lorsqu'il devient adjoint au maire de Conflans-Sainte-Honorine dans les Yvelines, se plaçant aux côtés de Michel Rocard dont il devient un collaborateur central.
L'élection de François Mitterrand en 1981 accélère sa trajectoire au sommet de l'État. De 1981 à 1985, il sert comme directeur de cabinet de Michel Rocard, d'abord au ministère du Plan et de l'Aménagement du territoire, puis au ministère de l'Agriculture. En septembre 1981 naît son fils Thomas Huchon, issu de son union avec Odile Vadot, elle-même administratrice civile et élue départementale. En 1985, Jean-Paul Huchon prend la direction générale de la Caisse nationale du Crédit agricole. Écarté de ces fonctions en 1986 par le gouvernement de Jacques Chirac, il bifurque temporairement vers le secteur privé en devenant directeur général adjoint de la holding Exor, propriété de la famille Mentzelopoulos.
La nomination de Michel Rocard à Premier ministre en mai 1988 le ramène au cœur du pouvoir exécutif. Jusqu'en mai 1991, il occupe la fonction de directeur de cabinet du Premier ministre à Matignon. À ce poste stratégique, il gère les arbitrages interministériels et la conduite des grandes réformes de la période, de la création du Revenu minimum d'insertion aux accords de Matignon sur la Nouvelle-Calédonie. Après le départ de Michel Rocard du gouvernement, Jean-Paul Huchon retourne vers le privé de 1991 à 1998, travaillant auprès de l'homme d'affaires François Pinault puis occupant la vice-présidence du cabinet de recrutement Progress Associés.
Son implantation électorale se concrétise en juillet 1994 lorsqu'il succède à Michel Rocard comme maire de Conflans-Sainte-Honorine, mandat dans lequel il est confirmé lors des élections municipales de juin 1995. Candidat aux élections législatives de juin 1997 dans la 7e circonscription des Yvelines, il échoue au second tour face au député sortant Pierre Cardo. En mars 1998, il figure en tête de la liste socialiste dans les Yvelines pour les élections régionales. Dominique Strauss-Kahn ayant choisi de demeurer au gouvernement, Jean-Paul Huchon se porte candidat à la présidence du conseil régional d'Île-de-France. Le 24 mars 1998, il est élu à la tête de la région capitale, à la décision d'une majorité relative marquée par de fortes tensions avec la droite et le Front national.
Afin de respecter la réglementation sur le cumul des mandats, il quitte sa fonction de maire de Conflans-Sainte-Honorine en mars 2001 pour redevenir adjoint au maire, poste qu'il conserve jusqu'en 2008 avant de siéger comme simple conseiller municipal jusqu'en 2014. Aux élections régionales de mars 2004, conduisant une liste de rassemblement de la gauche réunissant le Parti socialiste, Les Verts, le Parti radical de gauche et le Mouvement républicain et citoyen, il l'emporte largement au second tour avec 49,16% des suffrages face aux listes de droite conduite par Jean-François Copé et du Front national. Ce second mandat lui permet de consolider sa majorité et de lancer la révision du schéma directeur de la région Île-de-France.
L'exercice de son mandat régional est toutefois marqué par des procédures judiciaires. En novembre 2004, il est renvoyé devant le tribunal correctionnel de Paris pour prise illégale d'intérêts concernant des marchés publics passés par la région. Le 20 février 2007, le tribunal le condamne à 6 mois de prison avec sursis, 60 000 euros d'amende et un an d'inéligibilité. La cour d'appel de Paris confirme la peine d'emprisonnement avec sursis et l'amende le 21 novembre 2008, mais annule la peine d'inéligibilité, ce qui lui permet de poursuivre ses mandats électifs.
En mars 2010, il mène la gauche à une nouvelle victoire lors des élections régionales en Île-de-France, obtenant 56,69% des voix au second tour face à Valérie Pécresse. Ce troisième mandat est marqué par la mise en œuvre du passe Navigo à tarif unique pour les transports franciliens et par le développement des infrastructures de transport régional. En juillet 2011, le Conseil d'État valide son élection de 2010 mais rejette ses comptes de campagne en raison de campagnes d'information institutionnelles jugées assimilables à de la propagande électorale, le condamnant à rembourser 1,6 million d'euros d'avances publiques. Parallèlement à ses fonctions régionales, il est nommé membre du conseil d'administration de la Banque publique d'investissement en février 2013 en tant que représentant des régions.
À l'approche des élections régionales de 2015, son souhait de briguer un 4e mandat se heurte aux contestations internes au sein du Parti socialiste. En mai 2015, sous la pression de la direction de son parti et face à la candidature de Claude Bartolone, il renonce à se présenter. Le 31 décembre 2015, il quitte définitivement la présidence du conseil régional d'Île-de-France après 17 ans d'exercice, cédant sa place à Valérie Pécresse.
En septembre 2016, il entame une carrière d'enseignant en devenant professeur adjoint à HEC Paris, où il dispense des cours sur les institutions et la gouvernance publique. Lors de l'élection présidentielle de 2017, il apporte son soutien à la candidature d'Emmanuel Macron. La même année, il publie un ouvrage de souvenirs consacré à son mentor politique, intitulé "C'était Rocard". Prenant ses distances avec la ligne politique prise par la gauche francilienne, il fait le choix, au second tour des élections régionales de juin 2021, de soutenir publiquement la présidente sortante de droite Valérie Pécresse face à la liste d'union de la gauche. Le 26 juin 2024, le tribunal correctionnel le condamne à 8 mois de prison avec sursis, 10 000 euros d'amende et un an d'inéligibilité pour prise illégale d'intérêts concernant l'attribution d'une subvention régionale en 2012.
Jean-Paul Huchon est mort le vendredi 23 octobre 2026, à l'âge de 80 ans, d'un cancer.
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