Biographie
Étienne de La Boétie, né le 1er novembre 1530 à Sarlat et mort le 18 août 1563 à Germignan (commune de Taillan-Médoc), est un écrivain humaniste et poète français. Étienne de La Boétie est principalement célèbre pour avoir rédigé le "Discours de la servitude volontaire" (1576), un essai d'une grande précocité intellectuelle écrit alors qu'il n'avait que 18 ans. Ce texte novateur interroge les mécanismes de la tyrannie en affirmant que l'autorité d'un souverain repose avant tout sur l'acceptation et le consentement des peuples soumis. Considéré comme un précurseur du concept de désobéissance civile, l'ouvrage soutient qu'il suffit de cesser de servir le pouvoir pour briser les chaînes de la domination. L'auteur est également reconnu pour sa profonde amitié avec le philosophe Michel de Montaigne, qui a immortalisé leur relation dans ses "Essais" (1580). Enfin, la diffusion de son discours à titre posthume par des mouvements politiques et religieux a consacré son œuvre comme un classique incontournable de la philosophie politique.
Étienne de La Boétie naît le 1er novembre 1530 à Sarlat, dans le Périgord, au sein d'une famille de magistrats de la noblesse de robe. Son père, Antoine de La Boétie, est lieutenant particulier du sénéchal, et sa mère, Philippa de Calvimont, est fille du président du Parlement de Bordeaux. Marqué dès sa petite enfance par le décès prématuré de son père, le jeune Étienne est élevé par son oncle et parrain, Estienne de La Boétie, sieur de Bouilhonnas, un ecclésiastique cultivé qui lui transmet une éducation érudite fondée sur les humanités. C'est dans ce cadre qu'il apprend le latin, le grec ancien et la rhétorique, développant un intérêt profond pour la littérature antique.
Durant les années 1540, La Boétie entame des études de droit à l'université d'Orléans, alors l'un des centres majeurs de l'enseignement juridique de la Renaissance française. Ce milieu intellectuel stimulant le confronte aux méthodes philologiques modernes et aux idées humanistes relatives aux lois et au gouvernement. C'est vraisemblablement vers 1548, à l'âge de dix-huit ans — ou autour de 1552, alors qu'il achève son parcours universitaire —, qu'il rédige son texte emblématique, le "Discours de la servitude volontaire" (1576). Rédigé au lendemain de la violente répression de la révolte de la gabelle en Aquitaine par le connétable Anne de Montmorency, ce texte propose une analyse philosophique sur la légitimité du pouvoir politique, interrogeant les raisons pour lesquelles les peuples se soumettent de leur propre gré à la domination d'un seul homme. Le manuscrit circule d'abord sous forme clandestine au sein des milieux érudits.
Le 23 septembre 1553, La Boétie obtient son doctorat en droit à l'université d'Orléans. Dès le 17 mai 1554, par ordonnance royale d'Henri II, il est nommé conseiller au Parlement de Bordeaux, obtenant une dispense d'âge puisqu'il n'a pas encore les vingt-cinq ans légaux requis pour occuper une telle charge. Il intègre ainsi l'une des cours souveraines les plus influentes du royaume de France, où il traite des affaires judiciaires, civiles et politiques de la région.
Vers 1554, La Boétie épouse Marguerite de Carle, veuve de Jean d'Arsac et fille du président du Parlement de Bordeaux, Pierre de Carle. Marguerite est également la sœur de Lancelot de Carle, évêque de Riez et poète humaniste. Ce mariage renforce son ancrage au sein de la haute bourgeoisie parlementaire bordelaise. Durant ces mêmes années, il poursuit un travail poétique personnel. Il compose vingt-neuf sonnets d'inspiration pétrarquiste et traduit plusieurs auteurs antiques grecs et latins, dont la "Mesnagerie" de Xénophon ainsi que les "Règles de mariage" et la "Lettre de consolation à sa femme" de Plutarque.
L'année 1557 marque un tournant dans la vie personnelle de La Boétie. Michel de Montaigne, nommé conseiller au Parlement de Bordeaux, rejoint la même chambre parlementaire. Montaigne, qui a lu le manuscrit du "Discours de la servitude volontaire" avant leur rencontre, éprouve une vive admiration pour son auteur. De cette rencontre naît une amitié profonde et intellectuelle qui dure jusqu'à la mort de La Boétie. Montaigne consacrera plus tard un chapitre célèbre de ses "Essais" (1580) à cette relation.
À partir de 1560, la France est secouée par l'émergence des guerres de Religion entre catholiques et protestants. En tant que magistrat, La Boétie est directement confronté aux troubles civils qui agitent le Sud-Ouest. En 1561, le Parlement de Bordeaux l'envoie en mission officielle en Agenais pour pacifier la région et faire appliquer les édits de pacification. La Boétie privilégie la voie du dialogue, prônant la tolérance religieuse et la conciliation politique. Vers la fin de l'année 1561 ou le début de l'année 1562, il rédige le "Mémoire touchant l'Édit de janvier 1562" (publié au XIXe siècle), dans lequel il analyse les causes de la fracture religieuse et propose des réformes modérées pour rétablir la paix publique sans recourir à la violence d'État.
En août 1563, alors qu'il se trouve en déplacement vers le Médoc pour échapper à une épidémie de peste qui sévit à Bordeaux, La Boétie tombe gravement malade. Atteint d'une dysentrie aiguë, il s'installe au domicile de son collègue le président de Carle, à Germignan, sur la commune du Taillan-Médoc. Alerté, Michel de Montaigne se rend à son chevet et l'assiste durant ses derniers jours. La Boétie dicte son testament politique et littéraire, léguant l'ensemble de ses livres et manuscrits à Montaigne.
Étienne de La Boétie est mort le dimanche 18 août 1563, à l'âge de 32 ans, de la dysentrie, à Germignan (France, commune de Taillan-Médoc). Après sa mort, Montaigne entreprend d'éditer les œuvres de son ami. En 1571, il fait publier à Paris un recueil comprenant les traductions de Xénophon et de Plutarque, accompagnées des vers latins et français composés par La Boétie. Toutefois, Montaigne s'abstient de publier le "Discours de la servitude volontaire", redoutant que le texte ne soit instrumentalisé par les pamphlétaires protestants dans le climat d'extrême violence des guerres de Religion. Malgré ces précautions, des calvinistes récupèrent subrepticement le texte et en publient une version tronquée sous le titre "Le Contr'un" dans le recueil "Le Réveille-Matin des François" (1574), faisant du texte un pamphlet politique contre la monarchie absolue. En réaction à ce détournement, Montaigne intègre les 29 sonnets de La Boétie dans le livre I de ses "Essais" (1580) à la place du "Discours", tout en rendant hommage à la pensée politique et philosophique de son défunt ami.
Citations
Les meilleures citations d'Étienne de La Boétie.
Qu'une nation ne fasse aucun effort, si elle veut, pour son bonheur, mais qu'elle ne travaille pas elle-même à sa ruine.
Car le feu qui me brûle est celui qui m'éclaire.
Pauvres gens et misérables, peuples insensés, nations opiniâtres en votre mal et aveugles en votre bien, vous vous laissez enlever, sous vos propres yeux, le plus beau et le plus clair de votre revenu, piller vos champs, dévaster vos maisons et les dépouiller des vieux meubles de vos ancêtres ! vous vivez de telle sorte que rien n'est plus à vous. Il semble que vous regarderiez désormais comme un grand bonheur qu'on vous laissât seulement la moitié de vos biens, de vos familles, de vos vies.
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Autres philosophe (hommes) francais
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Philosophe français spécialiste du matérialisme antique, expert mondialement reconnu de Démocrite, Epicure ou Lucrèce. Fidèle aux idéaux de Marx, il dénonçait la perte de repères d'une gauche envoûtée par les sirènes libérales.
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Philosophe français majeur du XXème siècle dont la virtuosité de la pensée et de la langue fait de son œuvre comme une cantate au service de la vie, dont la richesse et le sens apparaissent dans l'imprévu, le fugace, l'inattendu, dans lesquels se révèlent les grandeurs et misères des hommes : « Le Je-ne-sais-quoi et le Presque-rien » (1957), « Traité des Vertus » (1949) ou « La musique et l'ineffable » (1961).

Écrivain et philosophe français qui a marqué le XVIIIe siècle, représentant le plus connu de la philosophie des Lumières, anglomane, féru d'arts et de sciences, personnage protéiforme et complexe, non dénué de contradictions, il domine son époque par la durée de sa vie, l'ampleur de sa production littéraire et la variété des combats politiques qu'il a menés. Son influence est décisive sur la bourgeoisie libérale avant la Révolution française et pendant le début du XIXe siècle. Anticlérical mais déiste, il dénonce dans son Dictionnaire philosophique le fanatisme religieux de son époque. Sur le plan politique, il est en faveur d’une monarchie modérée et libérale, éclairée par les « philosophes ». Mettant sa notoriété au service des victimes de l’intolérance religieuse ou de l’arbitraire, il prend position dans des affaires qu’il a rendues célèbres : Jean Calas, Pierre-Paul Sirven, chevalier de La Barre, comte de Lally. Son œuvre littéraire est riche et variée : son importante production théâtrale, ses longs poèmes épiques, telle La Henriade, et ses œuvres historiques firent de lui l’un des écrivains français les plus célèbres au xviiie siècle. Son œuvre comprend aussi des contes, notamment Candide ou l'Optimisme, des Lettres philosophiques, le Dictionnaire philosophique et une correspondance monumentale dont nous connaissons plus de 15 000 lettres sur un total parfois estimé à 40 000. Titulaire d'une charge officielle d'historiographe du roi, il a publié Le siècle de Louis XIV, puis Le Siècle de Louis XV, ouvrages considérés comme les premiers essais historiques modernes. Il a traduit librement La Science nouvelle de Jean-Baptiste Vico en lui donnant pour titre l'expression inédite de Philosophie de l'histoire, ce qui fait de lui le précurseur du déterminisme historique au XIXe siècle, puis de l'histoire culturelle au XXe siècle. La Révolution française voit en lui comme en Rousseau un précurseur, si bien qu'il entre au Panthéon en 1791, le deuxième après Mirabeau. Célébré par la IIIe République (dès 1870, à Paris, un boulevard et une place portent son nom), il a nourri, au XIXe siècle, les passions antagonistes des adversaires et des défenseurs de la laïcité de l’État et de l’école publique, et, au-delà, de l’esprit des Lumières.
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Philosophe et théologien chrétien français, père de la scolastique et inventeur du conceptualisme.

Écrivain et philosophe français connu pour son roman épistolaire « Julie ou la Nouvelle Héloïse » (1761), un des plus gros tirages du XVIIIe siècle. Son élégance de l'écriture provoque une transformation significative de la poésie et de la prose françaises en les libérant des normes rigides venues du Grand Siècle. Après sa mort, son corps est transféré au Panthéon de Paris en 1794. En philosophie, « le rétablissement des sciences et des arts a-t-il contribué à épurer ou à corrompre les mœurs ? » (1949) provoque ce qu'on appelle « l'illumination de Vincennes », où naissent les ouvrages qui inscrivent durablement Rousseau dans le monde de la pensée : le « Discours sur les sciences et les arts » (1750), le « Discours sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes » (1755) et « Du contrat social » (1762). Sa philosophie politique est bâtie autour de l'idée que l'homme est naturellement bon et que la société le corrompt. Il est le 1er à conférer la souveraineté au peuple. En cela, on peut dire que c'est un des penseurs de la démocratie même s'il est favorable à ce qu'il nomme l'aristocratie élective ou le gouvernement tempéré. Pour lui, les systèmes politiques basés sur l'interdépendance économique et sur l'intérêt conduisent à l'inégalité, à l'égoïsme et finalement à la société bourgeoise (un terme qu'il est un des 1er à employer). Sa philosophie politique exerce une influence considérable lors de la période révolutionnaire durant laquelle son livre le « Contrat social » est « redécouvert ». Durant une partie du XXe siècle, une controverse opposera ceux qui estiment que Rousseau est en quelque sorte le père des totalitarismes et ceux qui l'en exonèrent.
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Médecin français, mais également pasteur et théologien protestant, philosophe et musicien, connu dans le monde entier en 1913 grâce à l'hôpital qu'il développe dans la forêt équatoriale du Gabon. Il recevra le Prix Nathan Katz du Patrimoine 2015 et le prix Nobel de la paix en 1952. Personnage marquant du XXe siècle, « homme universel », il est en même temps une figure emblématique de l'Alsace, de la théologie libérale ou des admirateurs de Jean-Sébastien Bach. On voit parfois en lui un précurseur de l'action humanitaire, de l'écologie, de l'antispécisme et du désarmement nucléaire. La notion de « respect de la vie » (Ehrfurcht vor dem Leben) et son indignation devant la souffrance sont au cœur de la démarche d'Albert Schweitzer, qui s'est voulu « un homme au service d'autres hommes », tourné vers l'action.