Tony Duvert

 
Tony Duvert
1945 - 2008
 

Artiste, Écrivain, Essayiste, Romancier (Art, Littérature).

Nationalité française Francais, né le 2 juillet 1945 et mort le 2 juillet 2008

63 ans Mort à l'âge de 63 ans (de quoi ?).

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Biographie

Tony Duvert, né le 2 juillet 1945 à Villeneuve-le-Roi et mort à Thoré-la-Rochette en juillet 2008, est un écrivain français. Ses premiers romans sont remarqués, aussi bien pour leur style (Paysage de fantaisie reçoit le Prix Médicis en 1973) que pour leurs thèmes (pédophilie homosexuelle, critique de la famille, etc.), et il devient un écrivain d'une certaine renommée dans les années 1970.

Se revendiquant lui-même comme homosexuel et pédophile, il profite du contexte favorable de l'époque pour exposer ses vues sur la sexualité et la famille. Jean-Claude Guillebaud le considère comme un « cas d'école littéraire », ayant fait « de la pratique pédophile non seulement l'enjeu d'un prosélytisme acharné, mais la matière même de sa littérature ».

Après 1980, l'audience de Tony Duvert diminue. Vivant en reclus dans le Loir-et-Cher, il s'installe avec sa mère à la fin des années 1980, et publie un dernier essai en 1989 avant d'être presque totalement oublié. Après la mort de sa mère, il passe seul les douze dernières années de sa vie. Il a essentiellement été publié par les Éditions de Minuit.

Tony Duvert naît le 2 juillet 1945 à Villeneuve-le-Roi de Georges Duvert, receveur d'enregistrement né à Meknès en 1918, et de Ferdinande Maury, née à Worms en 1920. Il a deux frères, Alain et Gilles. Enfant « timide et plutôt renfermé » il apprend très jeune la lecture et le piano et manifeste un goût prononcé pour la campagne. Il écrit en 1980 avoir commencé sa vie sexuelle à huit ans et avoir été sodomisé pour la première fois à l'âge de douze ans. Cette vie sexuelle précoce lui vaut d'être exclu de son collège à douze ans à la suite de relations homosexuelles avec un camarade plus âgé : il est envoyé par ses parents chez le psychiatre Marcel Eck, spécialiste du traitement de l'homosexualité, dont il a décrit en 1980 les méthodes comme brutales et humiliantes. À la suite de quoi il fait une fugue et une tentative de suicide. Son père meurt peu après.

En 1961, il intègre le lycée Jean-Baptiste Corot à Savigny-sur-Orge, réputé dans la région. Élève brillant, il rebute par sa morgue et son homosexualité, et a peu d'amis proches avant que son professeur de philosophie ne lui fasse rencontrer fin 1963 Christian Duteil, futur professeur de philosophie et journaliste. Tous deux sont primés en 1964 au concours général (Duvert par un accessit, Duteil par une mention spéciale). Assez fréquemment ils se rendent à Paris, où Duvert multiplie les expériences homosexuelles. Après le lycée, il s'installe à Paris pour commencer une licence de lettres mais préfère se consacrer à l'écriture.

En 1967, Tony Duvert adresse le manuscrit de Récidive à Jérôme Lindon des Éditions de Minuit, dont le catalogue exigeant et le succès critique (il a publié Samuel Beckett et de nombreux auteurs du Nouveau Roman) paraissent au jeune écrivain un gage de qualité. Lindon reconnaît immédiatement le potentiel de Duvert et accepte de publier l'ouvrage. Tony Duvert fait donc ses débuts en littérature à l'âge de 22 ans. Cependant, Lindon, conscient des risques de publier un roman où la pornographie est très présente, fait le choix d'un tirage restreint (712 exemplaires) et d'une sortie discrète : publié sans service de presse, le livre n'est disponible que par souscription, ou dans des librairies sélectionnées qui le vendent discrètement.

Très productif, Duvert publie dans les années suivantes trois romans : Interdit de séjour et Portrait d'homme-couteau en 1969, Le Voyageur en 1970. « Toujours plus sexuel[s], toujours plus violent[s], et toujours plus expérimenta[ux] », ils restent vendus par souscription, ce qui n'empêche pas Interdit de séjour d'être interdit à la vente aux mineurs, à la publicité et à l'exposition par un arrêté du 10 juillet 1969.

Dans ces quatre premiers romans, le rejet des conventions du roman classique se fait de plus en plus extrême, plus par volonté subversive que pour suivre la mode : style décousu, jeux typographiques, absence ou multiplicité des intrigues, des narrateurs, de la chronologie ou des faits, absence de ponctuation dans Le Voyageur. De plus, ces expérimentations narratives et stylistiques se doublent d'une « dimension politique » des ouvrages, qui critiquent la société bourgeoise au moyen de la pornographie violente, de l'apologie de la fugue et de la promotion des relations sexuelles entre adultes et enfants. Duvert est souvent rattaché au courant du Nouveau Roman ; il fait d'ailleurs en 1968 l'éloge du romancier Robert Pinget dans un article publié par la revue Critique. Interrogé sur sa filiation littéraire, Duvert précise cependant éprouver une « grande aversion » pour les styles d'autres auteurs du Nouveau Roman comme Alain Robbe-Grillet ou Michel Butor.

Si ces caractéristiques commencent à lui assurer un certain succès critique, il vend peu. Afin de lui assurer un revenu fixe, Lindon décide de le salarier en lui confiant la direction d'une nouvelle revue littéraire, Minuit, qui publie dès son premier numéro, outre Duvert, Samuel Beckett, Pierre Bourdieu, Roland Pinget et Alain Robbe-Grillet. S'il s'acquitte durant plusieurs années de la tâche avec réussite, son caractère limite toujours l'extension de son réseau, même si la même année il se lie d'amitié avec le dessinateur Michel Longuet.

Au début des années 1970, Tony Duvert fréquente une mère de famille qu'il apprécie peu, afin de se rapprocher du fils de cette dernière. Apparemment peu attentive à son fils, et désirant partir en voyage seule, la mère confie l'enfant à Tony Duvert durant l'été 1973. Duvert passe avec le garçon, âgé de huit ans, une semaine seul dans une maison achetée peu auparavant par la mère de l'écrivain et l'un de ses frères à Thoré-la-Rochette. Il semble probable, durant cet épisode, que Duvert ait eu des relations sexuelles avec l'enfant. Cet épisode sert de trame à Quand mourut Jonathan, publié quelques années plus tard.

La publication en 1973 de son roman Paysage de fantaisie marque un tournant. Sorte de longue rêverie hallucinée autour d'un bordel de petits garçons, il est accueilli très favorablement par la critique de l'époque qui y voit, selon l'expression du psychanalyste Serge André, « l'expression d'une saine subversion ». Ainsi, pour Claude Mauriac, l'ouvrage révèle « des dons et un art que le mot talent ne suffit pas à exprimer ».

Grâce à l'appui de Roland Barthes, entré peu avant au jury, Duvert reçoit début novembre le Prix Médicis 1973, ce qui constitue une petite surprise. Duvert, face aux journalistes qui découvrent son visage pour l'occasion, apparaît nerveux et mutique, et son caractère difficile l'amène à se disputer le soir même avec ses soutiens, Barthes compris, lors du repas célébrant le prix : une violente querelle éclate entre Tony Duvert et Roland Barthes, au sujet de la pédophilie. Alain Robbe-Grillet raconte dans Ouvrez les guillemets avoir apporté son soutien à l'auteur avec Lucie Faure, l'épouse d'Edgar Faure qui reçurent les réunions à l'Hôtel de Lassay.

Jusque-là très peu connu au sein des milieux de la culture et des médias, Tony Duvert accorde à l'époque ses premières interviews à la presse. Cette visibilité médiatique permet à son premier essai, Le bon sexe illustré, prolongation de son article de 1973 « La sexualité chez les crétins », d'être commenté dans la presse à sa parution en 1974. Dans cet ouvrage, partiellement inspiré par son expérience de l'été 1973, il critique violemment l'éducation sexuelle et la famille. Duvert affirme, dans Le Bon Sexe illustré : « Il faut reconnaître aux mineurs, enfants et adolescents, le droit de faire l'amour ». La réception est positive, même si les critiques louent plus son humour et sa capacité à observer les faux-semblants de la « société bourgeoise » que les prescriptions et l'idéologie même de Duvert. Chacun des chapitres de l'essai est illustré d'une photo représentant un jeune adolescent en érection, que l'auteur décrit comme « une bite de gamin qui bande ».

Début 1974, grâce à l'argent du prix, il quitte Paris qu'il apprécie peu et s'installe à Marrakech dans le quartier du Guéliz. Dans ses premiers mois au Maroc, il couche avec de nombreux adolescents et enfants, et délaisse l'écriture. À la fin de l'année, il quitte son logement moderne pour un appartement plus petit dans la vieille ville, et se lance dans la rédaction de Journal d'un innocent, transposition espagnole de son expérience marocaine, au style plus classique que celui de ses précédents livres. Il rentre en France au milieu de l'année 1975, assez désabusé par son expérience de la société marocaine, passe l'été à Thoré-la-Rochette, puis s'installe à Tours, fuyant Paris et les milieux littéraires. Le livre est publié en 1976.

À la fin de l'année, il se met à écrire un roman, transposition romancée de son histoire de l'été 1973 : la rédaction de Quand mourut Jonathan lui prend une longue année qu'il passe reclus dans le Loir-et-Cher. Ses contacts avec Lindon sont uniquement épistolaires. Durant la même période, il écrit des poèmes en prose, de courtes nouvelles recueillis aux Éditions Fata Morgana en 1978 dans deux ouvrages : District et Les Petits Métiers.

L'estime critique ne permet cependant pas à Duvert d'atteindre le succès qu'il escomptait avec son prix Médicis ; il décide alors d'écrire un roman qui reprendrait ses thèmes de prédilection tout en étant moins pornographique et en présentant une facture stylistique absolument classique afin de sensibiliser à ses idées un public qu'il espère plus large possible. Paru en mars 1979, L'Île Atlantique « suscite des articles dithyrambiques » de Bertrand Poirot-Delpech, François Nourissier ou Madeleine Chapsal, et le livre se vend effectivement « un peu mieux » que les précédents.

À la fin des années 1970, Duvert est présent dans la presse (il écrit des grilles de mots croisés pour Gai Pied, est interviewé par Libération), et dans les librairies : en 1980, l'essai L'Enfant au masculin, dans lequel il dénonce le rejet toujours persistant de la pédophilie et critique ce qu'il appelle « l'hétérocratie », constitue sa cinquième publication en trois ans. Il continue cependant à vivre à Tours, ne séjournant brièvement à Paris qu'en de rares occasions.

Malgré cet intérêt pour son travail, Duvert se renferme de plus en plus. Après L'Île Atlantique, il s'attaque au roman de genre avec Un anneau d'argent à l'oreille, inspiré par le roman policier mais toujours très critique envers la société adulte. Persuadé que Lindon n'aime pas ce livre, Duvert est déçu de l'accueil fait par la presse. Le critique du Figaro Michel Nuridsany y voit pourtant « un tournant » dans l'oeuvre de celui « que l'on s'accorde à considérer comme l'un des meilleurs écrivains de sa génération ».

Le repli de Duvert s'aggrave, il s'enfonce dans le refus de tout rôle social et dans la paranoïa. Les rencontres avec ses amis ou les réponses à leurs lettres, même les plus proches comme Michel Longuet ou Jean-Pierre Tison, s'espacent de plus en plus. Il se lance dans un projet autobiographique, La Ronde de nuit, qui n'aboutit pas, bien que Lindon ait reçu quelques chapitres. À la fin des années 1980, malgré l'extrême patience de son propriétaire, Duvert ne peut plus payer le loyer de son appartement, après plusieurs années déjà passées sans chauffage ni téléphone. Il se retire alors auprès de sa mère à Thoré-la-Rochette. En 1988, lorsque L'Île Atlantique est édité en poche au Seuil, François Nourissier regrette dans Le Monde la disparition littéraire de Duvert. En 1989, il sort pourtant un recueil d'aphorismes, Abécédaire malveillant, qui est mal accueilli par la critique, Le Figaro excepté. Jérôme Garcin, dans L'Événement du jeudi, y voit « l'ultime pochade fielleuse d'un soixante-huitard attardé dans les WC à la turque de la fac de Vincennes où les murs amochés supportent encore les graffitis obscènes et les tags colériques d'une révolte désormais désuète ». Tony Duvert ne publie plus rien ensuite.

En 1996, la mère de Duvert meurt. Il la fait incinérer sans cérémonie. Il vit absolument seul, ne sortant que le soir ou pour faire ses courses en taxi. Il n'a pas de contacts avec ses voisins et passe pour une sorte de fou qui lit à haute voix des textes qu'il détruit aussitôt. Bien qu'oubliée, son oeuvre influence cependant encore à la fin des années 1980 quelques auteurs des Éditions de Minuit, comme Eugène Savitzkaya, Hervé Guibert et Mathieu Lindon ou plus récemment Gilles Sebhan.

En 2005, Gérard Mordillat adapte pour Arte L'Île Atlantique, sans que Duvert n'intervienne d'aucune manière dans le processus, sinon pour donner son aval à l'éditeur, car il a toujours besoin d'argent. À la suite de la diffusion du téléfilm en décembre 2005, Livres-Hebdo rappelle qu'on voyait en Duvert « un auteur essentiel », potentiellement « le plus grand écrivain de sa génération ». Dans la foulée, L'Île Atlantique est réédité en poche chez Minuit, mais Duvert ne réapparaît pas. En février 2008, Jean-Pierre Tison serait la dernière personne à avoir reçu des nouvelles de l'écrivain.

Le corps de Tony Duvert est retrouvé à son domicile le 20 août 2008, plusieurs semaines après son décès, dans un état de décomposition avancée. Sa mort remonterait à début juillet. On retrouve dans la maison des images pédopornographiques (David Caviglioli, critique au Nouvel Observateur, y voit le « terminus répugnant d'une impasse sexuelle et morale dans laquelle même la littérature s'est perdue » ) et on parle de manuscrits inédits mais selon son frère Alain, Tony Duvert, très démuni, n'a « laissé que des dettes » et pas le moindre écrit. Peu après l'annonce de sa mort, les nécrologies sont dans leur majorité élogieuses, formant selon René de Ceccatty « un curieux requiem consensuel ».

Source : fr.wikipedia.org  

Tombe

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Citations

Les meilleures citations de Tony Duvert.

Les censures faiblissent, les interdits craquent. On ne sait plus à quelle répression se vouer pour être heureux.
Le bonheur, quant à lui, est un sommeil éternel. Rien de plus légitime que de le protéger contre les malades atteints d'insomnie.
Chaque année, j'ai un an de moins que l'année d'après. Dieu sait comment ça va finir.

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Fiche d'identité

Identité

  • Nom complet : --
  • Nationalité (à sa mort) : Française Drapeau francais
  • Nationalité (à sa naissance) : --
  • Sexe : Masculin

Domaines d'activité

Noms

  • Nom usuel : Tony Duvert
  • Nom complet : --
  • Prénom : Tony
  • Noms dans d'autres langues : --
  • Homonymes : 0 (aucun)
  • Nom de famille : Duvert
  • Pseudonyme : --
  • Surnom : --
  • Erreurs d'écriture : --

Naissance

  • Signe astrologique du zodiaque : --
  • Signe astrologique chinois : --

Décès

  • Âge de mort : 63 ans
  • Cause de mort : --

Obsèques

  • Date des obsèques : --
  • Lieu de sépulture : --
  • Type de funérailles : --

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