Sociologue et philosophe français, père de la « pensée complexe » (méthode philosophique qui invite à relier toutes les disciplines : sciences, histoire, sociologie...), son œuvre majeure "La Méthode" est une encyclopédie monumentale qui explore la nature humaine, la connaissance et l'éthique sous cet angle global. Sociologue engagé, il a profondément marqué l'étude de la culture de masse, en analysant avec un œil précurseur l'impact du cinéma, des médias et des idoles sur nos sociétés contemporaines. Antifasciste, puis communiste, il développe une pensée politique humaniste, qui appelle à intégrer les dimensions écologiques, sociales, économiques et culturelles pour répondre aux défis contemporains, plaidant pour que l'école apprenne aux futurs citoyens à affronter l'incertitude et à développer leur esprit critique.
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Cela fera 105 ans que Edgar Morin est né le mercredi 8 juillet 2026. Plus que 39 jours...
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Edgar Nahoum, dit Edgar Morin, né le 8 juillet 1921 à Paris 9 et mort le 29 mai 2026 à Paris, est un sociologue et philosophe français. Il est le père de la « pensée complexe », une méthode philosophique qui invite à relier toutes les disciplines (sciences, histoire, sociologie) pour comprendre les défis du monde moderne au lieu de les cloisonner. Son œuvre majeure, "La Méthode" (écrite en 6 volumes), est une encyclopédie monumentale qui explore la nature humaine, la connaissance et l'éthique sous cet angle global. Sociologue engagé, il a profondément marqué l'étude de la culture de masse, en analysant avec un œil précurseur l'impact du cinéma, des médias et des idoles sur nos sociétés contemporaines. Antifasciste libertaire pendant la guerre d'Espagne, puis résistant sous l'Occupation, il devient un fervent militant communiste dans sa jeunesse mais quitte le Parti communiste français (PCF) en 1951. Il développe alors, en relation avec son travail de recherche, une pensée politique humaniste, qui appelle à intégrer les dimensions écologiques, sociales, économiques et culturelles pour répondre aux défis contemporains. Il est connu pour son engagement dans le Collegium international éthique, politique et scientifique et dans le collectif Roosevelt, qu'il a cofondés. Edgar Morin a écrit plusieurs ouvrages revenant sur son passé, dont "Autocritique" en 1959, "Vidal et les siens" en 1989, "Itinérance" en 2006, "Mon chemin" en 2008 et "Les souvenirs viennent à ma rencontre" en 2019. Il a également consacré une grande partie de sa vie à repenser l'éducation, plaidant pour que l'école apprenne aux futurs citoyens à affronter l'incertitude et à développer leur esprit critique. Enfin, son statut de grand témoin du XXe siècle — marqué par son passé de résistant pendant la Seconde Guerre mondiale — en faisait une boussole morale et humaniste écoutée à travers le monde.
Fils de Vidal Nahoum, commissionnaire en marchandises, et de Louna Beressi, « David Salomon Nahoum » naît le 8 juillet 1921 au domicile de ses parents, 10 rue Mayran à Paris 9. Par un jugement rendu le 12 août 1993 par le tribunal de grande instance de Paris, il a été décidé que les prénoms de David Salomon Nahoum seraient modifiés, et qu’il porterait désormais le prénom Edgar à la place de David Salomon. Son père, Vidal Nahoum, est un commerçant en bonneterie dans le quartier du Sentier à Paris, avec sa mère, Louna Beressi. Tous deux sont des Juifs grecs originaires de Salonique et de lointaine ascendance italienne. Edgar Morin est enfant unique et grandit dans un environnement non pratiquant, sa famille étant « moderne et laïcisée depuis trois générations ». Sa mère meurt en 1931 alors qu'il va avoir dix ans. En 1917, une lésion au cœur lui avait été diagnostiquée et on lui avait en principe interdit d'avoir des enfants, pensant qu'elle ne survivrait pas à l'accouchement.
En 1936, son père se remarie avec Sara Menachem, mais il s'agit d'une union arrangée qui se solde par un divorce en 1938. Sara, originaire de Salonique, y rentre et est assassinée en 1943.
En 1936, pendant la guerre d'Espagne, son premier acte politique est d'intégrer une organisation libertaire, Solidarité internationale antifasciste, pour préparer des colis à destination de l'Espagne républicaine. En 1938, il rejoint les rangs du Parti frontiste, une petite formation de la gauche pacifiste et antifasciste. Il est membre du Parti communiste français à partir de 1941. Il quitte Paris pour la zone libre où il continue ses études de droit à l'université Toulouse-Capitole. Il entre en 1942 dans la Résistance communiste au sein des Forces unies de la jeunesse patriotique. Il intègre ensuite le mouvement de Michel Cailliau, le MRPGD (Mouvement de résistance des prisonniers de guerre et déportés). En 1943, il est commandant dans les Forces françaises combattantes et est homologué comme lieutenant. Son mouvement fusionne avec celui de François Mitterrand, il devient le MNPGD (Mouvement national des prisonniers de guerre et déportés). Il adopte alors le pseudonyme de Morin : l'anecdote — confirmée par Edgar Morin lors d'une émission sur France Inter — veut que lors d'une réunion de résistants à Toulouse, le jeune Edgar se présentât sous le nom d'Edgar Magnin, en référence directe au personnage de Malraux dans L'Espoir ; mais une camarade comprit « Morin », et il ne chercha pas à rectifier.
En 1945, il devient attaché à l'état-major de la 1 armée française en Allemagne, puis chef du bureau « Propagande » dans le gouvernement militaire français en Allemagne en 1946. Il écrit à cette époque L'An zéro de l'Allemagne, où il dresse un état des lieux de l'Allemagne, insistant sur l'état mental du peuple vaincu, en état de « somnambulisme », en proie à la faim et aux rumeurs. Ce livre arrive au moment du tournant communiste, où après la stigmatisation de la culpabilité allemande, Staline déclare qu'Hitler passe et que le peuple allemand reste.
Le 12 mai 1945, Edgar Morin épouse, à la mairie du 18e arrondissement de Paris, Irène « Violette » Chapellaubeau. Née le 4 août 1917 à Hautefort en Dordogne, morte le 2 décembre 2003 à Paris, son père est huissier et sa mère institutrice. Tous deux se sont rencontrés en 1940 à Toulouse où ils fréquentaient le cours de philosophie de Vladimir Jankélévitch, et où Irène Chapellaubeau menait des activités dans la Résistance. De leur union naissent deux enfants : Irène Nahoum-Léothaud, née en 1947, sociologue ; Véronique Nahoum-Grappe, née en 1948, anthropologue.
Maurice Thorez l'invite à écrire dans l'hebdomadaire Les Lettres françaises. Il demande alors au philosophe Martin Heidegger, dont il reprend le concept d'ère planétaire, un texte pour la revue Fontaine de Max-Pol Fouchet, et le n 54 de l'été 1946 (L'hymne « Tel qu'en un jour de fête », sur un poème d'Hölderlin, traduit par Joseph Rovan).
En 1948 et 1949, il écrit dans la rubrique « Arts et spectacles » du Patriote Résistant, alors bimensuel, édité par la Fédération nationale des déportés et internés résistants et patriotes, avant d'en partir avec Robert Antelme à la suite de divergences avec le Parti communiste français. Membre du Parti depuis 1941, il s'en éloigne à partir de 1949 et en est exclu en 1951 pour avoir écrit un article dans le journal France Observateur : « Ce fut comme un chagrin d'enfant, énorme et très court », dira-t-il.
Avec l'appui de Maurice Merleau-Ponty, de Vladimir Jankélévitch et de Pierre George, il entre en 1950 au CNRS et fait partie du Centre d'études sociologiques dirigé par Georges Friedmann. Il cofonde la revue Arguments en 1956.
Edgar Morin est à l'origine de plusieurs revues : Arguments (1956-1962), la Revue française de sociologie (1960) et Communications.
En 1955, il est l'un des quatre animateurs du Comité contre la guerre d'Algérie. Il défend ainsi en particulier Messali Hadj, mais contrairement à Jean-Paul Sartre, André Breton, Guy Debord ou encore ses amis Marguerite Duras et Dionys Mascolo, il ne signe pas la Déclaration sur le droit à l'insoumission dans la guerre d'Algérie, dite « Manifeste des 121 », publiée en septembre 1960 dans le journal Vérité-Liberté. Comme il pense que l'urgence est d'éviter l'installation de dictatures en France et en Algérie, il lance avec Claude Lefort, Maurice Merleau-Ponty et Roland Barthes un appel pour l'urgence des négociations.
En 1965, il participe à une étude transdisciplinaire au sein d'une vaste recherche de la DGRST, mobilisant de multiples disciplines, sur une commune en Bretagne, publiée sous le nom de La Métamorphose de Plodémet (1967), sur la commune de Plozévet (Finistère), où il séjourne près d'un an. Ce fut un des premiers essais d’ethnologie dans la société française contemporaine.
Il s'intéresse très vite aux pratiques culturelles, qui sont encore émergentes et mal considérées par les intellectuels : L'Esprit du temps (1960), La Rumeur d'Orléans (1969).
Durant les années 1960, il part près de deux ans en Amérique latine où il enseigne à la Faculté latino-américaine des sciences sociales de Santiago du Chili. En 1969, il est invité à l'Institut Salk de San Diego. Il y retrouve Jacques Monod, l'auteur de Le Hasard et la Nécessité et conçoit les fondements de la pensée complexe et de ce qui deviendra sa Méthode.
Le couple divorce le 10 avril 1970. Irène Chapellaubeau se remarie avec le sociologue Pierre Naville.
De 1973 à 1989, Edgar Morin dirige le Centre d'études des communications de masse (CECMAS), fondé par Georges Friedmann en 1960.
Le 12 septembre 1972, il épouse, à la mairie du 4e arrondissement de Paris, Marie Berthe Joan Harell, dite Johanne, sa compagne depuis 1964, dont il divorce en 1981 en restant son ami jusqu'à son décès en 1994.
Le 24 juin 1982, il épouse, à la mairie du 13e arrondissement de Paris, Edwige Louise Agnès Edmée Lannegrace.
Directeur de recherche émérite au CNRS de 1993 à son décès, Edgar Morin est docteur honoris causa de plusieurs universités à travers le monde. Il crée en 1997 et préside l’Association pour la pensée complexe (APC) qui a pour objet de promouvoir et faciliter le développement des méthodes de la pensée complexe. Son travail exerce une forte influence sur la réflexion contemporaine, notamment dans le monde méditerranéen et en Amérique latine, et jusqu'en Chine, Corée, Japon.
Edgar Morin, avec Michel Rocard et Stéphane Hessel, compte parmi les membres fondateurs du Collegium international éthique, politique et scientifique, association regroupant des scientifiques, intellectuels, anciens chefs d'État ou de gouvernement, qui souhaitent apporter des réponses intelligentes et appropriées à l'échelle mondiale aux nouveaux défis de notre temps. Il est aujourd'hui président d'honneur du Collegium.
Le CECMAS où il a exercé toute sa carrière est renommé en 2008 « centre Edgar-Morin ».
Devenu à nouveau veuf en 2008, il épouse, en quatrième noces, le 6 janvier 2012, à la mairie du 6e arrondissement de Paris, la sociologue marocaine naturalisée française Sabah Abouessalam, née le 13 avril 1959 à Marrakech, avec qui il a notamment rédigé le livre L'homme est faible devant la femme (Presses de la Renaissance, 2013), puis en 2020 Changeons de voie - Les leçons du coronavirus (Denoël, 2020). En 2013, Sabah Abouessalam a aussi essayé, avec lui, de réhabiliter une ferme écologique, propriété de sa famille dans la région de Marrakech, en s’inspirant de l'agro-écologie de Pierre Rabhi.
Comme il l'indique en 2009 dans un entretien pour la revue CNRS Le Journal, il est avant tout autodidacte, titulaire d'une licence en histoire et géographie et d'une licence de droit. Il indique avoir suivi des cours de philosophie, d'économie et de sciences politiques, disciplines pour lesquelles il n'a pas obtenu de diplômes. Il indique par ailleurs : « J'ai pourtant fait une carrière au CNRS. J'ai été élu maître de recherche sans avoir écrit de thèse de doctorat ».
Un documentaire lui est consacré en 2015, intitulé Edgar Morin, chronique d'un regard, coréalisé par Olivier Bohler et Céline Gailleurd.
Le 7 avril 2015, le nom d'Edgar Morin est donné au lycée d'excellence de Douai qui devient ainsi le lycée d'excellence Edgar-Morin.
Edgar Morin est mort le vendredi 29 mai 2026, à l’âge de 104 ans, à l’Hôpital américain de Paris (France, à Neuilly-sur-Seine). Son décès est annoncé le lendemain, le 30 mai 2026, par son épouse. Emmanuel Macron salue « le soldat de la Résistance, militant et affranchi, écrivain et penseur du siècle, défenseur de la nature et des peuples ». Des personnalités politiques de tous bords expriment également leur hommage au penseur.
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Les meilleures citations d'Edgar Morin.
A force de sacrifier l'essentiel à l'urgence, on finit par oublier l'urgence de l'essentiel.
La vraie nouveauté naît toujours dans le retour aux sources.
La pensée complexe n'est pas inscrite dans l'éducation. On continue à enseigner une façon de penser compartimentée et réductrice.
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