Gérard Philipe

 
Gérard Philipe
1922 - 1959
 

Acteur français, icônes du cinéma français, l'une des principales vedettes de l'après-guerre dont le public garde une image juvénile et romantique car mort jeune. Ses films les plus célèbres sont : Le Diable au corps (1947), Les Orgueilleux (1953), Les Grandes Manœuvres (1955), Fanfan la Tulipe (1956) ou Les Liaisons dangereuses (1959).

36 ans Mort victime d'un cancer du foie (maladie) à l'âge de 36 ans.

Enterré en France à Saint-Tropez (Var).

Cimetière Marin de Saint Tropez
Zoomez sa tombe

Biographie

Gérard Philipe naquit dans une famille aisée de la région cannoise. Il passa toute sa scolarité dans des internats religieux, s'y montrant bon élève. En 1936, son père, Marcel Philip, appartenait à la ligue fasciste des Croix-de-Feu. Puis il s'enthousiasma pour Jacques Doriot et son rêve de national - socialisme à la française, adhéra au Parti populaire français et devint secrétaire de la fédération de Cannes, responsable du département des Alpes-Maritimes. Ses fils se rendaient au collège sous la protection de gardes du corps. Gérant pendant la guerre du Parc palace hôtel à Grasse, il y abrita l'état-major mussolinien. Interné en octobre 1944 au camp de Saint-Denis, il réussit à obtenir une libération conditionnelle ; cependant, le 24 décembre 1945, la cour de justice des Alpes-Maritimes le condamnait à mort pour intelligence avec l'ennemi et appartenance à un groupe anti-national.

Il s'enfuit en Espagne, et ne rentra en France qu'après la loi d'amnistie de 1968. Tout en restant en contact avec son père et l'aidant, Gérard Philipe garda toujours le silence sur ce drame familial. Au début de la guerre, Gérard Philipe semblait assez indifférent à la politique. C'est au contact des nombreux artistes réfugiés en zone libre qu'il décida de son métier de comédien, et se lia avec des personnalités plus proches de la résistance que de la collaboration qui influencèrent son trajet vers la gauche.

A cet égard la rencontre avec sa future femme eut son importance : de ses séjours dans la Chine du Kuomintang, Anne Philipe rapportait l'impression que le peuple des villes souhaitait vivement l'avènement de Mao-tse-toung. Ainsi, déjà très populaire à travers des rôles emblématiques de l'époque, Caligula de Camus au théâtre, L'Idiot de Dostoïevski ou Le Diable au corps au cinéma, Gérard Philipe fut un des premiers parmi les douze millions de Français qui signèrent en 1950 l'Appel de Stockholm réclamant l'interdiction des armes nucléaires.

Il fut membre du Conseil national du Mouvement pour la paix, présidé par Frédéric Joliot-Curie. Compagnon de route du Parti communiste, il préféra taire sa déception à la suite d'un voyage en Pologne en octobre 1954 ; deux ans plus tard, l'entrée des chars russes dans Budapest l'atterra, et il le fit savoir. Il n'en défila pas moins en mai 1958 contre l'arrivée du Général de Gaulle au pouvoir ; et, quelques mois avant sa mort, reçu à Cuba par Fidel Castro, il se montrait rempli d'espoir envers la nouvelle révolution.

C'est dans les deux dernières années de sa vie que Gérard Philipe prit une part active à la lutte syndicale. Le Syndicat national des acteurs (SNA), affilié à la CGT, était alors tiraillé entre deux tendances. Battu en 1945 par le courant issu de la résistance, le conservatisme des "vieux" était entrain de reprendre de l'ampleur ; il prônait un corporatisme limité au théâtre de boulevard ou à la Comédie-Française, ignorant le bouillonnement suscité par la décentralisation théâtrale ou par le théâtre populaire de Jean Vilar, et rejetant ce marché de l'emploi que pouvait constituer la télévision.

Evincé de son siège de secrétaire général, Jean Darcante vint expliquer la situation à Gérard Philipe, lui demandant de se mettre à la tête des "jeunes". On ne put éviter la scission ; or en devenant, le 29 septembre 1957, président d'une nouvelle organisation, le Comité national des acteurs, Gérard Philipe inaugurait une situation paradoxale puisque cette rupture avait entraîné le courant le plus proche de la CGT à s'en couper. Des pourparlers menés avec la CGT et le SNA aboutirent à une fusion des deux organisations rivales dans un Syndicat français des acteurs (SFA) sur la base d'une représentation à part égale dans le nouveau Conseil. Le 15 juin 1958, Gérard Philipe en acceptait la présidence.

Loin de se borner à prêter sa notoriété, il se révéla un vrai chef syndical, n'hésitant pas à intervenir sur des questions apparemment ingrates de fonctionnement intérieur : "J'ai l'air de ne m'occuper que du rouage de notre institution, écrivait-il, mais si vous adoptiez ce resserrement, nous sentirions nettement, me semble-t-il, s'avancer le travail." Dans la ligne d'un manifeste publié dès octobre 1957, Les acteurs ne sont pas des chiens, où il soulignait la précarité de ce métier, il se soucia de la ré-évaluation des bas salaires, du paiement des heures de répétitions, des retraites.

Mais encore il se proposait d'"établir dans toute la France cet esprit unique au monde que Vilar a réussi à créer au TNP." Car la province subissait un vrai sous-développement théâtral, la capitale accaparant l'essentiel des subventions publiques. Aussi, le 15 janvier 1959, le président du SFA présentait un projet de décentralisation dramatique et lyrique constituant huit régions autonomes dotées chacune de plusieurs troupes et financées à 40 % par l'Etat. Réforme hardie pour l'époque, Jean Vilar lui - même n'y était guère favorable ; et le critique du Monde, Robert Kemp, n'hésitait pas à écrire le 17 janvier : "Est-il bien nécessaire d'exciter la province contre Paris ? N'est-il pas toujours certain que Paris est la source où boivent les théâtres de province ?" Si André Malraux, le ministre des affaires culturelles, préféra s'appuyer sur l'implantation de maisons de la culture, ces idées firent néanmoins leur chemin. Surchargé de travail, peut-être déjà atteint par le cancer fulgurant qui l'emporta, Gérard Philipe démissionna de sa fonction en avril 1959, demeurant au Conseil syndical sur les instances de ses compagnons.

Michel Etcheverry le remplaça. Toutefois c'est surtout l'aventure du théâtre populaire qui marqua son engagement aux yeux du grand public. Le paysage théâtral de l'après-guerre était assez réduit, et le comédien dut s'employer dans un théâtre de boulevard lui procurant argent et célébrité sans le satisfaire. De là l'idée de rejoindre Jean Vilar, qui se décrivait en cette fin 1950 comme un "metteur en scène sans troupe, un régisseur sans théâtre, un animateur sans argent." Engagé au Festival d'Avignon suivant au même tarif que l'ensemble de la troupe, il y interpréta les rôles du Cid et du Prince de Hombourg - choix audacieux en ce temps-là : la pièce de Kleist contre la Prusse et son ordre guerrier.

Le succès de ce festival incita les pouvoirs publics à redonner vie dès la rentrée au Théâtre national populaire (TNP) ; le palais de Chaillot n'étant pas encore prêt à l'abriter, il fut provisoirement installé en banlieue, à Clichy, à Suresnes où furent organisés plusieurs week-ends de théâtre s'achevant sur des bals. La présence toute frémissante du romantisme de Gérard Philipe rehaussa l'entreprise de son éclat, s'imprima pour longtemps dans la mémoire de sa génération. Si bien que Jean Vilar lui écrivit : " Tu es le seul comédien de la génération de l'après-guerre qui ait compris sentimentalement le problème populaire... Car c'est ainsi, sentimentalement, qu'il faut le traiter, ce théâtre populaire. " Dix ans après la mort du comédien, il précisait : "Il semble qu'il ait déjà le pressentiment de ce que doit être, de ce que va être le comédien moderne, ou du moins le comédien des théâtres populaires.

Il dit que dans les salles banlieusardes, alors absolument inconfortables, glacées l'hiver, étouffantes l'été, sans loge et non équipées, le public le provoque à donner le meilleur de lui-même." Selon Vilar lui-même, le comédien était si obsédé par la question du public que leur entente en était parfois troublée. Car la mise en oeuvre d'un théâtre populaire cristallisait de violentes polémiques. Si la droite ironisait sur le public très parisien qui affluait aux représentations en banlieue, le parti communiste, Jean - Paul Sartre ou les brechtiens de la revue Théâtre populaire n'épargnaient pas moins Jean Vilar. Tout en affichant une solidarité de troupe, Gérard Philipe s'impatientait en sourdine, désireux d'accentuer les efforts en direction du public populaire. Gérard Philipe fut l'acteur-culte des années cinquante.

A Paris, à Moscou, à Pékin ou dans un Japon encore sous le choc des bombes d'Hiroshima et de Nagasaki, il soulevait la même ferveur. Seuls le critiquèrent avec acerbité les futurs réalisateurs de la Nouvelle Vague, qui peu après s'enthousiasmèrent pour un jeune acteur, Jean-Paul Belmondo, dont ils utiliseront le style goguenard et désabusé pour préfigurer une froide modernité. Gérard Philipe, lui, appartenait à une génération qui eut vingt ans sous la Seconde Guerre mondiale et que hantait le spectre d'un nouveau conflit généralisé, menaçant à travers la guerre froide, les guerres de Corée, d'Indochine et d'Algérie, l'épisode du canal de Suez. Il fut l'incarnation même des aspirations d'une jeunesse avide de clarté, d'idéal du bien, combattant pour un monde plus généreux.

Qu'il jouât l'Idiot ou des personnages plus maléfiques, il leur insufflait sa passion, sa fragilité, son élégance. Dès 1941, l'auditionnant avant qu'il ne débute, Marc Allégret notait "que ce jeune homme avait en lui de rares réserves de pureté." Vingt ans après, Anne Philipe récusait le mythe : "Pourquoi en faire un ange ?" disait - elle en 1961, "Gérard voulait être un homme. Il savait que là est le plus difficile. Il avait ses défauts et ses qualités..." Sans doute. Mais, comme pour remplir une mission de service public en cette époque si divisée entre le bien et le mal, Gérard Philipe tenta d'ajuster sa carrière, sa vie militante à ces tréfonds de pureté qu'il révélait sur scène et qui apparurent à ses contemporains comme son génie.

Source : biosoc.univ-paris1.fr  

Tombe

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Où est enterré Gérard Philipe ?

Cimetière Marin de Saint Tropez
83990 Saint-Tropez
Var
France Drapeau francais

La tombe de Gérard Philipe est au Cimetière Marin de Saint Tropez, 83990 Saint-Tropez, Var, France Drapeau francais.

Citations

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0 Eusebie
Un de mes plus grand regret : ne pas avoir vu Gérard Philippe sur scène... Répondu à 0%
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Le Petit Prince raconté par Gérard Philippe Répondu à 0%
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Fiche d'identité

Identité

  • Nom complet : --
  • Nationalité (à sa mort) : Française Drapeau francais
  • Nationalité (à sa naissance) : --
  • Sexe : Masculin

Domaines d'activité

  • Activités principales : Acteur
  • Autres activités : Artiste
  • Domaines : Art, Charme, Cinéma, Sexy

Noms

  • Nom usuel : Gérard Philipe
  • Nom complet : --
  • Prénom : Gérard
  • Noms dans d'autres langues : --
  • Homonymes : 0 (aucun)
  • Nom de famille : Philipe
  • Pseudonyme : --
  • Surnom : --
  • Erreurs d'écriture : Gerard Phillipe, gerard philipe, gerard philippe

Naissance

  • Signe astrologique du zodiaque : --
  • Signe astrologique chinois : --

Décès

  • Âge de mort : 36 ans
  • Cause de mort : Cancer du foie (Cancer)

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 L'inoubliable médecin déchu des Orgueilleux
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Commentez - il y a 1 an
 La beauté du diable
super homme la beauté du diable
Commentez - il y a 1 an
 Quel acteur parti trop tôt ! Un film inoubliable : "Les Orgueilleux" avec Michèle Morgan.
Quel acteur...parti trop tôt ! Un film inoubliable : "les orgueilleux" avec Michèle Morgan
Commentez - 7 - il y a 10 mois
9 notes ►

Commentaires

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Piagauthier Gérard PHILIPE est né à CANNES. Son véritable nom était Gérard PHILIP. Son père était espagnol.
Le livre d'Anne PHILIPE est Claude ROY est une mine d'informations sur l'estime que lui portaient tous les acteurs qui ont travaillé avec lui. On trouve encore ce livre.
Répondre - il y a 1 an
Jesuismort (admin) Sauriez-vous comment s'appelle ce livre svp ?
Répondre - il y a 1 an
Piagauthier à : Gérard Philipe - souvenirs et témoignages recueillis par Anne Philipe et présenté par Claude Roy. Edition L'ère du temps.
Répondre - il y a 1 an
Piagauthier "présentés"
Répondre - il y a 1 an
Jesuismort (admin) à : Merci !
Répondre - il y a 1 an
Spectre-du-vexin1968 tombe Gérard Philipe
Répondre - il y a 1 an
Jesuismort (admin) Merci pour votre photo de sa tombe.
Répondre - il y a 1 an
Donias tombe de Gérard Philipe
Répondre - il y a 1 an
Piagauthier Je ne joue pas pour gagner réellement des places. Je joue pour que cela donne envie à d'autres personnes de venir parler de Gérard Philipe. Le 4 décembre prochain il aurait eu 96 ans. Qui vit encore et l'a connu ? Dany Carrel, Michel Le Royer, Micheline Presle, Gina Lollobrigida, Monique Chaumette, Brigitte Bardot. J'aimerais tant qu'ils témoignent.
Répondre - il y a 6 mois
Donias Le 25 novembre 1959, en pleine gloire et à l’apogée de sa popularité, alors qu'il vient de finir le tournage du film La fièvre monte à El Pao de Luis Buñuel au Mexique, il est emporté par un cancer du foie foudroyant à Paris (17 rue de Tournon, où un panneau Histoire de Paris lui rend hommage), quelques jours avant son 37e anniversaire, plongeant dans la tristesse ses nombreux admirateurs. Conformément à ses dernières volontés, Gérard Philipe est enterré, vêtu du costume de Don Rodrigue (Le Cid), dans le petit cimetière de Ramatuelle.
Répondre - il y a 6 mois
Donias https://www.youtube.com/watch?v=LAdDcBarftA

Gérard Philipe "Le Cid" à Charleroi - 1954
Répondre - il y a 6 mois
Piagauthier à : Merci. J'adore revoir Gérard Philipe, Sylvia Montfort, Philippe Noiret, Jean Vilar, Maria Casares, Monique Chaumette......un bonheur.
Répondre - il y a 4 mois
Donias Plaque de rue de la rue Gérard-Philipe à Paris près du Bois de Boulogne.
Répondre - il y a 6 mois
Donias Gérard Philipe
Répondre - il y a 6 mois
Donias https://www.youtube.com/watch?v=Yo1JFX-6qTA

Gérard Philipe raconté par Jeanne Moreau et Gina Lollobrigida
Répondre - il y a 6 mois
Piagauthier Belle Anne Marie si blonde.
Répondre - il y a 4 mois
Donias https://www.youtube.com/watch?v=THKrjYV1Jlk

GERARD PHILIPE "Le diable au corps" 1947
Répondre - il y a 6 mois

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Francais, 55 ans

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