Politicien syrien, vice-président de Syrie de 1984 à 1998, frère cadet de l'ancien président syrien Hafez al-Assad, il a longtemps été l'un des piliers du régime avant de tomber en disgrâce après une tentative de coup d'État manquée en 1984. Il est tristement célèbre pour son rôle présumé dans le massacre de Hama en 1982, où il a dirigé la répression sanglante d'une insurrection islamiste, ce qui lui a valu le surnom de « boucher de Hama ». Après avoir été contraint à l'exil en Europe pendant plus de 30 ans, il a mené une vie de luxe entre la France, l'Espagne et le Royaume-Uni. En 2020, la justice française l'a condamné à 4 ans de prison pour blanchiment de fonds publics syriens et détournement de biens sociaux, ordonnant la saisie de son immense patrimoine immobilier. Il a finalement regagné la Syrie en 2021 pour échapper à sa peine de prison, marquant son retour définitif auprès de sa famille au pouvoir. Il fut accusé de crimes contre l'humanité et de crimes de guerre, bien qu'il soit mort avant d'avoir pu être jugé pour ces faits.
Syrien, né le 22 août 1937 et mort le 20 janvier 2026
Enterré (où exactement ?).
Rifaat al-Assad, né le 22 août 1937 à Qardaha (Syrie mandataire) et mort le 20 janvier 2026 à Dubaï (Émirats arabes unis), est un homme d'État syrien, vice-président de Syrie de 1984 à 1998. Frère cadet de l'ancien président syrien Hafez al-Assad, il a longtemps été l'un des piliers du régime avant de tomber en disgrâce après une tentative de coup d'État manquée en 1984. Il est surtout tristement célèbre pour son rôle présumé dans le massacre de Hama en 1982, où il a dirigé la répression sanglante d'une insurrection islamiste, ce qui lui a valu le surnom de « boucher de Hama ». Après avoir été contraint à l'exil en Europe pendant plus de 30 ans, il a mené une vie de luxe entre la France, l'Espagne et le Royaume-Uni. En 2020, la justice française l'a condamné à 4 ans de prison pour blanchiment de fonds publics syriens et détournement de biens sociaux, ordonnant la saisie de son immense patrimoine immobilier. Il a finalement regagné la Syrie en 2021 pour échapper à sa peine de prison, marquant son retour définitif auprès de sa famille au pouvoir. Il fut accusé de crimes contre l'humanité et de crimes de guerre, bien qu'il soit mort avant d'avoir pu être jugé pour ces faits.
Cadet de dix enfants d'une famille alaouite, Rifaat al-Assad est né en 1937 dans le nord-ouest de la Syrie à Qardaha, dans la province de Lattaquié. Très jeune, il s'est initié au débat politique à l'école grâce à un professeur, Michel Aflak, fondateur du parti Baas. Dans les premières années du secondaire, il intègre ce parti en 1951 à l'âge de quatorze ans.
Un an plus tard, il devient chef de l'organisation de la jeunesse du parti à Damas. Parvenu à s'élever au rang de membre du Comité central, Rifaat poursuit malgré tout son cursus à l'Université de Damas où il sera diplômé en économie. C'est là qu'il commença à façonner ses propres visions politiques sous une forme plus cohérente. Il est alors le plus jeune membre jamais élu au comité exécutif du parti Baas. Il rejoint plus tard l'Académie des sciences de l'Union soviétique (en) pour y poursuivre un doctorat en sciences politiques.
Rifaat al-Assad est emprisonné à plusieurs reprises et même torturé à cause de son appartenance à ce qui était considéré comme des groupes radicaux. Après avoir terminé ses études, Rifaat al-Assad rejoint l'académie militaire de Homs en tant qu'officier. Il est ensuite impliqué dans différents mouvements d'opposition. Rifaat s'engage alors dans l'armée syrienne en 1958 en tant que lieutenant. Le 23 février 1966, il prend part au coup d'État contre le gouvernement militaire baasiste dirigé par Amin al-Hafez. Ses activités ont culminé dans le « mouvement de correction » de 1969 et 1970, où il a collaboré avec son frère Hafez al-Assad pour renverser le gouvernement baasiste autocratique et militaire dirigé par Noureddine al-Atassi. Il est ensuite nommé Président du Haut Tribunal constitutionnel du Parti Baas : un groupe de six personnes nommées au niveau international pour veiller sur le parti Baas en Irak et en Syrie.
Sous la nouvelle administration de Hafez al-Assad, Rifaat al-Assad est le chef de la sécurité et le commandant des brigades de défense « Saraya Al-Difaa ». Ses nombreuses activités politiques, le développement de projets de construction et l'essor d'entreprises commerciales ont fait de lui l'un des membres les plus influents du gouvernement.
En 1983, Rifaat al-Assad rencontre le dirigeant de l'OLP Yasser Arafat au Liban, juste avant son exil, dans l'optique d'apaiser les tensions syro-palestiniennes.
Rifaat al-Assad était également proche du roi d'Arabie Saoudite Abdallah ben Abdelaziz Al Saoud .
Yossef Bodansky, directeur de la task force américaine au Congrès sur le terrorisme et la guerre non conventionnelle, a déclaré que Rifaat bénéficiait du soutien des États-Unis et de l'Arabie saoudite.
Rifaat al-Assad a été mentionné par Stratfor (société américaine d'analyse géopolitique) comme un suspect dans l'attentat à la bombe qui a tué en 2005 l'ex-Premier ministre libanais Rafic Hariri, ainsi que dans la série d'attentats qui a frappé Beyrouth après le retrait syrien. L'objectif a été de déstabiliser le régime syrien. Il n'y a aucune mention de Rifaat dans le rapport des Nations unies sur l'assassinat de Rafic Hariri.
Rifaat al-Assad a contribué à la libération de David S. Dodge, homme politique américain et directeur de l'Université américaine de Beyrouth, le 21 juillet 1983.
Le 19 juillet 1982, Dodge fut enlevé par des miliciens membres du mouvement pro-iranien Amal Islamique à Beyrouth, dirigés par Hussein al-Musawi. Il est d’abord détenu au Liban, puis maintenu en captivité en Iran jusqu’à sa libération un an plus tard. Par le biais de ses contacts dans le régime iranien de Khomeini, Rifaat pu garantir la libération de Dodge et fut publiquement remercié par le président américain Ronald Reagan. Le 21 juillet 1983, le porte-parole de la Maison-Blanche Larry Speakes déclare : « Le gouvernement des États-Unis est reconnaissant au président syrien Hafiz al-Assad et au Dr. Rifaat al-Assad pour les efforts humanitaires qu’ils ont entrepris et qui ont conduit à la libération de M. Dodge. »
La fin années 1970 et le début des années 1980 sont marquées par l'insurrection des Frères musulmans. Le 16 juin 1979, les Frères musulmans organisent le massacre de l'École d'artillerie d'Alep puis, le 26 juin 1980, lors d'une visite officielle du président du Mali, Moussa Traoré, le président Hafez al-Assad échappe de justesse à une tentative d'assassinat menée par un membre de la garde présidentielle.
Le lendemain, en représailles, Rifaat al-Assad, alors général de division des Brigades de Defense (en), organise le massacre de 500 à 1 000 détenus, membres des Frères musulmans dans la prison de Palmyre.
Début février 1982, les Frères musulmans en Syrie tentent de « libérer » la ville de Hama, en réponse, le régime envoie 12 000 hommes des Brigades de Défense, dirigées par Rifaat al-Assad, assiéger et reprendre le contrôle complet de la ville. Pendant quatre semaines, les bombardements, ainsi que les exactions des troupes gouvernementales constituent le massacre de Hama. Selon les différentes estimations, les tueries compteraient entre 10 000 et 40 000 morts, en majorité des civils. Un rapport de la Defense Intelligence Agency américaine, daté de mai 1982 et déclassifié en 2012, donne des chiffres très différents : le nombre total de victimes serait estimé à environ 2 000, et Rifaat al-Assad n'y est jamais cité.
Ribal al-Assad, fils de Rifaat al-Assad né en 1975, conteste que son père ait joué un rôle dans les massacres. Selon ses dires, il ne s'est jamais rendu ni à Palmyre, ni à Hama. Il affirme que seuls quelques-uns de ses soldats étaient chargés de la protection d'hommes politiques à Hama. Rifaat al- Assad a, selon lui, ordonné à tous les gardes de Hama (environ deux cents) de rassembler les familles dans le stade de la ville afin de les protéger. Islamistes et habitants suspectés de sympathie envers eux sont regroupés au stade municipal et dans des écoles où ils sont torturés puis abattus. Selon la spécialiste américaine Robin Wright, 1 500 habitants de Hama ont été rassemblés au stade avant d'y être fusillés.
« Davantage que les militants islamistes, la population civile paie le plus lourd tribut. L’armée procède, en effet, à des milliers d’exécutions sommaires. Les habitants arrêtés sont regroupés au stade municipal ou dans des écoles. Là, ils sont torturés puis abattus. Au moins 5 000 femmes subissent le même sort, après avoir été violées. »
Rifaat al-Assad a lui-même nié à plusieurs reprises toute implication dans le massacre de Hama. Interviewé en 2012, Rifaat al-Assad s'amuse de la situation et affirme avec cynisme à propos de la ville : « Elle n'a pas été détruite. Elle n'a pas été bombardée. Certaines rues étroites ont été agrandies. ».
Ce massacre lui vaut le surnom populaire auprès des Syriens de « Boucher de Hama ». La population de la ville lui prête, selon les témoignages d'anciens responsables locaux du parti Baas et la rumeur locale, la volonté d'avoir voulu raser la ville pour la remplacer par un champ de pommes de terre, alors que son frère, le président Hafez al-Assad s'y est opposé.
Le 12 novembre 1983, Hafez al-Assad est placé en soins intensifs à l'hôpital Al-Shami (en) pour insuffisance cardiaque. Pour maintenir une stabilité administrative, Hafez décide donc de former un comité exécutif de six personnes dont Abdel Halim Khaddam, Moustapha Tlass, Abdul Rauf al-Kasm, Zuhair Masharqa (en), Abdullah al-Ahmar (en), et Mustafa al-Shihabi, tous issus de la communauté sunnite. Un sentiment d'exclusion commence alors à se propager parmi les autres sphères confessionnelles du pouvoir. Alors que la majorité reste fidèle à Hafez al-Assad, certains officiers haut placés de confession alaouite s'allient peu à peu à Rifaat, également exclu du comité.
Rifaat, qui attendait une opportunité de prendre le pouvoir, pense que le moment est venu. Le 30 mars 1984, il donne l'ordre aux troupes de ses Brigades de Défense (en) de se rendre à Damas. Un escadron de tanks T-72 se positionne au rond-point de la ville de Kafr Sousa (en) ainsi qu'au Mont Qasioun (en), encerclant et surplombant ainsi la capitale. Le même jour à Damas, les 55 000 soldats des Brigades de Défense montent des check-points, investissent les stations de police et les bâtiments municipaux, procèdent à des arrestations arbitraires d'officiers des Forces Spéciales (en) dirigées par Ali Haydar (en) et de la Garde Républicaine dirigée par Shafiq Fayadh (en), et collent des affiches de Rifaat al-Assad dans les rues. Plus nombreuses et mieux organisées, les forces de Rifaat al-Assad contrôlent désormais Damas. Mais tous les barons du régime se rallient à Hafez et Rifaat évite la confrontation en retirant ses troupes des rues de Damas.
En 1983, leurs relations fraternelles se dégradent davantage quand Rifaat al-Assad refuse que le fils de Hafez, Bassel al-Assad, ne prenne le pouvoir. Il est alors destitué de toute responsabilité au sein du Haut Commandement du Parti Baas. Rifaat est ensuite évincé de l'armée et envoyé à la tête de l'administration de l'enseignement supérieur. Le 28 février 1984, le président Assad déjoue un putsch organisé par son frère Rifaat, à la suite de quoi ce dernier s'exile en France.
Il s'établit en Russie, en Suisse puis en France, invité par le président François Mitterrand qui le décore au rang de grand officier de la Légion d'honneur en 1986, pour services rendus à la nation. Il est proche du gouvernement français et garde également ses réseaux en Syrie, ce qui lui permet d'obtenir un accord avec les services secrets français : il doit faire passer le message au régime syrien de cesser les attentats, et en échange, Rifaat al-Assad est libre de poursuivre ses affaires.
Rifaat al-Assad rentre en Syrie pour les funérailles de sa mère en 1992, sans afficher d'ambitions politiques. Cependant, le décès de l'héritier du pouvoir Bassel al-Assad, dans un accident de voiture en janvier 1994, replace Rifaat parmi les prétendants. En 1997, le régime fait enlever et torturer son attachée de presse Zoubyda Moukabel et sa famille, qui, à travers sa chaîne d'information (Arab News Network (en)), fait diffuser une entrevue gardée secrète à Damas entre Rifaat et Abdallah ben Abdelaziz Al Saoud, alors prince héritier au pouvoir saoudien.
Limogé de son titre de vice-président le 8 février 1998, Rifaat quitte à nouveau la Syrie la même année pour la France et l'Espagne. La répression de 1999, qui implique des affrontements armés à Lattaquié, détruit une grande partie de son réseau en Syrie ; plusieurs de ses partisans sont arrêtés et emprisonnés. Ces mesures sont liées à la succession d'Hafez, Rifaat ayant commencé à se repositionner alors que son frère cherchait à éliminer toute concurrence potentielle envers son successeur désigné, son fils Bachar el-Assad.
En France, Rifaat al-Assad proteste bruyamment contre la succession de Bachar el-Assad au poste de président. Il émet l'idée de revenir en Syrie afin d'assumer « ses responsabilités et accomplir la volonté du peuple », faisant la promesse de gouverner avec bienveillance et démocratiquement, avec « la puissance du peuple et l'armée » derrière lui.
En 2007, Rifaat al-Assad rencontre le roi d'Arabie Saoudite Abdallah ben Abdelaziz Al Saoud lors d'une visite officielle en Arabie saoudite grandement médiatisée.
Siwar al-Assad, le fils de Rifaat, est à la tête d'une chaîne de télévision, Arab News Network (ANN), chaine d'opposition au régime qui fonctionne comme un porte-parole politique pour son père. Rifaat lui-même dirige le parti UNDA « United National Democratic Alliance » (al-Tajammoo al-quawmi`al-democrati al-muwahhad), un parti politique à l'activité peu soutenue, même s'il produit régulièrement des communiqués en faveur du retour de Rifaat en Syrie et des critiques contre le président Bachar el-Assad. Dans les années 1970, Rifaat avait fondé le Parti démocratique arabe au Liban, un groupe politique qui, pendant la guerre civile libanaise, agissait comme une milice fidèle au régime syrien.
Le 9 septembre 2021, la justice française confirme en appel la condamnation de Rifaat al-Assad à quatre ans d’emprisonnement, reconnu coupable de blanchiment en bande organisée, et de détournement de fonds publics syriens, entre 1996 et 2016. Après cette condamnation à de la prison ferme, il quitte la France pour échapper à la prison. Le 7 octobre 2021, Rifaat al-Assad est de retour à Damas. Bachar el-Assad a autorisé son oncle à revenir en Syrie, celui-ci ne semblant pas présenter de menace pour le régime.
À la suite de la chute du régime Assad le 8 décembre 2024 et de la fuite en Russie de son neveu, le président Bachar el-Assad, Rifaat al-Assad fuit au Liban avant de quitter le pays pour une destination incertaine. Le 27 décembre 2024, deux responsables de la sécurité libanaise déclarent à l'agence Reuters qu'il aurait quitté Beyrouth pour Dubaï, aux Émirats arabes unis. Le même jour, Rasha Khazem, l’une des belles-filles de Rifaat al-Assad, épouse de son fils Duraid, et sa petite-fille Shams sont arrêtées à l'aéroport de Beyrouth pour avoir tenté d'embarquer à l'aide de passeports périmés et falsifiés.
Rifaat al-Assad est mort le mardi 20 janvier 2026, à l'âge de 88 ans, à Dubaï (Émirats arabes unis).
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