Pascal Paoli

 
Pascal Paoli
1725 - 1807
 

Amiral corse, l'une des figures emblématiques de l'identité corse contemporaine.

Nationalité française Francais, né le 5 avril 1725 et mort le 5 février 1807

81 ans Mort à l'âge de 81 ans (de quoi ?).

Il n'existe aucune sépulture (???).




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Biographie

Pascal Paoli (en corse et en italien, Pasquale de Paoli) (Morosaglia, 5 avril 1725 - Londres, 5 février 1807) est un homme politique, philosophe et amiral corse.

La rébellion de la Corse (1729-1743) et le Gouvernement national du Royaume de Corse (1755-1769) fondent une large partie de l'identité corse d'aujourd'hui. Pascal Paoli est l'une des figures emblématiques de cette période, la plus connue de toutes. Contraint de suivre son père Hyacinthe en exil à l'âge de 15 ans, il part pour Naples avec lui (1740). De retour en Corse en 1755, il perd l'ultime bataille qui l'oppose à l'armée royale française en 1769. Il aura vécu en Corse moins de trente ans, pour 15 ans à Naples, et 40 ans en Grande-Bretagne. Mais sa personnalité et son action intéressent bien au-delà des seuls Corses ou des historiens. Avec un fort attachement à son île natale et à sa culture, Pascal Paoli est une figure inscrite dans son temps, un homme des Lumières qui a tissé des relations d'amitié ou épistolaires à travers toute l'Europe.

Ainsi, Pascal Paoli fut à la fois un général corse, le chef de la Nation corse indépendante, un démocrate, un patriote et un homme des Lumières.

La mère de Pascal Paoli, Dionisa Valentini, avait été initialement mariée à un cousin Valentini. Compromis dans une rixe, Hyacinthe se trouvait hors de Corse. En 1710, après sept ans d'absence, Hyacinthe a réussi à faire casser le mariage et a ainsi pu épouser la future mère de Pascal qui n'avait pas eu d'enfants. Pascal Paoli (Filippu Antone Pasquale de Paoli) est le fils de Hyacinthe Paoli (Ghjacintu de Paoli) et de Diunisa née Valentini, nommé conjointement avec plusieurs notables corses chef de la nation avant et depuis le départ du roi Théodore de Neuhoff. Il naît dans le hameau dit « a Stretta » du village de Merusaglia, dans une Corse alors sous domination génoise. Dans ses jeunes années, il suit de bonnes études au couvent des Observantins du Rostino. À noter que Hyacinthe avait rejoint les rebelles corses quelques mois après le début de la rébellion de 1729 (en janvier 1730).

En 1739, Hyacinthe Paoli, contraint par les Génois de quitter la Corse secouée par des troubles depuis 1729, choisit de se réfugier à Naples. Il emmène avec lui le plus jeune de ses fils, Pascal, âgé de 14 ans.

Au contact de Théodore de Neuhoff, de Giafferi et de son père, Pascal va dès son jeune âge avoir un aperçu de la culture européenne qui suit l'absolutisme des rois tels que Louis XIV. Par l'intermédiaire de Neuhoff, les Paoli seront mis en relation avec les Franc-maçons. C'est aussi en Italie, et plus particulièrement à Naples, que Paoli recevra une partie de sa formation. Il est élève à l'École militaire de Naples et devient cadet dans les troupes corses du Royaume des Deux-Siciles. C'est au sein du Royal Corsica commandé par le colonel Simone de Fabiani que naquit la profonde inimitié qu'entretinrent les Paoli et les Fabiani au cours du reste du XVIIIe siècle. Il débute par la suite une carrière dans le régiment royal de Farnèse et porte un regard attentif dans le même temps sur les évènements qui se déroulent en Corse et la révolte d'une partie de la paysannerie appuyée sur les notables contre le pouvoir génois.

Durant cette période, il suit l'enseignement d'Antonio Genovesi, titulaire de la première chaire européenne d'économie politique, qui, humaniste, place au premier plan de la légitimité du pouvoir l'intérêt du peuple et prône la séparation du spirituel et du temporel. En économie, Antonio Genovesi insiste sur le commerce international comme source de richesse et valorise en particulier le travail, conceptions qui seront plus tard appliquées par Pascal Paoli.

Le jeune Paoli est aussi un grand lecteur de Montesquieu, dont il se fait expédier De l'Esprit des lois par son père, et des penseurs britanniques de l'époque. Mais il fait également preuve de curiosité scientifique et suit les cours de l'Académie royale d'artillerie.

Lors de la consulte qui se réunit au couvent Saint-François de Caccia, le 20 avril 1755, il est appelé par les principaux chefs corses révoltés contre Gênes.

La guerre que la République de Gênes continuait de mener contre la Corse était à son apogée, et les représentants de la nation allaient délibérer sur les chefs qu'ils devaient nommer pour guider le pays dans cette lutte vitale. Paoli se rendit à l'Assemblée comme député de Morosaglia pour prendre la tête de l'insurrection pour l'indépendance de la Corse. Il y fut élu ce même 20 avril 1755 général en chef de la nation corse.

Mariu Emmanuele Matra qui était à la tête d'un parti important dans les pieve de Fiumorbu, Castellu, Rogna, Alisgiani, Serra et Verde, aspirait également au généralat. s'y oppose et propose sa candidature.

Au cours d'une consulte qui se tient au Couvent Saint-Antoine de la Casabianca (Sant'Antone di a Casabianca) les 13, 14 et 15 juillet suivants, l'élection de Paoli est confirmée le 14. Le lendemain de son élection, il est proclamé général en chef de la nation et général du « Royaume de Corse ».

Paoli reçoit la nouvelle chez lui à Morosaglia, où il avait préféré demeurer, s'abstenant de participer à la consulte pour laisser aux députés la liberté de parlementer hors de sa présence.

Écarté par la consulte, Mariu Emanuellu Matra se fait proclamer général à Alisgiani le 10 août 1755. Avec un corps de partisans, il marche contre Paoli.

Le 27 mars 1757, Pascal Paoli, accompagné de peu de troupes, est surpris dans le Boziu par Matra. Il se réfugie dans le couvent d'Alandu. Le 28 mars, alors que les hommes de Matra forcent l'entrée du couvent, Clemente Paoli arrive au secours de son frère et oblige les assaillants à se retirer. Mariu Emanuellu Matra est tué.

En même temps, Pascal Paoli met en oeuvre un plan réfléchi de modernisation de l'île en lui donnant une constitution (constitution corse), adoptée en 1755 au couvent de Caccia et retouchée à plusieurs reprises par la suite. Synthèse de traditions institutionnelles locales et des différents statuts que Gênes a appliqués à la Corse, l'acte constitutionnel y affirme la souveraineté populaire dans le préambule et reconnaît le droit de vote aux personnes de plus de 25 ans, dont les femmes (veuves ou célibataires), chargées d'élire, au niveau des Consultes communales, les délégués de la Diète, qui détient le pouvoir législatif et élit elle-même un conseil d'État, présidé par le général en chef, et un Sindaco chargé de veiller au bon fonctionnement de l'administration et de contrôler les magistrats.

Il s'agit d'une « démocratie de notables » pour Pierre Antonetti, d'une « dictature de salut public tempérée par l'influence des notables » pour Fernand Ettori, de l'oeuvre « d'un homme d'action plus que d'un législateur » pour Francis Pomponi : le vote est en fait réservé aux seuls chefs de famille dans les communautés villageoises ; le suffrage universel est remplacé en 1764 par le suffrage indirect; la souveraineté populaire est contrebalancée par les prérogatives de Paoli, qui peut convoquer aux séances de la Diète des personnes non élues et réunir des Consultes particuliers; l'institution du généralat à vie restreint le système démocratique; la Diète n'est réunie qu'une à deux fois par an pour des durées très courtes (deux à trois jours) ; au sein de cette Diète siègent, à côté des élus, des membres de droit: ecclésiastiques, anciens magistrats, frères et fils de ceux qui sont « morts pour la patrie » et « patriotes zélés et éclairés »; un doit de veto suspensif est reconnu en 1764 au conseil d'État sur les décisions de la Diète ; les principali dominent la vie publique et concentrent la réalité du pouvoir (podestats, pères du commun, conseillers d'État, juges, etc.). Par ailleurs, en raison des importants pouvoirs détenus par le Conseil d'État et Paoli en matière de justice, la séparation entre exécutif et judiciaire laisse la place à une confusion.

Toutefois, la Corse apparaît alors, aux yeux des philosophes, notamment Rousseau et Voltaire, comme le premier État démocratique de l'Europe des lumières et, Paoli comme un « despote éclairé ».

Sur le plan économique, Paoli introduit en Corse la pomme de terre dès 1756, fonde L'Île-Rousse (1758-1765) dans le but de concurrencer les présides génois d'Algajola et de Calvi, et fait battre monnaie à l'effigie de la nation corse à Murato (1762).

Une « imprimerie nationale » est créée à Campoloro où sont publiés les Ragguagli dell'Isola di Corsica, sorte de journal officiel Page d'aide sur l'homonymie. Il crée une marine de guerre et fait de Corte la capitale de la Nation corse où siège le gouvernement. Il bat une monnaie saine, et interdit la vendetta.

Le Royaume de France, désirant, pour des raisons stratégiques, se positionner en Méditerranée, trouve l'opportunité politique de s'implanter en Corse lorsque la République de Gênes, chassée de Corse et criblée de dettes, vient demander l'aide de Louis XV.

Aux termes du traité de Versailles, signé le 15 mai 1768, la France prête deux millions de livres à Gênes, qui donne en garantie la Corse, qu'elle ne possède plus.

Ayant eu connaissance du traité de Versailles, Paoli réunit une consulte le 22 mai à Corte, à l'occasion de laquelle il déclare : « Jamais peuple n'a essuyé un outrage plus sanglant [...] On ne sait pas trop qui l'on doit détester le plus de celui qui nous vend ou de celui qui nous achète [...] Confondons les dans notre haine puisqu'ils nous traitent avec un égal mépris. »

Bien décidés à défendre leur indépendance, les forces paolistes remportent plusieurs victoires face aux troupes françaises, la plus célèbre étant celle de Borgu, le 5 octobre 1768, où les armées de France doivent battre en retraite devant les régiments corses. Mais, fortes de quelque 20 000 soldats, les troupes de Louis XV remportent une victoire décisive le 9 mai 1769 à Ponte Novu.

Les troupes corses mises en déroute, Paoli, contraint à l'exil, quitte la Corse. Il est successivement reçu par le grand-duc de Toscane, par l'Empereur, le stathouder des Pays-Bas, avant d'être reçu et accueilli par le roi de Grande-Bretagne le 13 juin 1769. La Corse perd du même coup son indépendance et voit les citoyens de sa démocratie passer au rang de sujets de Louis XV.

La victoire militaire des Français et l'exil de Paoli ne signifient pas pour autant que la Corse soit conquise. Les nombreuses insurrections qui éclatent dans l'île sont réprimées.

Paoli part en exil avec 500 ou 600 de ses partisans. Embarqué à destination de la Grande-Bretagne, il se fait acclamer à son passage par ses admirateurs d'Italie et de Grande-Bretagne, en passant par l'Autriche ou encore les Pays-Bas. Son combat est en effet devenu célèbre à travers l'Europe grâce au récit de voyage du Britannique James Boswell, An account of Corsica : the journal of a tour to that island and memoirs of Pascal Paoli (1768).

Après un exil de vingt ans, il se rallie à la Révolution française. Rappelé en 1790 dans sa patrie, son voyage de Paris en Corse est une véritable marche triomphale ; il est accueilli en particulier par Lafayette. Il est reçu le 22 avril 1790 par l'Assemblée nationale puis, le 26, par le club des Jacobins, alors présidé par Robespierre, qui l'admet à l'unanimité en son sein. Louis XVI le nomme alors lieutenant-général et commandant de l'île. Il débarque le 14 juillet 1790 à Macinaggio pour son retour en Corse, où il est accueilli triomphalement par la population.

Cependant, les relations entre Paoli et la Convention se ternissent, notamment à la suite de l'échec de l'expédition de Sardaigne et les manigances de Pozzo di Borgo, homme lige de Paoli. Il contrôle de plus en plus le directoire de Corse et met des hommes qui lui sont proches. À la suite de la défection de Dumouriez, la Convention ordonne le 2 avril 1793 l'arrestation de Paoli, dont le pouvoir était contesté et les tractations avec l'Angleterre suspectées, et le déclare « traître à la République française ».

Ce qui n'est pas sans fond de vérité. Pascal Paoli, contrairement à ce qu'on voudrait laisser supposer de nos jours, n'est pas hostile à la France. Il a été opposé au Royaume de France qui ne respectait pas les libertés de ses sujets, mais de 1790 à 1793, il trouve que les droits accordés au peuple par la Révolution Française ressemblent grandement à ses principes. Mais, la Révolution va se dévoyer et devenir intolérante et extrême. La Loge des Francs-maçons de Bastia est dévastée, puis ce bel idéal démocratique sombre dans les ténèbres de la Terreur, loin des idéaux des Lumières. Il écrira alors : « La France de maintenant ce ne sont plus les idées de tolérance d'il y a trois ou quatre ans ». Alors, il va songer à faire sortir la Corse de cette folie meurtrière en regardant du côté d'une monarchie parlementaire, l'Angleterre, où il compte des amis franc-maçons.

En réponse, Paoli enclenche une épuration des opposants à son autorité (notamment la famille Bonaparte) et prend le contrôle d'une grande partie de l'île. Une Consulte générale se réunit à Corte le 10 juin 1794, dont on peut douter de l'aspect démocratique (des partisans de Paoli ont empêché les opposants de venir voter). Entièrement entre ses mains, celle-ci l'élève au rang de Babbu di a Patria (« Père de la Patrie »), et ses représentants jurent fidélité au roi de Grande-Bretagne et à la constitution que ce prince a offerte, qui établit un Parlement et un vice-roi. Le rapprochement avec la Grande-Bretagne s'accélère pour chasser les partisans de la Terreur en Corse et fonder un royaume anglo-corse. Paoli s'adresse officiellement à la Grande-Bretagne, dont le gouvernement, saisissant avec empressement une semblable occasion d'augmenter ses possessions, envoie aussitôt dans la Méditerranée une flotte sous le commandement de l'amiral Hood, avec ordre de s'emparer de la Corse. Les forces françaises qui se trouvent dans l'île sont en trop petit nombre et désorganisées par les purges révolutionnaires pour pouvoir résister longtemps. Les villes maritimes ont beaucoup à souffrir. Calvi surtout se fait remarquer par sa résistance à l'occupation anglaise et est entièrement ruinée. Paoli use de tout son pouvoir pour imposer le passage de l'île sous domination britannique. L'ambition personnelle le motive également.

Écarté par les Britanniques du titre de vice-roi, Paoli, mécontent de la conduite que tiennent les Britanniques, se retire à Monticello. Toutefois, ses ennemis jugeant plus prudent de se débarrasser d'homme dont l'influence est encore assez grande pour faire perdre aux Britanniques tout ce qu'il leur a donné, le vice-roi, sir Gilbert Elliot, demande à son gouvernement de le rappeler en Grande-Bretagne.

Il quitte la Corse avec regret, mais résigné, et retourne à Londres pour un exil définitif, où il meurt le 5 février 1807, à l'âge de 81 ans. Il avait écrit qu'il voulait faire venir en France les petits-enfants de ses soeurs, élevés en Toscane : « Maintenant que la Corse appartient à l'entité française, il faudrait que mes petits-neveux viennent faire leurs études en France, parce que je voudrais qu'un jour ils puissent briller dans le monde et surtout défendre la mémoire de leur grand-oncle (c'est-à-dire lui), de leur arrière-grand-père (Hyacinthe) et pour redire ce que nous avons fait. »

Source : fr.wikipedia.org  

Tombe

Il n'existe pas de sépulture de Pascal Paoli.

Son corps a initialement reposé à l'abbaye de Westminster à Londres, jusqu'au transfert de ses cendres dans son village natal de Morosaglia, à l'initiative de Tito Franceschini-Pietri, son lointain neveu, secrétaire particulier de Napoléon III. Son cénotaphe est néanmoins resté à Westminster.

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Fiche d'identité

Identité

  • Nom complet : --
  • Nationalité (à sa mort) : Française Drapeau francais
  • Nationalité (à sa naissance) : --
  • Sexe : Masculin

Domaines d'activité

Noms

  • Nom usuel : Pascal Paoli
  • Nom complet : --
  • Prénom : Pascal
  • Noms dans d'autres langues : --
  • Homonymes : 0 (aucun)
  • Nom de famille : Paoli
  • Pseudonyme : --
  • Surnom : --
  • Erreurs d'écriture : Pasquale de Paoli, Pasquale Paoli

Naissance

  • Date de naissance : 5 avril 1725
  • Lieu de naissance : --
  • Signe astrologique du zodiaque : --
  • Signe astrologique chinois : --

Décès

  • Âge de mort : 81 ans
  • Cause de mort : --

Obsèques

  • Date des obsèques : --
  • Lieu de sépulture : Aucun
  • Type de funérailles : Enterrement (inhumation)

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