Lucien Lazare

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Lucien Lazare
1924 - 2026
 

Historien français, membre de la Résistance juive en France, célèbre pour son engagement durant la Seconde Guerre mondiale au sein du réseau clandestin de la Sixième et des maquis de l'Organisation juive de combat, où il a sauvé de nombreux enfants juifs de la déportation, devenu historien il a rédigé des ouvrages universitaires de référence comme "La Résistance juive en France" (1987) établissant scientifiquement le rôle déterminant de la lutte clandestine juive sous l'Occupation, a exercé une influence majeure dans la transmission mémorielle en siégeant durant 2 décennies à la commission de Yad Vashem chargée d'attribuer le titre de Juste parmi les nations, sa position de témoin d'exception a documenté la Shoah avec une rigueur critique tout en défendant des positions humanistes et démocratiques au sein de la société civile.

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Biographie

Lucien Lazare, né le 24 novembre 1924 à Strasbourg (France) et mort le 22 septembre 2026 à Jérusalem (Israël), est un enseignant français, membre de la Résistance juive en France. Lucien Lazare est d'abord célèbre pour son engagement durant la Seconde Guerre mondiale au sein du réseau clandestin de la Sixième et des maquis de l'Organisation juive de combat, où il a sauvé de nombreux enfants juifs de la déportation. Devenu historien, il a rédigé des ouvrages universitaires de référence comme "La Résistance juive en France" (1987), établissant scientifiquement le rôle déterminant de la lutte clandestine juive sous l'Occupation. Il a exercé une influence majeure dans la transmission mémorielle en siégeant durant 2 décennies à la commission de Yad Vashem chargée d'attribuer le titre de Juste parmi les nations. Sur le plan pédagogique, sa notoriété repose sur la direction de l'école Aquiba à Strasbourg, un foyer central du renouveau intellectuel juif français d'après-guerre, puis sur la fondation en 1971 du lycée René Cassin à Jérusalem favorisant l'intégration sociale. Son statut de figure publique tient enfin à sa position de témoin d'exception, ayant documenté la Shoah avec une rigueur critique tout en défendant des positions humanistes et démocratiques au sein de la société civile.

Lucien Lazare naît le 24 novembre 1924 à Strasbourg, au sein d'une famille juive originaire d'Alsace profondément attachée aux traditions religieuses et aux valeurs républicaines françaises. Dès son plus jeune âge, il évolue dans un environnement où la culture juive, l'étude des textes et le civisme se côtoient naturellement. Son enfance et ses premières années de scolarité se déroulent dans la capitale alsacienne, où il intègre le mouvement des Éclaireurs israélites de France (EIF). Cet engagement scout précoce forge durablement sa conception de la solidarité, de l'autonomie et de la responsabilité collective, des repères moraux et pratiques qui s'avèrent déterminants quelques années plus tard.

En septembre 1939, lors du déclenchement de la Seconde Guerre mondiale et de l'évacuation générale des populations civiles des zones frontalières d'Alsace, la famille Lazare quitte Strasbourg pour trouver refuge dans le centre et le sud-ouest de la France. Le jeune Lucien poursuit ses études secondaires dans des conditions matérielles précaires, tout en observant la dégradation rapide de la situation politique et institutionnelle française. Après l'armistice de juin 1940 et la mise en place du régime de Vichy, les premières mesures antisémites excluent progressivement les Juifs de la fonction publique, de nombreuses professions et de la vie civique. Face à cette persécution d'État et aux menaces grandissantes de déportation, les structures de jeunesse juive commencent à s'organiser de manière clandestine.

Au début des années 1940, Lucien Lazare rejoint activement les filières de sauvetage mises sur pied par l'Œuvre de secours aux enfants (OSE) et par les Éclaireurs israélites de France, intégrés au réseau Sixième. Ce réseau clandestin a pour mission de fabriquer de faux papiers d'identité, de convoyer des enfants isolés vers des familles d'accueil non juives, des couvents ou des maisons d'enfants, et d'organiser des passages clandestins vers la Suisse ou l'Espagne. Sous des identités d'emprunt, Lucien Lazare sillonne différentes régions du territoire français, transportant des faux certificats de baptême, des cartes d'alimentation falsifiées et guidant des mineurs traqués à travers les mailles des contrôles policiers français et allemands.

En 1944, alors que la répression s'intensifie et que la Résistance intérieure passe à l'action armée directe, Lucien Lazare s'engage dans la Compagnie Marc Haguenau, une unité combattante de l'Organisation juive de combat (OJC) affiliée aux Forces françaises de l'intérieur (FFI). Au sein de ce maquis basé dans le Tarn, il participe à des embuscades, à des sabotages de voies de communication et à la libération de plusieurs localités du sud-ouest de la France, notamment dans le secteur de Castres et de Mazamet. Cette expérience de lutte armée, qui succède à des années d'action clandestine de sauvetage civil, ancre définitivement chez lui la conviction que la survie et la dignité reposent sur une capacité d'auto-défense et une solidarité sans faille.

À la Libération, en 1945, Lucien Lazare mesure l'ampleur du désastre provoqué par la Shoah. Une grande partie de sa communauté d'origine a été anéantie dans les centres de mise à mort de Pologne et d'Europe de l'Est. Il consacre les premiers mois de l'après-guerre à l'accueil et à la réhabilitation des orphelins et des enfants survivants cachés pendant le conflit, œuvrant au sein des maisons d'enfants de l'OSE. Parallèlement, il reprend ses études universitaires interrompues par la guerre. Il s'oriente vers la philosophie, l'histoire et les lettres classiques, obtenant sa licence puis préparant les concours d'enseignement, tout en poursuivant en parallèle une formation religieuse et intellectuelle exigeante à la yechiva d'Aix-les-Bains.

Durant les années 1950, il entame une carrière d'enseignant et d'éducateur au sein de la communauté juive française en pleine reconstruction. Il devient professeur puis proviseur de l'école Aquiba à Strasbourg, un établissement scolaire secondaire pionnier combinant l'enseignement rigoureux des programmes officiels de la République française et une solide formation aux études hébraïques et juives. Sous sa direction intellectuelle et pédagogique, l'école Aquiba s'affirme comme un foyer majeur du renouveau intellectuel du judaïsme français d'après-guerre, formant plusieurs générations de cadres, d'intellectuels et de citoyens engagés.

Au cours de ces deux décennies strasbourgeoises, Lucien Lazare développe une réflexion pédagogique novatrice, cherchant à articuler modernité, humanisme républicain et fidélité aux sources rabbiniques classiques. Il participe activement aux Colloques des intellectuels juifs de langue française, où se rencontrent des penseurs tels qu'Emmanuel Levinas, André Neher et Vladimir Jankélévitch. Ses interventions portent sur la transmission de la mémoire, les responsabilités de l'éducateur face au traumatisme de l'anéantissement et la nécessité de renouveler le discours théologique et historique à la lumière des événements du 20e siècle.

En 1968, Lucien Lazare fait le choix d'émigrer en Israël avec son épouse Janine et leurs enfants, s'installant définitivement à Jérusalem. Ce départ s'inscrit dans la continuité directe de son engagement sioniste et éducatif. Dès son arrivée, il s'investit dans le système d'enseignement israélien en cherchant à créer des passerelles entre les différentes composantes de la société. En 1971, il fonde le lycée René Cassin à Jérusalem, un établissement expérimental destiné à favoriser la mixité sociale et l'intégration mutuelle des élèves issus de milieux ashkénazes et séfarades, ainsi que l'accueil des enfants de nouveaux immigrants francophones et soviétiques. Il dirige cette institution pendant plusieurs années, mettant en œuvre des méthodes d'apprentissage actives et un dialogue constant entre culture universelle et identité juive.

Parallèlement à ses fonctions administratives et pédagogiques en Israël, Lucien Lazare entreprend des recherches universitaires approfondies sur l'histoire de la Shoah en France. Travaillant sous la direction d'historiens reconnus à l'Université hébraïque de Jérusalem, il soutient en 1983 une thèse de doctorat consacrée à l'histoire de la Résistance juive sous l'Occupation. Ce travail pionnier aboutit à la publication de son premier grand ouvrage de référence, "La Résistance juive en France" (1987). Dans ce livre fondamental, Lazare démontre de manière rigoureuse que les Juifs de France n'ont pas été des victimes passives de la persécution, mais qu'ils ont constitué des réseaux civils et armés autonomes capables de sauver des dizaines de milliers d'individus et de porter des coups militaires directs à l'occupant allemand.

L'ouvrage met en lumière la spécificité du sauvetage des enfants, la coopération étroite avec des réseaux de résistance chrétiens et laïques, ainsi que la création d'une armée clandestine juive. Lucien Lazare s'emploie à déconstruire les mythes réducteurs et à documenter précisément le rôle de chaque organisation, de l'OSE aux EIF en passant par le Mouvement de jeunesse sioniste (MJS) et l'Union générale des israélites de France (UGIF), analysant avec lucidité les compromis tragiques et les choix stratégiques imposés par le contexte de l'Occupation.

Son autorité scientifique et morale le conduit à être nommé membre de la Commission pour la désignation des Justes parmi les nations à l'Institut international pour la mémoire de la Shoah Yad Vashem à Jérusalem. Pendant plus de 2 décennies, Lucien Lazare examine avec rigueur les dossiers de candidature présentés pour l'attribution de ce titre, le plus haut décerné par l'État d'Israël à des non-Juifs ayant risqué leur vie pour sauver des Juifs pendant la guerre. Son expérience directe du terrain clandestin français et sa maîtrise des archives lui permettent d'évaluer avec une grande précision les témoignages, d'éviter les pièges de l'anachronisme et de rendre hommage à des centaines de sauveteurs anonymes, prêtres, pasteurs, fonctionnaires, paysans et citoyens ordinaires.

En 1993, il publie une biographie intellectuelle et politique consacrée à l'un des premiers militants sionistes et journalistes engagés de l'affaire Dreyfus, intitulée "Bernard Lazare, le prophète dissident" (1993). À travers cette étude minutieuse, Lucien Lazare analyse le parcours complexe de cet intellectuel libertaire et visionnaire qui, dès la fin du 19e siècle, avait compris les dangers mortels de l'antisémitisme moderne et la nécessité d'une émancipation collective par le retour à une souveraineté nationale. Ce travail confirme l'intérêt de Lucien Lazare pour les figures marginales mais lucides de l'histoire contemporaine, capables d'indépendance d'esprit face aux conformismes idéologiques de leur temps.

Poursuivant son œuvre de transmission historiographique, il coordonne et publie en 1996 "Le Livre des Justes : histoire du sauvetage des Juifs de France" (1996). Ce travail monumental dresse une typologie sociologique et géographique des actes de sauvetage accomplis sur le sol français entre 1940 et 1944. Lucien Lazare y souligne la part déterminante de la société civile française dans la survie des 3 quarts des Juifs de France, tout en documentant sans complaisance la complicité active des services de police et d'administration du régime de Vichy dans la déportation de près de 76 000 personnes.

À la fin des années 1990 et au début des années 2000, Lucien Lazare se tourne vers l'écriture de ses propres souvenirs pour préserver la mémoire directe des acteurs de l'ombre dont il a partagé les combats. Il fait paraître "Mémoires d'un enfant de la Sixième : un scout juif dans la Résistance" (1998), un récit autobiographique sobre et précis qui relate son itinéraire personnel depuis son enfance alsacienne jusqu'aux combats du maquis du Tarn, en passant par le réseau de sauvetage d'enfants. Il y rend un hommage méthodique à ses compagnons tombés sous les balles ou morts en déportation, refusant toute héroïsation superflue au profit d'une description factuelle du travail clandestin quotidien, fait de vigilance, de peur maîtrisée et de solidarité technique.

Au fil des années 2000, il publie plusieurs autres études et synthèses, notamment "La Résistance juive : un combat pour la survie" (2001) et "Le tapissier de Jérusalem" (2015), où se mêlent considérations historiques, philosophiques et méditations sur le destin du peuple juif au 20e et au 21e siècle. Il participe régulièrement à des colloques universitaires en France, en Suisse, en Belgique et en Israël, intervenant auprès des chercheurs et des enseignants sur les questions relatives aux Justes, à l'éthique de la mémoire et à la méthodologie de l'histoire orale.

Toujours attaché au débat public, Lucien Lazare s'exprime également sur les évolutions politiques et sociales de l'État d'Israël. Fidèle aux idéaux humanistes et démocratiques qui avaient guidé la création du lycée René Cassin, il plaide inlassablement pour la justice sociale, le respect des minorités, la lutte contre tous les fanatismes religieux et la recherche d'une paix durable avec les pays voisins et le peuple palestinien. Il refuse de voir la mémoire de la Shoah instrumentalisée à des fins partisanes et rappelle que la leçon universelle de la résistance au nazisme réside dans la défense inconditionnelle de la dignité humaine.

Dans les dernières années de sa longue existence, retiré dans sa maison de Jérusalem mais conservant une vivacité intellectuelle intacte, il continue de recevoir des chercheurs, des étudiants et des descendants de familles sauvées. Il relit des manuscrits, donne des entretiens pour les archives audiovisuelles de Yad Vashem et de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah, veillant scrupuleusement à l'exactitude des faits historiques. Son parcours de résistant, d'éducateur réformateur et d'historien rigoureux a fait de lui l'un des témoins et acteurs majeurs du judaïsme francophone du siècle écoulé.

Lucien Lazare est mort le mardi 22 septembre 2026, à l'âge de 101 ans, à Jérusalem (Palestine / Israël).

Source : fr.wikipedia.org  

Tombe

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Fiche d'identité

Identité

Domaines d'activité

Noms

  • Nom usuel : Lucien Lazare
  • Nom complet : --
  • Prénom : Lucien
  • Noms dans d'autres langues : --
  • Homonymes : 0 (aucun)
  • Nom de famille : Lazare
  • Pseudonyme : --
  • Surnom : --
  • Erreurs d'écriture : --

Naissance

  • Signe astrologique du zodiaque : --
  • Signe astrologique chinois : --

Décès

  • Âge de mort : 101 ans
  • Cause de mort : --

Obsèques

  • Date des obsèques : --
  • Lieu de sépulture : --
  • Type de funérailles : --

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