Réalisateur italien, figure majeure du cinéma érotique italien dont il est devenu le réalisateur le plus emblématique. Avant de se spécialiser dans cet univers libertin, il a marqué les années 1960 avec un cinéma avant-gardiste et libertaire inspiré par la Nouvelle Vague. Sa renommée repose également sur sa capacité à révéler de nombreuses comédiennes devenues des icônes populaires au fil de ses productions. Il a suscité de vives controverses culturelles et politiques en raison de son esthétique provocatrice qui défiait les tabous et la censure de son époque. Ses œuvres monumentales, à l'image du célèbre et houleux "Caligola" (1979), continuent de faire de lui un auteur culte du septième art.
Italien, né le 26 mars 1933 et mort le 4 novembre 2026
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Tinto Brass, né le 26 mars 1933 à Milan et mort le 4 novembre 2026 à Rome, est un réalisateur italien. Tinto Brass s'est fait connaître mondialement en tant que figure majeure du cinéma érotique italien, un genre dont il est devenu le réalisateur le plus emblématique. Avant de se spécialiser dans cet univers libertin, il a marqué les années 1960 avec un cinéma avant-gardiste et libertaire inspiré par la Nouvelle Vague. Sa renommée repose également sur sa capacité à révéler de nombreuses comédiennes devenues des icônes populaires au fil de ses productions. Il a suscité de vives controverses culturelles et politiques en raison de son esthétique provocatrice qui défiait les tabous et la censure de son époque. Ses œuvres monumentales, à l'image du célèbre et houleux "Caligola" (1979), continuent de faire de lui un auteur culte du septième art.
Giovanni Brass, dit Tinto Brass, naît le 26 mars 1933 à Milan, au sein d'une famille bourgeoise où se croisent l'art et le droit. Son grand-père, le peintre et collectionneur Italico Brass, lui donne très tôt le surnom de "Tinto" en référence au peintre vénitien Tintoret et à l'attrait précoce de l'enfant pour le dessin. Son père, Alessandro Brass, est un avocat pénaliste réputé de Venise, élève du juriste Francesco Carnelutti. Bien que né dans la capitale lombarde, Tinto Brass grandit à Venise. En 1951, il s'inscrit à la faculté de droit de l'université de Padoue, avant d'obtenir son transfert vers l'université de Ferrare, où il décroche son diplôme de droit en 1957 avec un mémoire consacré aux contrats de travail dans la production cinématographique.
Rattrapé par une passion dévorante pour le cinéma d'auteur, Tinto Brass délaisse la carrière juridique. À la fin des années 1950, il s'installe à Paris pour travailler pendant 2 ans comme archiviste et apprenti monteur à la Cinémathèque française auprès d'Henri Langlois. Cette période parisienne lui permet de se lier d'amitié avec les artisans de la Nouvelle Vague. De retour en Italie, il devient assistant réalisateur pour des figures majeures de l'époque. Il collabore avec Alberto Cavalcanti, assiste Joris Ivens sur le documentaire télévisé "L'Italia non è un paese povero" (1960) et travaille avec Roberto Rossellini sur le documentaire "L'India vista da Rossellini" (1959) ainsi que sur le long-métrage "Il generale Della Rovere" (1959).
Tinto Brass passe à la réalisation de son premier long-métrage avec "Chi lavora è perduto (In capo al mondo)" (1963). Le film propose une satire anarchiste et humoristique du malaise de la jeunesse face au travail et aux institutions. Censuré pour son ton anticonformiste, le réalisateur doit en modifier le titre original ("In capo al mondo") pour adopter un titre encore plus provocateur. En 1964, il réalise le document politique "Ça ira - Il fiume della rivolta" (1964), un montage d'archives sur les révolutions du début du 20e siècle, et participe au film à sketchs "La mia signora" (1964) en signant 2 segments aux côtés de Luigi Comencini et Mauro Bolognini. La même année, il dirige la comédie de science-fiction "Il disco volante" (1964) avec Alberto Sordi, puis s'essaie au western spaghetti avec "Yankee" (1966).
À partir de la fin des années 1960, Tinto Brass développe un style visuel très avant-gardiste, marqué par le montage rapide et le pop art. Il sort le thriller psychédélique "Col cuore in gola" (1967) avec Jean-Louis Trintignant, suivi de "L'urlo" (1968) et de "Nerosubianco" (1969). L'originalité formelle de "Nerosubianco" attire l'attention des studios étasuniens, et la société Warner Bros. lui propose d'adapter le roman "Arancia meccanica" ("Orange mécanique"). Tinto Brass refuse l'offre pour terminer le montage de "L'urlo", laissant la place à Stanley Kubrick. En 1970, il réalise "Dropout" (1970) puis "La vacanza" (1971), 2 drames iconoclastes interprétés par Franco Nero et Vanessa Redgrave. Parallèlement à son travail créatif, Tinto Brass s'engage politiquement à gauche : en 1971, il signe la lettre ouverte publiée dans le magazine "L'Espresso" contestant le commissaire Luigi Calabresi, et apporte son soutien au mouvement Lotta Continua.
Le milieu des années 1970 marque un tournant thématique décisif vers la représentation du pouvoir et de la sexualité. Tinto Brass réalise "Salon Kitty" (1976), un drame érotico-politique situé dans une maison de tolérance sous le IIIe Reich. Le succès commercial du film l'amène à diriger "Caligola" (1979), une fresque historique à très gros budget produite par le magazine Penthouse et Bob Guccione. Le tournage, réunissant Malcolm McDowell, Helen Mirren et Peter O'Toole, est marqué par de violents conflits créatifs entre le réalisateur et la production. Tinto Brass est dépossédé du montage final après l'ajout de scènes pornographiques non consenties et exige que son nom soit retiré du générique. En réaction à cette expérience difficile, il réalise "Action" (1980), une satire décalée et autobiographique sur le monde du cinéma et de la pornographie.
En 1983, Tinto Brass décide de se consacrer exclusivement au cinéma érotique grand public avec le film "La chiave" (1983). Adapté du roman de l'écrivain japonais Jun'ichirō Tanizaki et porté par Stefania Sandrelli, le long-métrage rencontre un immense succès au box-office étasunien et européen. Le film installe le réalisateur comme le chef de file incontesté de l'érotisme italien, tout en déclenchant de vives controverses auprès de la critique et des mouvements féministes. Il poursuit dans cette veine avec "Miranda" (1985), une réinterprétation de "La locandiera" de Carlo Goldoni révélant Serena Grandi, puis "Capriccio" (1987) avec Francesca Dellera. Après une brève parenthèse dans le genre noir avec "Snack Bar Budapest" (1988), adapté du roman de Marco Lodoli et Silvia Bre, il revient aux comédies d'effeuillage avec "Paprika" (1991), qui lance la carrière de Debora Caprioglio, et "Così fan tutte" (1992) avec Claudia Koll.
Durant les années 1990, Tinto Brass adapte l'écrivain Alberto Moravia dans "L'uomo che guarda" (1994), puis réalise la comédie épistolaire et métacinématographique "Fermo posta Tinto Brass" (1995), dans laquelle il joue son propre rôle, avant de tourner "Monella" (1998). En 1999, il parraine le projet "Corti circuiti erotici" (1999), une anthologie de 12 court-métrages érotiques réalisés par de jeunes auteurs. Au cours de la même période, il collabore activement à la rédaction de scénarios avec sa première épouse et partenaire artistique Carla Cipriani, avec qui il a eu 2 enfants, Beatrice et Bonifacio.
Au début du 21e siècle, Tinto Brass maintient sa production cinématographique avec "Tra(sgre)dire" (2000) et "Senso '45" (2002), une réécriture érotique de la nouvelle de Camillo Boito avec Anna Galiena dans le rôle principal. Il enchaîne avec le film à sketchs "Fallo!" (2003), puis "Monamour" (2005), sorti directement en vidéo. En 2006, la mort de son épouse Carla Cipriani marque une pause dans son activité. La même année, il publie un court essai intitule "Elogio del culo" (2006). En 2009, Tinto Brass présente à la 66e Mostra de Venise son court-métrage "Hotel Courbet" (2009), qui marque sa première collaboration avec la psychanalyste et comédienne Caterina Varzi.
En avril 2010, Tinto Brass subit une grave hémorragie cérébrale qui nécessite son hospitalisation en neurochirurgie à Vicence. Après une période de réhabilitation, il recouvre la santé. Sur le plan politique, il s'associe au Partito Radicale et se présente la même année aux élections régionales sur la liste Bonino-Pannella. En 2013, la 70e Mostra de Venise lui rend hommage avec la projection du film documentaire "Istintobrass" (2013), réalisé par Massimiliano Zanin et retraçant l'ensemble de sa carrière.
Le 3 août 2017, Tinto Brass épouse Caterina Varzi lors d'une cérémonie civile célébrée dans sa résidence de Rome. En septembre 2026, la 83e Mostra de Venise organise une projection spéciale de son film "Col cuore in gola" (1967) en ouverture du festival et lui décerne le prix Pietro Bianchi, attribué par le syndicat des journalistes cinématographiques italiens.
Tinto Brass est mort le mercredi 4 novembre 2026, à l'âge de 93 ans, d'une crise cardiaque, à Rome (Italie).
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