Biographie
Jean Bruno Wladimir François de Paule Le Fèvre d'Ormesson (parfois surnommé Jean d'O), né le 16 juin 1925 à Paris VIIe et mort le 5 décembre 2017, est un écrivain, chroniqueur, éditorialiste, acteur et philosophe français, membre de l'Académie française. Il est le père de l'éditrice Héloïse d'Ormesson et le cousin du député Olivier d'Ormesson. Membre cadet de la famille Lefèvre d'Ormesson, il porte le titre de comte d'Ormesson.
Jean d'Ormesson est le fils d'André d'Ormesson, ambassadeur de France et ami de Léon Blum. Sa mère, née Marie Anisson du Perron, descend des Le Peletier. Parmi ses ancêtres se trouvent le conventionnel Louis-Michel Lepeletier de Saint-Fargeau ainsi que le juge Olivier Le Fèvre d'Ormesson, disgracié à la suite du procès de Nicolas Fouquet. Il a passé son enfance au château de Saint-Fargeau, qui appartenait à sa mère. Cet épisode de sa vie est évoqué dans Au plaisir de Dieu. Il a aussi passé une partie de sa jeunesse en Bavière (de 1925 à 1933), en Roumanie et au Brésil, à Rio de Janeiro.
Élevé par sa mère jusqu'à l'âge de 14 ans, il entre à 19 ans à l'École normale supérieure. Licencié en lettres et histoire, il est admis ensuite à l'agrégation de philosophie.
Le 2 avril 1962, il épouse à Paris dans le 16e, Françoise Béghin, née dans cet arrondissement le 26 juin 1938. Fille benjamine de Ferdinand Béghin, magnat de la presse (et administrateur du Figaro depuis 1950) et du sucre (PDG de la société Béghin-Say), Françoise Béghin est également la cousine (par sa tante paternelle) du cinéaste Louis Malle.
En 1950, il devient secrétaire général du Conseil international de la philosophie et des sciences humaines à l'UNESCO, avant d'en devenir le président en septembre 1992.
Il est rédacteur en chef adjoint (1952-1971), membre du comité de rédaction (depuis 1971), puis rédacteur en chef de la revue Diogène (sciences humaines). Il est plusieurs fois conseiller dans des cabinets ministériels (dont celui de Maurice Herzog à la Jeunesse et aux Sports) et membre de la délégation française à plusieurs conférences internationales, notamment à l'Assemblée générale des Nations unies en 1948.
En 1970, il devient directeur du Figaro. Il rédige chaque semaine un article dans le supplément du dimanche de ce quotidien dont le rédacteur en chef était Louis Pauwels (co-auteur du Matin des magiciens). Ses opinions sur la guerre du Viêt Nam lui valent des paroles très dures de Jean Ferrat dans la chanson Un air de liberté. En 1975 à la suite de la suppression de cette chanson d'une émission de télévision à la demande de M. d'Ormesson, Jean Ferrat s'explique : « Je n'ai rien contre lui, contre l'homme privé. Mais c'est ce qu'il représente, (...) la presse de la grande bourgeoisie qui a toujours soutenu les guerres coloniales, que je vise à travers M. d'Ormesson. »
En 1976, comme directeur de la rédaction du Figaro, il apporte son soutien au journaliste et responsable syndical (CGC) Yann Clerc qui aide Robert Hersant, le propriétaire du titre (depuis 1975), à éliminer toute opposition des journalistes après sa prise de pouvoir.
Les romans de Jean d'Ormesson échappent souvent aux conventions du genre romanesque, en particulier à la construction d'une intrigue autour de quelques personnages. De nombreuses digressions, un défilé permanent d'anecdotes où se déploient l'humour et l'érudition du normalien, quelques motifs récurrents, en font une inlassable méditation sur le temps qui passe, qui peut prendre parfois aussi l'allure d'un traité de vie : La Gloire de l'Empire, Dieu sa vie son oeuvre, Histoire du Juif errant, La Douane de mer, Presque rien sur presque tout.
La dimension autobiographique est toujours très présente, en particulier dans Du côté de chez Jean, Au revoir et merci, Le Rapport Gabriel, C'était bien, livres à mi-chemin entre le récit et l'essai où d'Ormesson parle de lui-même, non sans force répétitions, se dépeignant avec une vraie-fausse modestie face à toutes ces embûches qui voudraient nous priver du simple bonheur d'exister.
Dans ses derniers livres, il explore d'autres voies (Casimir mène la Grande Vie), introduisant des personnages différents (Voyez comme on danse) ou brisant l'icône du d'Ormesson gai (Une Fête en larmes).
Jean d'Ormesson continue régulièrement sa collaboration à la rubrique « Débats et opinions » du journal Le Figaro. La première biographie à son sujet, écrite par Arnaud Ramsay, Jean d'Ormesson ou l'élégance du bonheur, a été publiée en 2009.
En 2011, il devient le parrain des nouvelles promotions de l'École nationale supérieure des techniques et de l'industrie des mines d'Alès.
En 2012, il soutient Nicolas Sarkozy lors de l'élection présidentielle.
En 2012, il interprète le rôle de François Mitterrand dans Les Saveurs du palais, un film de Christian Vincent. C'est la première fois qu'il se retrouve dans un rôle d'acteur. Il faut noter qu'il est la dernière personnalité reçue par François Mitterrand à l'Élysée.
Jean d'Ormesson est mort le mardi 5 décembre 2017 à l'âge de 92 ans d'une crise cardiaque.
Citations
Les meilleures citations de Jean D'Ormesson.
Je crois fondamentalement, vraiment fondamentalement à l'égalité des gens. Je crois à l'égalité. Je me demande parfois s'il y a des gens plus intelligents que d'autres, je n'en suis pas sûr, je pense qu'il y a des gens qui ont plus de chance que d'autres. Et de droite ou de gauche, la tâche qui nous est incombée c'est de donner toutes ces chances à tous les jeunes gens.
Si c'est un grand plaisir d'être reconnu par ses amis, c'est peut-être encore plus flatteur d'être reconnu par ses adversaires.
La culture est proche d'une façon d'être, d'un coup de foudre, d'une fête toujours inachevée du bonheur.
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Un grand Seigneur mérite le Paradis. What else ?
Ils sont rares, à notre époque, ceux qui ont su illustrer à ce point ce qu'on peut appeler "le bel esprit".