Politicien et terroriste islamiste palestinien, connu pour avoir été le chef du Hamas dans la bande de Gaza et l'un des membres fondateurs de son appareil de sécurité, considéré par Israël comme le cerveau des attaques du 7 octobre 2023, l'opération la plus meurtrière de l'histoire de l'État hébreu.
Palestinien, né le 29 octobre 1962 et mort le 16 octobre 2024
Enterré (où exactement ?).
Yahya Sinwar ou Sinouar, né le 29 octobre 1962 dans le camp de réfugiés de Khan Younès — dans la bande de Gaza occupée par l’Égypte en 1962 — et mort le 16 octobre 2024 à Rafah, est un homme politique et terroriste indépendantiste et islamiste palestinien. Célèbre pour avoir été le chef du Hamas dans la bande de Gaza et l'un des membres fondateurs de son appareil de sécurité. Il a acquis une réputation d'homme implacable en traquant et en exécutant les Palestiniens soupçonnés de collaboration avec Israël, ce qui lui a valu le surnom de « Boucher de Khan Younès ». Après avoir passé 22 ans dans les prisons israéliennes, il est devenu une figure de proue du mouvement après sa libération en 2011 lors de l'échange de prisonniers lié à Gilad Shalit. Il est considéré par Israël comme le cerveau des attaques du 7 octobre 2023, l'opération la plus meurtrière de l'histoire de l'État hébreu. Enfin, sa mort au combat en octobre 2024, à Rafah, a marqué la fin de l'un des dirigeants les plus radicaux et les plus influents du conflit israélo-palestinien.
La famille de Sinwar est originaire d'Al-Majdal Asqalan (aujourd'hui Ashkelon, en Israël). Lors de la guerre de 1948, ses parents fuient leur terre natale pour s'installer dans la précarité du camp de Khan Younès. C'est dans cet environnement de dénuement et de ressentiment que Yahya Sinwar grandit. Très tôt, il s'imprègne de l'idéologie des Frères musulmans, qui commence à s'implanter solidement dans la bande de Gaza sous l'impulsion de Cheikh Ahmed Yassine.
Après ses études secondaires, il intègre l'Université islamique de Gaza, où il obtient un diplôme en langue arabe. C'est durant ses années universitaires qu'il peaufine son activisme politique. Il dirige le bloc étudiant islamiste, une pépinière pour les futurs cadres du Hamas. À cette époque, le mouvement n'est pas encore officiellement structuré comme une organisation combattante, mais Sinwar se distingue déjà par sa rigueur doctrinale et son obsession pour la sécurité intérieure.
En 1987, alors que la première Intifada éclate, le Hamas est officiellement fondé. Sinwar joue un rôle crucial dans la structuration du mouvement en créant l'appareil de sécurité interne, connu sous le nom d'Al-Majd (la Gloire). Sa mission est double : traquer les espions palestiniens collaborant avec Israël et veiller à la moralité islamique au sein de la société gazaouie.
C’est durant cette période qu’il acquiert son surnom de « Boucher de Khan Younès ». Sa méthode est brutale. Il n’hésite pas à exécuter de ses propres mains ceux qu’il considère comme des traîtres. Cette réputation d'homme de fer, impitoyable et austère, le suivra toute sa vie. Pour Sinwar, la survie de la résistance passe avant tout par la purification des rangs internes.
En 1988, il est arrêté par les forces de sécurité israéliennes. Un an plus tard, il est condamné à quatre peines de prison à perpétuité pour le meurtre de Palestiniens soupçonnés de collaboration et pour l’enlèvement et le meurtre de deux soldats israéliens. Il passera 22 ans derrière les barreaux.
Loin de briser sa volonté, la prison devient pour lui une « académie ». Sinwar utilise ce temps pour étudier son ennemi. Il apprend l'hébreu couramment, lit les journaux israéliens et étudie la psychologie des dirigeants sionistes. Il devient le chef incontesté des prisonniers du Hamas, gérant les tensions avec l'administration pénitentiaire et maintenant une discipline de fer parmi les détenus.
En 2008, alors qu'il est en détention, on lui diagnostique une tumeur cérébrale. Il est opéré par des médecins israéliens qui lui sauvent la vie, un fait souvent rappelé par les observateurs pour souligner l'ironie tragique de son destin. Malgré cet épisode, sa détermination ne faiblit pas. Il reste l'architecte de l'ombre de nombreuses décisions du Hamas prises à l'extérieur, communiquant par des messages cryptés.
Le tournant majeur survient en 2011. Dans le cadre de l'accord d'échange de prisonniers pour la libération du soldat franco-israélien Gilad Shalit, Israël libère plus de 1 000 prisonniers palestiniens. Yahya Sinwar est le nom le plus éminent de cette liste. De retour à Gaza, il est accueilli en héros.
Son intégration dans la direction politique du Hamas est immédiate. Il fait le pont entre l'aile politique, basée à l'époque en partie à l'étranger, et l'aile militaire, les Brigades Izz al-Din al-Qassam, dirigées par Mohammed Deif. En 2017, il est élu chef du Hamas dans la bande de Gaza, succédant à Ismaïl Haniyeh.
Sous sa direction, le Hamas change de visage. Sinwar privilégie une approche de « résistance populaire » mêlée à une menace militaire constante. Il est l'instigateur des « Marches du Retour » en 2018-2019, des manifestations massives le long de la clôture de séparation avec Israël qui visent à briser le blocus imposé à Gaza. Simultanément, il renforce les capacités de l'arsenal du Hamas, misant sur la production locale de roquettes et la construction d'un réseau de tunnels souterrains complexe, surnommé le « métro de Gaza ».
Yahya Sinwar est décrit par ceux qui l'ont côtoyé comme un homme ascétique, peu intéressé par le luxe, contrairement à d'autres dirigeants du mouvement. Il vit au cœur de Gaza, se déplace souvent à pied et cultive une image de proximité avec la souffrance des habitants. Cependant, derrière cette image de leader populaire se cache un stratège froid.
Il comprend que pour peser face à Israël, le Hamas doit sortir de la simple gestion administrative de Gaza. Il renforce l'axe de la résistance, se rapprochant de l'Iran et du Hezbollah libanais, malgré les divergences religieuses. Pour lui, la libération de la Palestine est un processus global qui nécessite de saturer les systèmes de défense israéliens.
Le 7 octobre 2023 marque le sommet de sa stratégie et, simultanément, le début de sa fin. Sinwar est considéré par Israël comme le cerveau de l'attaque « Déluge d'Al-Aqsa », l'assaut le plus meurtrier de l'histoire de l'État hébreu. Cette opération, d'une brutalité sans précédent, visait à briser le statu quo, à remettre la question palestinienne au centre des préoccupations mondiales et à obtenir la libération des prisonniers restants par la prise d'otages.
À la suite de ces attaques, Sinwar devient l'homme le plus recherché au monde. Israël lance une offensive massive sur Gaza avec pour objectif déclaré son élimination. Il disparaît dans les profondeurs des tunnels, dirigeant la résistance pendant des mois de guerre urbaine dévastatrice.
Yahya Sinwar est mort le mercredi 16 octobre 2024, à l'âge de 61 ans, assassiné par arme à feu, à Rafah (Palestine). Contrairement à ce que prédisaient de nombreux services de renseignement, il n'est pas tué dans une opération spéciale ciblée au fond d'un bunker, entouré d'otages. Il est abattu par une patrouille de routine de l'armée israélienne à Rafah. Les images de ses derniers instants, le montrant blessé, masqué, lançant un morceau de bois vers un drone avant de succomber, ont fait le tour du monde. La mort de Yahya Sinwar laisse un vide immense au sein du Hamas et soulève des questions cruciales sur l'avenir de la bande de Gaza. Pour ses partisans, il reste un martyr qui a défié la puissance technologique israélienne avec des moyens rudimentaires. Pour ses détracteurs, il est l'homme qui a sacrifié la population de Gaza et ruiné le territoire pour une vision idéologique radicale et suicidaire.
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