Réalisateur et scénariste français, célèbre pour avoir écrit et réalisé le film "Cousin, Cousine" (1975, prix Louis-Delluc en 1975 + 3 nominations aux Oscars en 1977). Il s'est également illustré en signant le scénario du film emblématique "Escalier C" (1985), portrait marquant d'une génération durant les années 1980. Pionnier de la critique et de la cinéphilie, il a participé en 1948 à la création du ciné-club d'avant-garde Objectif 49 aux côtés d'André Bazin et de Jean Cocteau. En tant que scénariste de cinéma et de télévision, il a contribué à l'écriture de plus de 20 films, dont les premières ébauches de "La Grande Vadrouille" (1966) aux côtés de Gérard Oury. Sa notoriété repose enfin sur son rôle institutionnel majeur comme président de la Cinémathèque française de 2001 à 2003.
Francais, né le 23 septembre 1925 et mort le 29 août 2026
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Jean-Charles Tacchella, né le 23 septembre 1925 à Cherbourg (Manche) et mort le 29 août 2024 à Versailles (Yvelines), est un scénariste et réalisateur français. Jean-Charles Tacchella est principalement célèbre pour avoir écrit et réalisé le film "Cousin, Cousine" (1975), un succès public majeur qui a remporté le prix Louis-Delluc en 1975 et décroché 3 nominations aux Oscars en 1977. Il s'est également illustré en signant le scénario du film emblématique "Escalier C" (1985), portrait marquant d'une génération durant les années 1980. Pionnier de la critique et de la cinéphilie, il a participé en 1948 à la création du ciné-club d'avant-garde Objectif 49 aux côtés d'André Bazin et de Jean Cocteau. En tant que scénariste de cinéma et de télévision, il a contribué à l'écriture de plus de 20 films, dont les premières ébauches de "La Grande Vadrouille" (1966) aux côtés de Gérard Oury. Sa notoriété repose enfin sur son rôle institutionnel majeur comme président de la Cinémathèque française de 2001 à 2003.
Jean-Charles Tacchella naît le 23 septembre 1925 à Cherbourg, dans le département de la Manche, au sein d'une famille d'origine génoise. Son père, agent maritime, l'emmène grandir à Marseille où le jeune garçon développe très tôt une passion dévorante pour le septième art, fréquentant assidûment les salles de cinéma de la ville. À la Libération de la France en 1944, alors âgé de 19 ans, il décide d'emménager à Paris pour se consacrer pleinement à cet univers. Il réussit rapidement à intégrer l'équipe de rédaction de la revue spécialisée L'Écran français. Au sein de cette publication majeure où collaborent des réalisateurs renommés comme Jean Renoir, Jacques Becker et Jean Grémillon, il se lie d'amitié avec André Bazin, Nino Frank, Roger Leenhardt et Alexandre Astruc. Durant cette période d'après-guerre, il noue également des liens étroits avec des figures internationales du cinéma telles qu'Erich von Stroheim, Anna Magnani et Vittorio De Sica. Avec son confrère Henri Colpi, il participe à la fondation du mensuel Ciné Digest.
L'engagement cinématographique du jeune journaliste prend une tournure historique en 1948 lorsqu'il fonde, aux côtés d'André Bazin, Jacques Doniol-Valcroze, Alexandre Astruc, Claude Mauriac, René Clément et Pierre Kast, le ciné-club d'avant-garde nommé Objectif 49, placé sous la présidence d'honneur de Jean Cocteau. Ce cercle de réflexion et de diffusion devient l'un des incubateurs intellectuels de ce qui deviendra plus tard la Nouvelle Vague. L'année suivante, en 1949, Objectif 49 organise à Biarritz le Festival du film maudit, considéré comme la première manifestation internationale dédiée au cinéma d'auteur. Toujours en 1949, il est engagé par le producteur Pierre Braunberger en tant que gagman et rédacteur anonyme de scénarios, travaillant notamment sur la mise en scène du film Demain il sera trop tard (1950) de Léonide Moguy. Il fait au même moment ses premiers pas dans le monde de la télévision naissante en imaginant l'un des tout premiers concepts d'émission avec participation directe du public, choisissant alors d'abandonner définitivement le journalisme écrit pour se focaliser sur l'écriture scénaristique.
Sur le plan personnel, il épouse en 1950 la comédienne Liliane Maigné. De cette union naissent deux fils : Xavier Tacchella en 1951, qui deviendra auteur, et Bertrand Tacchella en 1954, qui s'orientera vers la peinture. Le couple divorce en 1956, et il se remarie ultérieurement avec Ginette Mathieu.
Sa carrière d'auteur franchit un cap décisif au milieu des années 1950 lorsque le réalisateur Yves Ciampi fait appel à ses services pour concevoir plusieurs scénarios à grand spectacle. Il coécrit ainsi le drame Les héros sont fatigués (1955), porté par Yves Montand et María Félix, puis le film Typhon sur Nagasaki (1957) tourné au Japon avec Danielle Darrieux et Jean Marais. Entre 1955 et 1962, il s'impose comme l'un des scénaristes les plus prolifiques et demandés du cinéma français, signant une vingtaine de scripts pour de nombreux metteurs en scène établis. Il rédige la comédie populaire La loi, c'est la loi (1958) réalisée par Christian-Jaque avec Fernandel et Totò, puis collabore avec Michel Boisrond pour le film policier Voulez-vous danser avec moi ? (1959) interprété par Brigitte Bardot. Il participe également à l'écriture de Croquemitoufle (1959) de Claude Barma, des Honneurs de la guerre (1960) de Jean Dewever, ainsi que du film Le Voleur du Tibidabo (1964) dirigé et joué par Maurice Ronet. Sa plume s'associe à celle d'Alexandre Astruc pour le drame La Longue Marche (1966). Durant cette période, il entame une collaboration étroite avec Gérard Oury, coécrivant le film à sketchs Le crime ne paie pas (1962) et élaborant la toute première mouture du scénario qui deviendra plus tard le chef-d'œuvre comique La Grande Vadrouille (1966).
Au début des années 1960, éprouvant le désir croissant de mettre en scène ses propres histoires, il prend la décision d'interrompre temporairement son activité de scénariste de commande afin de se consacrer à l'écriture de projets de longs métrages qu'il entend réaliser lui-même. Cependant, la recherche de financements s'avère ardue et plusieurs de ses tentatives échouent successivement face aux réticences des producteurs. Pour maintenir une activité créative et subvenir à ses besoins, il se tourne vers l'écriture télévisuelle et théâtrale. Entre 1965 et 1966, il devient un feuilletoniste prolifique pour le petit écran en composant environ 40 heures de programmes télévisés, écrivant notamment la totalité des épisodes de la série populaire Vive la vie. En parallèle, il s'essaie à l'écriture dramatique pour le théâtre et voit 3 de ses pièces originales montées et jouées sur la scène du théâtre Mouffetard à Paris.
L'année 1969 marque le véritable tournant professionnel vers la réalisation. Il parvient enfin à tourner son premier court métrage professionnel intitulé Les Derniers Hivers (1970). Cette œuvre ambitieuse de 23 minutes rassemble une distribution impressionnante de 30 comédiens. Le court métrage rencontre un vif succès critique, obtenant en 1971 le prestigieux prix Jean-Vigo du court métrage, ce qui assoit immédiatement sa réputation de metteur en scène talentueux. Il poursuit dans cette voie en réalisant un second court métrage, Une belle journée (1972).
Fort de ces réussites au format court, il passe au long métrage en réalisant Voyage en Grande Tartarie (1973). Ce drame sombre et singulier met en vedette l'acteur suisse Jean-Luc Bideau et la comédienne québécoise Micheline Lanctôt. Si ce premier essai dans le long métrage aborde des thèmes graves avec une tonalité austère, le cinéaste choisit d'adopter un registre radicalement différent pour son projet suivant.
En 1975, il écrit et réalise Cousin, Cousine (1975), une comédie mœurs douce-amère qui explore les liens affectifs et l'adultère désinvolte au sein de la bourgeoisie française. Porté par Victor Lanoux, Marie-Christine Barrault, Marie-France Pisier et Guy Marchand, le film rencontre un succès retentissant auprès du public en France et accumule les distinctions. Il remporte le prix Louis-Delluc en 1975, puis reçoit 2 nominations lors de la 1e cérémonie des César en 1976, dans les catégories du meilleur film et du meilleur scénario original ou adaptation, tandis que le film obtient la Coquille d'argent du meilleur réalisateur au Festival international du film de San Sebastián en 1976. L'impact du film dépasse largement les frontières nationales et réalise un parcours commercial exceptionnel aux États-Unis. Il décroche 3 nominations lors de la 49e cérémonie des Oscars en 1977, concourant pour l'Oscar du meilleur film en langue étrangère, l'Oscar de la meilleure actrice pour Marie-Christine Barrault, et l'Oscar du meilleur scénario original. Cet engouement américain inédit conduira Hollywood à en produire un remake américain officiel intitulé Cousins (1989), réalisé par Joel Schumacher.
Au cours des années suivantes, il affine son style cinématographique caractérisé par un regard tendre, humaniste et légèrement libertaire sur les relations amoureuses et les dynamiques de groupe. Il réalise Le Pays bleu (1977), comédie champêtre interprétée par Brigitte Fossey et Jacques Serres, qui poursuit l'exploration de la quête de liberté individuelle. Il enchaîne avec Il y a longtemps que je t'aime (1979), réagissant à nouveau aux fluctuations sentimentales de ses contemporains en mettant en scène Jean Carmet et Marie Dubois. Il clôt cette veine cinématographique au début de la décennie suivante en dirigant Croque la vie (1981), dont il signe également le scénario, réunissant un trio d'acteurs composé de Brigitte Fossey, Bernard Giraudeau et Carole Laure.
Parallèlement à ses tournages, son érudition et sa connaissance encyclopédique du patrimoine cinématographique le mènent à s'engager activement dans les institutions culturelles. Il est nommé membre du conseil d'administration de la Cinémathèque française en 1981, un mandat qu'il conservera pendant deux décennies.
En 1984, il adapte le roman éponyme d'Elvire Murail pour réaliser Escalier C (1985). Ce film choral dresse le portrait croisé des habitants d'un immeuble parisien et devient l'un de ses plus grands succès critiques et populaires de la décennie. Le comédien Robin Renucci y incarne Forster Lafont, un critique d'art cynique et solitaire dont le parcours personnel résonne comme le témoignage d'une génération en quête de sens dans les années 1980. Le rôle vaut à son interprète principal une nomination au César du meilleur acteur lors de la 11e cérémonie des César en 1986. Poursuivant sa réflexion sur la jeunesse et la passion de l'art, il réalise ensuite Travelling avant (1987), une œuvre nostalgique retraçant le parcours de jeunes cinéphiles tentant de monter leur propre ciné-club dans le Paris de l'après-guerre, faisant directement écho à ses propres souvenirs de jeunesse. La même année, il réalise pour la télévision l'épisode Cour d'assises (1987), diffusé dans le cadre de la série anthologique L'Heure Simenon.
À la fin de la décennie, il collabore avec l'historien du cinéma Roger Thérond pour publier l'ouvrage Les Années éblouissantes : Le cinéma qu'on aime, 1945-1952 (1988) aux éditions Filipacchi, retraçant l'effervescence cinématographique parisienne qu'il a vécue à ses débuts.
Il aborde les années 1990 avec le long métrage historique Dames galantes (1990), une comédie picaresque inspirée des écrits de Brantôme, où il dirige Richard Bohringer, Isabella Rossellini et Laura Morante. Il réalise ensuite L'Homme de ma vie (1992), comédie romantique portée par Maria de Medeiros et Thierry Lhermitte, puis Tous les jours dimanche (1994), une coproduction internationale réunissant un casting composé de Rod Steiger, Thierry Lhermitte et Michel Boujenah. Au terme de cette période, il met en scène ce qui deviendra son ultime long métrage pour le cinéma, Les Gens qui s'aiment (2000), interprété par Richard Berry, Jacqueline Bisset et Julie Gayet.
L'entrée dans le nouveau millénaire marque une étape importante dans son engagement institutionnel pour la préservation des œuvres filmées. Il est élu président de la Cinémathèque française en 2001, succédant à cette fonction jusqu'en 2003, date à laquelle il est nommé président d'honneur de l'institution, un titre de prestige qu'il conservera jusqu'à la fin de sa vie.
Bien qu'éloigné des plateaux de cinéma, il effectue un dernier retour à la réalisation pour la télévision en mettant en scène le téléfilm Contes et nouvelles du XIXe siècle : L'Écornifleur (2010), adapté de l'œuvre de Jules Renard. En 2017, il publie ses Mémoires aux éditions Séguier, retraçant plus de 7 décennies de passion pour le cinéma, de rencontres artistiques et de créations scénaristiques.
Jean-Charles Tacchella est mort le samedi 29 août 2024, à l'âge de 98 ans, durant son sommeil, à son domicile situé à Versailles dans les Yvelines (France). Il est inhumé au cimetière de Roussillon dans le département du Vaucluse.
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